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 We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 5 Mar - 20:14

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


La route avait sur Karen un effet presque hypnotique, sans le côté dangereux. Elle l’attirait comme elle pourrait attirer à elle, telle une sirène, d’innocents voyageurs. Karen ressentait le besoin de s’y fondre, de la suivre jusqu’à la mer, de serpenter entre les monts et les vallées, entre les buildings et les immeubles à venir, les caves et les boîtes aux lettres. De mener les êtres, de les découvrir au fil des bornes. Elle voulait faire découvrir aux gens le monde qu’ils arpentaient, et en même temps en avoir un aperçu avec eux. Etre la route, le véhicule, peut-être même un nuage dans le ciel ! Elle vouait à l’existence et à la découverte un culte presque malsain, que son cerveau rongé par une douleur d’exister incessante sans le danger ne pouvait qu’apprécier et encourager.  
Et, aussi dingue que ça puisse paraître, elle ne voulait pas guider Kieran à la découverte. Elle ne voulait pas ça. Elle voulait quelque chose, avec lui. Quelque chose d’unique, aussi unique que le besoin qu’il réveillait en elle, ce manque qu’elle ne définissait pas, cette pointe dans sa gorge. Elle voulait découvrir avec lui. Partager. Etre plus que la route, que le nuage ou que le guide. Elle voulait être une partenaire, pour être au moins dans ses souvenirs.

« Eh bah confions notre choix au hasard, alors. Je lui fais autant confiance qu’à toi. »
Elle entendit le rire léger de Kieran, à un moment, comme un accompagnement de son silence. Elle sentit, alors qu’elle retirait sa main, un léger mouvement, mais peut-être ne l’avait-elle que rêvé. Mémoire sensorielle, encore, mémoire de ses doigts refermés autour des siens, dans ce centre commercial alors qu’ils couraient tels des fantômes ou des images échappées d’un film. Les souvenirs n’avaient pas de son, de toute manière.
Les fantasmes, si. Fantaisies de l’esprit qui devenaient, souvent, trop réelles : la rousse n’y avait jamais vraiment pris goût. Elle préférait le tangible. L’existant. Ce qui n’était pas une simple création de sa tête. Les rêves, oui. Mais pas réveillée, sinon l’on pouvait perdre toute joie à exister sans cet apport.
Elle sentit son regard sur elle jusqu’à ce qu’elle se gare, sans que cela ne la dérange. C’était une sorte de léger voile, comme une caresse ici et là, le long de son visage. Comme pour prouver qu’il était là. C’était peut-être aussi un peu pour ça, qu’elle l’avait emmenée avec elle.
Pour lui. Pour qu’il existe.
L’air était frais et accueillant, dehors. Elle aurait pu jouer avec le vent, tourner, tourner à en perdre son propre souffle et s’écrouler dans l’herbe en riant. Elle aurait pu lui prendre la main, une fois sortie de la voiture, et le tirer pour aller se perdre dans une danse incongrue sur le béton.
Une prochaine fois.

« Du moment qu’on pose les pieds au sol, c’est marcher. » fit-elle remarquer, ses yeux s’égarant ça et là, quelque peu sur le paysage mais surtout sur lui, près d’elle. Son visage, qu’elle évitait principalement pour éviter d’avoir un autre passage à vide, se rapprochait, et la scène aurait pu être angoissante pour quelqu’un d’autre. Elle s’attendait à une vanne, à ce qu’il lui demande les clés, peut-être.
Pas à sa bouche contre la sienne. Pire qu’un papillon, qu’une légère touche. Un déferlement de sensations qui furent coupées tout aussi net par son recul rapide. La surprise l’avait comme foudroyée sur place. Elle ne bougea pas, une seconde ou deux. Son cerveau, habituellement rempli de plans machiavéliques et alambiqués, ou étrangement innocents, s’était tu. Il n’y avait plus de besoin incessant d’aller plus loin, plus de réalité.
Juste leur présent.
Qui disparaissait, aussi rapidement que le baiser s’était achevé.

Le besoin la frappa à l’estomac, se diffusant à la vitesse d’un éclair dans son corps. Ce n’était pas de l’adrénaline dont elle avait besoin, se rendait-elle compte doucement alors qu’un sourire naissait sur ses lèvres. « Jusqu’à la nuit, ouais. » Ce n’était pas de l’adrénaline, du moins pas lorsqu’il était avec elle. Elle lui glissa les clés dans la main, avant de se diriger vers le côté passager. « En voiture ? »
C’était juste de lui. De sa présence.
Elle attendit qu’il soit installé sur son siège, la portière refermée. Les impulsions reprenaient le dessus, les tics aussi. Le temps qu’il arrive, elle s’était remise à entortiller une mèche autour de son doigt, mauvaise habitude qu’elle savait qu’elle allait devoir perdre, un jour.

« Eh, Kieran ? » dit-elle pour attirer son attention. Elle n’avait pas bouclé sa ceinture. La main qui triturait ses cheveux quelques instants plus tôt se glissa rapidement derrière la nuque du brun, alors qu’elle se penchait juste par-dessus l’espace séparant leurs sièges. Spontané. Un baiser qu’elle initia. Elle n’était pas sûre de sa réaction, mais n’en avait rien à foutre. Ses lèvres contre les siennes, elle se perdit, les yeux fermés. Elle ne chercha pas à le pousser là où il ne voulait pas, mais elle mettait dans ce geste plus de présence, traduisant ce besoin qui faisait rage en elle et qui venait, à peine, de se réveiller. Somme toute, il ne dura pas bien plus longtemps que le sien.
Mais c’était suffisant. Son souffle, comme des mots qu’elle n’avait pas l’envie de prononcer, caressa la bouche de son… partenaire ? Acolyte ? Comme une excuse. Murmure. Encore moins. Elle ne s’en voulait pas.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 6 Mar - 0:31

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


Il avait songé, l’espace de quelques secondes, à la rejoindre pour laisser parler son corps, énerver ses muscles endormis par sa posture sur le siège, réveiller ses membres engourdis, mais il craignit de briser quelque chose. L’instant, sans doute, parfait, de Karen profitant de l’air, de l’arrêt, de la caresse délicieuse d’un ventre frais pour contrer les ravages d’un soleil perçant qui s’était évertué à chauffer le bitume un court moment, suffisamment intense pour que la chaleur persiste encore. L’idée même de briser la légèreté de ses mouvements, sa chevelure fouettant l’air comme les battements de son coeur lui brisant la poitrine, Kieran resta là. Admirateur silencieux d’une créature enchanteresse surprise, par mégarde, en pleine existence. Il ignorait qui il devait remercier, mais si quelqu’un était responsable de l’apparition de cette charmante demoiselle sur sa route, alors l’écossais lui en serait sans doute éternellement reconnaissant, parce qu’il allait mieux. C’était fugace, discret, encore un peu enseveli sous des couches d’une noirceur diffuse, mais en la regardant, là, appuyé contre le toit.. Rien que ça et Kieran se sentait prendre le bon chemin, celui de l’apaisement, de l’accalmie, de la rédemption peut être aussi. Il ignorait si c’était le rôle qu’elle devait réellement jouer dans sa nouvelle existence à lui, mais il souhaita, très fort, qu’elle soit le remède à ses maux, avec l’appréhension, malgré tout, de vouloir lui confier un rôle bien trop important, bien trop fragile, entre ses mains délicates. L’étouffer du poids de tout ce qu’il portait sur ses épaules et prendre le risque, à la longue, d’étouffer ce joli papillon qui virevoltait, sans se poser vraiment, au milieu de nulle part, avec pour seul témoin de la scène Kieran et les insectes passant sur le sol. Non. Il danserait un jour avec elle, mais pas là, pas quand c’était si bon de la regarder, de s’imprégner du mysticisme d’un tel spectacle qu’il ne se serait pas parmi d’interrompre, pas même pour cette envie soudaine.

