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 We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]

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MessageSujet: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 19 Fév - 23:39

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


« Prends un sac, mets des fringues pour une semaine dedans, on part ! »

Ce furent ces mots qui résonnèrent, dans l’appartement exigu de Kieran dans lequel une rousse aux cheveux ondulés, lisses par endroits, venait de pénétrer. Vêtue d’une robe noire sur laquelle s’épanouissaient des roses, un long manteau rouge chaud par-dessus et d’apparentes rangers en dessous, elle s’était appuyée contre un mur avec le naturel que tout le monde lui connaissait. Rentrer dans l’endroit avait été un jeu d’enfant : elle connaissait l’adresse. Elle n’avait eu qu’à se faufiler jusqu’à la porte et toquer.
« Et avant que tu ne poses la question, c’est ton fils qui a bien voulu me laisser entrer. Allez. Des fringues. »
La notion d’espace personnel n’avait, chez Karen, que très peu de sens, comme il avait été possible de s’en rendre compte plus d’une fois par le passé. Faisant craquer ses doigts, elle s’était simplement mise à attendre. Attendre que Kieran lui dise que c’était bon. Attendre qu’il accepte, lui, de la suivre. De la suivre sans rechigner, sans dire un mot. De profiter de l’instant qui allait s’étirer pour eux, pour un voyage qu’ils feraient ensemble. Jusqu’au bout de leur monde, pour en découvrir un nouveau.


L’idée lui avait traversé l’esprit lorsqu’elle avait réussi à obtenir ses huit jours de congé. Une chose étonnante, venant de son patron. Peut-être cela présageait-il son futur renvoi, elle n’en savait strictement rien. Toujours était-il que, alors qu’elle avait enfilé son manteau, la veille au soir, éteint les lumières de son bureau et du bâtiment en partant, ça avait été comme un ouragan au milieu de la pièce pleine de trous qui représentait le cerveau de Karen. Un voyage. Un roadtrip, sur les routes, les cheveux au vent sans savoir vraiment où aller. Juste arpenter le sol, l’asphalte glacée, dormir quand on ne pouvait plus conduire.
Mais également un mot, dit au hasard, sur une liste.
Alors qu’elle marchait dans la rue, retournant à son appartement dans la nuit, elle pouvait distinctement se souvenir de Kieran le mentionner brièvement dans sa liste de choses à faire. Mais ce ne fut pas ça qui la convainquit de l’attirer dans ce merdier, non. Ce fut plus viscéral. Ce fut un goût pétillant de liquide violet dans sa bouche, un flash d’un bleu pur dans un regard. Ce fut la sensation, brève et fantôme, d’une main qu’elle avait agrippée.  Ce fut tous ces petits souvenirs, fugitifs, qui composaient son futur compagnon de route.

Pas de temps à perdre. Elle avait envoyé des messages à tout le monde, et passé la moitié de la nuit à mettre cartes, argent et serviettes dans un sac. De l’eau aussi, ainsi qu’une bouteille ou deux de soda. Pour la nourriture, ils verraient, mais boire lui semblait indispensable. Et des cookies, aussi. Elle s’était endormie sur un sac, pour ne se réveiller qu’à l’aube.
Là, après une douche longue, profitant de l’eau pour une dernière fois, l’excitation la rendant fébrile, elle avait empaqueté au fond de son sac des vêtements, vérifié que tout était éteint et avait fermé sa porte à clé.
« Tu pars quelque part ?
- Non, j’ai décidé de me mettre à la muscu avec des sacs. » avait-elle répondu, du tac-au-tac, à un voisin qui, depuis des années, la coincait presque chaque soir dans l’escalier.
« Oh, ça va, ma petite princesse Karen… Pas besoin d’être désagréable, ça ne t’embellit pas… »
« Oh, pardon, monsieur…. Mais si vous saviez comment j’adore être laide quand vous me regardez, c’est un de mes buts dans ma vie !  Voyez-vous, l’insupportable laideur que je semble prendre sous le poids de votre regard, cet immondice que je deviens lorsque vous posez vos pupilles sur moi n’est qu’un reflet… Le reflet du pauvre imbécile qui n’est pas capable de comprendre à quel point sa pourriture interne se voit.»

Et, sur ces mots, elle était descendue jusqu’à sa voiture, y avait jeté ses deux sacs et avait fait gronder le moteur pour rejoindre l’appartement de son partenaire de crime. Partenaire tout court, car regarder le film des simpson n’avait, en fait, jamais été un crime.  

Retour à la case présent. Les bras croisés, elle souriait, tout son corps frémissant d’impatience. Enfant incapable d’attendre.
« Bon, t’as fini ? »


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 20 Fév - 20:46

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


L'ordinateur sur les genoux, il regardait sa boite mail pour la sixième fois, quelques messages de ses collègues qui s'inquiétaient de son silence, essayaient de connaître les raisons de ses vacances prolongées, d'autres qui espéraient son retour sous peu, épuisés par le comportement horripilant du nouveau rédacteur en chef. Un type aigri, apparemment, qui tenait à foutre les anecdotes de la veille comme première page de chaque édition, même si, concrètement, Kieran ne voyait pas trop en quoi la promesse de son retour pourrait les aider à apprécier un peu plus leur nouveau patron. Le moral au fond des chaussettes, il avait abandonné Artie dans la cuisine, occupé à découper il ne savait quel légume, parce qu'il avait cessé d'en manger depuis qu'il vivait seul, s'enfermant dans la salle de bain. L'eau chaude sur la peau, mordant ses muscles, Kieran glissa le regard sur les quelques cicatrices couvrant son ventre, certaines plus récentes que d'autre, puis il s'étira de tout son long, s'éveillant après une nuit longue, encore. Il avait raté le réveil, parce qu'il passait trop de temps sur son canapé, mais apparemment son fils ne s'en offusquait plus vraiment. Vêtements propres sur le dos, serviette sur les cheveux, brosse à dents dans la bouche, il allait couper le silence, rompu par la télé à volume bas, mais s'arrêta dans son élan. Karen. Là. Dans son salon, lui servant de chambre puisque l'unique pièce privée était occupée par son fils, à le regarder. S'il songea à lui demander comment elle avait trouver son adresse, il se retint, retirant sa brosse de la bouche, pour la dévisager en arquant les sourcils. « Hein? » Du dentifrice coula sur son menton, qu'il essuya de la serviette qu'il retira de ses cheveux encore mouillés, yeux plissés. « Euh... D'accord? » Autant dire qu'il comprit, clairement, qu'il n'avait pas tellement le choix. Il retourna en arrière, vers la salle de bain, s'arrêtant devant la porte pour regarder le salon, vérifier que Karen était vraiment là et pas une invention de son esprit, mais vu la tête d'Artie, en fond de scène, Kieran n'eut aucun doute sur la réalité de la situation.

