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 I went too far [Angel]

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MessageSujet: I went too far [Angel]   Mer 22 Fév - 20:55

I want too far
Angel & Elias

Quand Elias a ouvert les yeux, la nuque douloureuse et les membres engourdis, il a eu un moment de panique, l'odeur de détergeant du couloir ne l'aidant pas à apaiser la soudaine angoisse lui prenant la gorge. L'espace de quelques secondes, il s'est cru, de nouveau, dans son lit d'hôpital et, dans un réflexe presque conditionné, a porté sa main à son crâne, ses cheveux fins glissant entre ses doigts, à défaut d'un bandage énorme couvrant son crâne, cachant ses cicatrices. Poitrine en feu, son souffle ne lui est revenu que quand il a compris, après une observation minutieuse de l'espace, qu'il s'était endormi sur un lit vide, dans le couloir menant à la laverie, de l'hôpital de Lakeview, des bouquins sur le ventre, la tête appuyée contre le rebord de la fenêtre. Un regard sur sa montre, lui permet de réaliser que l'heure de sa garde est terminée, depuis au moins cinq heures. En se dépêchant, il pourrait rejoindre le cabinet de son thérapeute, pour leur session hebdomadaire, mais cela impliquerait de devoir courir et ses jambes lui font l'effet d'un coton imbibé, donc lourdes. S'asseyant sur le bord du matelas, il s'étire un moment, laissant ses bras en l'air avant qu'ils ne retombent. Rater une seule séance, c'est pas si grave, si ? Avec ses horaires de dingues, Elias n'a plus le temps ni d'aller consulter régulièrement, ni même de penser, concrètement, à tout ce qui le fout en l'air la plupart du temps. Comme quoi, ça ne peut pas être qu'une mauvaise chose, de bosser h24, ça annihile ses douleurs permanentes, celles de l'esprit, la cervelle trop occupée à retenir les termes techniques et les opérations de précisions auxquelles il peut assister depuis quelques semaines. Les doigts encore engourdis d'avoir tenu le scalpel la veille, Elias se traîne jusqu'aux vestiaires, la blouse sur le bras pour bien signaler qu'il n'est pas de service, troquant sa tenue qui pue les tripes, les boyaux et le désinfectant, pour sa tenue civile.

En accélérant le pas, il peut réussir à croiser son bus, ce qui lui éviterait d'avoir à rentrer à pieds, ou d'attendre le suivant, ce qu'il ne supporterait pas, ses yeux qui se ferment tout seul. Le cœur qui palpite en devinant la cafetière chaude qui doit l'attendre à la maison, sa dose de café qui lui fait clairement défaut, alors que tout ce qu'il a avalé depuis deux jours c'est un bout de pain, du fromage des cuisines, dégueulasse et une bouteille d'eau gazeuse. Les tripes comprimées, le gamin détale comme un lapin, esquivant au possible les âmes perdues qui viennent s'égrainer sur son chemin, son épaule qui cogne certaines, plus dures que la sienne, lui arrachant une grimace de douleur alors qu'il s'excuse, toujours. Les autres ne le feront pas, alors il se sacrifie. Le bus est là et le chauffeur doit tellement avoir l'habitude de le voir arriver en courant, les bras en l'air qu'il agite comme un abruti, qu'il laisse les portes ouvertes pour le regarder fouiller ses poches à la recherche de sa carte qui, comme toujours, est suspendue à son coup, collée à son pass pour l'hôpital. Sa paume de main vient s'écraser sur son front, alors que le chauffeur le lui signale et il s'installe, au milieu. Jamais au fond, jamais devant ; en cas d'accident, si un véhicule leur fonce dessus, Elias sera le premier a été broyé, ça lui évitera le temps de réflexion, ces conneries de voir sa vie défiler sous ses yeux et ainsi de suite. Surtout que c'est faux. Quand la mort vous effleure, vous n'avez pas le temps de penser, ne serait-ce qu'une nano-seconde, tout juste de quoi vous dire « et merde ». Il le sait, il l'a vécu.

Son cœur palpite, la faim le tenaille et il manque de se casser la figure en sortant du bus, l'arrêt se trouvant à quelques pas seulement de la maison. Sac sur l'épaule, il fouille ses poches un moment avant de sortir ses clefs. La baraque lui semble vide, son cri de salutation qui se répercute sur les murs, sa chambre qui lui sert de seul réconfort alors qu'il s'étale un peu, portable en main pour demander à Angel de ramener des bananes en rentrant. Deux semaines, qu'Elias s'amuse à recoudre tout ce qui lui tombe sous la main, surtout ce qui n'en a pas besoin ; il s'est déjà mis Erin à dos, après avoir fait une suture au rôti qu'elle voulait préparer, quelques jours plus tôt. Pour le reste, il n'y a que les bananes qui souffrent de son besoin constant d'améliorer son coup d'aiguilles et, encore une fois, Elias s'y perd, terminant de défigurer les dernières qui se trouvent dans le saladier de la cuisine. Oubliant le temps, son portable qui vibre et le message de son thérapeute qui reconduit leur session. Encore.

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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Dim 26 Fév - 17:41

I went too far
elias & angel



Il traquait les types depuis quelques minutes à peine. Il avait promit à Caleb de les coincer en deux jours, et ça faisait déjà une journée entière qu'il se démenait pour mener à bien cette mission. L'altercation qu'il avait eut avec Callum quelques jours plus tôt l'avait ébranlé, bien plus qu'il ne l'admettait. Bien plus qu'il n'était prêt à supporter. Il détestait se disputer avec sa famille, mais depuis quelques temps, les choses semblaient de plus en plus tendues entre les membres de la fratrie. Angel ne parvenait plus à comprendre personne, et il avait l'impression de tout mal faire. Il ne savait plus comment réagir, comment se positionner. Il était l'aîné, celui sensé les guider, les aider... pourtant, à part Erin, tous étaient adultes, et le jeune homme avait parfois du mal à s'en souvenir, comme ils leur arrivait de le lui rappeler.