C’était là, tapis dans ses entrailles avant même qu’il n’y songe vraiment. Ça devait sommeiller là depuis quelques jours, certainement et, s’il devait être tout à fait honnête, Kieran aurait décelé que ça avait commencé à prendre forme pendant une partie de cache-cache, jamais finie. Pas vraiment, du moins. L’idée qui l’avait saisi, jusque dans l’os, qu’elle pouvait le chercher, qu’elle retournerait la terre, du moins le sol d’un centre commercial, pour le retrouver. Il avait laissé mourir cette pensée quelque part, mais il se devait suffisamment de sincérité pour comprendre que ça ne s’était pas vraiment éteint, que ça avait un peu amplifier avec un film dont il ne se souvenait pas des détails, sur les Simpson. L’échec d’une première tentative, avortée pour des motifs qui, à cet instant présent où ses lèvres effleuraient les siennes, semblaient complètement absurdes et non-avenues. Il aurait pu ajouter quelque chose, insister peut être, mais Kieran préférait jouer la carte de l’acte innocent, presque banal, alors que dans sa poitrine.. Il sentit cette soudaine fièvre lui tordre les boyaux, picotements sur ses lèvres déjà en manque, alors qu’il se reculait, prêt à repartir. Prêt à mettre le pied sur l’accélérateur, à occuper son esprit sur la route, pour ne pas réitérer l’expérience. Pour se contenir.
Il sourit, plus par fierté d’avoir enfin franchi ce cap, persuadé que, désormais, ça ne pourrait qu’aller mieux pour lui, puisqu’il avait enfin réparé ce qu’il visualisait comme une erreur monstrueuse, quelques nuits plus tôt. Peut être que, finalement, ce départ surprise, cet éloignement de la ville et de ses ragots horripilants, était l’occasion parfaite pour définir quelque chose.. Pour trouver, enfin, ce détail significative qui rendrait, à ses yeux, Lakeview un peu plus attractif, intéressant. Vivant, aussi.

« En voiture ! Vers la nuit et au-delà.. » Ou pas, parce qu’il restait humain malgré tout, pas un superhéros et que, fatalement, arriverait un moment où il leur faudrait se reposer. Mais tant qu’ils pouvaient rouler, tant qu’ils pouvaient continuer de s’éloigner et, dans un même temps, avancer.. Il en serait capable, de tenir sur la durée, pour le simple plaisir de voir où cette route mènerait. Les doigts de Karen laissèrent une vague sensation de picotements dans les siens, sa main se refermant sur les clefs qu’il jeta en l’air pour les récupérer en vol et grimper dans la voiture après avoir soufflé un coup, fort, vidant ses poumons d’un air vieux pour inspirer le neuf qui flottait autour de lui. S’installant derrière le volant, il bougea légèrement le siège pour être confortablement assit, concentré sur ce qu’il faisait, il se contenta d’un « hmmm » à l’attention de Karen avant de tourner la tête vers elle.

Il avait le regard encore posé sur le volant, visage tourné vers elle, quand il sentit sa main sur sa nuque, attention immédiatement captée par son geste, iris bleus électriques se posant sur son visage soudainement près. Par peur de la faire fuir, Kieran ne dit rien, un sourire, simplement, passa sur ses lèvres au contact des siennes, qu’il prolongea, une main venant caresser la main sur sa nuque, puis le bras. Juste ça. Il réalisa, une fois le baiser rompu, que c’était simplement ce dont il avait besoin, rien d’autre. Karen. L’inattendu. Le reste du monde qui s’offrait à eux. Le souffle de sa respiration sur ses lèvres, l’écossais sourit, baissa les yeux et l’embrassa, à nouveau, doucement, avant de caresser sa joue et de se replacer sur son siège, visiblement revigoré pour ce voyage. « On devrait y aller, la nuit ne nous attendra pas.. » Sourire, à nouveau. Légèreté dans le regard, empressement dans le mouvement de ses mains sur le volant, encore tiède du contact des paumes de Karen dessus. « Prête ? » Tournant la tête vers elle, il agita les sourcils, regard éclatant, avant de tourner la clef, moteur vrombissant, pour reprendre la route, profitant que la route était libre pour s’amuser un peu avec l’accélérateur. Ils avaient encore de la marge avant de se décider, mais Kieran sembla réfléchir, avant de balancer, d’un coup, comme ça. « Nevada ! » Il claqua les doigts de la main droite avant de tapoter sur le volant, sans doute en rythme avec un air qui traînait dans son crâne. Kieran se sentait comme un gamin qui venait de passer le permis, à qui on confier le volant pour la première fois.
Sans doute que Karen n’était pas étrangère à cet état soudain. « Faut trouver un diner kitsch en arrivant au Nevada, histoire de taper dans le cliché de l'Amérique old school. Il changea de voie, amusé, libéré. Et j'dis pas ça juste pour l'idée de me faire servir par des filles en roller.. » La main sur le levier de vitesse, il jeta un rapide coup d'oeil sur la main de Karen, profitant de changer de vitesse pour l'effleurer. « C'est bon pour toi, le Nevada ? » C'était plus pour l'entendre, que pour réellement savoir..
Besoin impérieux de sentir qu'elle était là. Encore. Qu'il n'était pas.. plus seul.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 6 Mar - 20:56

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ft. Kieran


Le baiser qu’elle avait initié d’elle-même était magique. Et pas du tout parce qu’elle en était l’instigatrice. Elle se considérait comme une assez mauvaise personne, dans ce domaine, malgré sa pseudo expérience. Elle adorait embrasser, là n’était pas le problème, mais elle avait peur de se louper, de faire quelque chose qu’il ne fallait pas, et en bonne paranoïaque qu’elle était la plupart du temps, quand on lui disait rien c’était que c’était foireux. Sauf que cette fois, ça n’avait pas été le cas. Que le baiser, aussi imparfait et maladroit qu’il aurait pu être, ne la faisait pas frémir d’anticipation du pire – tout au plus quelque chose d’autre. Nouvelle adrénaline, besoin indéfini qui se calmait quand elle posait ses lèvres sur les siennes – mais simplement exister. Simplement. Elle n’ouvrit pas les yeux de suite, et fit bien. Le second fut aussi agréable que le premier. Il y avait de quoi devenir accro, très vite. Trop vite, avec sa tendance bien connue à l’excès. Une caresse sur sa joue la fit reculer, s’éloigner de lui pour reprendre place sur le siège, mais il subsistait un lien entre eux. Quelque chose qu’elle ne pouvait pas définir encore, et qu’elle doutait d’un jour pouvoir. C’était la route, c’était le baiser, c’était tout ce qui s’accumulait au fil des minutes et ce depuis qu’il avait fait irruption dans son bureau pour voir son patron.

« La nuit n’attend personne. Tant mieux, parce que beaucoup de gens sont en retard. » dit la rousse en se replaçant sur son siège, les mains croisées sur ses jambes après avoir lissé les plis de sa robe. « T’imagines s’il se mettait à faire nuit à midi parce qu’un abruti avait zappé que c’était censé être la nuit douze heures plus tôt ? » Elle rit, la tête tournée vers lui. Elle traînait encore dans ce brouillard léger qui l’entourait de temps en temps. Bien vite, elle se remettrait à bouger dans tous les sens. Elle n’était pas une personne calme de nature.