S'enfermant dans la salle de bain, il plissa les yeux, encore, observa son reflet dans le miroir, tenta de parler, mais aucun son ne s'échappa de ses lèvres, aussi il rinça sa brosse à dent, qu'il glissa dans une trousse de soin, avec deux autres produits et du dentifrice, avant de revenir dans la pièce principale, passant devant la jeune femme en l'observant, bizarrement, pour ouvrir le placard du fond, derrière la télé en travers, sortant un sac. Une succession d'allers et venues, pour remplir le sac de quelques affaires, son regard rivé sur la chevelure rousse qui faisait, clairement, tâche au milieu du bordel ambiant ; sans doute qu'Artie se bouffer le sang de pas avoir eu le temps de ranger avant qu'une invitée déboule dans le salon. Enfin, une invitée.. Le mot était un peu fort, parce que connaissant son fils, ce-dernier n'avait peut être tout simplement pas eu le courage de la retenir et vu la tornade qu'elle pouvait être, elle n'avait pas du lui laisser le choix. Merde, son fils allait probablement se monter la tête d'un rien, il risquait d'aller balancer le tout à sa mère et le reste de la famille et sûrement qu'à son retour, Kieran aurait des réponses à donner à des questions privées.

Sac préparé, il le déposa devant la porte, avant de récupérer ses pompes, s'asseyant sur le canapé réversible qu'il n'avait pas refermé, occupé sur les lacets de ses chaussures, le regard toujours porté sur Karen. « Oui bha.. J'peux pas faire plus vite, tu m'prends un peu par surprise, j'fais aussi vite que je peux. » Aucun reproche dans sa voix, un simple fait. Il n'allait pas gueuler, c'était quelque chose qu'il appréciait, ou qu'il découvrait et qui, finalement, lui plaisait fortement ; l'inattendu. C'était ce qui l'avait maintenu si longtemps, pendant des périples à l'autre bout du monde, alors qu'il partait constamment à l'aventure, avec pour seul bagage son appareil photo et un calepin. Quelques sous-vêtements pour les fois où ils avaient accès à la douche, selon s'ils se retrouvaient dans des camps de réfugiés. Karen réveillait son impulsivité et, clairement, c'était ce qu'il semblait lui avoir manqué depuis son retour.

Se redressant, il attrapa sa veste, son téléphone chargé, laissant le chargeur sur le canapé et sourit. « Bon bha, on y va? » Il la poussait déjà ver la sortie, récupérant son sac pour saluer Artie sans plus de cérémonies. Par acquis de conscience, Kieran s'empressa, malgré tout, d'envoyer un message à son frère, Galahad, le plus apte à prendre soin de l'adolescent pendant son absence. Il en envoya un aussi à Winnie, histoire qu'elle ne panique pas et qu'elle ne lui en veuille pas, non plus, en apprenant qu'il avait pu envoyer un message à leur frère mais pas à elle. « J'demande pas où on va, on a pas de destination précise, j'suppose. » Il lui fallut un moment, mais il sembla comprendre d'où venait ce projet subit.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 20 Fév - 22:19

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ft. Kieran


Karen jeta un coup d’œil à l’appartement, autour d’elle. Définitivement, il n’avait rien à voir avec celui, plutôt spacieux, dans lequel elle avait improvisé quelque temps plus tôt une soirée film avec Kieran. En même temps, chaque appartement était unique, malgré ce que l’on voulait nous faire croire. Il ne fallait pas y voir grand-chose. Simplement que, dans ce monde, deux appartements identiques étaient soit un manque flagrant d’originalité, soit un mensonge éhonté. Ca n’existait pas. A côté d’elle, ou plutôt pas si loin – elle n’arrivait pas à évaluer les distances, dans ce lieu qui lui était encore bien trop inconnu et qu’elle ne comptait pas, pour cette journée du moins, connaître – se tenait celui qu’elle avait salué d’un pétillant ‘bonjour, je viens kidnapper ton père pendant une semaine, je suppose que tu es okay ? Promis je lui ferai rien, je suis une amie. De quoi, ce qu’on va faire ? Je vais lui permettre de se sortir et de s’aérer un peu la tête, comme un chien, par la portière.
Non, je ne sous-entends pas que ton paternel est un chien… Je peux rentrer ? Merci ! ‘.


Ce qui faisait, tout de même, il fallait se l’avouer, une bien longue salutation. Mais au moins, elle n’avait pas eu trop de mal à se laisser rentrer.
Et, en plus, elle avait été accueillie par un Kieran bavant du dentifrice. C’était magnifique. Elle n’eut même pas besoin de dire un mot de plus pour qu’il comprenne et accepte de se bouger. Le pouvoir que pouvait avoir la rousse sur les personnes était parfois plus que surprenant. Pouvoir qui, il fallait l’avouer, elle ne maitrisait pas le moins du monde – et c’était mieux comme ça, sinon elle aurait pu tout réussir, et où était l’amusement dans la réussite dès le premier coup ? –. Appuyée contre la porte, elle souriait. Elle avait laissé dans sa voiture ses propres sacs, le temps de monter ici.

« Tu vois, ça va être super, je te libère un canapé pendant une semaine ! Sinon, j’aime bien tes cheveux. Oh et, moi c’est Karen. Ravie. »
Autant se présenter à un gamin qu’elle ne reverrait jamais, après tout. Surtout qu’elle débarquait chez lui dans un tumulte, tempête écarlate à peine réelle – mais bien assez pour défoncer la porte – et qu’elle lui soustrayait son père dans le plus grand des calmes. Elle devait, sans doute, lui faire un peu peur, créer dans son esprit des questions. Qu’il les posent, ça irait plus vite que si elle devait les deviner !

« On y va ! Au revoir ! »
Au moins la kidnappeuse de parent qu’elle était était polie. Elle écouta la porte se refermer derrière eux et offrit à Kieran son plus grand sourire, avant de se mettre à dévaler les escaliers. Une véritable boule d’énergie. Un jour, il faudrait penser à lui enlever ses piles.

