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 We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Ven 31 Mar - 23:08

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


Le frère de Kieran était, décidément, quelqu’un de bien sympathique. Bon, il n’avait pas vraiment l’air de tenir extrêmement à son frère, et semblait moyennement gêné qu’une inconnue lui ravisse son frangin pour une semaine, mais selon les standards de la rousse – enfant unique –, c’était une manière de prouver qu’il tenait à lui. Et puis, au pire, si jamais, elle pourrait toujours menacer de le rendre et de le lâcher, affamé, sur leur frigo. Bon, c’était un peu salaud, et puis elle ne voulait pas lâcher son partenaire de route de sitôt. Ils commençaient à peine à s’amuser ! Il y avait tellement de serveuses à terroriser, sur la route… Et tellement de choses, tellement de moments à s’inventer, à découvrir, qu’ils donnaient à la rousse des frissons d’excitation, faisaient remonter en elle l’adrénaline qu’elle pensait enfouie. Oh, ce n’était pas du manque, là. C’était juste l’appréhension. Le besoin.

Elle offrit un grand sourire innocent, en se remettant doucement du goût du chocolat qui inondait sa bouche. Ce gateau était beaucoup trop bon pour être naturel, c’était sûr. C’était pas possible autrement. Elle tira la langue à Kieran, une langue couverte de chocolat. « Non mais c’est pas la même chose, voyons. Là, c’est franchement délicieux. Mes cookies, ils n’étaient que des cookies, c’est toi qui a eu une réaction étrange. »
Elle ne lui en voulait pas, bien évidemment. Il lui aurait fallu être stupide pour lui en vouloir sur ce point-là. Elle se reconcentra sur les étoiles. Sur ce qui les attendaient, pas si loin. Trop près, peut-être, même. Les étoiles. Le monde extérieur, le silence.

Lorsque Kieran se pencha pour regarder par la fenêtre, elle se surprit à sourire devant son allure. Elle n’aurait pas voulu dire qu’il était beau : ce jugement, elle ne le portait pas souvent, parce que la beauté se confortait de standards qu’elle élevait volontairement trop pour trouver du charme à tous. Elle le trouvait plaisant. Magnifiquement plaisant, magnétique d’une certaine manière : ses yeux ne pouvaient s’empêcher de parcourir les traits de son visage de profil avec une certaine avidité. Elle le redécouvrait à chaque fois.
« Il risque de faire un peu froid, on restera pas toute la nuit… Mais oui. » son petit sourire en coin laissait présager qu’ils passeraient sans doute la nuit à regarder les étoiles, malgré le manque de chaleur. Elle savait comment faire chauffer sa voiture pour leur fournir de quoi ne pas mourir de froid.
La rousse se pencha légèrement, cherchant à garder le contact avec la main de l’homme. Toucher fugace. « Merci » rapide et sincère. Une lèvre qui se mord un peu avant de retourner à son rôle de lèvre.

« J’ai pas de problème avec les serveurs, c’est juste drôle. Promis, la prochaine je fais rien. » répondit Karen en faisant légèrement la moue, avant de se lever de table et de laisser sa part de la note.
Ses doigts ne quittèrent pas les siens, même une fois à l’extérieur. Ce ne fut qu’une fois réellement sortis, et qu’elle se fut emparée des clés de la voiture entre les doigts de Kieran qu’elle se décida à le lâcher. « Je conduis ! »

La route qui les attendait n’avait rien à envier à une autre : elle était infinie. Elle était belle, si belle que Karen était sûre qu’elle s’en souviendrait pendant des années… Ou du moins, pendant le temps qu’elle le garderait en mémoire. Sa mémoire n’était pas sélective, non ! Elle était percée. C’était radicalement différent. Les souvenirs s’en allaient d’eux-mêmes, tombaient par le trou de son esprit, et elle n’avait aucun moyen de les retenir. Ils faisaient de la place aux nouveaux, c’était déjà ça de gagné. Des souvenirs en fuite. C’était tout ce qu’elle ne voulait pas faire, de sa soirée avec Kieran. De son existence, de son pan de vie, avec Kieran. Elle les sentait, déjà, trop gros pour tomber. Comme s’ils s’efforçaient de colmater la brèche, en vain cependant.
C’était ce qui occupait sa tête, alors qu’ils reprenaient la route, phares allumés, dans la nuit. Au-dessus d’eux, la voute céleste s’étendait, de plus en plus brillante, de plus en plus imposante. Comme si elle se dessinait, au fur et à mesure.
Ils atteignirent, en un quart d’heure de route, une sorte d’esplanade surplombant du vide. Une sorte de falaise, sans doute, pour observer au plus loin depuis ce promontoire. La terre était d’une couleur d’or fané, scintillant à la lueur des étoiles et d’un ancien lampadaire sur le point de mourir
.
Elle arrêta la voiture juste contre ce dernier, pour presque se jeter en dehors. D’un geste énergique, elle ouvrit le coffre pour en sortir deux grands plaids qu’elle transportait toujours avec elle – et avec le nombre de conneries qu’elle avait au fond de son coffre, aussi.
« Si on a froid. » dit-elle avec un petit sourire. Elle en étala un, le plus abîmé, sur le sol, sans craindre de le perdre. Il était déjà en mauvais état. Elle fit un petit tas avec l’autre, qu’elle laissa sur le côté gauche.

Ils avaient l’immensité silencieuse pour eux, la voûte étoilée et même l’imagination d’un monde trop grand pour le deviner entièrement. Tant mieux.
Karen tendit la main vers lui, le tirant par le bout des doigts vers elle, déjà à genoux sur son tapis de fortune et prête à se laisser aller à l’observation.   «Viens… »
C’était presque une supplique. Des fois qu’il se barre.
Des fois qu’il se foute d’elle.
Des fois qu’il ne soit pas réel.

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On sera un rêve incroyable
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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mer 24 Mai - 15:13

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


Son café entre les mains, qu’il porta à ses lèvres, lui permit de cacher le sourire qui vint s’agrandir alors qu’elle lui tirait la langue, couleur cacao. Il fit mine d’être offensé, soupirant fortement en haussant les épaules, appuyant le tout d’un roulement des yeux pour finalement reposer son regard sur la serveuse qui semblait les observer avec une discrétion toute relative. Il ne chercha pas plus loin, l’explication lui viendrait un peu plus tard de toute manière et entreprit de reporter son attention sur le paysage, s’arrêtant au passage sur le visage de Karen qui prenait un plaisir certain à déguster son repas. Observation troublée, un instant, par une vibration au niveau de sa cuisse, identifiée comme son portable recevant un nouveau message. Par chance, l’animation environnante couvrit assez aisément le son du buzzer de l’appareil, qui força malgré tout Kieran à remuer la jambe, le muscle énervé par le vibreur. Irvine était décidément en forme ce soir, à croire qu’il suffisait que son frère s’éloigne de lui pour qu’il décide de jouer les harceleurs à son tour. Kieran ignorait si c’était positif ou non pour leur relation et décida de ne pas trop s’en occuper, cachant donc à Karen qu’un nouveau message était arrivé pour elle, ou peut être qu’en réalité c’était pour lui, mais le lire c’était s’arrêter de vivre l’instant présent et il appréciait beaucoup trop. « Je suis pas d’accord. Ce gâteau n’est qu’un gâteau aussi.. » finit-il par articuler en souriant, encore, toujours, à croire qu’il ne s’arrêtait plus, que ses zygomatiques s’étaient coincés dans une seule expression faciale; il espérait juste que ça ne lui donnait pas trop des airs d’abruti fini. Quoique.. Il n’était plus à ça près. Si l’avis des autres ne l’intéressait plus depuis des années, l’écossais fut tout de même étonné de porter un soudain intérêt, léger et diffus tout de même, à celui de Karen. C’était ridicule, fallait le dire, mais il se contenta de passer outre, se concentrant sur le ciel clair, sur l’air frais qui devait enfin se déposer sur le décor, rafraîchissant les routes après une journée chaude.