Callum lui avait reproché son incapacité à trouver un travail - plus valorisant que celui d'homme pipi au centre commercial - et même si Angel n'avait pas tellement apprécié que son cadet se mêle de sa vie professionnelle, il devait bien admettre que lui aussi en avait marre. Marre de ramasser la merde des autres sans aucune reconnaissance. Marre d'être, à trente ans passés, un pauvre type juste bon à torcher le cul d'inconnus, sans aucune perspective d'évolution et d'amélioration. Callum avait raison ; il ne pouvait continuer comme ça. Alors, même si il était trop fier pour dire à son frère qu'il avait totalement raison et qu'il allait chercher autre chose, il le faisait, d'ors et déjà. Alors quand Caleb lui avait proposé de travailler pour lui sur des affaires, Angel n'avait hésité une seule seconde avant d'accepter. S'il se démerdait bien, il avait l'espoir de pouvoir faire bouffer sa démission à son patron avant la fin du printemps.

Il songeait à ce jour merveilleux où il allait troquer seau, serpillière et gants plein de merde contre un téléphone sophistiqué et des journées au grand air, lorsque son téléphone actuel vibra dans sa poche. Il détourna la tête des jeunes qu'il traquait pour y jeter un œil. C'était Elias, qui lui demandait de ramener des bananes.
Depuis qu'il avait commencé son internat à l'hôpital, il s'était mit en tête de s'entraîner pour ses opérations en suturant tout ce qui pouvait l'être. Une obsession étrange, que son aîné ne blâmait cependant pas, désireux de le mettre à l'aise, et de faire en sorte qu'il s'ouvre un peu plus au monde. Angel ne cessait de s'inquiéter pour le plus jeune de ses frères. Elias était le plus fragile d'entre tous, et l'accident n'avait rien arrangé... Il lui répondit un vague message en disant qu'il rentrait immédiatement, et fit demi-tour.

Il s'arrêta en vitesse à une épicerie pour acheter un régime de bananes, ainsi qu'une bouteille de whisky pour les soirs de déprime, et se dirigea vers la maison. Elias était déjà là lorsqu'il rentra, Angel remarqua son sac dans l'entrée.
« Eli, j'suis rentré ! J'ai tes bananes. » Il s'avance et trouve son frère dans la cuisine, en pleine opération sur une peau de banane noircie, encore vêtu de sa tenue d'interne aux senteurs d’hôpital. Angel détestait cette odeur, et les hôpitaux en général. Moins il y mettait les pieds et mieux il se portait. Il avait d'ailleurs toujours eut du mal à comprendre comment Elias pouvait travailler là-bas, après toutes les heures d'enfer qu'ils y avaient passé, entre la maladie de leur mère, et l'accident...   « Tu t'es encore endormi hein ? » Angel était habitué à ce que l'apprenti chirurgien se fasse surprendre par le sommeil à la fin de ses gardes de nuit... Les premières fois, il l'avait blâmé, mais à présent il se contentait de stresser en silence, jusqu'à ce que le sommeil l'emporte lui aussi.
« J'imagine que t'as aussi loupé ta séance ? » , lâcha t-il dans un soupir, plus résigné qu'accusateur. C'était lui qui forçait Elias à voir un thérapeute depuis plusieurs années maintenant. Et même si il se rendait bien compte que c'était contraignant, il était intransigeant sur le sujet.



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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Mar 7 Mar - 14:55

I want too far
Angel & Elias

Morceau de gâteau entre les dents, bouteille de jus de fruits sur la table, ouverte mais pas entamée, pas encore, Elias a des airs de savant fou, penché sur sa septième banane, les autres entreposées sur la table qui pourraient facilement jouer dans un Tim Burton. Il en oublierait presque de vivre, tant il a à coeur de s’améliorer, de taper dans l’oeil des chirurgiens chevronnés qui s’échangent les internes de leur service; officiellement pour que les jeunes puissent toucher un peu à tout, officieusement pour des questions d’affinités. Innocent comme il est, c’est Tami qui a fini par lui expliquer pourquoi les résidents faisaient autant tourner les nouveaux dans les services; à cause des histoires de culs. Pour un type aussi naïf qu’Elias sur ces sujets, autant dire que ça a été une réelle surprise d’apprendre la chose et même s’il a du mal à s’y faire les premiers jours, il a fini par accepter ça, sans pour autant cautionner. Après tout, il n’est qu’interne et la dernière fois qu’il a réellement osé se faire entendre sur un sujet tout sauf médical, on lui a clairement fais comprendre que ce n’était pas sa place. Son attention reportée sur sa banane, il oublie le monde qui l’entoure, même de mordre dans la part de gâteau industriel qu’il tient entre ses lèvres et qui finit, avec l’humidité de sa bouche, par retomber sur la table, plus lourdement qu’il ne le devrait. Quand Elias est occupé à se faire les mains sur ses sutures, il se coupe du monde, une chose que son thérapeute critique régulièrement ou critiquait, parce que la réalité, qu’il n’ose pas tellement avouer à Angel.. C’est qu’il n’y est pas allé depuis au moins un mois. Si son aîné vient à l’apprendre, il craint sa réaction et il n’y a sans doute personne qui arrive à effrayer Elias comme son frère, devenue figure paternelle par la force des choses. Malgré les pensées qui se succèdent aux portes de sa mémoire, l’interne arrive à rester focalisé sur sa banane..