« T'as tout compris. On roule loin de ce bordel, aussi vite qu’on peut. Peut-être même qu’on pourrait parcourir tout le pays. » Deux ou trois marches en avance, elle prit le temps de s’arrêter et de le regarder dans les yeux, un petit sourire toujours au coin des lèvres. « Et dès qu’à un croisement on voit un nom de ville qui sonne bien, on tourne. On suit notre instinct. Viens. »

Elle le mena jusqu’à sa voiture, d’une couleur noire qui passerait presque inaperçue si ce n’était pour le dessin d’une plume, en grand, sur la portière passager. Elle l’avait fait elle-même, en souvenir d’un passage stupide d’un livre qu’elle avait adoré, lorsqu’elle avait eu sa voiture. L’intérieur était sobre, mais ses sièges étaient sans doute les plus confortables qu’elle ait eu l’opportunité de tester. Tant mieux, il fallait dire, car ils allaient y passer pas mal de temps. La rousse ouvrit le coffre pour qu’il mettre son sac dedans, avec son propre sac de vêtements. Le sac comprenant les boissons et deux-trois paquets de chewing-gums, rajoutés plus tôt, lui, reposait déjà aux pieds du siège passager. Ce serait l’endroit le plus pratique, pour eux deux, pour y atteindre.
« En voiture, Kieran. »
Heureusement, se fit-elle la réflexion, qu’elle avait fait le plein. Elle referma le coffre et se glissa sur le siège du conducteur, attendant que son partenaire mette sa ceinture avant de démarrer en trombe.

« On va tout droit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de tout droit, je te propose. » dit-elle en s’engageant, le long d’une rue déserte. Elle roulait à l’extrême limite de vitesse, mais elle n’avait plus rien à faire. Partir. Loin. Vite.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mer 22 Fév - 22:41

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ft. Karen


Il n’avait rien entendu du monologue de Karen, avant son irruption surprise dans l’unique pièce de l’appartement, qui servait de salon, salle à manger, cuisine et chambre, visiblement. Les murs n’étaient pourtant pas bien épais, bien que Kieran avait semblé plus fasciné par l’écran de son ordinateur que par ce qu’il se passait alentour, mais le bagout de la jeune femme semblait avoir laissé un sentiment étrange à Artie, qui continuait de l’observer, derrière le bar de la cuisine. Rempart invisible qui semblait dresser là pour le protéger de la tornade rousse qui s’apprêtait à lui kidnapper son père, sans qu’il ne sache rien d’elle; son prénom, d’où elle sortait et, surtout, comment son père pouvait la connaître. Malgré la rapidité avec laquelle Kieran disparu dans la salle de bain, il ne put s’empêcher de remarquer une certaine déception sur le visage d’Artie; sans doute était il un peu vexé, ou triste, de réaliser qu’au final, son père et lui n’échangeaient pas. Même en vivant sous le même toit. Si on pouvait appeler ça un cocon douillet pour bâtir une relation tangible; ils avaient l’air constamment sur le départ, en témoignait les cartons qui s’empilaient, maladroitement, dans un coin du salon, le canapé constamment déplié, jamais refais, les placards qu’on avait commencé à repeindre sans finir. Est-ce que c’était pas le signe, quelque part, que Kieran n’en avait, au final, rien à faire de leur relation distendue, presque déchirée.
L’ennui, c’était que l’écossais ne s’intéressa pas plus longtemps au problème, la voix de Karen passant les murs fins, alors qu’il sortait à peine de la salle de bain, regardant son fils et la jeune femme en souriant. Artie ne sembla pas plus enjoué de savoir comment elle s’appelait, sans doute parce que ça ne répondait pas à la multitude de questions qui tambourinaient dans son crâne.

Et Kieran ne lui laissa même pas le temps de songer à les balancer à voix haute, il attrapait déjà son sac et faisait signe à Karen de se remuer, balayant l’air de ses mains en rejoignant la porte qu’il garda ouverte quelques secondes. « Si t’as un souci.. » Réflexion inutile, Artie savait très bien se gérer, sans que l’homme n’essaie de se la jouer père sur le tard. Il haussa les épaules, salua le fils et claque la porte, envoyant un message à Galahad et Winnie, pour se donner bonne conscience. Il n’avait pas encore rangé son portable dans sa poche que, déjà, sa soeur lui répondait et il roula des yeux, retenant un éclat de rire pour lui répondre, reportant son attention sur la jeune femme devant lui, effaçant le message initial pour rester évasif. Winnifred n’avait pas à tout savoir de ce qu’il faisait, même si sa curiosité la pousserait, certainement, à le questionner dès son retour. Et s’il ne revenait pas ? L’idée sembla lui plaire, le convainquant de mettre le téléphone en silencieux et le balancer dans la poche avant de son sac.

Elle bondissait, trépignait, dansait presque en dévalant les escaliers et Kieran se sentit obliger de la fixer, pour être préparer à réagir si jamais elle menaçait de se casser la figure. Une main en avant, pour prévenir d’un danger, il ne put s’empêcher de sourire, rictus sincère qui ne semblait paraître que quand elle .. vivait, sous ses yeux. Il s’était arrêté, l’avait regardé alors qu’elle se stoppait dans son élan, frôlant la bousculade. Son regard s’était perdu dans l’éclat des yeux rieurs de la rousse, son sourire. Contagion de son impatience, de son effervescence, faisant battre la veine de son cou alors qu’il se surprenait à sauter les deux dernières marches de l’escalier, poussant la porte à la volée pour sortir avec elle.

« On change de conducteur à chaque arrêt alors, sinon c’pas fairplay, moi aussi j’veux conduire ! » C’était peut être rare, mais Kieran faisait parti de ces gens qui, dès qu’ils avaient eu leur permis en poche, avait eu le sentiment que le monde était à leurs pieds. Depuis, c’était un plaisir, qui avait doublé quand il avait eu l’autorisation de conduire une jeep dans les déserts Orientaux.

Il ne lui fallut pas énormément d’observation pour deviner quelle voiture était celle de Karen et il retint un rire en s’approchant, observant le coffre qu’elle ouvrit pour y déposer son sac, portable dedans. « C’est parti, Moneypenny. » Il se frotta les mains et contourna le véhicule pour ouvrir la portière passager, un regard sur le sac pour y repérer les victuailles.. Si on pouvait appeler ça comme ça. Souriant, il s’installant pour attacher sa ceinture, reculant le siège pour étendre ses jambes, éviter que le sac ne l’empêche de s’installer tranquillement; il songea à se mettre à l’arrière, mais il n’était pas encore fatigué, il voulait profiter. « Tant que je vois le panneau « vous quittez Lakeview » s’éloigner dans le rétro, tout me va. » Ou celui d’entrée dans la ville, tout dépendait le point de vue. Excitation de l’inconnu. Bouffer de l’asphalte. Faire une indigestion. Être libres. Ensemble.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Jeu 23 Fév - 0:45