Ses doigts serrèrent la tasse de café alors qu’il haussait un peu les épaules, agitant doucement les sourcils. « Je crains pas le froid, j’suis écossais je rappel. » C’était donner raison aux clichés qui voulaient que la pluie et le froid soient plus réguliers en Grande-Bretagne, mais fallait arrêter de se mentir; il faisait plus souvent frais et humide que chaud et sec. Pour en rajouter une couche, Kieran se frotta le menton. « Puis la barbe, tu crois que c’est pour un effet de style ? » Appuyant le tout d’un clin d’oeil, il termina son assiette et sa boisson, essayant de ne pas poser un regard trop insistant sur la main de la jolie rousse cherchant le contact avec la sienne. C’était étrange, particulier et presque revigorant. Lui dont on cherchait plus souvent à éviter le contact, physique ou autre, voilà qu’il se heurtait à une contradiction. Depuis qu’ils avaient pris la route, il semblait être suffisamment attractif pour que Karen cherche à le toucher et si d’ordinaire cela le mettait mal à l’aise, ici il appréciait.
Réellement.
Peut être trop. C’était dangereux, ça menaçait de virer à l’accoutumance et si jamais cela devait prendre fin, Kieran n’était pas sûr de pouvoir se remettre, de pouvoir supporter d’être privé, ainsi, de cajoleries, aussi innocentes et fugaces fussent-elles.

Par chance, ils quittèrent leur cocon improvisé dans le Diner, Kieran prenant une photo de l’endroit une fois qu’ils se retrouvèrent à l’extérieur, pour le souvenir, pour .. Pour il ne savait quelle raison. « J’ai pas dis ça pour que tu arrêtes. Je pense vraiment qu’il doit y avoir une phobie sous-jacente.. » Moqueur, il laissa échapper un léger rire quand elle lui arracha les clefs de la main. « J’ai l’impression de me faire avoir, dans l’affaire. » Néanmoins, il ne se fit pas prier et grimpa dans la voiture, pour se laisser mener, bercer, par le ronronnement du moteur et le souffle des pneus, vivant l’instant présent. Sans se focaliser sur un point à venir, sans réfléchir à des événements déjà passés. Il était là. Elle était là. Point par point. Moment par moment. Et c’était parfait ou, du moins, idéal.

Sans s’endormir, Kieran laissa ses paupières se fermer, dans une autonomie presque inquiétante, savourant leurs respirations presque rythmées, par l’air qui se glissait à travers sa vitre à peine ouverte. L’instant présent. Rien d’autre. Et puis le léger coup de freins et l’arrêt. L’écossais s’éveilla de sa béatitude pour sortir de l’habitacle, laissant son squelette craquer, les joints s’enclencher et il s’étira un peu, plus pour détendre son corps après sa position assise. L’endroit était exactement ce dont ils avaient besoin, ou juste envie. Contournant le véhicule, il la regarda sortir les plaids et sourit, se frottant la barbe, comme dans un rappel qu’il ne pouvait décemment pas craindre le froid. Pas avec ses gènes. Avec un père écossais et une mère russe, il était génétiquement conditionné pour supporter les basses températures. Du moins il le fallait, sinon y avait aucun autre intérêt à préciser les origines de ses parents sur les papiers officiels.

Le nez en l’air, Kieran admirait l’étendue céleste, avant de sentir une emprise sur ses doigts, réalisant que c’était seulement Karen qui l’attirait - Oh, quel fameux double-sens -, aussi il se laissa, à son tour, tomber à genoux, face à elle. Et quelque chose le frappa. C’était cliché. Une couverture sur le sol, la voiture au point mort, le ciel, les étoiles. Un homme et une femme. Même Hollywood pouvait trouver mieux, enfin avec un peu d’effort. Pourtant il fut incapable de répondre quoique ce soit, déglutissant difficilement après cette supplique qui perçait à travers les lèvres de la jolie rousse.
Sans libérer ses doigts de l’emprise de la jeune femme, Kieran s’assit sur le plaid et appuya ses coudes sur le sol pour tourner le visage vers le ciel et souffler un coup. L’air était frais, mais ça restait supportable, pour lui en tout cas. « Toujours trouvé que la Grande Ours ressemblait plus à une grosse casserole.. » Réflexion inutile à souhait, rupture du silence, pression de ses doigts sur ceux de Karen.
C’était bien réel. Ils étaient là.  


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Jeu 25 Mai - 23:24

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


Peut-être que tout n’était qu’irréel, en ce moment – Kieran, le diner, le monde entier – et que Karen vivait dans sa tête depuis de nombreuses années. Une théorie qui avait fait et refait le tour d’internet, et qu’elle recalait désormais dans sa propre vision du monde. Mais si elle avait vécu au sein de sa tête toutes ces années, comment aurait-elle pu imaginer certaines choses, se blesser ainsi, s’oublier ainsi ? Laisser le risque prendre autant de place, telle une drogue demandeuse, l’adrénaline ravager ses veines ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Tout ce qu’elle pouvait garder dans son esprit, c’était que désormais, elle avait une alternative aux poursuites du risque au-dessus d’une forêt en flammes – anecdote que nous garderons pour plus tard – et que c’était Kieran. Tout son esprit lui criait cette évidence, mais peut-être avait-elle peur, pour l’instant, d’accepter la dépendance que cela entrainerait. Pour l’instant… Quand tout à vos yeux n’était qu’un éternel présent, c’était vrai qu’il était mieux de vivre dans l’instant. Autrement, on en mourrait.

Un sourire, alors qu’ils s’étaient éloignés du diner, qu’elle lui avait ravi les clés pour le conduire. Là aussi, la route lui avait semblé lui chuchoter des choses. Des promesses d’étoiles dansantes, de souvenirs à se forger et à marquer au fer rouge au fin fond de son cerveau qui, ailleurs, continuerait de fuiter. Elle n’avait pas résisté aux coups d’œil vers son partenaire, là non plus : dans la lueur de la lune ronde au-dessus d’eux, son profil prenait des allures de peinture imaginaire qu’elle avait le plus grand mal à repousser. Décidément, elle pouvait reconnaître là tous les signes d’une pseudo-addiction qui commencerait à la ronger. C’était bien sa veine… Mais c’était également bien elle. Pourquoi faire simple ou faire les choses à moitié quand on pouvait se donner corps et âme, toute entière, aux choses compliquées ?