Elle se sentait bien, là. Comme dans une bulle. C’était ça : Karen se sentait dans une bulle. Très vite, elle retourna la tête vers la route, avant de se pencher légèrement en avant, absorbée par ses pensées et par le bruit des roues sur la route. Elle était bien. En un sens, elle espérait que Kieran ne pense pas qu’elle n’avait fait tout ça que pour l’attirer dans un piège, le coincer pour l’embrasser ou quelque chose du genre. Non, non. Elle n’aurait jamais pu faire ça ! Le plan n’était pas assez compliqué pour elle. Et ne comprenait pas de guimauves.
Elle ne voulait pas non plus qu’il aille s’imaginer n’importe quoi. Qu’il prenne peur. Même si, de son côté, la rousse commençait déjà à vouloir l’embrasser à nouveau, ou juste tenir sa main – personne tactile, après tout. Trop, peut-être –, elle ne souhaitait pas qu’il panique et parte, ou brise l’entente qu’ils avaient forgés rapidement en peu de temps. Elle était passionnée, mais ne voulait pas que sa passion le fasse souffrir.  

« Hm ? Oh. » Elle sourit, tournant sa tête pour voir sa main repartir aussi vite qu’elle était arrivée. Trace brûlante sur sa peau. Manque violent. C’était l’ennui, de vouloir désespérément le toucher d’un autre. « J’ai jamais été au Nevada ! Ca serait super. »  quand elle hocha la tête, des boucles rebondirent sur ses épaules. Ses cheveux étaient un grand mystère à ses yeux, ondulations bien trop bouclées qui devenaient des vagues quand venait le soir.
« Et sinon, je dis oui pour le dinner… » elle ferma les yeux et rit. « j’ai été serveuse, pour mes dix-huit ans, en rollers, tu sais. C’était pas simple, en plus le roller c’est pas mon moyen de locomotion préféré… Les motos, c’est plus agréable. »
Les mots coulaient hors de sa bouche, plus fluides que de l’eau ruisselant des nuages. Le ciel au-dessus d’eux était dégagé, le soleil brillant fièrement. La rousse se pencha alors, ouvrant le sac qu’elle avait laissé à ses pieds, pour sortir un petit pot de cookies. « J’ai pensé à toi, quand même. Ouvre la bouche, ferme pas les yeux, ça serait mieux si on ne finissait pas dans le décor tu crois pas ? »
Un geste plus tard et elle se penchait pour lui mettre un bout de cookie entre les lèvres. Tout le cookie, ça l’aurait étouffé, avant de manger le sien. « Il y a une amélioration, tu ne ris pas en le mangeant ! » fit-elle remarquer avec un sourire amusé, repensant à leur rencontre.
Une idée, fugace, traversa son esprit, qu’elle repoussa. Définitivement, elle ne voulait pas d’accident. Même si l’envie de se caler contre lui l’attirait profondément, de un elle tenait à la vie et de deux elle ne souhaitait pas avoir le levier de vitesses dans les fesses. Elle tendit la main, cependant, pour prendre brièvement la sienne et la serrer. La route était en ligne droite, pour l’instant, rien en vue. Elle avait besoin de le toucher, avant leur prochain arrêt, quand il ferait nuit. Elle ne voulait pas que quelque chose change.

C’était leur présent. Et il était tellement simple, constata-t-elle, de dire nous. Comme si le mot prenait son sens, dans le soleil qui allait décliner dans peu de temps et virer à l’orangé.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mar 7 Mar - 16:49

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ft. Karen


Une possibilité. Bien qu’il n’y avait pas réellement réfléchit, que l’idée même n’avait pas clairement germé dans son crâne, du moins pas avant cet instant où ses lèvres s’étaient posées sur les siennes, où son regard avait changé.. Avait-il vraiment changé ? Parce que pour ça, il aurait surement fallu qu’il ait réellement gardé un souvenir vivace de la Karen enfant, pour désormais la regarder comme ce qu’elle était devenue. A dire vrai, il se souvenait de son nom, pour l’avoir suffisamment répété quand, gamine, elle le faisait tourner en rond, mais ses traits n’étaient plus les mêmes, ils n’avaient absolument rien à avoir avec ceux d’une enfant qui posait, sur lui, un regard bourré de défi. Certes, elle avait cet éclat dans les yeux, encore aujourd’hui, mais son visage s’imprimait sur sa rétine comme celui d’une inconnue qu’il aurait croisé au hasard dans la rue et qu’il aurait retenu, parce qu’elle était jolie, parce qu’elle état légère, inqualifiable. Elle n’entrait dans une aucune catégorie pré-établie, elle débordait d’un moule préconçu, elle dépassait des contours et c’était bon. C’était agréable, parce qu’elle arrivait à transmettre cette fougue qui, même si elle semblait contenue plus que d’ordinaire, le touchait au plus profond de son être. Alors oui, Karen était désormais une possibilité, une surprise aussi, parce que s’il devait être honnête, elle était en totale inadéquation avec tout ce que Kieran avait connu jusqu’à maintenant. Ce n’était pas plus mal, sans doute, ça lui ouvrait les portes sur une prise de conscience nouvelle. Ça modifiait sa vision, sans doute, d’un monde un peu terne qu’il observait sans trop espérer, par la fenêtre de son salon, où il s’enterrait, en attendant de rejoindre un caveau quelconque. Ce n’était qu’un baiser, un seul parce que le premier restait cafouilleux maintenant qu’il y pensait, mais il parvenait déjà à colmater quelques brèches, à réveiller une fougue, une douce folie qu’il parvenait, malgré tout, à apaiser. Il n’allait pas bondir, tout à coup, sur son siège comme un dément, mais elle avait réveillé son corps, son palpitant qui reprenait la mesure qu’il lui avait toujours connu quand, depuis son retour à Lakeview, il semblait avoir ralentit, un peu plus chaque jour, avec la menace de s’éteindre. Karen réveillait la machine. Et il se sentait vivant. Rien que ça.

Le regard vissé sur la route, un sourire vint tout de même perler sur ses lèvres en l’écoutant, mains caressant le volant, pour que le véhicule épouse ses mouvements, obéissent à ses gestes, suive sa volonté. Le moteur gronda, en un éclair, alors que le pied de Kieran appuyait un peu sur l’accélérateur, surtout parce qu’il riait de sa réflexion. « Et s’il ne faisait plus nuit parce que quelqu’un a oublié d’éteindre les lumières. On serait obligé de continuer de rouler, encore et encore.. » Amusé, il s’autorisa un regard sur Karen, fermant un peu les yeux avant de reporter son attention sur le bitume. L’idée, pour être honnête, de rouler encore, de profiter que le ciel était encore clair, ne le dérangeait pas plus que ça. C’était même une suggestion alléchante.

Pour le coup, Kieran visualisait parfaitement la chose, avec le plaisir presque malsain d’avoir Karen là, coincée avec lui, sans échappatoire. Peur soudaine, déconvenue qui n’avait pas sa place, à l’idée de l’après. Il arrivait, assez facilement d’ailleurs, à ne pas s’enfermer dans une successions de pensées dérangeantes, porté par ce baiser étrangement normal, bizarrement logique, mais parce qu’ils étaient là tous les deux. Parce que l’habitacle de la voiture avait, pour une étrange raison, quelque chose de rassurant, allure de cocon sur roue, qu’ils transportaient comme les escargots leur maison.
Il lui suffit, pourtant, d’un regard sur le visage de Karen pour se rassurer quant à sa crainte précédente. Ils ne risquaient rien. C’était là, quelque part dans l’air, dans cet échange, dans leurs attitudes respectives. Ça venait avec un naturel franc, sincère, qui ne nécessitait pas de se monter la tête pour quelque chose qui ne se produirait pas.