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ft. Kieran



L’excitation de la route, de tout plaquer, de sentir qu’on appartenait au vent plus qu’à un appartement ; l’odeur du gasoil, gluant, dégoulinant, brûlant l’énergie et l’espérance de vie, l’étouffant lentement en entraînant la terre ; la sensation des roues sur l’asphalte, le grain particulier de ce chemin qui, lentement, les éloignerait vers des horizons qu’ils ne connaissaient pas encore, la clé entre ses doigts qui jouait, lentement. S’enfoncera, s’enfoncera pas… Elle tournait doucement alors que Kieran s’installait, après avoir mis son sac dans le coffre. Partirons, partirons pas ? La route devant eux, par le pare-brise, pas encore en mouvement, semblait attirer le duo vers des promesses à se faire, des souvenirs sur des photos qui n’existaient pas encore. L’air du mois de février était vif, sec, mais presque chaleureux : pas de glace charriée. Un temps idéal pour partir explorer le pays qu’ils connaissaient de nom sans jamais l’avoir réellement arpenté.  Avancera, avancera pas ? La clé était entre les doigts de Karen, assise sur son siège, prête à mettre le contact dès que la porte de son partenaire se serait refermée. Dès qu’il se serait installé confortablement. Elle avait hâte, tellement hâte de partir en trombe, de laisser derrière ses années, d’oublier, simplement de s’oublier pendant un temps.
De n’être que la route, le bitume et l’essence. La gomme chauffée par le long trajet, le moteur. N’être rien de plus que le véhicule. Attente. Espérance. Se perdre dans le monde. Ressurgir, à nouveau, plus complet qu’auparavant.


« Promis, on change à chaque arrêt ! » dit-elle en répondant à une demande formulée plus tôt. Elle était comme ça, Karen. Elle offrait toujours, tôt ou tard, la réponse à la question. Et ce n’était pas de sa faute si, quelquefois, la personne avait entre-temps oublié quel était cette question. Plutôt de la faute de ceux qui ne voulaient les choses que tout de suite et maintenant.
La route commença à défiler, dans son rétro et devant eux. Il était encore tôt, assez tôt pour que les lève-tard ne soient pas encore sur les trottoirs ou la voie publique. Mais il était juste assez avancé dans la matinée pour que toute personne se rendant à son travail soit déjà partie, évitant ainsi des embouteillages. Rien ne coupait plus l’envie de filer en liberté sereinement qu’une longue file de voitures, frustrant de plus en plus au fur et à mesure des coups de klaxons et de doigts sur le volant.

Karen conduisait comme elle vivait, comme elle parlait : elle y mettait toute son âme et sa détermination. Elle tournait avec son corps, ses doigts caressant le volant pour lui indiquer la direction. Les virages les plus serrés lui apparaissaient comme des jeux avec un corps, cherchant à réveiller l’esprit pour que celui-ci permette de se retrouver. Elle affectionnait les petites ruelles, d’ordinaire, mais pas aujourd’hui : aujourd’hui, ils filaient.

« J’aime cette ville, tu sais. Mais on peut aimer de loin, même si ça fait foutrement mal. »  son sourire, un peu triste en annonçant ça, se teinta bientôt d’une véritable joie.
« On atteint la limite. Dis bye-bye ? »

Ils sortirent en trombe de Lakeview, laissant derrière eux tous les soucis qui auraient pu subsister. Ils les noyèrent dans l’insouciance d’un départ. Karen réalisait juste, alors, à quel point partir était facile : à quel point, malgré son attachement à l’endroit, elle n’avait eu de cesse de vouloir s’éloigner. De vouloir respirer. Alors peut-être que la ville l’aimait, pour la laisser partir.
Mais la laisserait-elle revenir ?

La rousse sourit en accélérant. Elle ne risquerait pas la vie de quelqu’un d’autre avec elle, du moins pas sans son accord. Un rire lui échappa. Un rire vivant, franc, éclatant, qui remplit l’habitacle le temps d’une explosion brutale de sa joie, pour parer le ciel gris qui s’étendait au-dessus d’eux, intemporel.  Il n’y avait pas besoin de mots, pour l’instant, entre eux. Elle ne pensait pas avoir besoin de lui parler, alors que derrière eux la ville était encore un petit point visible, s’amenuisant de minute en minute. Elle était encore toute entière à l’excitation, l’adrénaline du voyage se déversant plein pot dans ses veines. Le silence ne la gênait pas, et ne pesait pas, lui semblait-il.
Une fois Lakeview loin derrière – dix minutes ? Une heure ? Qui savait ? Elle n’avait pas de montre – elle prit la parole, souriant grandement.


« Même en aimant Lakeview, je ne me suis jamais sentie aussi calme… » façon de parler
« qu’à chaque fois que je m’en éloigne. » Et puis, changeant rapidement de sujet, sa voix se fit plus légère :
« tu crois que je peux distancer les nuages ? Je ne vais pas essayer, mais tu crois que ça serait possible de le faire ? De mettre de la distance entre ces machins gris et nous ? »
Elle plaisantait. Ils étaient seuls, sur une route de l’Oregon, sans croiser un seul croisement. Une longue route, sinueuse. Une route comme il y en aurait des milliers d’autres.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 27 Fév - 21:48

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Pas de regrets. Il avait claqué la porte, enfermé le portable dans une poche au fond d’un sac jeté dans le coffre, sans aucun moyen de pouvoir désormais l’atteindre, coupé du monde et ça ne semblait pas l’atteindre plus que ça. Il faisait preuve d’un détachement particulier en laissant sa famille derrière lui, son fils qu’il apprenait à connaître, pour une aventure imprévue, inconnue, avec une jeune femme qu’il ne semblait pas connaître plus que ça. Kieran bafouait les projets établis avec sa famille quelques jours avant, le repas du week-end en approche, les sorties cinéma qu’il devait faire avec Julia et Artie, comme si tout était presque normal; comme si ses parents s’aimaient d’un amour autre que platonique et qu’il avait de nouveau un an. Artie devait être déçu, sans doute, mais cela n’effleura pas Kieran le moins du monde alors qu’il trépignait, tapotant du bout du pied sur le tapis, le coude contre la portière, à surveiller la route dans le rétroviseur. Il attendait le panneau, celui qui lui annoncerait qu’ils quittaient Lakeview, qu’ils mettaient travail et obligations familiales derrière eux, pour affronter, seuls mais ensemble, l’asphalte, le goudron, les collines, les plaines, le désert.. Peu importait à ce stade, Kieran voulait seulement voir la ville s’éloigner, parce que c’était la meilleure façon de l’aimer; la quitter, s’habituer à respirer l’air frais d’un autre lieux, pour noter les différences pour plus tard et retrouver, ensuite, ses marques. Alors il comprenait ce qu’elle lui expliquait, ce qu’elle tentait, maladroitement de lui dire. Lui aussi, l’aimait de loin, cette ville. Parce que dès qu’il y revenait, après des absences plus ou moins longues, il pouvait la voir d’un oeil nouveau, presque neuf, s’étonner de revoir un lampadaire auquel il n’avait jamais, par le passé, prêté attention, alors qu’il passait devant tous les jours. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, Kieran avait réussi à découvrir et re-découvrir Lakeview, à chaque retours, notant ces coins qui faisaient parti du décor, de son décor, comme s’il ne les avait jamais vraiment vu auparavant.
Comme l’Ecosse sans doute. Il était parti depuis si longtemps, que Kieran avait le sentiment, l’assurance même, qu’en y retournant il retrouverait ce sentiment d’amour profond pour sa terre natale. Il sourit, ouvrit la fenêtre à son signal, se pencha un peu et leva le bras en gueulant dans le vent, le moteur couvrant son exclamation informe, onomatopée sans en être une. Il était extatique, excité, fou. Karen lui offrait sans doute le meilleur présent qu’on avait pensé, un jour, à lui offrir; une virée sans but, sans projets, sans attentes. Deux étrangers bouffant la poussière de la route, sans regarder en arrière. Se réinstallant correctement sur son siège, refermant la vitre, l’écossais regarda Karen avec un sourire d’enfant, regard éclatant, brillant.

