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 punch time [winnifred]

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MessageSujet: Re: punch time [winnifred]   Mar 25 Avr - 22:12

Spoiler:
 

Punch time.


Le regard du jeune homme plongé dans le sien provoquait en elle une vague de bien-être, de réconfort. Avec lui, elle n’avait plus aucune peur. Elle pourrait se jeter dans les chutes les plus hautes sans trembler – même pas un peu – si elle savait qu’il était là. Et si ce sentiment d’abandon total lui était complétement inconnu et nouveau, elle ne l’associait pourtant aucunement à des sentiments particuliers. Il était son ami. Son âme-sœur, plutôt dire, mais sans idée d’amour, de passion et de déchirure. C’était simplement et purement l’homme de sa vie. Pas forcément de la manière dont les gens l’entendent, c’est vrai… Mais en son for intérieur, elle le savait. Elle le sentait. Même si le mot tant redouté et apprécié commençant par « A » ne lui effleurait même pas l’esprit. L’étincelle d’incompréhension qui reflétait dans les yeux clairs d’Angel quand elle le mit en garde lui inspira un petit rire cristallin qui s’échappa d’entre ses lèvres fines. Elle fit mine de regarder derrière eux, mais elle n’avait d'yeux que pour lui. Elle fit semblant d’être inquiète, mais la seule peur qui la rongeait s’était que ce moment magique s’arrête. Elle donnait l’impression de frôler l’interdit, mais elle frôlait l’euphorie.

Ils retirèrent leurs vêtements simultanément alors qu’Angel proposait un lieu pour la suite de leur soirée. « Oui, c’est une bonne idée ! Et puis, ils ont de bonnes bières, là-bas, il me semble ! » Elle fit un petit sourire au jeune homme alors qu’elle retirait l’élastique qui maintenait ses cheveux en arrière.  La gêne n’avait jamais fait partie de leur relation si particulière. Combien de fois s’étaient-ils déjà vus nu ? Combien de fois leurs corps s’étaient-ils mêlés dans une étreinte parfaite ? Combien de regards, de soupirs, de sourire… Pourtant, cette fois, en laissant glisser son legging sur le sol, Winnifred appréhendait. Peut-être était-ce cette idée nouvelle – un peu folle – de s’adonner au plaisir dans un lieu moins privé. Pas privé du tout, plutôt dire. Elle se mordit la lèvre alors que le corps déjà nu d’Angel se glissait dans la douche. Doux mélange de désir et d’adrénaline. Quelques instants plus tard, ce fût son corps nu qui passa l’entrebâillement de la porte. Elle s’approcha doucement du beau blond et posa ses mains sur son torse musclé et humidifié par l’effort et par la chaleur pesante. Un frisson lui parcourut l’échine lorsque sa paume entra en contact avec sa peau. Frisson qu’elle ne comprenait pas. Outre le désir surdimensionné qu’elle ressentait à cet instant, l’ambiance moite des vestiaires du stade ne donnait pas lieu de frissonner. À nouveau, elle décida d’ignorer ce tourbillon incompréhensible de réactions et de sensations nouvelles et plongea son regard océan dans les yeux clairs de l’homme qui lui faisait face. Ils ne parlaient pas et pourtant… Elle savait qu’ils sentaient tous deux la même chose. Ce désir nouveau. Différent.

Intimidée soudainement, sans savoir pourquoi, elle baissa légèrement la tête. Mais le petit sourire qui ornait le coin de ses lèvres masquait le soudain malaise alors qu’elle parcourait son torse du bout des doigts. Lorsqu’elle releva la tête, la bouche du jeune homme se plaqua délicatement contre la sienne. Et là, le monde qui l’entourait disparu instantanément. Ses paupières s’abaissèrent alors qu’elle lui rendait son baiser. Délicatement. Les vestiaires, le stade, le quartier, la ville, ses soucis, ceux d’Angel, sa famille, ses obligations, ses craintes… Tout s’estompa subitement alors qu’un nouveau frisson lui parcourut le corps. Le monde s’était arrêté de tourner. Tout d’un coup, plus rien n’avait d’importance. Plus rien, sauf lui. Sauf eux. Jamais au grand jamais un baiser n’avait été aussi intense, aussi plein de sens que celui-là. Lorsqu’il se rompit d’ailleurs, Winnifred sentit une sorte de douleur violente écarteler son cœur alors que leurs regards se mêlèrent quelques instants avant que chacun ne détourne le regard, comme gênés de ce qui venait de se produire.