Pas d’attentes, pas d’idéalisation. Karen était ce qu’elle était, lui-même ne se plaçait pas en superhéros, en prince charmant, en rien. Deux personnes, seulement, qui partageaient peut être plus que le plaisir de la route, de l’éloignement, chacun à sa manière. Il n’était plus un gamin, l’âge lui était passé depuis longtemps de faire une montagne d’un rien, quand bien même il s’agissait d’un baiser qui, après-coup, lui avait semblé bien trop naturel pour le laisser indifférent. C’était pourtant cette même anticipation qui l’avait fais fuir, l’autre soir, alors qu’aujourd’hui elle était ce qui le faisait revenir. Passant une vitesse, sa main vint caresser son bras, sans qu’il ne quitte la route des yeux. « J’ai été une seule fois au Nevada, pour les fiançailles d’un ami.. J’en garde pas beaucoup de souvenirs. » De quoi s’en créer de nouveaux, sans doute. Idée plaisante. « Si je devais t’imaginer en roller, ça serait pas pour servir des gens, mais plutôt dans un truc comme.. Du Roller Derby.. » Il sourit, avant de rire un peu. Julia lui faisait regarder à la télé, quand ils vivaient ensemble. Il aurait peut être du se douter, à cette époque déjà, qu’elle ne regardait pas ça seulement pour l’amour du sport et de l’esprit d’équipe.

Ses doigts se refermèrent sur le volant, alors qu’il faisait un léger écart pour éviter un trou dans le goudron, avant de tourner rapidement le regard vers Karen, surprit par sa réflexion. Moqueur, il ferma un oeil seulement, avant d’ouvrir la bouche, pour sentir le parfum délicieux d’un cookie qu’il prit le temps de mâcher dans un sourire coquin. « Ça n’empêche qu’ils sont carrément bons ! » Il voulut faire un geste, mais elle le prit de vitesse et Kieran se laissa faire, les doigts fins de la jeune femme prenant les siens. Il y avait, dans ces élans d’affections plus marqués, plus libérés, quelque chose dont il pourrait vite finir habitué. Bonne ou mauvaise chose, il s’en foutait pour l’instant, profitant de l’étreinte de sa main sur la sienne. C’était maintenant, pas demain, pas hier, pas un jour. C’était le présent. Le leur. Il l’avait capturé pour l’enfermer avec eux, le couver et c’était suffisant. Kieran acceptait, sans broncher, ce que Karen était prête à lui donner, à lui offrir, sans demander plus, sans forcer le destin. Il prenait ce qu’elle lui tendait, avec un soin particulier.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mar 7 Mar - 21:05

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Karen commença à réfléchir à la situation plutôt cocasse.. Ou étrange et délabrée. Les deux semblaient se compléter et en même temps parfaitement la décrire : une situation qui évoluait, drôle et en même temps un peu bancale. Détruite et reconstruite au fur et à mesure de leurs respirations, de leur débat sur la lune et la nuit. De la route qui s’enfuyait devant eux, effrayée par ce sur quoi personne ne pouvait mettre des mots. Même la rousse elle-même peinait à donner une définition de ce qu’elle ressentait, à ce moment précis, à part le manque flagrant de toucher, comme un appel brûlant de deux corps qui étaient destinés, au moins pour un temps, formulation poétique et peut-être un peu trop romantique, mais vraie. Elle sentait qu’elle aurait sans doute du mal à le laisser partir, à la fin de la semaine. Peut-être qu’un kidnapping ça pourrait être pas si mal, en fait. L’idée la fit sourire et elle se mordit la lèvre.

Non, définitivement non. Rien de pire que ça. : s’il n’était pas consentant, après, ils allaient finir au tribunal pour séquestration, voire des histoires pas jolies. Et Karen aimait encore bien son joli casier judiciaire vierge. Ca rendait bien sur les CVs.
En parlant de cv… Elle allait avoir une sale reprise, au boulot. Si elle avait bien compris, Kieran était ami avec son patron. Enfin, si son patron pouvait avoir des amis avec une âme. Elle n’était pas sûre qu’il en ait une lui-même, ou une vie. Il avait vachement une tête de vampire. Enfin bref. Il semblait donc ami. Donc, possiblement, ils auraient pu avoir des entrevues régulières, pour faire … peu importe ce que faisaient Kieran et un vampire, ça ne la regardait pas. Et donc, possiblement mentionner ce voyage. Oh, elle ne craignait pas les commentaires. Juste qu’elle ne parvenait pas à tenter de prévoir comment réagirait son boss. Bah, elle verrait bien ! Elle n’avait jamais été douée pour les prédictions, tout allait trop vite dans son petit cerveau.
Et, comme pour tout le reste, les pensées se fondirent en une masse informe avant de s’écouler, lentement, loin d’elle. De partir pour devenir des nuages dans le ciel.

« J’ai été beaucoup en Californie… Avec Hank. » ce furent ces mots qui s’échappèrent, naturellement. Regard un peu dans le vide, doigts qui entortillent ses cheveux. « On prenait sa voiture, on allait se perdre dans les grandes villes. C’était grisant. Surtout en plein été. Je sais pas pourquoi on a jamais été au Nevada, par contre. Peut-être qu’il avait peur des n. » Raisonnement stupide, lancé un peu comme ça, avec un sourire et un silence.
« Roller Derby ? Pas trop mon genre, non. J’ai bien essayé une fois, mais définitivement pas trop moi. Par contre tu savais que les rollers ne roulaient pas sur la neige ? »
Cette phrase se passerait de commentaire. Elle s’était juste lamentablement ramassée en bas de chez elle, un samedi soir, après avec défié Sucre de Canne de lécher un poteau glacé. Mais c’était une autre histoire…

Ses doigts autour des siens, elle les garda plus longtemps que prévu. Comme si elle ne pouvait pas en avoir assez de son toucher, de sa peau. Encore une fois, ces remarques lui faisaient désespérément mal : elles sonnaient tellement trop… Romance à dix balles. Et Karen n’était pas une romantique.
Le soleil commençait à décliner, à l’horizon, quand elle relâcha son emprise sur lui. Vide. L’impression que sa main était encore là. Elle se tortilla pour attraper son téléphone, dans la poche de son manteau. « C’est trop beau par ici. » dit-elle en prenant une photo de l’air légèrement terne malgré le soleil couchant. Puis, avec une subite inspiration, elle se pencha un peu et prit une photo qu’elle glissa dans un message. Direction son ami. Il comprendrait… Avec un peu de chance. Après ça, elle le rangea et sourit à Kieran. « Je crois que c’est le panneau d’entrée dans le Nevada, là, devant, qui pendouille misérablement. »
Et, en effet…

Prochaine étape ? Trouver un dinner. La luminosité continuait de baisser, graduellement. Et, même dans l’ombre, les yeux de Kieran gardaient cette intensité particulière qu’elle trouvait absolument fabuleuse. Après plusieurs tournants, au bord de la route qu’ils suivaient, de la lumière se fit. Dinner perdu ? Check. Bord de route ? Check.
« Amérique old school on disait ? Je pense qu’on a. » un sourire aux lèvres, elle se pencha un peu. Il y avait un nombre correct de voitures devant : pas assez pour bonder l’endroit mais juste assez pour prouver que les affaires étaient bonnes. « Après, je sais pas pour les rollers… » elle attendit sagement qu’il se gare, avant de se permettre de lui poker la joue d’un doigt. « J’avais envie. » elle haussa les épaules en se glissant en dehors, inspirant profondément. Même l’air, en lui-même, semblait être différent. Plus ils s’éloignaient de Lakeview, mieux c’était. Elle apercevait au loin les lueurs d’une ville.
A voir avec son partenaire ce qu’il en penserait.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 13 Mar - 19:44