La porte a beau claquer, dans l’entrée, signe que quelqu’un vient de rentrer, il n’entend pas, encore moins le cri qui suit. Ce n’est qu’une fois qu’il devine une forme dans l’encadrement de la porte de la cuisine, qu’Elias remarque une présence, celle de son frère. Automatiquement, ses yeux se posent sur le sachet de bananes et il tape dans ses mains, gamin qui reçoit ses cadeaux de Noël. C’est en se levant de sa chaise, qu’il est transporté par une odeur de désinfectant et en baissant les yeux, il réalise qu’il a bien laissé sa blouse dans le vestiaire, mais qu’il n’a pas retiré le haut de sa tenue.. Il n’y a que son jean qu’il a réussi à enfiler, sans se tromper. Si l’odeur des couloirs arrive encore à le surprendre et le terrifier, celle du tissu sur sa peau parviendrait presque à le rassurer, parce qu’elle est diffuse, délicate, presque fragile. Une odeur qui lui rappelle sa mère, étrangement. Il ne saurait expliquer réellement si on lui posait la question, mais il porte ce parfum comme sa croix, aussi bien que comme un réconfort.

« Hein ? Par réflexe il se frotte le visage, avant de comprendre qu’Angel lui parle probablement de sa nuit à l’hôpital et pas dans son lit. Ah.. Oui. On a eu une urgence, un truc incroyable, alors du coup on est resté trois heures au bloc ! » Et avec des moulinets, Elias rentre dans des détails techniques, s’époumone presque sur la complexité du cas, sur la tension du chirurgien, sur la fascination des internes, sur la fatigue de rester debout, l’état du bloc à la fin de l’opération. De retour sur sa chaise, Elias ouvre le sachet pour prendre une banane, sur laquelle il commence à s’affairer, sans regarder Angel, bien qu’il l’entend.. Mieux, qu’il l’écoute. « On l’a reporté sur mon jour de repos.. » Mensonge éhonté. Mais Elias est majeur, non ? Comment est-ce que son frère pourrait remettre sa parole en doute ? A moins que le thérapeute l’appelle.. Il n’y a pas pensé à ça, merde. Tant pis, il joue la carte de l’assurance et continue, ignorant volontairement le ton. Sujet difficile s’il en est. Elias est bien conscient que son aîné à raison d’être aussi fatiguant avec ce sujet, après tout ce que le gamin lui a fais subir après l’accident. Par réflexe, il tire sur les manches de son gilet pour cacher ses bras, alors qu’il reprend sa suture. « Je pensais commander des pizzas, ce soir.. Il relève le nez sur son frère, sourcils légèrement froncés. Tu bossais pas aujourd’hui? » Pas qu’il sous-entende quoique ce soit mais.. Angel n’a pas la même odeur, ni la même tronche, que quand il rentre de son boulot au centre commercial.

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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Dim 19 Mar - 0:31

I went too far
elias & angel



Il le regarde, l'observe, jauge les expressions de son visage. Il a les traits de leur mère, et lorsqu'il se laisse aller à le fixer ainsi, son esprit est transporté des années en arrière, lorsqu'ils étaient encore une famille unie, complète, où chacun avait sa place, son importance. Le sourire de Tatjana Black a toujours été une bénédiction pour l'aîné, et bien que non croyant, si on lui avait demandé de croire en quelque chose, sans doute cela aurait-il été en cela ; cette joie de vivre, sans failles, malgré les épreuves de la vie, cet amour infini, cette passion sans limites transmise à ses enfants, tous sans exception. Elias, en particulier, avait été proche de leur mère, et après l'accident, Angel l'avait vu nager en eau trouble, peiner à garder la tête hors de l'eau, se noyer parfois...

Il avait demandé à son frère de prendre le temps d'aller voir un psychologue, pour lui, et pour son avenir, et ça avait marché. Cinq ans plus tard, il le voyait encore, simplement parce qu'en un sens, jamais il n'oublierait. Jamais aucun d'eux n'oublierait, mais Elias et Erin plus que tous autres avaient été touchés par le drame. Lui, plus encore qu'elle...

Angel s'avança en se raclant la gorge, se forçant à se décrocher de sa contemplation, sortant de ses songes comme on se réveille en sursaut après un rêve étrange, troublant. Les yeux d'Elias reflétaient une intense fatigue, mêlée d'un enthousiasme presque inquiétant pour lui, lorsqu'il vit les bananes rapportées par son frère. Angel trouvait l'idée un peu loufoque mais pas bête, et il n'avait pas voulut freiner le jeune homme dans ses ambitions de devenir un grand chirurgien.
Il lui sourit et chipa la banane qu'Elias venait d'éplucher pour son opération suture. Il l'écouta ensuite parler avec autant de passion que leur mère en avait autrefois, de cette opération incroyable qui lui avait valut de passer la nuit à l'hôpital, sans doute recroquevillé dans un coin, ou roulé en boule sur un lit vacant. Il avait cette lueur dans le regard, si semblable à celle de Tatjana. L'espace d'un court instant, Angel entendit sa voix résonner dans sa tête, et l'imagina, allongée sur la table d'opération, des tubes sortant de son corps, et le bip insupportable de l'électro encéphalogramme ponctuant le lourd silence de sa chambre stérile, alors qu'elle souriait au ciel, si belle.