Angel s’éloigna un peu afin d’allumer le jet d’eau. Des gouttelettes d’eau glacées éclaboussèrent la blondinette qui poussa un petit cri amusé alors que le jeune homme jurait. Comme des gamins étonnés de l’étendue d’une grosse bêtise, ils se regardèrent à nouveau un instant, avant que la bouche du jeune homme ne s’entrouvre et laisse échapper un rire doux, mélodieux, qui résonna longtemps dans le cœur de la jeune femme. Cet éclat de bonheur fugace sembla décharger d’un coup les épaules du jeune homme, comme s’il ne l’avait pas maitrisé. Comme s’il était simplement sorti spontanément.

Son air mi-outré, mi-amusé alors que l’eau froide coulait sur son corps nu égaya encore d'avantage la jeune femme qui, sourire aux lèvres, s’approcha doucement de lui. « Mh, tu as l’air d’avoir froid…» Elle se mordit la lèvre inférieure alors que la distance qui les séparait se rapetissait. Bientôt, elle sentit le souffle du jeune homme se mêlé au sien alors qu’il prenait une noisette de savon au creux de sa paume, un sourire au coin des lèvres. Lorsqu’il lui tendit la bouteille, elle ne se fit pas prier et l’imita, avant de laisser tomber le flacon refermé au sol. Ses mains savonneuses se posèrent sur les épaules du jeune homme alors qu’il entourait sa taille. Un nouveau sourire échangé, alors qu’elle laissait ses mains glisser sur la peau douce d’Angel.

Elle allait atteindre son bas-ventre lorsque le grincement de la porte de l’entrée des vestiaires retentit et la fit se rétracter. Elle était plus amusée de la situation qu’autre chose en fait. Son index, plein de mousse, se porta à ses lèvres alors qu’elle retenait un fou rire gêné. Son amant semblait moins amusé et un peu plus inquiet. Il entrouvrit la porte de la douche et en sortit sur la pointe des pieds alors que Winnifred resta plantée là, sous le jet d’eau redevenu froid.

Quelques instants plus tard, la voix du jeune homme s’éleva à travers la porte. L’inquiétude et la colère qui teintaient ses paroles furent contagieuses car, une fraction de seconde après, l’anxiété gagna la jeune femme. Quelques secondes passèrent, qui semblèrent durer une éternité...

Lorsqu’Angel revint dans la douche, son attitude était différente au possible. Non seulement, il semblait contenir une rage peu commune mais en plus, il fuyait littéralement le regard de la blondinette alors qu’il la dévorait des yeux quelques minutes auparavant. Elle le dévisagea, surprise. Qu’est-ce qui lui prenait ? Soudainement, elle se sentit mal à l’aise et gênée. Elle arrêta le jet de la douche qui coulait encore sur son corps dénudé et soupira : « J’y vais, fini seulement de te laver... J’arrive. » Elle passa à côté de lui mais le regard fuyant du jeune homme ne l’encouragea pas à se montrer rassurante. Elle le frôla et, ni une, ni deux, elle se retrouva dans l’allée de casier. Son téléphone était toujours là, étonnement. S’il c’était agi d’un voleur, ça aurait été la première chose logique dont il fallait s’emparer. Ses mains mouillées s’emparèrent du mobile et le message qui s’afficha sous ses yeux bleus la fit lâcher un juron de colère. « Fais chier. » Son langage si cru la fit tressaillir. Elle qui se donnait continuellement la peine d’être polie.

Tout son corps tremblait désormais, alors que les mots qu’elle venait de lire restaient clairement imprimés dans son esprit. Non seulement, elle comprenait mieux la réaction de son ami - si toutefois il avait reçu le même genre de message - mais en plus, cela provoqua en elle une anxiété nouvelle. Une boule se forma dans son ventre et dans sa gorge alors qu’elle reposait rageusement son téléphone sur le banc. Elle essayait de trouver une plaisanterie à faire, au travers de la porte qui les séparait désormais, mais ne trouvait rien de convenable à dire. Et toujours cette sphère dans le cou qui l’empêchait presque de respirer. Elle finit par se décider à quitter la pièce, nue comme un ver, à la recherche de leurs affaires ou au moins, d’une serviette.