« Je n’ai jamais autant apprécié Lakeview qu’en y revenant, après mes missions à l’étranger. Il sourit en reculant un peu le siège pour étaler ses jambes. Retrouver les mêmes rues, tout en les découvrant comme pour une première fois. Je pense que ça s’explique pas. Ça se ressent. Y a des endroits, comme ça qui sont fait pour être quitter.. » Des gens aussi, sans doute, mais il ne le souligna pas, parce que ça n’avait pas sa place ici. Il savoura le paysage qui se dévoilait, qu’il ne devinait jamais vraiment derrière les usines et les bâtiments du centre-ville où il se perdait, quelque fois, quand il ne restait pas enfermé chez lui. C’était une belle région l’Oregon, mais il fallait la vivre, la parcourir, l’arpenter pour la découvrir de ses propres yeux plutôt que de l’observer sur un écran de télé, dans un reportage bidon. Cherchant avec les mains, à l’aveugle, il finit par trouver comment baisser un peu le dossier du siège, s’installant tranquillement pour croiser ses bras derrière sa nuque et regarder la route par le pare-brise.

Il aimait ça, en fait. Partir. Peu importait du lieu d’arrivée, Kieran découvrait, étrangement maintenant, qu’il était fait pour s’en aller, sans se retourner. C’était triste, quelque part, de prendre conscience qu’il était capable, voire même fait pour, de tout quitter sans se retourner, sans chercher un signe quelconque qui lui soufflerait qu’il devait rester. Il aimait les Rockatansky, à des degrés plus ou moins fort pour certains, mais il prenait conscience qu’il n’avait aucune appréhension à les abandonner, sans prévenir, sans un mot, sans un signe. Est-ce que ça faisait de lui un égoïste ? Probablement. Du coin de l’oeil, il observa Karen et un sourit un peu triste glissa sur ses lèvres avant de disparaître alors qu’il se redressait un peu, incapable de se tenir. A croire que les rôles étaient inversés désormais; elle se calmait et il s’énervait.

« Moi je pense que.. Si tu le veux, alors tout est possible. Il se pencha sur le tableau de bord pour regarder le ciel à travers le pare-brise et sourit. Le gros là, un peu gris, tu pourrais carrément le distancer.. Il a l’air lent. » Les avant-bras en appui sur le tableau de bord, il tourna la tête vers la conductrice et lui envoya un clin d’oeil. « Merci.. » Il avait tourné le visage, pour regarder ailleurs, en soufflant ce simple mot, sans s’étendre plus longtemps, sans s’expliquer. Merci. Merci de m’avoir emmener dans ton périple. Merci de m’avoir sorti de ma torpeur. Merci d’exister, Karen.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mer 1 Mar - 16:39

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


Entre ses mains, Karen avait l’impression de sentir que le volant se tortillait. Qu’il s’excitait, presque sans raison, tournait à sa demande, serpent affectueux dont la peau glisserait lentement entre ses doigts pour aller à droite ou à gauche sur la route quelque peu sinueuse. Elle ne s’en plaignait pas : dès qu’elle entrait en contact avec un véhicule, Karen avait la fâcheuse tendance à se sentir absorbée par la conduite, à vouloir faire corps avec non seulement la route mais également le véhicule. Elle voulait se mettre à courir comme elle roulait, à exister au rythme du tapotement des roues sur l’asphalte. C’était ce besoin qui l’avait poussée à se tourner vers la moto, plus jeune, ce besoin d’être, d’avancer, toujours plus loin. C’était la sensation de vitesse, de se perdre, de lâcher tout et d’être en même temps en plein contrôle. Quelque chose sur lequel on ne pouvait pas mettre de mots. Pire que l’appel du vide, pire que tout ce qui pouvait traverser sa tête. Le voyage, le paysage, l’envie de fuir avait sur elle cette attraction démentielle.

Ce fut presque du soulagement lorsqu’elle ne vit plus la ville, qu’elle fut dans son dos. Bien qu’elle aimât Lakeview, autant que l’on puisse aimer une ville faite d’apparences, de plumes de piafs volant dans tous les sens et où on avait passé toute une enfance quelque peu chaotique, s’en éloigner relevait de ses épaules une chape de plomb qu’elle avait, avec les autres bagages, coincée au milieu d’un tas de vêtements tous plus confortables les uns que les autres. Par ici, il n’y aurait personne pour savoir les merdes qu’elle traînait derrière elle, comme une réputation que personne ne connaissait. Sur la route, autour d’eux, personne ne lui reprocherait d’avoir été trop loin une fois. D’avoir tout lâché, d’avoir blessé sans doute un gosse quand elle avait sept ans, en tricycle. Mais c’était une autre histoire, une de celles qu’elle ne raconterait pas avant un bon bout de temps.

« Et y a des endroits qu’on ne peut jamais quitter. » furent ses prochains mots. Des mots presque doux, caressants, empreints d’une nostalgie qu’elle ne souhaitait pas dévoiler. Chez elle aussi, la nostalgie n’avait pas tellement de sens : elle ne la ressentait quasiment pas, sauf en de rares occasions : des flashs, comme à cet instant, d’endroits froids. Décoration impersonnelle, rideaux qui tombaient devant la porte et devant les fenêtres sans aucune lumière. Des endroits qu’on ne pouvait jamais quitter, mais que l’odeur de gasoil faisait disparaître de ses pensées. Elle secoua la tête.