Il n’avait pas rechigné à son installation de leur point d’observation de fortune, et, quand elle l’avait senti obtempérer, Karen avait laissé un sourire percer le long de ses lèvres recouvertes d’un semblant de rouge à lèvres – elle pouvait le sentir, séché, sur sa lèvre supérieure quand son souffle s’y égarait. La réalité semblait s’estomper comme un mauvais dessin, pour ne laisser qu’une grande traînée de choses résolument clichées et parfaites. Les étoiles, brillantes. Eux deux, qui se découpaient à côté de la voiture comme deux silhouettes proches, très proches, trop proches. Magie du moment éternel.
Elle ne savait pas quoi en faire. Elle ne relâchait pas la pression sur sa main, s’émerveillant encore du contact si différent de sa peau contre la sienne, de la sensation de ses doigts enserrant les siens, de tout ce qui n’avait pas lieu d’être dans sa tête. Elle était encore assise, à côté de lui qui avait adopté une position un peu plus allongée. Le léger vent qui s’était levé fait voltiger un peu en arrière la chevelure rousse, dont les mèches se plaquaient contre la peau de ses bras et de ses épaules. Dans son dos, des cheveux solitaires s’envolaient un peu.

Une réflexion. Une voix qui brise le silence. Karen tourna la tête vers lui, avant de lever réellement le nez vers la voûte céleste. La beauté du ciel infini, aux si nombreuses possibilités, aurait presque pu la clouer sur place et lui faire perdre sa voix.
C’aurait été trop beau, pas vrai ?
« C’est une énorme casserole. Mais énorme casserole, ça aurait cassé le mythe qui va derrière. » fit-elle en souriant. Elle n’arrivait pas à croire qu’une activité aussi calme puisse la tenir presque en haleine. L’inconnu. La réalité. Plus rien.

« J’ai voulu être astronaute pendant un temps. Et astrologue, après. Sauf que je n’ai jamais su rien lire dans les étoiles. »
Elle laissa passer un temps avant de se laisser aller et de s’allonger aux cotés de Kieran, son bras libre croisé sous sa tête comme pour la soutenir. Avec juste cette couverture sous eux, le sol lui semblait curieusement confortable. Plus confortable que du sol, en tout cas. L’air qui courait le long du tissu de sa robe faisait de légères ridules, comme sur un lac, se répercutant sur tout son corps. Elle ne tremblait pas comme le tissu.
Elle était presque en phase avec le monde alentour.
Karen se tourna légèrement vers la forme à ses côtés, pour porter sa main entrelacée à la sienne à ses lèvres et l’embrasser, doucement.

« Je pourrais jamais assez te remercier. » Le remercier de la suivre, pour l’instant, d’accepter les sautes et les craquelures de son esprit. Elle laissa sa main aller, la relâchant pour la première fois depuis qu’ils s’étaient installés. Elle était chaude, de la chaleur de la peau de l’homme, si différent de Karen qui ne pouvait réchauffer la sienne. Elle reposa sa propre main sur leur tapis de fortune, la gardant près de la sienne, ses doigts flirtant avec les siens alors qu’elle tentait vaguement de deviner les formes dans le ciel.

« Et si on inventait des constellations ? Car après tout, je veux dire, ce sont les Grecs et autres qui les ont décidées ainsi… Mais ce ne sont qu’un amas d’étoiles qui ont une forme certaine, pas vrai ? C’est un peu comme quand tu écoutes quelque chose de difficilement compréhensible : une fois que tu as lu le script, le mot qui t’échappait auparavant devient la chose la plus claire du texte. » Elle se mordit un peu la lèvre inférieure, l’excitation perçant dans le son de sa voix. « On a été conditionnés à voir une grande ourse, un serpent et un chasseur. Mais par exemple si je veux voir un couple, une vieille femme ou un cheval galopant au milieu des étoiles, rien ne peut m’en empêcher. »

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Lun 29 Mai - 19:51

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


Le souvenir était là, aux portes de sa mémoire, pourtant Kieran s’entêtait à le repousser, à lui bloquer l’accès vers tout son être, vers sa poitrine déjà gonflé d’un sentiment bien particulier qui lui collait une sensation des plus agréables. Ce n’était pas tant qu’il refusait de laisser les images lui revenir, parce qu’elles étaient là et qu’il ne les avait jamais vraiment oublié, mais il craignait seulement qu’y repenser ne vienne gâcher ce moment si plaisant. Presque tendre. Karen et sa chevelure sauvage. Lui et son sourire béat. Le ciel et son étendu infinie, son mystère a jamais éternel. Et tout ce temps qu’il perdit à refouler la chose, elle laissa son emprunte, caresse presque trop délicate sur ses neurones, électrisant ses neurones se connectant à la sensation de mélancolie qui l’envahissait à mesure que la menace du souvenir se faisait oppressante. Les nuits à la belle étoile lui faisaient toujours ce même effet, lui collant une nausée devant l’infini et le champs des possibilités, de l’imagination que provoquaient ces éclats de lueur étincelante qui cachaient jusqu’au secret de leur propre conception. Le ciel sombre, étoilé, c’était le rappel qu’Aiden Dunnbroch n’avait pas toujours été un immense salopard et rien que ça, c’était terrible, parce que chaque fois qu’il appréciait de poser son regard sur les constellations, il avait le sentiment de trahir sa famille. Sa mère surtout.
Et tournant la tête vers Karen, un sourire fin se glissa sur ses lèvres; elle allait changer la donne, certainement. Désormais, il ne culpabiliserait plus vraiment, simplement parce qu’il ne serait plus capable de rattacher le souvenir d’un beau ciel étoilé à un moment de complicité fugace avec son paternel.. Mais avec elle. Et c’était la chose la plus merveilleuse que Kieran avait réalisé depuis leur départ, depuis son retour à Lakeview pour être plus honnête. Et comme si son esprit acceptait de le laisser en paix, de cesser de le tourmenter avec le passé, sur l’image d’un enfant et son père, dans un jardin en friche, se juxtaposa celle d’un duo atypique, couple sans en être un, jusqu’à ce qu’elle la remplace dans le cadre, doucement.

Savourant l’effet reposant de cette nouvelle, Kieran apprécia d’autant plus la vision de la voute les surplombants, les étoiles comme des millions de petits yeux curieux rivés sur eux. Cette idée l’amusa, avant de lui coller une sensation de malaise, comme victime de voyeurisme, qu’il trouva profondément stupide au point d’en rire, le plus discrètement possible. « Si on y réfléchit.. Cette constellation c’est un peu l’équivalent d’un grand coup de casserole d’Héra dans la gueule de Zeus.. Il haussa les épaules, presque fier de sa réflexion. Du coup c’est pas super poétique, mais ça se rapproche de la vérité. » Et étrangement, imaginer Karen en astronaute, ça n’était pas si incohérent. Elle semblait avoir la tête dans les nuages la plupart du temps, ça n’aurait fais que la faire flotter dans les étoiles. « Je reste persuadé qu’astrologue c’est surtout avoir assez d’imaginations pour expliquer les étoiles.. T’aurais eu ta place. » Ça le faisait sourire et puis.. La main portée aux lèvres de Karen, Kieran cessa d’observer les nuages légers, quasi-inexistants qui, pourtant, passer au-dessus d’eux, pour la regarder.