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


Ça n’avait pas de nom défini, pas de racines réellement ancrées quelque part, c’était avec le vent, ça suivait la caresse des pneus sur l’asphalte, se noyait dans les nuages s’échappant du pot d’échappement. Ce quelque chose qui existait, désormais qu’il y avait eu un baiser, plus d’un même, n’avait réellement de valeur et d’existence, à ses yeux du moins, que parce qu’ils ne le vivaient qu’à deux. Parce que c’était là, entre eux, que ça couvait peut être, que ça se diffusait dans l’habitacle de la voiture, que ça flottait au-dessus de leurs têtes, c’était réel. Presque palpable, ce qui obligeait presque Kieran à tendre la main vers la sienne, leurs doigts s’entremêlant dans une étreinte particulière qui donnait à ce quelque chose innommable, un arrière-goût de romance. Terme bancal, parce qu’il n’avait jamais été un homme très romantique, peu porté sur les naïvetés de ces histoires absurdes qui nourrissaient la créativité des grands romanciers. De mémoire, même avec Julia il ne s’était jamais montré aussi tactile, aussi excité, exalté, aussi impatient et, en même temps, si retenu. Peut être parce qu’avec son ex-femme, tout s’était enchainé à une vitesse telle, qu’ils n’avaient pas su contenir, qu’ils avaient aussi, sans doute, cherché une échappatoire dans leur rapport avec l’autre. Elle, elle voulait quitter le domicile familiale, vivre sa vie d’adulte, abandonner des études ennuyeuses. Lui.. Lui il voulait ce que ses frères avaient et qui, bizarrement, semblait leur convenir. A cette époque, Kieran ignorait encore que ce n’était pas ce dont lui avait besoin et aujourd’hui, tous étaient simplement des dommages collatéraux de ses décisions prises sous l’impulsion d’une pensée idiote, d’une vie vécue plus par procuration.
Karen, elle, lui offrait sa vie, celle qu’il avait rêvé, en claquant la portière de la voiture. Elle lui démontrait que tout était surement possible, dans la mesure où on osait les choses, au lieu de les regarder de loin, d’attendre l’avis des uns et des autres pour tenter. Il pouvait prendre ce qu’il voulait. Dans la mesure du possible. Tant que ça rentrait encore dans le cadre, peu importe lequel. Et à cet instant, en tournant légèrement la tête vers sa partenaire, Kieran sourit; c’était elle qu’il voulait. A cet instant précis, sans savoir si ça serait pareil demain et les jours d’après, sans savoir si ça serait éphémère ou éternel. C’était elle. Là. Et l’inconnu qui leur ouvrait les bras. Droit devant. Toujours.

« J’ai plus souvent visité les pays alentours que les États-Unis, pour être honnête. Je ne connais pas grand-chose des états qui nous bordent. Il oubliait aussi, parfois, sa terre natale, sa mère patrie. Peur des n ? J’espère pas. Y a un n dans Karen. » Il sourit, bien qu’il avait cru comprendre que le sujet Hank était sensible, sans chercher à en savoir la raison. Ça ne le regardait pas et Kieran n’était pas suffisamment intrusif pour demander une explication. Ça viendrait un jour, de sa part à elle, ou jamais. Alors il décida qu’il éluderait le sujet, désormais. Qu’il ne relancerait pas sur le tapis tout ce qui pourrait concerner l’ami de la jeune femme. « Par contre, sur le verglas.. » Il se souvenait encore des premiers patins à roulettes que sa mère lui avait offert, gamin, alors qu’il avait eu la super idée de rouler, en hiver, près du Loch qui dormait au pied d’Arthur Seat. L’erreur de sa vie. Il avait fais si froid cette année-là, que l’herbe avait gelé et il avait fini sur le cul plus d’une fois, au point de risquer de se briser le coccyx. Ça avait bien fait rire Irvine et Saoirse, cela dit. Ses fesses s’en souvenaient encore, s’il fermait un peu les yeux pour revoir les images de ce Noël froid. Ses gants troués, ses chaussettes aussi et ses poches recousues pour la troisième fois, parce qu’il refusait que sa mère le jette, tant qu’il pouvait encore rentrer dedans.

Du coin de l’oeil, il la regarda prendre une photo, souriant avant de jouer avec le rétroviseur intérieur, réalisant tout juste qu’il n’y voyait pas vraiment dedans. Son regard glissa sur le panneau en question et il plissa les yeux, arquant un sourcil. La dernière fois qu’il était passé, il tenait encore en place, décidément, ça ne l’aidait pas à ravaler ce sentiment que ça semblait faire des années qu’il n’était pas venu.
Aussitôt le panneau atteint, Kieran ralentit légèrement, pour leur donner le temps d’observer les baraques qui s’éclairaient progressivement, les unes après les autres, comme pour illuminer leur chemin. Il penchait légèrement la tête de son côté quand son attention fut accaparé par le lieu que lui montrait Karen, au même moment, l’estomac de l’écossais grogna un peu. « Ça le fera ! » Il se rapprocha du parking, chercha une place qu’il trouva sous un lampadaire grésillant, histoire d’ajouter une touche un peu .. étrange à ce cliché américain. Le diner ressemblait à une vieille caravane aux couleurs un peu rétro. Il imaginait déjà des gonzesses avec des couettes et des tenues surement trop vulgaire, heureusement, par l’une des fenêtres du Diner, il aperçut une des serveuses. Elle avait l’air normale, une chance.

Il détachait sa ceinture quand il sentit le doigt de Karen venir taper doucement contre sa joue et il arqua un sourcil avant de sourire, amusé. « Pas d’problème. » Claquant la portière, après s’être extirpé du véhicule, faisant craquer son squelette en le dépliant, il contourna la voiture pour pincer doucement l’épaule de la jeune femme et lui faire signe de le suivre, après avoir verrouiller la bagnole. « Je mangerais une montage de gaufres au sirop d’érable.. » Un repas constitué de dessert et de sucrerie. Le rêve. Poussant la porte battante du Diner, quitte à faire dans le cliché, il sourit en sentant l’odeur de café et de saucisse qui occupait les lieux, tenant la porte ouverte pour laisser passer Karen d’abord. Ça le ferait. Il regretta même d’avoir laissé son portable, pour prendre une photo, dans le coffre, aussi il leva l’index vers sa partenaire pour faire demi-tour, retourner vite à la voiture, tenant encore les clefs pour fouiller la poche avant de son sac et récupérer l’appareil.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 13 Mar - 21:38

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ft. Kieran


Tout se passait bien. En même temps, pourquoi tout ne passerait-il pas bien ? Hein ? Kieran n’était pas le genre de personne à faire foirer les choses, la rousse s’en doutait un peu. Karen, elle, l’était plus… Mais uniquement quand cela ne servait pas ses intérêts. Or, ce voyage, la présence de l’homme à ses côtés, tout ça, elle l’avait orchestré. Orchestré sur un coup de tête, certes. Mais pourquoi saboterait-elle sa propre entreprise ? Pourquoi voudrait-elle apporter l’orage dans le ciel déclinant, pourquoi voudrait-elle séparer ses doigts de ceux de Kieran ?  Pourquoi voudrait-elle, d’ailleurs, faire n’importe quoi qui éloignerait Kieran d’elle ? Ca ne lui semblait pas logique : sa présence était comme une fumée tournoyante, brumeuse autour d’elle, mais délicieuse. Elle ne pouvait pas y échapper, ne pouvait pas partir en arrière : elle ne pouvait que se relaxer, et le laisser, seconde après seconde, infiltrer sa vie où elle l’avait tiré.