« Tu savais qu’en fait, à la place d’un seul nuage, ce sont des milliers qui défilent au-dessus de nous, si vite qu’on ne les voit pas changer ? » sa remarque éclata, avant qu’elle ne se mette à lui sourire, ses yeux à la couleur indéfinie filant vers lui pour rencontrer son visage un instant, même pas. Elle allait finir par comprendre qu’il ne fallait pas regarder le visage de Kieran, sinon elle se perdait. Heureusement, ça n’arriva pas ce jour-là.

« Merci ? » répéta-t-elle en reportant son attention sur la route, continuant tout droit, préférant une petite route à la nationale qui s’offrait à sa droite.
« C’est moi qui devrait te dire ça, tu sais. T’es venu avec moi. » Là aussi, sa voix s’était adoucie. Elle n’avouerait pas qu’elle s’était attendue à un refus, un véritable refus. A partir seule. Alors non, c’était pas à lui de dire merci.
Un silence passa, doucement. Un silence confortable. Cinq kilomètres, peut-être un peu moins loin, elle le brisa à nouveau. « Fin peut-être que quand tu dormiras j’vais appeler ta famille et leur dire que j’t’ai kidnappé et que je veux qu’on me paye en guimauves. »
Cette fois, elle rit franchement. Une autre ville, déjà, se profilait à l’horizon. Village, plutôt, au vu du peu d’habitations qui l’entouraient. Ca allait tout droit, après ça. Une longue, longue route qu’elle pouvait déjà voir. « On va tout droit. Fais coucou aux petits vieux sur le bord de la route si y en a, ils seront tout contents ! »

Ils traversèrent le village, sans croiser personne. Déception de la rousse. Déception qui disparut, très vite, quand ils atteignirent une route immense.
Immense et droite. S’étendant jusqu’à l’horizon, et bien plus loin encore.
Son moteur rugit de plaisir, avec son propre rire. Vitesse. Sensation d’être complète, avec lui à ses côtés. Elle n’aurait pas imaginé quelqu’un d’autre avec elle.
Combien de temps roulèrent-ils ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Le soleil eut le temps de bouger, dans le ciel, de réchauffer leur habitacle de métal. Et la route. Toujours la route, infinie.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 5 Mar - 0:17

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


A force de la regarder, du coin de l’oeil, alors que la route défilait déjà devant eux, les roues qui bouffaient l’asphalte et le pot d’échappement qui recrachait la fumée, il allait finir par passer de l’observation à la fascination. C’était idiot parce qu’il n’y avait sans doute rien de particulier à la scène, rien de plus qu’une situation normale vécue par n’importe quel type, mais Karen lui donnait la sensation de ne pas seulement conduire. Il y avait quelque chose qui allait au-delà, qui dépassait le simple fait d’être sur la route, à s’éloigner d’une ville aimée, mal sans doute mais aimée. Ses traits donnaient principalement la sensation qu’elle flottait au-dessus du monde, assise en tailleur sur son tapis volant au lieu du pied qui caressait l’accélérateur, moteur grognant, habitacle vibrant de l’exaltation qui passait d’eux au véhicule, osmose étrange entre machine et personnes. Il sourit, légèrement, touché par l’étonnante sincérité qui se peignait au coin de ses lèvres, aventurière partie, sous l’impulsion, à bord de son destrier mécanique. Hésitation intense, chamboulement intérieur. Kieran croisa les bras sur sa poitrine, retenant de justesse, avec une maladresse touchante, l’envie soudaine de lui caresser l’épaule, de lui effleurer la joue, pour essayer, étrangement, de gagner un peu de cette liberté qui transformait ses traits, fins, en un quelque chose d’irréel. Lèvre mordue, Kieran appuya sa tête contre le repose-tête, un coup d’oeil rapide dans le rétroviseur, un pincement au coeur. Toujours pas de remords.. Seulement la sensation triste de ne pas avoir pris la décision de le faire plus tôt, avant de se réinstaller complètement, avant de laisser planer la certitude d’un retour définitif. Il aurait voulu avoir le courage de partir avant, de tourner en rond, de se tromper de chemin, de retrouver la route et de recommencer.
Peut être qu’il lui fallait croiser, enfin retrouver, le même sentier qu’elle pour oser s’octroyer un répit mérité, bien que ça restait relatif.

Ce n’était pas l’inconnu que Kieran appréciait le plus dans ces éloignements de la ville, de son second chez lui, mais le fait de devenir personne. D’être l’étranger des autres, de n’avoir d’existence et de nom que ceux qu’il décidait de se donner en se présentant. Loin de sa famille, de ses amis, l’écossais pouvait choisir ce qu’il serait aux yeux des personnes qu’il rencontrerait au cours de son périple et, rien que ça, suffisait à lui plaire, à l’amuser, le charmer.
Dans cette voiture, ce n’était plus le type qui avait abandonné, presque oublié, les siens en partant à l’autre bout du monde. Ce n’était plus l’homme qui avait vu la guerre de si près qu’il n’était pas certain de pouvoir, un jour oublier et reprendre complètement sa vie comme avant. Il n’était plus le père raté qui s’était attaché à des gamins perdus, orphelins, plus qu’il n’arriverait jamais à s’attacher à la propre chair de sa chair. Ici, il n’était que Kieran, l’homme seul, un peu renfermé, que Karen avait choisi de sortir de sa torpeur pour l’embarquer avec elle. Bon ou mauvais choix, c’était à décider pour plus tard.

« Ceux sont les gens, parfois, qui rendent les lieux difficiles à quitter. » D’où ça venait, il l’ignorait. Les mots s’étaient échappés sans qu’il n’ait réellement le temps de les retourner dans son crâne, de s’en imprégner, avant de les laisser échapper. Ce n’était clairement pas en connaissance de cause qu’il parlait, parce que ça ne lui était visiblement encore jamais arrivé, de ne pouvoir partir à cause d’une personne, d’un être. La faute à sa mère, peut être, qui n’avait fais que le contraire; tout quitter, à cause d’une personne. On lui avait enseigné la fuite, plus ou moins. Ça demandait sans doute moins de travail et d’efforts que la lutte pour rester.