Il arqua un peu les sourcils en l’observant, sans vraiment saisir ce que cela signifiait, parce que Kieran n’arrivait pas à trouver ce qu’il avait pu faire pour être ainsi remercier. Surtout que c’était plutôt l’inverse qui aurait du se produire, parce que Karen lui portait de l’attention, quand il y avait tant d’êtres plus intéressants que lui. Mais elle l’avait choisi pour faire un bout de route avec elle et c’était certainement plus que ce qu’il aurait pu espérer. Il déglutit et se contenta d’acquiescer, sans savoir quoi répondre, parce qu’il n’y avait sans doute pas vraiment de réponses à lui donner.

« Je commencerais par l’aigle, parce qu’il ressemble à un carpe plus qu’à un oiseau.. » Il était même pas sûr que cette constellation soit visible de leur point d’observation, simplement parce qu’il connaissait les bases et encore que.. Si Kieran avait vite quitté les scouts, c’était principalement parce que pour s’orienter, de nuit, avec les étoiles, il était particulièrement mauvais. « Le serpent, ça ressemble à une grenouille assise, vue du dessus.. Tu sais.. Avec les pattes sur le côté et… » Ayant relâché ses bras pour s’allonger complètement, il levait les bras en agitant les mains pour essayer de dessiner l’animal dans l’air.. Sans grand succès. Autant dire que Kieran se trouvait vraiment ridicule, alors il tourna la tête vers Karen en souriant pour reposer sa main sur son ventre, presque gêné par ce contact simple.

Il rapprocha un peu son visage du sien, rampant sur le plaid pour réduire la distance entre leur front. « Je crois que je devrais être celui qui te remercie, Karen. » Du ventre, sa main glissa sur la hanche de la jeune fille, s’appuyant sur son coude, sur le plaid, pour se redresser un peu et se pencher au-dessus d’elle. La vérité, c’est qu’il n’osait pas vraiment pousser ses gestes plus loin, pas par timidité, mais parce que Karen était différente des autres femmes de sa vie, quelque chose qui le laissait dans l’expectative d’une réaction en totale désaccord avec l’ambiance générale.. Peut être aussi parce que la proximité de son corps contre le sien, réveillait des sensations mises en veilleuse depuis quelques temps. « Est-ce que.. » C’est trop ? Trop vite ? Il se trouvait ridicule, parce que d’ordinaire il n’aurait pas réfléchi.
Croiser le regard de Karen lui suffit, finalement et il se pencha pour l’embrasser, différemment, sa main contre sa hanche, jouant du tissu de sa robe, savourant la chaleur de son baiser.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Jeu 1 Juin - 19:58

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran
Les étoiles étaient là pour eux. C’était plus qu’une évidence : c’était une carte de leur histoire, de la manière dont l’Humanité vivait ; c’était une preuve vivante que des milliers de gens, en même temps, pouvaient regarder dans la même direction même pour un simple instant. La preuve que l’amour de son prochain pouvait exister. On n’avait jamais vu de guerre pour les étoiles, pas vrai ? Techniquement, c’était pour la lune, et puis la guerre des étoiles s’était passée il y avait bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… Sinon, aucun problème.

Retour au sujet. Au plaid sous eux, que Karen pouvait sentir sous sa peau, à travers le tissu de sa robe et sur sa peau dénudée des bras. Elle sentait l’instant entre eux. La main de Kieran, qu’elle avait effleurée de ses lèvres un instant plus tôt, avant de partir dans son délire pour des boules de feu étincelantes qui étaient, de toute manière, déjà mortes là-haut pour la plupart. La lumière mettait juste beaucoup trop de temps à arriver pour être enregistrée telle quelle. Un instant, pas moins, Karen eut envie de rire : c’était d’un chic de contempler des cadavres, allongés sur une couverture.
« Elle lui en a mis un, de coup de casserole dans la figure… » fit-elle remarquer en réfléchissant. Son amour pour la mythologie grecque, et pour Percy Jackson aussi mais c’était autre chose, remontait de temps en temps. « Enfin c’était plutôt une histoire de faire un gamin toute seule, ce qui a moyennement bien marché… Pardon. »
C’était moyennement agréable comme conversation. Plein de détails, mais sans doute peu adapté à la situation. En même temps, on ne pouvait pas dire que la rousse était adaptée à la situation : la situation était plus apte à s’adapter à Karen.

Elle pencha la tête pour tenter d’imaginer l’ancien Serpent devenu grenouille, suivant du regard les mouvements de son partenaire. Oui, doucement mais sûrement, elle pouvait deviner le dessin, le contour des étoiles, la douceur des traits. Une grenouille prête à bondir pour gober la lune peut-être ?
Elle n’eut qu’à tourner le visage vers lui, en sentant sa main lui échapper définitivement. Pas qu’elle soit loin, mais c’était plus compliqué de l’attraper. Un sourire presque timide sur les lèvres pour ne pas lui faire peur, même si elle se doutait que, s’il avait peur, il aurait fui depuis bien longtemps. Ses sourcils se relevèrent, interrogateurs, à sa voix.

« De ? » demanda-t-elle sur un ton presque doux, baissant les yeux sur sa main glissant sur sa hanche. Chaleur à travers le tissu fin. Sa présence, si proche, qu’un instant elle douta de pouvoir se tourner pour le regarder, de peur de le mettre mal à l’aise. Idée stupide, pas vrai ? Mais c’était ce qui traversait son esprit, au moment précis. Elle laissa son regard glisser sur son visage, observant chaque trait, chaque petite étincelle dans ses yeux, le mouvement de ses lèvres sur le début de sa question à laquelle elle n’avait pas envie de répondre.
Toutes les questions n’ont pas de réponse définie.

Lorsqu’elle remonta ses yeux pour ancrer les siens dans ceux de Kieran, elle sentit que quelque chose avait changé. Qu’il avait trouvé sa propre réponse. Quelques secondes plus tard, elle sentit avec délice, il fallait l’avouer, sa bouche se poser contre la sienne. Loin des balbutiements de leurs précédents baisers, comme deux adolescents perdus, celui-ci avait quelque chose de changé. Pas que cela soit désagréable non plus, bien au contraire.
Elle se laissa aller, ses yeux se fermant par automatisme. Sa main glissa lentement vers sa nuque, allant s’hasarder dans ses cheveux. Pour plus de confort, elle se redressa légèrement sans rompre le contact entre eux. Il y avait quelque chose dans ce baiser d’intense, de presque doucereux. D’inimaginable.

A la différence des baisers plus tôt, celui-ci avait une signification différente. Tout était différent. Il ne portait pas une forme de découverte, mais presque une conquête. De soi, de l’autre. Il était plus profond, plus passionné, plus vivant, ancré dans le moment. Dans leurs deux corps qui n’avaient presque pas d’appréhension à se rapprocher. Sa main se mit à vagabonder sur la nuque de Kieran, le rapprochant d’elle si c’était encore possible.