A l'époque, le jeune homme avait été très affecté par le cancer de sa mère, et son aversion des hôpitaux venait de là... lorsqu'il supposa qu'Elias avait loupé son rendez-vous chez le thérapeute, il songea, au fond de lui-même, qu'il aurait pu en avoir lui-même besoin. Mais la simple idée de remuer le passé lui donnait envie de pleurer et de vomir. Ils avaient des souvenirs merveilleux, d'autres atroces. Et Angel était du genre à se perdre dans ces sombres images, et de voir l'horreur même dans le plus beau des moments, à présent que père et mère n'étaient plus de ce monde.

« Ton jour de congé ? C'est quand déjà ? » Angel n'aimait pas qu'Elias rate des séances trop souvent ; la régularité, c'était la clé de la réussite dans ce genre de thérapies. Il ne pouvait pas forcer son frère à s'y rendre, ni même mettre en doute sa parole, même lorsqu'il doutait fortement que le jeune homme honore ses rendez-vous très souvent... L'aîné tenta une approche, à la fois par réel intérêt, mais aussi pour jauger la réaction de son jeune frère. « Je pense appeler ton thérapeute la semaine prochaine, pour voir où tu en es, avoir son avis sur ton évolution, savoir si c'est utile de continuer ou s'il pense que ça ira... » Comme avec Erin, il avait tendance à se comporter plus comme un père que comme un frère avec son cadet, mais c'était simplement plus fort que lui.

Alors qu'Elias reprend la parole, le blond sourit à nouveau. « Va pour les pizzas. » Il fait le tour du comptoir et rejoint son frère avant de se baisser pour ouvrir un tiroir d'où il tire le dépliant d'une pizzeria, usé et déchiré par endroit. Il s'appuie sur le plan de travail et observe les différentes recettes, tandis que l'apprenti chirurgien dévie de sujet. Un classique, et le domaine où Angel est le plus doué, également. « Non. J'suis sorti me promener, visiter le voisinage... Cette ville est sacrément grande, mine de rien, y'a des zones que j'connaissais pas du tout ! » Il marqua une pause, et ajouta, tout en continuant sa lecture du dépliant. « D'ailleurs y'a des coins mal famés, j'espère que tu passes pas par là pour revenir... » L'inquiétude, à nouveau, permanente.

Angel ne pouvait réprimer ce besoin de tout contrôler, de s'assurer que tous autour de lui allaient au mieux, que chacun était heureux, épanoui... et lorsque ce n'était pas le cas, il était prêt à tout pour arranger les choses.
« Tu veux quoi comme pizza ? Quatre fromages ? Chèvre miel ? Végé ? » Il s'était tourné vers Elias, l'interrogeant du regard, un coude appuyé sur le comptoir. Le silence ambiant était presque effrayant ; habitée par cinq personnes, la maison était rarement calme. « Ça te dirait que je vienne carrément avec toi à ta prochaine séance ? J'aimerais bien... » Il allait ajouter quelque chose mais fut incapable de le sortir. Il jaugeait son frère avec sérieux, son regard océan plongé dans celui du jeune homme, cherchant à y déceler n'importe quoi... n'importe quoi d'autre que le reflet d'un passé douloureux.


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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Sam 25 Mar - 14:25

I want too far
Angel & Elias

Elias fait mine d’être trop concentré sur sa banane pour ne pas vraiment écouter Angel, mais le fait est que la conversation glisse lentement vers le sujet qu’il aurait voulu esquiver. Le problème avec lui, c’est qu’il n’a jamais été très doué pour éluder quoique ce soit parce qu’il ment trop mal pour qu’on gobe ce qu’il peut dire comme mensonge, puis qu’il rougit dès qu’on entame une discussion qui le met mal à l’aise. Alors il a trouvé la parade là, faire semblant de s’intéresser grandement à la peau de banane qu’il est en train de martyriser, mais ça ne tromperait pas un oeil aiguisé; l’interne n’est pas au top de son implication, la preuve en est qu’il rate ses sutures qui ressemblent vaguement à un point de couture raté, fait par une couturière débutante. « Faut que je regarde sur mon planning, je me souviens pas là, de suite.. » Surtout, garder les yeux rivés sur sa peau de banane, ne pas les poser sur Angel, ne pas le regarder, ne pas s’occuper de la sensation dérangeant de son regard scrutateur sur lui. Le trouillomètre commence à grimper, malgré lui et ses gestes se font un peu hasardeux, si bien qu’il finit par poser ses outils sur la table, prétextant une crampe et de la fatigue, engloutissant son bout de gâteau qui lui a glissé des lèvres quelques instants plus tôt. « Pourquoi ? Tu trouves que je vais pas bien ? » Le ton est à la fois vexé, mais aussi un peu inquiet. Elias ne sait pas s’auto-diagnostiquer, sur les autres c’est simple, il lui suffit d’observer les détails, de relever les indices et de s’appuyer sur tout ce qu’on lui a enseigné jusqu’ici. Mais sur lui-même. Il n’est pas objectif. Clairement pas et le fait qu’angle puisse avoir des doutes, lui en provoque quelques uns à son tour. La seule chose qui le sauve, sans doute, c’est que la réflexion de son aîné réveil un certain culot chez lui et qu’Elias relève le nez pour plonger un regard dur dans celui d’Angel; première fois, sans doute. En d’autres circonstances, il se serait félicité d’avoir tenu bon, mais ici, face à son frère, il se sent presque mal de se rouler dans ce mensonge éhonté. Bien sûr qu’il ne va pas mieux, il ira jamais mieux, c’est tout ce qu’il retient de chacune de ses séances, c’est tout ce que lui évoque chaque regard en coin de ses frères.. Il s’en remettra jamais. Peut être qu’un jour il fera le deuil du passé, de ce qu’il a été et qu’il ne redeviendra pas, mais pour le moment.. Et bien pour le moment ça le blesse d’être regardé comme une petite chose fragile. Pourtant il passe, parce que le sujet de la pizza lui sert de rebondissement, d’esquive.