C’était sans doute une première, pour lui donc, de quitter un endroit avec quelqu’un à ses côtés. Non. Pas seulement quelqu’un; Karen. L’idée de se perdre avec elle, dans des villes inconnues, lui plaisait assez. Après tout, quoi de mieux pour visiter un endroit, en découvrir chaque aspect, qu’en s’y perdant corps et âme. Le regard rivé sur l’horizon, il cligna des yeux et haussa les sourcils en tournant le visage vers elle, bien que ses yeux restaient accaparés par la route et un point invisible, droit devant. Attentif à tout ce qu’elle pouvait raconter, il sourit. « Je ne savais pas, non. C’est dommage qu’on ne le voit pas.. » Pourquoi ? Il l’ignorait, mais il envisageait ça comme un ballet, rythmé, travaillé au millimètre près et manquer le résultat d’un effort considérable, c’était un peu triste. Réalisant l’étrangeté de sa propre remarque, Kieran finit par tourner la tête, son regard perdu sur le visage de karen, avant de rire.

Silence qui revint, en lui, alors qu’elle rebondissait sur son remerciement. Elle ne devait pas comprendre l’importance de ce qu’elle avait fait, à l’instant même où elle avait frappé à sa porte.. Peut être qu’elle ne comprenait même pas, qu’il la remerciait d’avoir été cette jeune femme derrière un bureau, alors que Kieran venait voir Edward. Et si ça avait été une autre.. Il ne parvint pas à y songer, parce que remplacer Karen par une personne lambda dans le contexte, ça semblait absurde. « J’aurais été fou de refuser. » Sourire sincère, attention reportée sur elle. Devait-il lui dire, qu’il n’aurait pas pu… Il rit, à son tour, sans savoir s’il était porté par son hilarité à elle, ou parce qu’elle arrivait à le surprendre avec son humour, sa manière particulière de laisser échapper ses réflexions amusantes. « Les connaissant, ils seraient bien capables de te donner ta guimauve pour que tu me gardes. » Probablement pas. Eileen Rockatansky serait sans doute surtout capable de donner de la guimauve à Karen pour qu’elle reste avec son fils, histoire de l’occuper à autre chose que planter son cul dans son canapé.

Il se redressa un peu, observa la route et sourit en voyant le village se rapprocher, sans qu’aucune âme ne vienne à leur rencontre sur le chemin. Ce n’était pas tard pourtant, ni tôt. Appuyant le coude contre la portière, Kieran appuya son visage contre son poing, observant les rues désertes, les portes fermées. Et puis le vide. L’étendue de goudron. Le désert de bitume. Eux. L’infini hypothétique d’une route. Un sourire tendre passa sur ses lèvres, gamin rêveur observant l’éternité se dessinant sous ses yeux. Rien. Deux âmes vagabondants ensembles. Et le monde, derrière, perdant la course.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 5 Mar - 1:49

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L’univers n’existait plus. Il n’y avait plus rien autour d’eux que la route, la voiture et eux. Deux corps perdus dans l’espace infini d’un bonheur qu’ils ne pouvaient pas encore comprendre pleinement. Karen n’avait pas encore l’impression d’avoir déjà vécu ça : l’adrénaline qu’elle chérissait tant, mot qui revenait dans son esprit comme une rengaine douloureuse à des intervalles trop réguliers à son goût, était curieusement absente de son système sanguin. Elle fonctionnait différemment, ce jour-là.  Elle n’était pas poussée par ce besoin de danger, de nouveauté, du moins pas au premier plan. Il était toujours là, mais Kieran semblait la pousser plus loin. Il lui donnait quelque chose de nouveau, pour continuer à carburer. Ou plutôt, non. Il ne lui donnait rien : sa présence insinuait quelque chose que seul le subconscient de la rousse pouvait décoder, et qui provoquait en elle un besoin sur lequel elle ne pouvait pas mettre un mot, des picotements sur ses lèvres entrouvertes qu’elle n’analysait pas, un pressentiment. Il ne lui donnait rien, juste une sensation de manque qu’il comblait et accentuait en même temps par sa présence.
L’univers n’existait plus, pour Karen du moins : à quoi bon, quand autour il y avait tout ce qu’il lui fallait ? En soi, le silence n’était pas des plus gênants. Il s’imposait comme un compagnon de voyage, dormant lorsque les anecdotes les plus intéressantes devaient être partagées et prenant la pleine possession du véhicule lors des passages à vide. Jamais trop envahissant, jamais là quand il ne le faudrait pas. Tout et rien à la fois.

« Non, je pense pas que ta famille veuille t’échanger contre des guimauves. Ce serait vache. Fin, s’ils le faisaient, je crois que je te laisserais aller les retrouver juste pour que tu te venges, en fait. Puis après je te reprendrais avec moi et on partagerait les guimauves devant des films nuls. »  raisonna la rousse en levant les yeux au ciel, juste pour voir si oui ou non, il y avait encore des nuages au-dessus d’eux. Bien sûr.
Ils se délitèrent lors de leur traversée silencieuse. Des heures, sans doute. Karen ne fit que jeter un coup d’œil à l’heure, alors que, selon ses estimations, ils n’allaient pas tarder à atteindre la frontière qui séparait l’Oregon de la Californie. Avait-elle envie de retourner en Californie, après sa jeunesse – sa vingtaine, dirons-nous plutôt – plutôt erratique ?
Ca, ou le Nevada…

Il fallait qu’elle pose la question à son coéquipier. Ils allaient sûrement s’arrêter bientôt, elle commençait à prendre des fourmis dans tout son corps. Besoin de sautiller, de sortir, de respirer. Elle tendit la main doucement, pour toucher celle de Kieran qu’elle ne savait pas trop loin, la voiture n’était pas excessivement large. Ses doigts s’attardèrent sur sa peau, descendant pendant un instant le long du dos comme si elle voulait les entrelacer au sien. Mémoire tactile, sans doute, se dit-elle en retirant sa main vivement, espérant qu’elle avait réussi à capter son attention.
« Californie ou Nevada ? » elle se mordit la lèvre, fronçant les sourcils. « Tu as le temps d’y réfléchir, c’est juste que je pense que je vais m’arrêter bientôt, si tu veux conduire… Besoin de respirer un peu. Et que du coup, si on continue tout droit, tu devras faire le choix… J’t’avertis en avance. »

Quelques kilomètres plus loin, l’endroit parfait. C’était environ un quart d’heure plus tard ? Là encore, elle n’avait guère fait plus que de jeter un coup d’œil, vague, et d’estimer. Sa voiture s’arrêta calmement sur une esplanade, peut-être prévue pour ça, à l’orée d’un autre village. Elle ne s’était pas aventurée plus loin, le besoin de courir de partout était trop fort. Elle tira le frein à main, retira les clés du contact et déboucla sa ceinture. Tournant son regard vers l’homme, la rouquine lui fit un gigantesque sourire avant de se ruer dehors, s’étirant et sautillant sur place. Energique, sa robe virevoltait en même temps que son manteau, dont elle se débarrassa. Il commençait à faire trop chaud, en dessous, et elle avait de toute manière des manches longues à sa robe. Elle ouvrit la portière arrière pour y jeter le tissu rouge.
« C’est fou comme ça fait du bien, de marcher un peu. » marmonna-t-elle en tournant la tête vers son acolyte, un sourire aux lèvres et appuyée contre la portière de nouveau close. « Tu veux conduire ? »