Karen en vint à rompre le baiser, à peine un instant, pour calmer les pensées qui tourbillonnaient dans sa tête. Son souffle se promena sur ses lèvres, un sourire s’y installa pour quelques secondes. Elle voulut dire quelque chose, mais son souffle se coinça dans sa gorge, ne laissant sortir qu’un « tu… » pathétique.
Derrière ses paupières toujours closes, elle leva les yeux au ciel avant de se laisser porter par ses pulsions. Par quelque chose d’autre que l’adrénaline, qui s’était mis à courir en elle. Elle l’attira dans un autre baiser, lourd de sens. Plus rien n’avait d’importance. Elle bougea légèrement, ondulant plus qu’autre chose, afin d’être sûre qu’elle ne le perdrait pas si facilement.
Ses doigts quittèrent sa nuque pour aller s’accrocher, par mécanisme secret du fin fond d’elle-même sans doute, à son haut. Peur de l’abandon dans le tourbillon des millions de sensations du baiser qu’elle approfondissait, sans en avoir la véritable conscience.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Jeu 22 Juin - 0:38

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Karen


Et pendant qu’elle se concentrait, regard rivé vers un ciel scintillant, alors qu’il agitait ses mains pour dessiner, dans le vide, le néant, des formes imaginaires, Kieran l’observait du coin de l’oeil. Son attention sur les points à relier entre eux, pour obtenir l’image voulue, avait quelque chose de scolaire, lui collant un sérieux qu’il n’était pas certain de lui avoir trouvé depuis qu’il avait croisé, ou re-croisé, sa route. Elle était charmante et, presque, inconsciemment elle le renvoya quelques années en arrière, alors qu’il avait dix-neuf ans, qu’il s’effondrait dans l’herbe, hilare et qu’il découvrait l’amour, pour la première fois. Le parallèle sembla un peu maladroit, malvenu aussi, parce qu’il n’aurait su dire ce qu’il ressentait à cet instant pour cette jolie rousse à ses côtés, mais ce n’était pas de ce sentiment-là qu’il s’agissait. Il ignorait si ce le serait un jour, ne se posait pas la question parce que de toute façon il n’était pas de ce genre d’homme à s’interrogeait sur la traduction de chacun de ses gestes ou battement de coeur.. Mais à cet instant précis, Kieran fut bien forcé d’admettre qu’elle l’obligeait à s’attacher à elle, par son intelligence intuitive, son humour presque inconscient, sa simplicité complexe. A cet instant elle fit écho a un lointain souvenir, elle toute entière et l’écossais dut se concentrer, fermant les yeux un court moment, pour essayer de rester là, éveiller et conscient, pleinement attentif à chaque seconde qui passait, qui intensifiait leur complicité, qui aggravait l’affection qu’il pouvait déceler à son égard.

Le timbre de sa voix coupa, pendant plusieurs secondes, le moteur fumant qu’était sa cervelle et il l’observa sans comprendre où elle voulait en venir.. Avant de saisir, avec un peu de retard, que c’était elle qui, étrangement, n’avait pas l’air de trouver sens à ce qu’il venait de lui dire. Il sourit, sincèrement, touché par son innocence, par cette incompréhension tendre dans son regard et il haussa les épaules, se donnant l’air de réfléchir alors qu’il se penchait au-dessus d’elle, savourant, le temps qu’il fallait, cette proximité et que Karen soit là, entre ses bras, à sa portée, à sa merci. « Je ne sais pas par où commencer, la liste pourrait même menacer de s’allonger à force. » Mais il aurait voulu commencer par lui dire qu’il était, à jamais, conscient de la chance qu’il avait eu, ce jour-là, d’entrer dans les bureaux d’Edward pour la trouver elle, au lieu de lui. C’était sans doute trop, tout comme ce devait être aussi un peu niais, d’avoir envie de la remercier de lui porter une certaine attention, mais c’était ouvrir la porte sur d’autres choses, sur d’autres déclarations qui pourraient, brutalement, rappeler leur étrange cohésion à la réalité. Et le rêve qu’ils avaient l’air de vivre, dont ils semblaient se satisfaire, était bien trop plaisant pour risquer de le briser de sa bêtise, de son besoin de mots dans une situation qui, apparemment, n’en nécessitait pas l’usage. Une chance, lui qui n’était pas réellement doué pour articuler; avec un stylo, il aurait surement pu lui écrire quelque chose de merveilleux, d’innocent, mais avec son accent fort et son timbre abimé, Kieran risquait de rompre le charme.
Alors il l’embrassa.

Parade vieille comme le monde, geste qui valait mieux que milles réflexions. Malgré tout, il ne put s’empêcher de ralentir la cadence, réalisant l’hardiesse de son geste, la fougue de son baiser. Sans doute aurait-il souhaité, inconsciemment il faut le dire, qu’elle l’arrête. Lutte douloureuse en son for intérieur. Parce que cet échange promettait quelque chose de plus que les quelques cafouillages précédent, mais que Kieran n’était pas persuadé d’être réellement prêt pour ça.. Et pourtant, l’envie était là, bouillonnante, que les mains de Karen sur sa nuque n’aidaient pas à apaiser, bien au contraire. Ses lèvres quittèrent les siennes, regards croisés, perdus dans les profondeurs de l’autre, Kieran put presque sentir sa pupille s’agrandir, réaction chimique de cette nouvelle atmosphère. Et il attendait, patient, que les mots s’articulent, mais rien ne sembla vraiment venir qu’une sorte de plainte étrange qui arracha un sourire amusé à Kieran. « Je. » Conclut-il, avant qu’elle ne l’attire à nouveau, scellant ce battement d’hésitation d’une nouvelle caresse de ses lèvres sur les siennes, paupières s’abaissant dans un même mouvement.

Dans un mimétisme mécanique, son corps à lui bougea au rythme du sien, quittant sa place sur le plaid pour se coucher sur elle, en appui sur un bras pour éviter de l’écraser de sa carcasse pesante. Le simple contact de son genou entre ceux de Karen, ses mains sur le sommet de son crâne, doigts dans ses mèches rousses, parvint à réveiller un frisson qu’il n’avait pas senti parcourir son échine depuis.. trop longtemps pour réellement s’en souvenir. Il y avait bien eu cette fille du bar, mais ce n’était clairement pas comparable. Une main quitta la douceur de sa chevelure, pour retrouver la chaleur de sa peau, le long de sa cuisse, remontant légèrement le tissu recouvrant le corps de Karen. Lenteur voulue, désirée. Pour profiter de la sensation, pour apprivoiser le corps sauvage, pour le souvenir du toucher. A moins que ce ne fut pour lui laisser le temps de l’arrêter, avec cet espoir presque malsain qu’elle ne s’offusque pas, qu’il ne lui fasse pas peur. A cet instant, plus que d’ordinaire, il craignait qu’elle ne se transforme en fumée et disparaisse alors qu’il refermait ses doigts sur elle. Son souffle s’écrasant sur son visage, s’entremêlant au sien, Kieran rompit le baiser, pour re-dessiner le contour de sa mâchoire du bout des lèvres.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 25 Juin - 20:49