Après plusieurs minutes, elle pénétra enfin à nouveau dans les vestiaires. Le sang tapait dans ses tempes alors qu’elle regagnait le banc près de leur douche. « Bon bah, tout le stade m’a reluquée et… » Que dire de plus. Elle enroula son corps frêle secoué par de petits tremblements de froid dans la serviette de bain qu'elle avait retrouvé devant l'entrée du stade, dehors. Sa colère ne s’était pas atténuée. Après s’être emmitouflée dans la grande étoffe, elle s’assit sur le banc et plongea sa tête entre ses mains, attendant qu’Angel réapparaisse.
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MessageSujet: Re: punch time [winnifred]   Dim 14 Mai - 18:04

punch time
Winnie && Angel


En venant là, jamais il n'aurait cru que les choses tourneraient ainsi... Il boxait pour se détendre, décompresser, oublier les soucis... Mais si ces derniers s'amusaient à le suivre jusqu'ici, il craignait d'être incapable de se sentir à sa place et en sécurité dans cette salle. De même, si jusqu'ici la présence de Winnie était toujours parvenue à calmer son coeur et apaiser son âme, de toute évidence, ce message venait de réduire tous ses efforts à néant.

Le jeune homme détestait cette sensation ; il se sentait pris au piège, enchaîné, espionné. Il avait l'impression de ne plus avoir le contrôle de sa vie, d'avoir quelqu'un dans sa tête, sans pouvoir l'en chasser. Et s'il y avait bien quelque chose qu'il ne supportait pas, c'était qu'on lui dise qui il était. Il ne le savait pas lui-même, par moments... Alors s'entendre dire ce qu'il pouvait ressentir, c'était comme disséquer son cerveau et rendre un verdict insoutenable. Il avait pris le message comme un coup de poing en pleine face, et c'était à ses yeux un échec cuisant. D'habitude, la seule à parvenir à le toucher ainsi, c'était Winnie justement. Son amie n'avait pas la main lest, et c'était ce qu'il attendait des gens qui l'aimaient : de l'honnêteté. Mais lui, était-il totalement honnête avec lui-même ? Avec ses proches ? Avec elle ?

La vérité, c'est qu'il était mort de trouille. Pas le genre à vous paralyser, mais celle à vous vous faire faire n'importe quoi, tout en pensant que c'était la meilleure solution. Sur le moment, il s'imagina sincérement quitter son amie, fuir, pour son bien, et le sien. Seulement, il en était aussi incapable qu'il était incapable de la regarder dans les yeux alors qu'il retournait dans la douche lui exposer la situation... Le sang battait à ses temps, tendit qu'elle se proposait d'aller récupérer leurs affaires.
Avec quelqu'un d'autre, il aurait refusé et aurait joué les gentleman dévoués. Mais c'était Winnie : elle était aussi forte - si ce n'était plus - qu'il l'était, sans doute même aurait-elle mal prit le fait qu'il refuse. Il n'était, par ailleurs par certain d'avoir le courage de se retrouver seul avec ses pensées. C'est pourtant ce qui arriva dès l'instant que la jeune femme eut quitté la douche... Il l'entendit jurer à travers la porte, signe qu'elle avait sans doute reçu un message similaire au sien, et qu'apparemment ça l'emmerdait tout autant que lui.

Tout le temps que dura son absence, Angel ne cessa de s'inquiéter et de frissonner : de froid et de malaise. Il détestait cette sensation d'impuissance, et cette attente. Il imagina mille situations sordides, chaque seconde de sa solitude, ses pensées s'ancraient sur l'image de son visage, de son sourire, de sa crinière blonde dégoulinant dans son dos nu, de son corps contre le sien, de son parfum, devenu si familier.
Il fit les cent-pas dans la douche - non sans manquer plus d'une fois de se vautrer sur le carrelage trempé. Qu'avait-il fait pour en arriver là ? Ne pouvait-il pas avoir une relation simple et sans prise de tête ? Fallait-il toujours que quelqu'un fourre son nez dans les affaires des autres ?