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 5 Mar - 17:28

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ft. Karen


L’image le fit sourire, l’amusa et, quelque part, sembla aussi charmante que cette semaine qui se profilait sous ses yeux. A deux. C’était le cas, il n’y avait que Karen et lui dans l’habitacle de la voiture, sur la route, à bouffer la poussière en s’éloignant de Lakeview pour le reste de l’État et ceux d’après, pourtant, Kieran n’osait pas vraiment employer le terme. Oralement ou mentalement. A deux. Ça insinuait tellement de choses, certaines qui n’étaient même pas à poser sur la table, qui n’étaient pas émises, auxquelles il avait sans doute couper terme en s’enfuyant, l’autre soir. Pourtant, l’idée le charmait, plus que cela n’aurait du le faire et il se mordit la lèvre, sourire figé, en regardant par sa vitre, pour cacher son air de nigaud qui refusait de s’effacer de ses traits. Frottant sa barbe naissante, l’écossais déglutit et s’occupa l’esprit en imaginant Winnifred, en ville, essayant de tirer les vers du nez d’un Artie encore, sans doute, remué par l’apparition surprenante de Karen dans sa vie. Dans leur vie. Dans celle de son père, même s’il devait totalement ignorer ce qu’elle venait faire là et, surtout, à quel point elle chamboulait son quotidien et pas seulement parce qu’elle le kidnappait pour un voyage inattendu. Encore un peu et il allait se prendre pour un hobbit. L’idée le fit rire, légèrement et il étouffa l’hilarité naissante dans le creux de sa main, qu’il écrasa contre sa bouche, le coude contre la vitre, à regarder le ciel, fasciné. Inquiet aussi, sans doute, ne comprenant pas réellement pourquoi ce sentiment essayait, maladroitement, de poindre dans sa poitrine. Elle était de nouveau là, cette émotion étrange qui lui avait étreint le coeur, ce fameux soir du film, dont il espérait n’avoir rien gardé, les souvenirs qu’il arrivait à bloquer quelque part dans son subconscient.. Parce qu’il craignait de refaire la scène, encore et encore, inlassablement, jusqu’à trouver l’erreur, jusqu’à la réparer, avant de réaliser que ça ne servait à rien si ce n’était que dans sa tête.

Par chance, le silence qui s’immisça, délicatement, dans l’habitacle, lui fut plus libérateur que les mots qui tournaient en boucle dans son crâne, lèvres figées dans un rictus étrange, incapable d’émettre un son. Pris dans le moment. Dans l’échange, complice. Il devinait le rapprochement de la frontière, sans s’en inquiéter plus que ça, fasciné par la vitesse avec laquelle le temps défilait, triste aussi, de la rapidité. Il aurait voulu que Temps ralentisse sa course, qu’il lui offre, comme compensation pour ces années perdues, le temps de profiter, de s’approprier l’instant. Le contact, chaud. Ses sourcils s’élevèrent un peu, quand il sentit les doigts de Karen sur sa main, refusant de bouger, pour laisser à cette caresse innocente, légère, s’imprégner dans sa chair. Visage rivé vers le paysage, Kieran resta impassible, pourtant, son corps sembla s’émouvoir de cette tendresse, relative sans doute, émanant de l’échange. Lorsqu’il se décida à remuer les doigts, pour tenter de resserrer les siens, elle retirait sa main. Il pinça les lèvres, déçu du manque de rapidité dans sa décision et tourna finalement la tête vers elle, attention reportée sur elle alors que, même s’il ne la regardait pas, c’était clair qu’elle ne s’était jamais détournée.
Il sourit, avant de se concentrer sur le décor, se frottant finalement le menton de sa main libre, l’autre figée, picotements de sa chair alors qu’il pouvait encore deviner la chaleur de celle de Karen dessus. « On verra bien ce que le hasard décide. » Et par ça, il sous-entendait plutôt que ça serait à voir sur l’instant, le tout sur un clin d’oeil amusé.

Regard rivé sur Karen, il ne compta plus les minutes, qui s’égrainaient, pour lutter contre le temps qui passait. Il s’autorisa seulement un regard sur l’heure quand la voiture s’arrêta et que Kieran détacha la ceinture, s’étirant sur le siège avant de s’arrêter, coupé dans son élan. Le sourire de Karen le frappa en plein coeur, si bien qu’elle le laissa là, pantois, tétanisé, sur son siège alors qu’elle s’extirpait avec une facilité déconcertante. La bouche entrouverte, il sentit un sourire se dessiner sur ses lèvres, par pur mimétisme, avant de sortir de la carcasse métallique, squelette craquant par endroit alors qu’il croisait les bras sur le toit du véhicule pour la regarder. Elle virevoltait, aérienne, danseuse dans le vent. Il aurait surement pu rester là, des heures, à la regarder évoluer dans le paysage, sa robe suivant les mouvements de son corps.
Il serait surement resté là à la regarder bouger, remuer, rire, vivre.. C’était la seconde fois que ça le prenait comme ça, aussi fortement, en la regardant.

Contournant la voiture, il la rejoignit, glissant ses mains dans ses poches, étendant sa colonne vertébrale, les vertèbres craquant alors qu’il se détendait un peu, courbaturé par sa posture précédente. « Je ne sais pas si c’est le mot marcher, qui correspondrait .. » Kieran se planta devant elle, sourire répondant au sien, alors qu’il la regardait, s’approchant un peu plus en secouant doucement la tête. Il n’était pas certain que ce soit le moment idéal, surtout parce qu’il ne croyait pas à ces bêtises, mais elle était tellement jolie là, à cet instant précis, qu’il n’aurait pas réussi à supporter, une fois encore, de rater l’occasion. Se penchant un peu, ses lèvres se posèrent sur les siennes, tendrement, baiser fugace qu’il rompit avant que ça ne devienne peut être trop gênant, ou qu’elle le repousse. Sans rien dire, il lui fit un clin d’oeil avant de retirer ses mains de ses poches, qu’il frotta l’une contre l’autre. « On roule jusqu’à la nuit ! Proposition spontanée qui l’amusa. Enfin, sauf s’il faut faire un arrêt pressant avant. » Il sourit et remua les sourcils, invitation silencieuse, rictus de gamin.
Coeur sauvage.


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