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran


Peu importait comment le reste de leur voyage se passerait. Peu importait comment, quand, pourquoi et à quel moment ils se rendraient compte que ce moment idyllique pouvait entacher leur conscience à jamais. Peu importait que Karen ne puisse définir à l’instant la chaleur qui s’instillait, doucement, en elle, remontant lentement le long de ses cuisses, caressant ses reins, prenant ancrage sous sa peau, brûlant légèrement chaque cellule pour imprimer l’instant dans tout son être. Lentement, elle dérivait vers ce qu’elle aurait pu appeler un état second, s’il n’était pas déjà un état second qu’elle rejoignait trop souvent. Peu importait, peu importait qu’ils ne se retrouvent jamais, en descendant de la voiture à Lakeview. Karen aurait mal à son être, une fissure dans son cerveau de plus, une déception … Non, elle ne regretterait pas. Elle ne regrettait jamais rien. Un coup à son égo, peut-être. Qui savait.
Elle n’avait jamais été douée pour le futur ou pour le passé. Seuls comptaient les instants, secondes et minutes dont elle perdait le fil au rythme de leurs souffles qui s’éloignaient, erratiques.
Elle se demandait, oui, elle se demandait comment Kieran avait pu se laisser entraîner ici. Si ce n’était pas l’appel de sensations brûlantes au fond de lui qui voulait se lier au danger vivant qu’était Karen. Pour elle, il n’y avait pas de réelle explication à la mécanique de leurs deux corps qui se rapprochaient. A leurs baisers, pleins de sens et de sous-entendus que son être conscient ne comprenait pas. Il n’y avait, dans la danse à laquelle la rousse participait, pas de place pour l’hésitation, la sienne ou l’autre. C’était se donner, à corps perdu, sans espoir de rédemption. Pour le meilleur, le pire, tout ce qui n’existait pas et plus encore.

Son corps frissonna, s’arquant légèrement sous la caresse du tissu, amplifiant le geste de sa main le long de sa cuisse. Ses doigts, refermés sur le haut de Kieran, n’auraient pas voulu le lâcher, peu importe les conséquences. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique, énergisé par quelque chose, quelqu’un, sans doute rien mais sûrement tout à l’instant présent. Elle était à peine consciente de leur changement de position, ne s’en rendant compte qu’une fois que ses lèvres eurent quitté les siennes pour aller se perdre le long de sa mâchoire. Sa présence au dessus d’elle, curieusement rassurante malgré l’impression d’entrave passagère dans son esprit, lui fit prendre conscience de leur situation. Et, littéralement, n’en avoir rien à faire.
Ses lèvres entrouvertes, légèrement encore humides de leur rencontre, laissèrent s’échapper un petit souffle d’aise à la sensation étrange de la migration de ses baisers vers sa mâchoire. Il ne devait pas savoir, surtout pas, la faiblesse ultime de Karen pour les traces de lèvres dans son cou. Elle commença à se mordre la lèvre inférieure, jouant avec par automatisme. Son corps cherchait à se rapprocher de lui, il n’y avait pas d’autre alternative, pas vrai ? Sa main commença à descendre, le long de son haut, traçant ses formes et son torse pour mieux le découvrir, partiellement.

Ce fut à ce moment précis que Karen sentit une goutte s’écraser sur son front. Ses yeux s’ouvrirent, dégageant l’accès à son cou alors qu’elle penchait la tête en arrière pour jeter un coup d’œil au ciel. Les constellations semblaient se voiler, par à-coups. Rien de bien important. Rien de bien contraignant. Les gouttes n’étaient pas sa principale préoccupation, éparses comme elles étaient. Ce qui la préoccupait le plus, pour le moment, c’était Kieran. Le toucher, le sentir, se laisser glisser pour un instant, pas plus. Ses jambes se resserrèrent légèrement autour de la sienne, sa cheville tentant de le crocheter pour l’empêcher de se dégager.

Sa main, en plein milieu de son torse, ne pouvant pas descendre plus loin, lui arracha une fausse moue boudeuse. « C’est pas juste. » souffla-t-elle avant de tirer sur le tissu pour le rapprocher, aussi près qu’elle ne pouvait. Elle ne voulait pas le tirer dans quelque chose qu’il ne voudrait. Curieux comment des gestes pouvaient prendre tant de significations différentes, suivant l’instant. Aucun regret. Que des peurs qui s’effaçaient alors qu’elle tentait de reprendre possession de ses lèvres, sa jambe agile allant se nouer comme elle le pouvait autour de lui. Elle était sur le bord de l’implosion, retenant ses propres gestes dans l’attente de l’extase. Si ça ne tenait qu’à elle, les choses auraient dérapé dans une fougue sans égal, énergie mise au service du désir. Alors pourquoi se retenait-elle ? Le baiser fut bref. Presque douloureux du besoin qu’il transmettait. Trop révélateur. Une mise à nu de ses sensations, et de l’attente. De l’appréhension, aussi, qu’il refuse au dernier moment. C’était mal parti pour, mais elle était bien trop compliquée.
Et la pluie, qui continuait, à intervalles fracassés, de faire tomber une goutte sur la mare de cheveux roux autour de sa tête.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Dim 10 Sep - 20:46

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ft. Karen


Peu lui importait déjà les ragots, parce qu’il savait pertinemment qu’à la seconde où ils remettraient les pieds à Lakeview, les langues - les plus mauvaises, en plus - se délieraient pour tailler, dans le marbre, une histoire bidon qui serait à des siècles de l’idylle qui se profilait sous ses yeux gourmands. Il devait bien reconnaître avoir eu, dans quelques sursauts d’éveils, une légère culpabilité ou même une crainte des rumeurs sur son passage. Lui qui menait sa vie à l’écart des conversations de comptoir, des distorsions d’une réalité que certains devait juger bien trop banale et ennuyeuse pour se sentir obligé d’agrémenter le tout de détails croustillants et, surtout, complètement mensongers. On ne changeait pas totalement une personnalité paranoïaque, après tout, pourtant à mesure que les corps se confrontaient, qu’ils se heurtaient, en cherchant le point d’union parfait, Kieran oubliait la perfidie des uns, l’ignorance des autres et qui se mêlaient dans une mixture dégueulasse qui le répugnait. Il avait basé sa carrière et son mode de vie sur les réalités, sur les vérités brutes, cruelles, qui faisaient le monde et qu’on préférait se cacher, alors il ne comprenait pas qu’on puisse prendre plaisir à jouer avec les faits pour sa propre convenance. Désormais il s’en foutait. Et royalement, en plus. Tant pis si on s’amusait à lui coller une étiquette sur le dos, qu’on se méprenait sur l’alliance, atypique c’était vrai, entre cette fureur rousse et ce maladroit.

Pour la première fois, en revanche, il craignait le réveil, le retour à cette réalité qu’il avait appris à accepter depuis qu’il prenait la poussière en ville, à végéter dans les mêmes rues, les mêmes commerces, les mêmes bars et à voir les mêmes visages. Kieran était passé maître dans l’art de regarder en arrière, d’observer les paysages, de dérouler les bobines pour revivre les scènes qui l’avaient marqué, mais étrangement il n’était pas franchement certain de vouloir placer Karen dans cette petite boite au fond de son crâne. Il regrettait toujours tout. Il anticipait trop. Comme à cet instant où ses gestes se faisaient désordonnés, où le contrôle de son empressement le rendait un peu brouillon, presque maladroit. L’hésitation n’était qu’une forme comme une autre de crever l’assurance dont il aurait voulu regorger, suffisamment pour mettre des mots. Sur quoi ? Sur qui ?