Lorsque la voix de la demoiselle lui parvint à travers la porte, une vague de soulagement envahie Angel, ainsi qu'une vague de jalousie insensée qu'il ravala immédiatement. Il en oublia, l'espace d'une seconde, toute cette histoire et se précipita à son côté comme si sa vie en dépendait.

Il ouvrit la porte à la volée et la trouva assise sur le banc, enroulée dans une serviette qu'elle avait trouvée, leurs vêtements en tas devant elle. Il allait s'asseoir à côté d'elle lorsqu'il la vit... si triste, si mal... Si visage d'habitude si doux et confiant, harassé par le stress. Caché dans ses mains, Angel crut qu'elle pleurait...

« Hey... qu'est-ce qui se passe ? Si quelqu'un t'a fait du tort, je lui casse la mâchoire. » Il détestait imaginer qu'on s'en prenne à elle, bien qu'il ne douta pas qu'elle sache parfaitement se défendre seule... Après un moment sans rien dire, il vint finalement se caler contre elle, passant un bras autour de ses épaules pour la réchauffer. Il sentait qu'elle tremblait et cela lui fit plus mal encore que le message qu'il avait lu plus tôt. Comment avait-il pu réagir de la sorte ? Winnie était son amie. Sa meilleure amie, sa confidente, son égale. Son âme sœur. Il l'aimait, bien sûr qu'il l'aimait. Plus que sa propre vie. Alors pourquoi ce SMS le dérangeait-il tant ?

Il y songeait en silence, demeurant muet sans cesser de serrer la jeune femme contre lui, lorsqu'un sourire vint éclairer ses traits. « Tu te souviens de la fois où je me suis ridiculisé à ce karaoké débile ? On voulait pas y aller et puis... on a finit par se dire que ce serait marrant... Au final je me suis retrouvé à chanter comme une casserole devant tout le monde, mais personne n'a rit. Personne sauf toi. Tu étais la seule à être honnête. La seule à réagir comme n'importe qui de normalement constitué aurait du le faire après ma lamentable prestation. Mais ils étaient tous tellement occupé à être polis et bien élevés qu'ils en ont oublié d'être vrais, et eux-même. Toi non. Jamais. » Un sourire étirait ses lèvres alors qu'il dégageait du bout des doigts les quelques mèches de ses cheveux dorés qui lui tombaient devant les yeux avant de d'y plonger les siens. « A ce moment là, j'ai su que je t'aimerais quoi qu'il advienne. Et que toi et moi, on était pareils... on avait pas peur d'être nous-même, quelles que soient les circonstances. » ll ne cessait de sourire à la jeune femme, simplement heureux. « Wi... Je me fous toujours ce que les autres pensent de moi, et de nous, de s'ils nous jugent. On est les seuls à savoir la vérité, et ça me suffit. Pas toi ? » Il voulait qu'elle retrouve son sourire. Parce que lorsqu'elle souriait, elle ressemblait à un petit soleil aux flammes ardents. Son petit soleil. Il se pencha sur elle et déposa un délicat baiser au coin de ses lèvres avant de l'attirer contre lui pour une étreinte. Son menton posé sur son épaule, il se sentait à sa place. « Tu m'prêterais pas un bout de serviette par hasard, je me gèle le cul. » Il pouffa tendit qu'il se glissait contre elle, sous le morceau de tissus. Leurs peaux collées l'une à l'autre, un frisson le fit tressauter. Il luttait encore contre un malaise dissimulé, mais à bien des égards, il se sentait soulagé. Il croyait chaque mot qu'il lui avait dits ; ils étaient Wi & Angie, et personne ne pourrait jamais leur voler leur complicité. Leurs familles respectives n'y étaient pas parvenues, alors personne n'en aurait la force. Certainement pas un petit con sans couilles.



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MessageSujet: Re: punch time [winnifred]   Ven 9 Juin - 9:37

Punch time.