Quittant sa chaise, en mâchant le moelleux, Elias se rend à l’évier pour nettoyer ses instruments, qu’il laisse sécher sur l’égouttoir, fixant le jet d’eau qui lui brûle le bout des doigts alors qu’il tourne la molette sur la gauche. « Tu vas te mettre à faire le guide touristique à Lakeview ou quoi ? Pas sûr qu’y ait masse de touristes pour une ville pareille. » Il fait une moue étrange et jette un oeil à son frère, sans rien dire; franchement, est-ce qu’Elias a une tête de mec à trainer là où il faut pas ? Sans doute, mais plus par inadvertance que pas volonté. C’est peut être pour ça qu’il formule pas la chose à voix haute, par peur qu’Angel lui dise que oui. Un sourire passe, légèrement parce que pendant quelques secondes, la scène est naturelle, normale, presque habituelle. L’aîné qui s’inquiète logiquement des lieux de fréquentations du cadet. Ça change que de l’entendre paniquer pour des questions d’ordres psychiques. Ça lui gonfle le coeur, pas mal, de se dire que de toute façon, s’il doit lui arriver un truc, y a toujours son grand frère pour venir le sauver. Et ça, c’est un sentiment qui remonte à loin; c’est ce qui explique que dans ses délires pendant son transport à l’hôpital, juste après l’accident, Elias ait halluciné et que ses mirages aient pris l’apparence d’Angel, penché au-dessus de son chevet. Il est là, toujours. Pourtant un pincement revient; parfois, il aimerait qu’il soit un peu moins présent. Il ferme le robinet, secoue ses mains et sourit.

« Chèvre-miel. » Sa préférée, depuis peu en fait. Il faut le dire, son accident n’a pas changé que son corps et son innocence, mais aussi certains de ses goûts, quelques détails de son caractère aussi. Et croyez-le ou non, mais même après tout ce temps, Elias apprend encore à se connaître, du moins à découvrir la nouvelle personne qu’il est depuis sa sortie de l’hosto. Une chose que sa fratrie doit aussi apprendre à gérer et comprendre, sans doute.

Son coeur rate un battement. Et sans prévenir, sans trop savoir pourquoi non plus, Elias se mord la lèvre alors que ses épaules remuent doucement. Non, il ne rit pas. Ce sont des larmes qui commencent à couler sur ses joues, alors qu’il s’efforce d’essuyer ses mains sur le torchon. « Désolé.. désolé.. » Il agite la main dans le vide, comme pour demander à Angel de pas s’approcher, le temps que sa crise passe. Il voudrait mentir, dire que c’est la première fois que ça lui arrive, mais la vérité c’est que c’est faux. Plusieurs fois il a senti des sanglots lui venir, mais jusqu’ici, il a réussi à les bloquer, ou se planquer quelque part pour éviter qu’on le voit. Paraîtrait que c’est lié aux gros moments de stress, quoique ça dépend de l’origine du stress en question; quand c’est au bloc, il se sent plus puissant qu’autre chose.. Mais là. Y a cette fragilité à fleur de peau qui le rend incapable de se défendre et de lutter contre l’angoisse qui lui monte à la gorge. Surtout parce qu’il craint la déception d’Angel. « Pardon je.. C’est idiot cette crise, c’est ridicule. Non.. Tu peux pas venir non.. » Il arrive même pas à expliquer que s’il ne veut pas, c’est pas parce qu’il a pas confiance, c’est parce qu’il refuse que son frère le découvre réellement, qu’il apprenne qui il est, ses plus noirs secrets et que.. Qu’il ne l’aime plus. Et cette idée, seule, parvient à relancer ses sanglots, qu’il étouffe en collant son visage dans le torchon humide et poisseux.

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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Jeu 18 Mai - 23:55

I went too far
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Il ne sait pas pourquoi il est si attaché aux siens, Angel... Pourquoi il ne parvient pas à penser à lui, mais uniquement aux autres. Pourquoi ils hantent son quotidien. Pourquoi il s'inquiète pour eux en permanence... Peut-être que lui évite de penser à ses propres problèmes. Sauf qu'il considère qu'il n'en a aucun de manière personnelle. Leurs problèmes sont ses problèmes. Ils l'ont toujours été. Angel n'est pas juste lui, il est eux. Cette partie d'un tout qui s'est tissée au fil des ans, nourrit par l'amour de Tatjana et Edward. Une frateries d'enfants choyés. Tous unis, quoi qu'il advienne. Et lui, au devant de la petite troupe, à ne faire que se retourner pour vérifier que tout le monde suivait bien, que tous tenait bon le cap. Il avait toujours été ainsi, depuis petit. Et puis l'accident avait tout chamboulé.

Il savait, Angel que ce n'était en rien sa faute, mais au fond, tout au fond, il n'avait pu s'empêcher de retourner la question mille fois dans sa tête : qu'avait-il fait de travers ? Qu'avait-il raté ? Loin même d'être croyant, il avait été jusqu'à s'imaginer un instant qu'il s'agissait peut-être là d'une punition divine. Ou d'un test : saurait-il survivre au choc ? Serait-il capable d'avancer après ça ?
Lorsqu'il regardait Elias, sans le comprendre totalement, il voyait en lui toute la peine, toute la douleur, en écho à la sienne. Alors, lorsque son frère lui demandait s'il pensait qu'il allait mal... la réponse était d'une telle évidence qu'Angel se sentait désolé de l'avouer. « Tu trouves que tu vas bien ? » Ce besoin insoutenable de toujours vouloir le protéger, l'épargner...  « J'en sais rien Elias... C'est justement pour ça que je voudrais parler avec celui qui te suit... » Il n'en dit pas plus. Il soupçonnait son frère de ne plus faire ses séances depuis quelques temps déjà, mais plus que de la colère, cela ne faisait qu'augmenter son inquiétude.