Pas sur Karen. La ranger dans une catégorie, c’était tuer sa liberté, ce qui, concrètement, l’avait séduit au premier abord. Et s’il parvenait à ravaler sa capacité, maladive, à déranger les choses, les instants, avec ses préceptes à la con et ses pensées galopantes qui allaient chercher un point d’ancrage pour essayer de rester fixe, sans jamais y parvenir, il restait bloqué dans un sentiment partagé. Il suffoquait du contact, de l’absence qui, déjà, se faisait sentir dans son système sanguin alors qu’elle était là, encore, près de lui, pas suffisamment malgré tout. Mais il craignait qu’en la prenant dans ses bras elle ne s’éclipse, mirage merveilleux, hallucination de fou qui le réveillerait dans une chambre capitonnée, camisole sur le dos. Chaque baiser le maintenait dans cet état de demi-inconscience, en équilibre sur le fil de rasoir. Elle alimentait déjà son palpitant, après avoir forcé un passage de sa chair à ses veines. Et il se sentait alimentait par une fougue certaine, nouvelle, éreintante.

La réaction de sa chair ne se fit pas vraiment attendre, puisqu’à la seconde où les doigts de la jolie rousse glissèrent sur son torse, il sentit son ventre se contracter et sa peau frissonner. A moins que ce ne fut la goutte qui, perfide, se glissa dans la pliure de sa nuque, fraîche et inattendue. Il aurait voulu rire, mais il se contenta d’observer les mouvements de Karen, le cou tendu, enveloppe charnelle vibrante, qu’il retrouva du bout des lèvres. Baisers cheminant de sa mâchoire à cet endroit, un peu plus en-dessous du lobe de l’oreille, où la chair était douce, délicate. Et puis un sourire, dessiné sur ses lèvres, finit par rompre le contact de ses lèvres sur son cou, alors qu’il observait la main perdue, amusé par ses propos, alors que les gouttelettes continuaient de l’assommer, sans réussir à le sortir de sa fascination dévorante. Il songea, quelques secondes, à se redresser et embarquer Karen dans une fuite, pour éviter l’orage qui se rapprochait, d’ailleurs il commença légèrement à redresser le dos, mais il se stoppa après ce baiser. Attrapant Karen par la taille, il l’embarqua dans une torsion, se retrouvant assit et elle sur lui, ses mains dans son dos pour la presser contre lui et embrasser le creux entre les deux clavicules.

Un éclair zébra le ciel, sans qu’il ne le remarque vraiment et il aurait continué ainsi, mais la pluie devint bien plus intense et Kieran finit par rouvrir les yeux. Bien que la vision de cette chevelure rousse, se gorgeant d’eau, le laissa muet, quelques secondes, il se mordit la lèvre avant d’étouffer un rire. « C’est pas juste, non. » Faisant signe à Karen de se relever, il lui prit la main, récupéra la couverture en vitesse et ouvrit la portière arrière pour s’engouffrer dans la voiture avec elle, s’amusant à secouer ses mèches courtes pour faire voler des gouttelettes dans l’habitacle. La couverture toujours en main, il l’observa avant de la jeter en l’air et poser ses mains sur les joues de la jolie rousse, récupérant son souffle dans un baiser bref.


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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Mer 13 Sep - 21:18

We lean forward to the next crazy venture beneath the skies
ft. Kieran



Chaque instant, chaque seconde qui passait la ramenait de plus en plus à la réalité. Au corps contre elle, à leur proximité, à la peau qu'elle sentait sous le tissu, la chaleur humaine, l'impression, presque fantastique et fabuleuse de ne pas être vivante sans cette présence. Que son souffle pouvait s'arrêter. Que le fléau qui ravagerait son esprit, creusant des trous de partout jusqu'à lui insensibiliser toute son existence et ses nerfs par la même occasion, ce fléau même avec lequel elle flirtait depuis bien trop longtemps pouvait se calmer juste parce qu'il était là. Peut-être que ce ne serait que temporaire. Qu'il ne pratiquerait sur elle cet effet que pour quelques instants, le temps d'un voyage.
Mais elle se sentait revivre, pour une fois. Elle se sentait, avec lui, vraiment en vie, et présente.
Elle n'était plus un papillon à la dérive, perdu entre quelques mots maladroits et des idées grotesques, sautant d'un endroit à l'autre pour que des pointes épicées viennent relever son existence.
Elle était juste Karen. C'était assez. Entre ses bras, trempée de plus en plus par la pluie qui dégoulinait et transformait l'or roux de ses cheveux en sang écarlate. Blessure au crâne, ses idées s'écoulaient comme des larmes avec ses pensées cohérentes, souvenirs d'un ciel oublié.

L'espace d'un instant, elle eut peur. Peur que l'orage le fasse fuir, peur enfantine qu'un éclair leur tombe dessus et les réduisent en cendres. A la différence de Pompéi, là, on ne les retrouverait pas. Ils finiraient éparpillés dans le vent. Fin aventureuse baladée au gré des vents, certes, mais la fin quand même. Un moment qui se perdait, un souffle, un autre. La rousse de sang se faisait l'effet d'une adolescente, à vouloir qu'il reste ici, dans la lumière déclinante et presque glauque de l'orage au-dessus. Déjà l'air était poisseux, à peine délavé par les gouttes de plus en plus drues.
Fort heureusement pour elle, Kieran n'avait pour l'instant pas l'idée de partir directement. Dans un mouvement, ou peut-être était-ce le monde qui bougeait autour de leurs deux corps, elle se retrouva sur lui, sa bouche à la rencontre de sa peau dénudée par la robe involontairement. Elle lui sourit sans hésitation, sa main s'aventurant pour glisser avec les gouttes dans ses cheveux.
Et puis ce fut la fuite. Rapide, la couverture dans une main et la sienne dans l'autre, avec un rire au bord des lèvres et des soupirs qu'elle retenait. Slalom entre les gouttes alors qu'ils se glissaient dans la voiture, les portières claquant et l'habitacle sec les accueillant. Cocon délicat, presque curieusement tempéré contre la fraîcheur étouffante de l'orage qui s'annonçait, de plus en plus proche, les éclairs tombant au sol.

Pour toute réaction, Karen rit. Elle rit à la chaleur de l'endroit, aux portières claquantes, à la réaction de l'écossais et de ses cheveux mouillés se collant à ses tempes - pour ceux qui étaient assez longs -. Elle rit à l'atmosphère protectrice qui tournait autour d'eux et dansait pour les rapprocher, sur la banquette arrière. Elle rit à la couverture qui s'éleva dans les airs, rangée là faute de place.
Elle rit jusqu'à son baiser, les joues roses, les yeux pétillants et le souffle court.
Ses mains se posèrent délicatement sur ses épaules, sans chercher à l'attirer plus près.
Leurs lèvres se séparèrent alors que la couverture leur retombait dessus, comme un voile les cachant aux yeux du monde.