Son téléphone dans la main, elle prit le soin d’échanger quelques messages rapides avec Alexis après la photo. Ne pas trop en révéler, là était toute la difficulté… Et puis, surtout, elle ne savait pas quoi dire sur lui. Qu’étaient-ils, l’un par rapport à l’autre ? Elle ne voulait pas le savoir, ça non plus, elle en était plus que sûre. Laissons les mots à ceux qui savent les manier. Ils se chargeraient bien de trouver un nom, quitte à faire un néologisme, à ces deux-là. Et puis, connaissant Karen, ça ne pouvait être que néologisme.
Elle n’était que néologisme.

Lorsqu’il approuva le choix du dinner, et son estomac avec, Karen ne put retenir un sourire franc. C’était de la cohésion, ça. Une cohésion qui, si elle n’était pas parfaite, semblait au moins coller à la situation. Elle jeta un coup d’œil à son propre reflet dans la vitre : la lumière déclinante offrait au verre une capacité faible de miroitement. Mais c’était assez, juste assez, pour permettre à la rousse de constater que son visage n’était pas un total bordel. Tant mieux. Manquait plus que les gens se mettent à dire des choses dont elle n’aurait cure.
L’air qui s’engouffrait dans ses poumons avait un goût de liberté. Une arrière teinte de nouveauté. Comme pour toute aventure qui débutait, comme toute vie qui continuait, le vent léger portait l’instant. Portait aussi des promesses insoupçonnées, et des rêves sur le point de se réaliser. Ou de se briser, des fois.

Le léger pincement sur son épaule la fit frissonner de surprise. Elle ne s’y attendait pas, fallait dire. Chacun de ses gestes, même les plus infimes, avaient cet effet sur elle. Stupide. C’était quoi, la prochaine étape, elle allait se mettre à rougir dès qu’il lui prenait la main ?
Non, elle devait reprendre le contrôle d’elle-même. Déjà, la brèche en elle qui ouvrait son cerveau aux courants d’air, et une idée germait dans son esprit. Certaines graines avaient besoin d’eau, mais les idées, c’était bien connu, se développaient dans le vent froid de l’improbabilité. « Han, l’idée à l’air bonne… Mais c’est meilleur quand tu mets du chocolat. » elle le contra, se retournant pour lui tirer la langue. « Je dirais… Repas sucré. De quoi ne pas dormir avant minuit, pour pouvoir voir les étoiles quand elles sont les plus belles. »

Elle le remercia quand il la laissa rentrer, lui tenant la porte. Elle n’avait pas l’habitude de tels gestes, elle était plutôt du genre à la tenir pour les autres. Elle la tint, d’ailleurs, alors qu’il retournait à la voiture pour récupérer son portable dans le sac. Pas question qu’elle rentre sans lui, elle voulait profiter de l’endroit à ses côtés.
« Vous attendez votre ami ? » l’interrogea une serveuse – pas en rollers, il fallait dire, tristesse – avec un sourire, désignant Kieran qui revenait.
Karen leva les yeux vers elle, et l’envie la submergea. Trop forte pour résister.
« Alors en fait c’est mon frère. » dit-elle en hochant la tête. Elle pouvait être très tactile, et elle savait qu’elle allait sans doute choquer à vie la jeune femme. Oh, et alors ?

Elle sourit à Kieran alors qu’il revenait, se penchant pour lui déposer un baiser sur la joue alors qu’il passait les portes… Et lui piquer son portable dans la main, discrètement. Un talent qu’elle avait acquis au tout début de sa vingtaine.
« Ah, ah, trente secondes ! » fit-elle en lui posant un doigt sur les lèvres. « Jveux juste tenter de réclamer des guimauves à ta famille. »

Le message envoyé au contact qui lui semblait le plus probable pour être de sa famille, elle le reglissa dans la main de son partenaire pour se diriger vers une table libre. Un coin tranquille, pas trop loin du bar central, mais à côté d’une fenêtre qui donnait sur la nuit s’étendant devant eux. Une nuit douce, mais également insondable. Les étoiles commençaient à pointer leur nez, mais ils les verraient mieux plus tard.
Karen savait déjà ce qu’elle voulait manger, c’était sûr. Elle avait pu croiser le mot fondant au chocolat XXL quelque part en rentrant, et n’allait pas laisser passer cette opportunité. Ils mangeraient équilibré plus tard, quand l’excitation du moment serait retombée. Pour l’heure, pour elle, ça serait fondant au chocolat, comme elle l’annonça lorsqu’on lui demanda.

Son pied effleura légèrement celui de Kieran, sans qu’elle s’en rende compte. Sa jambe s’était mise à bouger toute seule. « Pardon. Je tiens jamais en place. » Elle se passa la main dans les cheveux, souriante. « Tu m’dis si je te gêne. »

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 19 Mar - 18:44

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Elle tapait sur son téléphone, avec une rapidité mêlée à une certaine légèreté, qui l’amusa presque. L’attendrit, aussi. Pas qu’il se demandait à qui elle pouvait écrire, avec une telle concentration, comme si elle choisissait avec une précaution chirurgicale chaque mot qu’elle employait.. Il n’était pas suffisamment curieux pour s’interroger plus que ça, chose contradictoire quand on connaissait son métier et que l’un des caractères accrus des journalistes d’aujourd’hui était la curiosité plus que le besoin de partage.. D’une information intéressante s’entend. Si Kieran démontrait un besoin maladif de savoir quand il était sur le terrain, d’aller jusque ans la fouille du plus petit détail, concernant ses proches et leurs vies, il se montrait bien plus à l’écart, plus passif aussi. Surement parce que ce n’était clairement pas la même chose, ni les mêmes attentes, encore moins le même besoin. Pour l’un il était payé aussi, ça devait sans doute jouer.
Et quelque part, la contradiction s’étendait un peu plus, parce que justement, Kieran était aussi curieux de Karen. D’apprendre à en savoir plus, mais pas en posant des questions, pas en donnant à une envie de cohésion un quelque chose de formel, de presque intrusif et maladroit. Il fallait que ça soit naturel, que ça vienne comme ça, qu’elle lui lâche des informations dans une attitude, un sourire, une manière de s’exprimer sur un sujet; qu’elle décide d’elle-même de lui offrir un quelque chose, quand elle le souhaitait. C’était mieux. Sans doute. Alors il sourit. Satisfait. Juste ça. Rien de plus.

Et lorsque son estomac appuya sa décision de s’arrêter, Kieran ne put retenir un léger rire, surement plus nerveux qu’autre chose, parce qu’il prenait conscience qu’il n’avait rien avalé, de solide s’entend, depuis plusieurs heures. Karen était arrivée avant qu’Artie ne lui offre de quoi se repaître. A croire qu’il dépendait déjà de son fils, comme ces vieilles personnes qui se retrouvaient sous la tutelle de leurs rejetons, avant même d’être en canne ou déambulateur. Rien à voir, pourtant l’écossais ne pus s’empêcher de se dire qu’à son retour, il devrait songer à trouver un vrai apparemment.. Pour lui. Il laisserait le studio à Artie, parce que proche de l’université et lui, il irait vivre dans son coin. L’éloignement leur permettrait, sans doute, de se rapprocher plus que de vivre l’un sur l’autre dans une boite. Il ferait ça. Et alors qu’il s’éloignait de la porte, récupérant son téléphone, Kieran se dit que c’était une bonne idée, surtout en levant le nez pour voir Karen parler avec une serveuse.