Il était parvenu à adoucir l'atmosphère en proposant des pizzas, et il fut ravi de voir qu'Elias savait toujours réagir positivement à ce genre des choses ! La remarque qu'il fit intrigua cependant Angel... Insinuait-il quelque en particulier ? C'était tellement étrange de la part du garçon de s'exprimer avec tant d'assurance que sur le coup, son aîné ne sut trop quoi répondre. Il le regarda d'un air étrange avant de soupirer, triturant le dépliant des pizzas.  « Ce n'est pas pour ça non. » Il hésita un instant à rajouter quelque chose, mais cela ne regardait personne. Surtout pas Elias, qui n'avait à se soucier que de lui. Angel y tenait. Il baissa les yeux et attendit la réponse du jeune homme avant de composer le numéro inscrit.  « Bonsoir, oui nous aimerions commander... deux chèvres-miel... à livre au 7, Myrtle Creek... Pour 20h oui parfait. A tout à l'heure. » Il raccrocha et évoqua alors l'envie d'accompagner Elias à sa prochaine séance.

Il avait besoin de savoir. Et surtout d'être sûr qu'il irait bien, cette fois. Il allait chercher de quoi mettre la table lorsqu'il remarqua l'état dans lequel se trouvait son frère. Sur le moment, il ne comprit pas. Figé sur place, il regardait les larmes couler sur les joues enfantines du garçon, tandis que ce dernier s'excusait.
Angel n'avait jamais vu Elias pleurer. Pas même lorsqu'ils étaient enfants... Lui-même n'avait jamais pleuré devant sa famille. Il était l'aîné, là pour tous les protéger, censé être le plus fort, le plus courageux. Pleuré aurait vite décrédibilisé ses capacités à gérer tout le monde...

Il allait finalement réagir, s'approcher pour réconforter le jeune homme, mais ce dernier lui fit signe de rester loin. A nouveau, Angel se figea. Il se sentait perdu, déboussolé. Il ne savait ni quoi dire, ni quoi faire sans aller à l'encontre de la demande muette de son frère... et en même temps, il se rendait compte que le voir pleurer était une véritable torture - et que c'était, de toute évidence, de sa faute. Il ne pouvait détourner son regard des larmes roulant en silence jusqu'à disparaître. Chacune d'elle était comme de l'acide sur les plaies à vif d'un passé jamais oublié. Il sentait la douleur lui serrer le coeur, sa conscience lui hurler sa culpabilité... Toute la gène d'Elias dans sa façon de se cacher dans le torchon, alors qu'il venait de refuser qu'Angel l'accompagne à ses séances de thérapide.

L'aîné saisit l'opportunité pour rebondir. Il n'avait fait qu'un pas vers son frère, mais il sentait le malaise s'accentuer.  « D'accord Elias... Je ne viendrais pas. Mais je t'en prie... » Cesse de pleurer, pitié. Il souffrait comme jamais ; des images de l'accident défilaient en boucle devant ses yeux. Le corps mutilé d'Elias, celui d'Erin, ceux, inertes, de leurs parents... et ce blanc trop blanc de l'hôpital. Cette odeur insupportable, le bip des machines... Il détestait tout cela. Il détestait voir sa famille aller mal. Et Elias allait mal à cause de lui. Parce qu'il n'avait pas été assez présent, assez prévenant, assez attentionné, ou attentif.

Osant à demi, Angel avait approché sa main de l'épaule d'Elias. Il hésitait à la poser, de peur de faire redoubler les sanglots de son frère. Il avait peur de revoir son visage aux yeux rougis, et d'y lire de la colère envers lui, des reproches, pour avoir insisté, pour tout.
« Tu sais quoi ? J'vais te préparer un chocolat chaud avec des guimauves. Ça ira mieux après, tu verras ! » Il resta là quelques secondes encore, comme en attente d'une réaction, d'un cri, d'un coup... Puis, juste avant de se détourner pour se mettre à sa préparation, une pulsion incontrôlée, instinctive...

Angel attira son frère contre lui sans prévenir. Il ne supportait plus. Il ne pouvait plus. Il l'étreignit avec force, une main tenant sa nuque, l'autre enroulée autour de ses frêles épaules, et son visage caché dans son cou. Il le tint ainsi un temps qui lui parut infini. Sentir la chaleur de son corps contre le sien fut d'un réconfort tel qu'Angel prit quelque instants pour le savourer, paupières closes, tandis qu'il tentait de faire abstraction de l'odeur de stérilisation qui émanait du jeune homme.  « Je suis désolé... je suis désolé... » Il ne savait pas de quoi. Mais il l'était sincèrement. Et tout ce qu'il désirait, c'était que son petit frère cesse d'être triste, ou mal. Qu'il se remette à sourire. Qu'il retrouve goût à la vie.