Sauf que le voile était légèrement mouillé, mais passons.
Elle rouvrit les yeux, son visage proche du sien mais assez loin pour qu'elle n'eut pas à loucher quand elle le regardait dans les yeux. Avantage considérable. Une de ses mains remonta lentement sur sa joue, allant tracer la courbe de ses lèvres. Ils se voyaient de moins en moins, la lumière des portières commençant à décliner graduellement.
Et puis ce fut le noir. Elle ne le connaissait plus que dans le silence de la voiture, au toit martelé par les gouttes, et son souffle alors qu'elle promenait ses doigts sur sa bouche.

Un éclair. A travers la couverture fine, elle vit la lumière de l'énergie pure qui venait de frapper la terre danser dans ses prunelles, s'éteignant avec les formes et le monde. Elle se rapprocha de lui, dans le grondement du tonnerre, ses cheveux  détrempant déjà le dos de sa robe - sang qui coulait -, et l'embrassa à nouveau. Lorsqu'un autre éclair frappa, une ombre proche, évoquant deux personnes avec un seul visage se dessina sur le drap.
Elle ne quitterait pas ses lèvres, pour rien au monde. Elles avaient un goût d'ozone, d'impatience et de délivrance. Un goût d'instant.
D'éternité.

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MessageSujet: Re: We lean forward to the next crazy venture beneath the skies. [Kieran]   Ven 15 Sep - 18:42

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ft. Karen


Il aurait pu, certainement, y avoir dans cet orage soudain, frappant juste au-dessus de leurs têtes légères, esprits vagabonds, un sentiment de fatalité, comme une force les tirant de l’illusion dans laquelle ils s’embourbaient, souriant mais il n’en n’était rien. Les éclairs illuminant, par un jeu de lumières un peu sournois, les imperfections, les erreurs qu’ils s’apprêtaient à commettre et qu’il, Kieran, était pourtant prêt à reproduire à l’identique. Après tout, si chacune d’elles devait le mener à cet instant précis où ses lèvres venaient rencontrer les siennes, dans un tourbillon de saveur dont il en ignorait la plupart, il était bien prêt à réitérer ce jeu étrange dont les règles, si tant est qu’elles aient existé, n’avaient plus aucun sens ni aucune raison d’être vraiment. Elle était cet aiguillon qui le réveiller à la vie, qu’il aurait pu chercher des siècles dans les épines - qui semblaient parsemer le sol à ses pieds - sans jamais la trouver. Pire encore, il aurait pu lui passer à côté. Et parce que c’était si inattendu, si dérisoire, on ne pouvait décemment pas exclure la possibilité que ce hasard, si louait et si méprisait, y avait sa part de responsabilité. Quelques jours encore, Karen n’était qu’un de ces visages du passé que Kieran avait fini par presque oublié et qui, après réhabilitation, était un souvenir.. Pour être tout à fait sincère, ce n’était pas l’un des meilleurs passages de sa mémoire, pourtant elle semblait devenir l’un de ses plus beaux instants présent.
Elle n’était qu’une enfant, il était déjà un adulte. Il ne savait rien d’elle, sans doute n’en savait-elle pas vraiment plus sur lui et, en dépit de ce manque d’informations, il avait le sentiment de n’avoir jamais connu quelqu’un de manière aussi.. profonde ? Ce n’était pas dans les mots qu’on comprenait Karen, c’était dans les actes, les gestes, les expressions. Et un éclair claqua le ciel, coup de fouet réveillant son palpitant endormi par la fraîcheur de l’air qui passait dans ses bronches, engourdissant ses organes et ses muscles d’un oxygène pur. Vivifiant. Elle coulait dans ses veines et exerçait sur lui un effet à la fois relaxant et excitant. Il y aurait là de quoi lui faire oublier, ou presque, la caféine.

Ce ne fut pas tant le rapprochement entre les gouttes de pluie, transformant des postillons en véritable déluge, qui l’obligea à prendre la fuite, favorisant l’abri sec de la voiture à la passion humide de l’extérieur. Il appréciait ce temps. Il avait vécu tant d’années avec les orages et les temps humides écossais pour supporter assez aisément les changements de température. Et puis, c’était un spectacle assez fascinant que de regarder les gouttelettes s’écraser sur le visage de Karen avec une étrange délicatesse, comme des caresses de perles d’eau, hydratant sa peau dont il ne se lassait pas. Non, ce qui le gênait, c’était celles, les gouttes, qui s’accrochaient à ses cils et l’empêchaient de voir correctement. Il acceptait facilement de se soumettre aux caprices d’une météo aléatoire, mais pas quand ça  dérangeait sa contemplation d’un être presque sacré. Sa main dans la sienne, l’arrachant à la vue du ciel, jaloux possessif, il marqua une hésitation en l’engouffrant dans la voiture, craignant de commettre un impair, de la pousser à se méprendre sur son geste. Sans doute irait-elle croire qu’il cherchait une excuse, facilement trouvée en plus, pour rompre le lien qui se tissait, aussi il embrassa ses lèvres comme pour la rassurer, comme pour démontrer qu’il n’allait pas l’abandonner là, dans le chamboulement de leurs étreintes instinctives et timides.
Maintenant qu’il avait sauté dans le wagon en marche, il ne comptait pas re-descendre de si tôt.

Le rabat de la pluie, soufflée par une bourrasque, donna une sensation de coup porté contre la portière et si l’orage gronda à nouveau, Kieran ne l’entendit pas.. Du moins il n’y prêta pas attention, le rire de Karen étincelant l’habitacle. Ses mains parcoururent ses bras, rejoignant ses épaules avant de se perdre à son cou, ses pouces caressant ses fossettes alors qu’elle riait, encore un peu, sans doute le temps qu’il enregistre les tonalités. Le temps de photographier son visage avant que l’obscurité ne le surprenne, la couverture, complice, recouvrant leurs corps. Pensée enfantine; il aurait aimé craquer une allumette pour savourer la profondeur de ses traits à la lueur vacillante d’une flamme mourante. C’eut été poétique, mais il se contenta de cette semi-obscurité.

Ses paupières se relevèrent, cohésion parfaite avec le tonnerre, pour les refermer dans un apaisement certain alors qu’elle liait ses lèvres aux siennes, baiser évoquant l’infini. Le grincement du siège, dont la matière [NDLR: remerciez mon génie, ce mot a failli avoir un sous-entendu douteux, parce que je voyais pas comment le placer] ne semblait pas apprécier le contact humide de la paume - trempée par la pluie - de Kieran, l’amusa un peu alors qu’il se rapprochait de sa jolie rousse. Son t-shirt lui collant légèrement à la peau, il finit par l’enlever, une seconde d’hésitation avant de prendre les mains de Karen pour les poser sur son torse, le contact de ses doigts froids réveillant sa peau de frissons incontrôlés. Adolescents revenus du bal de promo, cherchant une conclusion logique a une soirée au déroulement presque merveilleux. L’écossais embrassa de nouveau sa partenaire, remontant le tissu de sa robe pour délivrer son corps, la couverture révélant les gestes assurés, quoiqu’empreint d’une certaine fébrilité, comme un jeu d’ombres chinoises.


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