Ce début de soirée, destiné à la détente, au sport, à eux, au plaisir, tournait au vinaigre sans trop qu’ils ne captent comment tout cela était arrivé. S’ils se retrouvaient là, c’était pour oublier, le temps d’un instant, d’une soirée, leurs soucis, leurs prises de têtes, leurs vies. Lorsqu’ils boxaient ensemble, soupaient ensemble, vivaient des moments intimes ensembles, le temps s’arrêtait. Le temps d’une soirée, rien n’avait de l’importance hormis eux. Rien qu’eux, dans leur bulle. Pourtant, ce soir-là, la tension était montée. Victimes de ces foutus oiseaux de malheur. Comment était-ce possible qu’un texto, si insignifiant, si petit, si anodin, foute littéralement en l’air leur soirée ? Y avait-il une part de vrai, dans ce message, pour les affecter autant ? Sans aucun doute. Mais ni l’un, ni l’autre, n’étaient prêts à en parler. Elle ruminait – fulminait, même – alors qu’elle parcourait le Aldrin stadium, nue comme un ver, à la recherche de leurs affaires. Evidemment, les vêtements les moins couvrants étaient les premiers qu’elle trouvait, ne pouvant donc se servir que de ses petites mains pour couvrir sa nudité. Elle parcourut la « chasse au trésor » malsaine d’un emmerdeur de première en jurant intérieurement. La colère qui la parcourait lui donnait envie de retrouver ce petit con et de remonter sur le ring pour lui casser la gueule. La violence devenait une évidence. Elle finit par atterrir dehors, en pleine rue, toujours nue, pour récupérer le plus gros de leurs affaires et des larmes de rages vinrent noyer ses pupilles. Elle ravala sa salive. Elle refusait de montrer que ça l’atteignait, et pourtant… Pourtant à cet instant précis, elle n’avait qu’une envie : s’écrouler et se rouler en boule dans un coin. Par honte. Par dépit.

Alors qu’elle était enfin revenue et qu’elle s’était assise sur le banc, frissonnant dans sa serviette trop petite pour la couvrir, tout remontait à la surface. Absolument tout. Leur relation – si vive, si particulière, si unique – défilait comme un film dans la mémoire de Winnifred. Le SMS des corbeaux réveillait en elle une crainte vive qu’elle ne s’expliquait pas. Elle, si téméraire et « je m’en foutiste » d’habitude, prenait au sérieux – un poil trop d’ailleurs – cette pseudo menace. Après tout… Ce n’était visiblement ni ses secrets, ni ceux d’Angel qui étaient visés, mais simplement eux. Eux et leurs talents (ironie) à si bien communiquer, sauf lorsqu’il s’agissait réellement d’eux. Jamais ils n’avaient qualifié leur relation. Et Winnifred n’avait jamais tenté de le faire pour la simple et bonne raison qu’elle trouvait ça inutile. Pourquoi mettre des mots sur tout, tout le temps ? Des étiquettes à longueur de temps : On s’aime, on ne s’aime pas, on est ami, on est sex-friend, on est amants, on est en couple, en relation libre… Elle ne voyait pas l’utilité de nommer ce qu’ils étaient parce qu’au fond d’elle, elle ne le savait pas vraiment. Et puis, à quoi bon étiqueter ce qu’ils vivaient ensemble ? Tant qu’ils étaient bien. Tant qu’ils étaient heureux ? Pourquoi toujours se prendre la tête à nommer ce que nous ressentons ?

Angel ne tarda pas à sortir de la douche et à la rejoindre. Elle écoutait le bruit de ses pieds mouillés sur le carrelage. Il se rapprochait d’elle, doucement. La tête entre les mains, elle ravalait ses larmes. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Elle n’était pas triste, mais terriblement en colère. Contre lui, contre elle, contre ces piafs, contre le monde entier. La dernière fois qu’une telle rage l’avait gagnée, elle était partie courir et avait fini par craquer misérablement au milieu d’un parc désert, à pleurer et à cogner contre un arbre – qui ne lui avait rien fait – jusqu’à ce que ses mains ensanglantées soient épuisées. Elle avait le même besoin, actuellement. Taper. Frapper fort. Extérioriser tout. Quitte à se faire mal. Quitte à s’en détruire. La voix douce d’Angel s’éleva alors qu’il s’agenouillait près d’elle. Elle releva la tête et leurs regards se mêlèrent. Elle rompit le contact visuel après quelques instants, détournant la tête en haussant les épaules, silencieuse. Les mots restaient bloqués dans sa gorge. Elle avait envie de hurler à s’en briser les poumons. Elle sentait le regard d’Angel posé sur elle et, à ce moment précis, elle voulait que tout ça s’arrête. Elle voulait fuir, elle voulait partir loin, très loin. Pour son bien à lui. Pour son bien à elle. Cette rage qui la consumait de l’intérieur, elle la sentait dangereuse. Terriblement dévastatrice. Suffisamment pour foutre en l’air tout ce qui constituait sa vie. Le jeune homme vint s’assoir à ses côtés et la prit dans ses bras, réconfortant. Ses muscles l’entourant, elle fut surprise de sentir une sorte d’apaisement immédiat. Qui était-il pour avoir un tel pouvoir sur elle ?