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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Mer 24 Mai - 19:59

I want too far
Angel & Elias

Elias n’est peut être pas taillé pour garder un secret, pour contenir une information, quand bien même les raisons qui le pousse à le faire sont louables, à son sens. Mais dire ça, ça serait admettre qu’au final, il n’a pas les épaules suffisamment larges pour beaucoup de choses, qu’il est d’une faiblesse criante, douloureuse. Contrairement à ses frères, il n’a jamais cherché à se bâtir une réputation de type solide, de gros bras même s’il est persuadé que Even ou Angel n’ont jamais cherché à ce qu’on parle d’eux à en ces termes.. Peut être que Callum a raison; ils l’ont tous trop protégé, parce qu’il était le dernier garçon et qu’avant l’arrivée d’Erin, ils étaient persuadés qu’il serait le dernier de la fratrie. Mais devant eux, après l’accident, Elias aurait voulu avoir cette aura qu’il a toujours trouvé fascinante et rassurante chez ses aînés; au lieu de ça c’est l’inverse. Bien qu’il ait survécu à un accident qui aurait du lui coûter la vie, à sa soeur aussi, il n’apparaît jamais comme le rescapé, comme le plus fort, mais comme le chanceux maladroit. Comme l’inattendu. Après tout, si on devait faire des pronostics sur celui qui a le plus de chances de survivre dans la famille, nul besoin d’hésiter; Elias n’aurait pas énormément de votes de son côté. Et puis c’est pas une surprise après tout, merde, alors pourquoi est-ce qu’il se sent aussi honteux quand les larmes jaillissent ? Pourquoi est-ce qu’il est mortifié d’être aussi fragile devant Angel, quand il a passé sa vie entière à l’élever au rang de roc pour, justement, ne pas avoir à s’endurcir. A quoi bon vouloir être fort si on a quelqu’un à ses côtés qui peut l’être à votre place et vous épargner les efforts au quotidien ?

Gestes maladroits, nerveux, Elias tente de reprendre le contrôle; peine perdue. Ses joues le brûle déjà des larmes amères qui y coulent, qui s’y perdent pour mourir sur son menton et rejoindre les éclats de gouttes d’eau au fond de l’évier. Il sait même plus si c’est de la réelle tristesse ou de la honte qui fait affluer ses larmes comme ça, sans lui laisser le temps de vraiment respirer. Peut être un trop-plein. Peut être le regret d’avoir repoussé ses séances trop souvent, ces derniers temps, de s’être cru guéri alors que.. Alors qu’on ne guérit jamais vraiment de ce genre de choses, de ce sentiment d’avoir survécu sans le mériter; de croire que la vie se mérite. Que sa vie n’est pas suffisante, justement, pour légitimer qu’il ne soit pas mort avec ses parents.

« Merci.. » Qu’il parvient à articuler, sans que le fait qu’Angel accepte de ne pas venir le rassure réellement. Ça n’arrête pas vraiment les sanglots, surement qu’à la longue, c’est devenu nerveux, parce qu’Elias n’arrive plus vraiment à savoir ce qui a pu les provoquer à l’origine. Et puis un rire, jaune peut être, entre les larmes. Il faut l’admettre, cette idée de chocolat chaud est totalement incongrue, pourtant elle a pour effet de, légèrement, calmer ses pleurs. Frottant ses pommettes, Elias espère silencieusement que ça annonce la fin de son caprice, mais la main de son frère sur son épaule, qui l’attire presque violemment contre lui attise à nouveau le feu. S’il essaie de se dégager, au départ, presque à se débattre même si sa carrure ne lui permet pas de lutter contre son aîné, il finit par baisser les bras et les enrouler autour de la taille d’Angel.

Le sentiment qui le prend, à la gorge, est étrange mais arrive progressivement à le calmer. Ce n’est pas sa mère qui l’étreint, pourtant le sentiment d’apaisement est aussi doux et profond que si c’était le cas. Alors Elias ressert l’étreinte, parce qu’il n’a pas souvenir qu’Angel l’ait tenu ainsi depuis longtemps et que, pendant quelques secondes, il s’autorise à redevenir ce petit garçon qui son grand frère venait attendre à la sortie de l’école. Et pendant ce laps de temps, tout va bien chez les Black; l’horloge suit son cours, Callum rentrera de chez ses copains, Even de l’entrainement, Erin sortira de sa chambre après ses devoirs et leurs parents passeront la porte avec le repas du soir. Il ferme les yeux, pour se raccrocher à cette image, à cette sensation. Repoussant la réalité pendant qu’il est encore possible de le faire, parce qu’il ne se sent pas encore capable de l’affronter. « J’essaie d’aller mieux, je te promet.. Il a le sentiment que c’est à lui de s’excuser, parce qu’Angel se démène, mais personne ne semble vraiment donner à ses efforts un résultat positif, bénéfique. J’essaie d’être une meilleure personne, crois moi.. » Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Le gamin enjoué et extatique de curiosité ne reviendra peut être jamais.. Pourtant il manque à cet adulte taciturne, le soir surtout, quand il rentre de l’hôpital et qu’il s’endort sur son lit, des souvenirs d’euphorie dans la tête. Ça reviendra peut être un jour, peut être pas.. C’est cette incertitude, finalement, qui le bouleverse.

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MessageSujet: Re: I went too far [Angel]   Jeu 15 Juin - 21:31

I went too far
elias & angel



Il y avait eut ce moment dans leurs vies... ce moment où tout était devenu cendre, fade, éteint. Ce moment où soudain, ils avaient pris conscience de leur insignifiance, de leur innocence, et du temps qu'ils avaient... Un temps précieux, offert par celui que certain aimaient à appeler Dieu, Allah ou Ganesh mais qu'Angel se contentait de de ne pas nommer... Parce que personne n'avait choisi pour eux. Personne ne choisirait jamais plu...