Pas de roller. Merde. Ravalant sa déception, il s’appuya tout de même sur le fait que la soirée était idéale de toute manière. Revenant auprès de Karen, passant devant, sans avoir le temps de vraiment saisir l’ensemble de la scène. Il sentit le baiser sur sa joue au moment même où ses doigts ne se refermaient sur rien, la jolie rousse lui volant son portable au passage.. Le tout sous le regard de la serveuse que Kieran eut un peu de mal à saisir. Par acquis de conscience, il se sentit obligé de se frotter le bout du nez, des fois qu’il ait quelque chose dessus qui la pousse à le dévisager de la sorte. Secouant la tête pour ignorer l’espèce de jugement qu’il perçut dans le regard, Kieran s’installa sur la banquette. « Ça sera chocolat et sirop d’érable ! Après tout merde, on a qu’une vie. » Excuse bidon au possible.

Récupérant son téléphone, l’écossais ne prit même pas la peine de lire ce qu’elle avait pu envoyer; soit par une exceptionnelle confiance en elle, soit par amusement. Connaissant son frère, il songea qu’ils n’auraient surement pas de réponse avant le lendemain, voir même qu’il aurait le culot de répondre une fois que Kieran serait de retour à Lakeview. Aussi, quand son portable vibra à nouveau et que le prénom de son aîné s’afficha, il arqua un sourcil: comme quoi, si jamais il venait à réellement se faire enlever, Galahad serait beaucoup plus réactif que d’ordinaire. Une bonne chose à savoir. Pas qu’il comptait se faire enlever sous peu, mais ça restait bon de savoir qu’au moins, il ferait l’effort de répondre aux kidnappeurs. « Tiens. » Les photos seraient pour plus tard. Il tendit son portable à Karen, pour qu’elle s’amuse, alors qu’il répondait à son tour à la serveuse, demandant sa montagne de pancake chocolat-sirop d’érable et un grand café.

Pianotant ses doigts, maladroitement en rythme avec le vieux morceau qui s’échappait d’un jukebox rétro que le propriétaire devait entretenu avec une tendresse particulière, Kieran ne cessa de remuer la tête pour observer les lieux. A s’en coller un torticolis. Un gosse. Toujours. « Absolument pas. » Son regard retomba sur la visage de la jeune femme, souriant. Si je te gêne, quelle absurdité. Clin d’oeil, pour accompagner son rictus joyeux, les yeux de Kieran étincelèrent en voyant l’assiette de pancakes se rapprocher de lui, jouant des sourcils en voyant la montagne de sucre.. Sa mère ferait surement un infarctus en voyant ça.
Moment sacré. La bouffe. Le décor rétro à souhait, même si les serveuses ne portaient pas de roller.
La route qui les attendait encore.
La promesse d'une observation stellaire. Karen.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mer 22 Mar - 21:26

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ft. Kieran


En général, pour rencontrer la famille de quelqu’un, on faisait ça d’une manière normale : on passait un appel, on prévoyait des semaines à l’avance, on astiquait les meubles, les cheveux et même sous les bras des fois que la belle-mère soit particulièrement intéressée par l’hygiène des dessous-de-bras. On sortait les plus jolies tasses à café ou, à défaut de tasse à café, les plus jolies nappes ; on enfilait les vêtements qui faisaient guindés, mais pas trop ; on brossait le chien, le chat ou le poisson rouge - qui s’il survivait à la brosse méritait une médaille -. En bref, on faisait tout pour paraître normal. Des fois, il arrivait que cette rencontre se fasse dans la précipitation, l’imprévu : des draps qui glissent sur des corps, des excuses, des rires et des cris malheureusement des fois. Des souvenirs, en tout cas, qui perduraient quoi qu’il arrive.
Ca, c’était en général. Il était à parier, bien sûr, qu’une personne sortant un peu de l’ordinaire ne s’aventurerait pas à faire de telles choses. Une personne sortant un peu de l’ordinaire organiserait, par exemple, un dîner à Disneyland pour présenter ses films préférés… Alors, pour Karen, franchement, vous imaginez ?
Il fallait dire qu’elle se serait presque déçue, sur ce point-là. Sa première rencontre avec la famille de Kieran, c’était par sms. Et c’était, au vu du nom qui s’affichait sur le haut du portable, c’était sans doute un frangin. Le nom faisait vaguement écho dans sa mémoire, il avait du le mentionner quand elle avait cinq ou six ans. Enfin bref. Sagement, elle lui avait quand même rendu son téléphone, une fois qu’il eut passé sa commande. Elle n’allait pas le garder, tout de même. Il lui semblait presque trop neuf pour elle. Trop high-tech, trop fabriqué dans les années 2010 : un critère décisif dans le choix des portables de Karen, avec le manque de géolocalisation – ça allait souvent de pair, pour elle – Et elle n’était pas une voleuse, pour tout avouer : son portable, à elle, allait très bien. Le jour où il la lâcherait, elle en trouverait un autre d’occasion. Un bien inconnu, dans lequel d’autres ne pouvaient entrer. Là encore, il s’agissait d’une simple précaution.

« Hm ? De quoi ? » elle releva la tête quand il le lui retendit, alors qu’il semblait s’allumer. Avec un léger sourire, elle s’en empara, répondant au message laissé par son frangin. C’était pas si mal, comme communication…  « Promis je dis rien de méchant. » dit-elle en riant, se retenant juste un instant pour commander son gâteau au chocolat nommé XXL et, curieusement, de l’eau. « Le chocolat, ça passe mieux avec de l’eau. » se justifia la rousse. Elle préféra ne pas répondre en donnant son numéro, cependant. Elle se déplaça pour se rapprocher, le temps de lui glisser dans la poche son téléphone.
Oui, sous la table. Le raclement de gorge discret de la serveuse, visiblement sur le point de tomber dans les vapes ou de vomir, on ne savait guère bien, était compréhensible. Karen leva un regard innocent quand elle déposa les assiettes sur la table, allant reprendre sa place comme si de rien n’était. Et, en fait, rien ne s’était passé : elle avait juste remis son téléphone à Kieran. C’était acceptable par la société.

« Wow. »
En additionnant leurs deux assiettes, ils auraient sans doute eu de quoi tuer un diabétique. Ou remplir une pièce de caramel, c’était aussi faisable, suivant les plans machiavéliques de chacun. « Les gâteaux au chocolat, je crois que c’est mon péché mignon. » dit-elle après lui avoir souhaité bon appétit. Elle était entrain de juger un bout, dans sa cuillère, avec un sourire. « Voyons si celui-ci est fabuleux. » La cuillère s’approcha de sa bouche et s’y glissa, rapidement.