Le silence qui perdurait sembla durer une éternité, avant que le jeune homme n’ouvre la bouche pour lui remémorer une de leur meilleure soirée ensemble. La vision d’Angel, un peu éméché, s’emparer du micro et chantant à tue-décrispa Winnifred et un petit sourire s’étira sur son joli minois. Elle se souvenait très bien de cette soirée. En réalité, en y repensant, elle réalisa que c’était ce soir-là qu’elle avait compris l’évidence sans la nommer. « Je m’en souviens très bien… En même temps… Vu ta représentation ce soir-là, il m’était impossible de ne pas en rire. » Elle releva son regard vers lui. Oui, elle avait ri, ce soir-là, mais sans méchanceté aucune. Elle s’était moquée oui, mais gentiment. Respectueusement. Et s’était ensuite elle qui avait pris le micro pour lui montrer que si elle riait tant, c’est parce qu’elle n’était pas plus douée. Angel reprit la parole et les mots qu’il prononça fit frissonner la jeune femme. Son sourire serein la rassurait. Ce qu’il disait lui donnait envie de répliquer. De lui dire qu’il était son évidence à elle. Mais aucun mot ne put s’échapper d’entre ses lèvres alors que, blottie contre son épaule, elle l’observait. Un vrai sourire se dessina enfin alors qu’elle plongeait son regard brillant dans les yeux d’Angel. Il se pencha vers elle et déposa un petit baiser au coin de ses lèvres avant de la prendre dans ses bras. La vérité. Jamais vraiment ils ne l’avaient évoqué, cette vérité… Et cette idée dérangeait la jeune femme bien qu’elle n’avait pas le courage d’en parler. Du moins pas cette fois. Elle se contenta de profiter de leur étreinte pour se laisser aller. Ses bras entourèrent la taille du jeune homme et elle se blottit contre sa poitrine.

La demande d’Angel déclencha – enfin – un éclat de rire cristallin. « Mais oui, viens. » Elle avait rompu leur étreinte pour lever un pan de la serviette afin qu’il se glisse dessous. Leurs peaux froides et encore nues entrèrent à nouveau en contact et elle sentit à nouveau ce malaise, cette boule, se former dans son ventre, contrastant totalement avec cet apaisement qu’il provoquait en étant à ses côtés. Elle poussa un petit soupire soulagé. Elle tourna son visage vers celui du jeune homme et déposa ses lèvres contre sa bouche. Elle n’avait pas les mots pour répondre à sa « déclaration ». Mais son baiser doux mais passionné répondait aux mots du jeune homme d’une façon qu’elle trouvait bien plus significative. Elle le rompit et plongea à nouveau son regard dans celui du jeune homme. Elle espérait qu’il verrait dans ses yeux clairs qu’elle aussi, elle l’aimait. Qu’elle aussi, elle était bien, là, avec lui et qu’elle se fichait du monde tant qu’elle lui importait à lui. Elle finit par sourire à nouveau et lâcha avec son naturel habituel : «  Bon, on parlait pas d’aller manger quelque chose ? » Elle marqua une petite pause. «  J’ai clairement envie d’une bière, cette fois ! » Elle se leva, abandonnant la serviette de bain humide et révélant à nouveau son corps avant de tourner la tête vers Angie. « Tu viens, joli cœur ? » Un sourire malicieux. Des yeux rieurs. Un éclat de rire. Et la Winnifred rayonnante à nouveau présente.
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