Lorsque le jeune homme tentait d'imaginer l'accident, il ne voyait qu'un sombre néant. L'infini du trou noir. Et des visages, hurlant, souriant... Celui de sa mère, de qui le dernier souffle avait sans doute fait écho à la vie qu'elle avait vécue, à tout sacrifier pour eux, pour ses enfants, à les aimer trop fort. Leurs rires résonnant dans son esprit. Elle était belle, même dans la mort. Angel se souvenait ce sourire alors qu'elle gisait inerte dans ce cerceuil, enveloppée de satin, ses boucles entourant son visage angélique avec la même grâce que lorsque son coeur battait encore.
Et son père, à ses côtés, jusqu'à la fin. Lui qui avait soufflé son nom dans ses dernières secondes...
Erin, sans vie sur le bitume, et à ses côtés, Elias ; portrait dépeint grossièrement de l'horreur d'un instant infini, qui n'en finira jamais. Un seul instant dans une entière, dévastateur, dévorateur. La mort sous les paupières et une sourde culpabilité ancré dans la chair, jusqu'à la fin qu'il n'était pas parvenu à trouver ce jour-là, et que depuis, Angel le savait, il lui était arrivé d'espérer, d'implorer, comme on supplie la mort de nous prendre lorsque la douleur se fait trop insoutenable.

Lui aussi avait mal. Angel le voyait, chaque fois qu'il posait ses yeux sur lui. Il revoyait l'enfant rieur et heureux, sans cesse accroché aux jupes de leurs mères et boudant lorsque ce fait lui était reproché par ses frères... Il le revoyait assit sur le canapé à manger des chips avant que Callum ne lui pique le sachet et change de chaîne. A écouter Erin réciter son poème, l'air sérieux, concentré, alors qu'Angel et Even s'appliquaient à le fixer pour le distraire... Il le revoyait absent, lorsqu'il partait pour étudier, loin des siens... les jours interminables, l'inquiétude permanente de leurs parents à le savoir dans l'inconnu... la tristesse mal cachée de ses frères et de sa sœur... Angel détestait voir les siens séparés.
Pire encore, malheureux. Tristes. Et actuellement Elias était tout cela à fois : loin, malheureux, désespéré...

Les mots qu'il laissa échapper alors qu'Angel l'étreignait firent rager ce dernier. Il sentait les bras de son frère autour de sa taille et cette sensation valait toutes les souffrances... Il ferma les yeux et savoura l'instant, un même instant qui leur avait coûté beaucoup mais qu'il voulait suspendre, là. Encore un peu... S'imprégner du réconfort de la chaleur d'Elias contre lui, sentir le tremblement de ses sanglots le maintenir en vie, ignorer presque sans effort l'odeur d'hôpital qu'il transpirait et que le jeune homme détestait tant... Là, au milieu de leur cuisine, ils étaient des Black. Ils étaient eux pour la première fois depuis longtemps. Sans mensonge, sans barrière. Elias, perdu dans sa douleur, dans son mal être, et Angel, trop protecteur, trop soucieux mais toujours là, quoi qu'il advienne.

« Je sais Elias... je ne te reproche rien... » Il avait soufflé ces mots sans déserrer son étreinte. Evidemment qu'il essayait d'aller mieux... Angel voyait chacun de ses pas en avant, mais il était également témoin de ses trébuchets en arrière... et à chaque chute, il souffrait avec son frère, subissait avec lui.
Il aurait voulut pouvoir l'aider. Pouvoir effacer ses cicatrices comme on essuie des larmes d'un revers de manche.
Il cherchait quoi dire à Elias pour le réconforter lorsque ce dernier s'exprima de nouveau. Cette fois cependant, Angel laissa un brin de colère gagner ses tripes. Il se détacha du garçon et saisit son visage entre ses mains, plongeant ses yeux océans dans ceux, identiques, de son frère. « Ecoute bien... tu n'as pas besoin... Tu n'as pas besoin d'être une meilleure personne. Tu es déjà une bonne personne, Elias Black. Tout ça, ce n'est pas ta faute et personne ne le reprochera jamais, tu m'entends ? Si quelqu'un ose... » Il le tuerait. Oui sans aucun doute. Il était ainsi Angel. Quiconque s'approchait trop près de sa famille ou lui portait un quelconque préjudice méritait de souffrir mille morts pour cet affront. Et il attendait encore le jour où l'assassin de ses parents payerait. De sa vie, il l'avait juré.

L'une de ses mains saisit l'épaule d'Elias tendit que l'autre effaçait ses dernières larmes sur ses joues du bout du pouce, et qu'il le fixait toujours, d'homme à homme. De frère à frère. « Tu sais que je suis là pour toi, n'est-ce pas ? Et que si je t'oblige à faire ces séances c'est uniquement parce que je veux que tu ailles mieux ? Mais... enfin si tu veut qu'on... essaye autre chose, je suis prêt à écouter... » Pour rien au monde il ne désirait être le bourreau d'une des personnes qu'il aimait le plus au monde. Alors si Elias n'allait pas mieux en voyant un psy, Angel pouvait bien faire un effort...

Il tenta un petit sourire et tapota gentiment la joue du garçon. « Bon, je prépare ton chocolat, tu me racontes comment tu t'en sors à l'hôpital ? » Il s'éloigna pour commencer la préparation lorsqu'un doute le gagna : « Personne n'est.. pas cool avec toi hein ? Tu me le dirais ? » Il y avait toutes les chances du monde que la réponse à la dernière question soit 'NON' mais Angel ne pouvait s'en empêcher... Il lâcha un soupir désolé en regardant Elias et reprit son affaire, comme si se concentrer sur du lait et du chocolat en poudre allait lui faire oublier combien il pouvait être incorrigible...


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