Ses yeux s’arrondirent de surprise et elle en lâcha presque son couvert. « Magique. Juste magique. » Elle en semblait surprise : elle avait peut-être un peu raison. Peut-être la chance du débutant du gâteau ?
En considérant le son qui s’échappa de ses lèvres et qu’elle camoufla en se cachant le visage, la chance du débutant du gâteau n’existait pas. Karen n’avait pas honte, non ! Elle n’aimait juste pas sa voix, dans ses moments-là. Un rire lui échappa, à moitié gênée – étrangement, pour celle qui ne connaissait pas la gêne – et elle passa sa main dans ses cheveux, les rejetant en arrière. « Ce gâteau est définitivement magique. Tu veux goûter ? »

Elle lui en tendit un bout, de bon cœur, avant de se remettre à manger après. Fallait pas déconner, le gâteau était parfait. Elle tâcha de ne pas se remettre à pousser des sons vaguement privés dans le diner qui semblait résonner, malgré l’agitation. « Je crois qu’on aura une superbe nuit, ce soir. On va pouvoir se poser dans un coin, pour voir les étoiles, loin de la ville. » Elle se mordit la lèvre en réfléchissant, les yeux suivant les pas des serveuses. « Le plus loin possible. Qu’on soit éblouis par la lumière. »
Karen vivait dans le présent. Un présent qu’elle construisait de petits bouts d’avenir collés par des espoirs et des défis insensés. « Ah oui au fait j’ai dit à la serveuse que tu étais mon frère. C’est pour ça qu’elle semble proche de la crise cardiaque… Je crois. »
Son assiette nettoyée, Karen n’attendait plus que lui. Plus que lui, pour reprendre la route après avoir payé, jusqu’aux étoiles. Sans y penser, vraiment, elle étendit la main pour prendre la sienne, en tournant la tête de tous les côtés.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 27 Mar - 0:48

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Ses doigts effleurèrent les siens alors qu’il lui tendait le portable, une seconde fois, un sourire naissant sur ses lèvres à ce contact léger, mais aussi parce qu’elle semblait s’amuser de la situation, de l’échange. Kieran n’avait jeté qu’un léger regard au nom sur l’écran, paniquant au départ que ce soit Roderick, mais quand il avait remarqué que ce n’était que Galahad, l’apaisement était revenu. Certes, il devinait déjà les questions et les moqueries de son aîné quand il rentrerait. Surement qu’il poserait la question fatidique, celle qu’il semblait éloigner parce qu’il n’avait ni l’envie ni le besoin d’y répondre, qui finirait par germer dans l’esprit des uns et des autres, quand ils sauraient. Quand ils apprendraient que Kieran s’était enfui pour une semaine avec une quasi-inconnue, totale pour eux. Il aurait voulut paniquer en imaginant Eileen l’apprendre et retourner ciel et terre pour découvrir l’identité de Karen, savoir d’où elle sortait et à quel point elle pouvait être suffisamment intéressante pour qu’un de ses fils décide de la suivre sans crier gare, sans avertir personne avant.. Mais il n’y parvint pas. Parce que la jolie rousse était là, à sourire en rivant ses yeux sur l’écran du téléphone, plan faussement machiavélique en route, et que ça lui suffisait amplement. « Je ne m’inquiète pas.. qu’il se sentit obligé de répondre. C’est plutôt lui qui doit être en train de dire des trucs méchants.. » C’était dire à quel point il connaissait son frère, parce que Kieran n’avait pas besoin de le lire pour deviner les saloperies qu’il pouvait bien glisser sur lui; en tout bien tout honneur. Sur le ton de l’humour. C’était un peu leur mode de fonctionnement, du moins c’était celui des fratries basiques, alors il ne s’offusquait plus ni ne s’inquiétait vraiment. Au contraire, ça avait tendance à l’amuser.

Croisant les bras sur la table, il acquiesça à sa remarque. Pour sa part, l’eau était quelque chose qu’il avait encore du mal à compter dans ses habitudes alimentaires.. Génération coca et soda en tout genre, dont la moitié des marques étaient aujourd’hui oubliées, il était celui qu’Eileen engueulait le plus souvent parce qu’il préférait un verre de boisson sucrée à de l’eau.. Quand ce n’était pas une bière ou, plus tard, un whisky. Il avait tenté de faire des efforts, quelques temps, mais ses nombreux voyages dans des pays où l’eau était une denrée rare et d’une teinte qui inspirait peu confiance.. Disons que ça lui avait passé définitivement l’envie de s’y mettre sérieusement.

Sourcils arqués, sa jambe remua, par réflexe, ses genoux se cognant l’un à l’autre, alors que la main de Karen glissait son portable dans sa poche, lui arrachant, à son tour, un air que Kieran aurait traduit par innocent. Pas forcément gêné. Juste qu’il releva le nez vers la serveuse qui, déjà, les regardait d’un air critique, alors que, concrètement, ils ne faisaient rien. Aussi, pour éviter d’alimenter ce qui pouvait bien se passer comme réflexion dans son crâne, l’écossais remua le moins possible le temps que Karen range le téléphone et reprenne sa place. Il sourit, légèrement, avant de baisser le regard sur les assiettes, d’attraper ses couverts et d’entamer ses pancakes comme un gamin se retrouvant dans la chocolaterie de Willy Wonka. C’était pas un gourmand des sucreries, surtout un curieux culinaire, mais il devait bien admettre que les pancakes restaient certainement son petit plaisir préféré; quelque chose d’alimenter par Galahad encore et les petits déjeuners copieux de la fin de semaine chez lui.

Réalisant qu’il mangeait trop vite, quand il atteint la moitié de son assiette alors que Karen commençait à peine à se remettre du goût de son gâteau, Kieran porta son café à ses lèvres en l’observant à travers les volutes de fumées, amusé. « Et après on se moque de ma manière de manger les cookies.. » Demi-sourire. Ça ressemblait vaguement à la réaction qu’il avait eu en goûtant, la première fois, les biscuits de la jolie rousse. La scène était amusante. Karen était belle. Son coeur manqua de dérailler et il se concentra sur le morceau qu’elle lui tendait pour tester à son tour, vérifier ses dires. Cela sembla lui faire un peu moins d’effet qu’à elle, mais il dut reconnaître, par une moue appréciative, que ce n’était franchement pas mauvais. Même bon. Quoique pas au point de pousser des soupirs franchement tendancieux.

Se penchant un peu, il observa le ciel par la fenêtre la plus proche d’eux, à travers les stores à moitié relevés, appréciant la couleur du ciel. « C’est le genre de nuit qu’on passe à la belle étoile ça.. » Et, instinctivement, il se rappela les nombreuses fois où il découchait, pour passer la nuit sous le ciel uni écossais, perdu dans les highlands avec ses copains de l’époque. S’ils s’étaient connus en ce temps-là, Karen aurait pu faire parti du paysage..
Il allait dire quelque chose, se contenta de tendre le bras pour dégager une mèche de cheveux roux qui menaçait de se colorer de chocolat, qu’il replaça derrière son oreille, avant de s’occuper de son assiette et de s’arrêter en plein dans son geste. Arquant un sourcil, il releva le nez vers la jeune femme alors que sa fourchette restait en suspend, son dernier bout de pancake qui pendouillait lamentablement. Il tourna la tête vers la serveuse, pour vérifier si Karen ne le menait pas en bateau, mais devant l’attitude de la jeune femme qui les surveillait, elle disait vrai. « Je vais finir par me demander si tu n’as pas un problème avec les serveurs.. » Il songea à celui du bar, sourit et ses doigts s’entremêlèrent aux siens quand il finit de vider assiette et tasse, pour donner l’appoint à la pauvre serveuse qui menaçait de vomir, ou autre, et quitter le diner avec elle, fouillant sa poche pour sortir les clefs. « Prochain arrêt, les étoiles donc ! » Ça ne devrait pas être difficile de trouver un coin tranquille où s’arrêter pur rêver un peu.


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