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 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA

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MessageSujet: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Ven 3 Mar - 4:05

Ca faisait quelques temps que je sortais à ma pause régulièrement, peut-être une semaine et demie. J’avais eu l’idée de prendre l’air, une fois, même si ça impliquait que j’avais dû me changer avant de mettre un pied dehors. J’avais voulu sortir sans raison précise, et j’avais entendu le son du violoncelle, et j’avais ressenti en moi l’appel de la musique. Mon violon ne prenait pas la poussière, mais ça faisait des mois que je n’avais pas écouté quelqu’un d’autre jouer. Et c’était rassurant.

Le son du violoncelle est le plus proche de la voix humaine. On le prend dans les bras comme on étreint une personne qu’on aime. Les vibratos des violoncelles, sur la corde du do m’avaient toujours fait frissonner. Rien que le son si pur de l’instrument faisait se hérisser mes poils. Alors j’étais revenu le lendemain, le surlendemain, sans avoir le courage de poser une question, regarder le nom sur la boîte aux lettres. J’avais écouté avec un sourire, pendant une semaine, et si parfois le violoncelle n’était pas là, je repassais le lendemain avec l’espoir de pouvoir l’entendre à nouveau, percevoir la caresse du son sur mes tympans, et apprécier. Juste apprécier.

Et puis un jour, je ne pus retenir mon geste. J’avais empoigné mon violon pour le déposer dans son étui, et j’étais parti à la recherche de la musique. J’avais toujours détesté jouer en public, mais personne n’était dans la rue entre midi et deux un jeudi. Personne ne verrait, personne n’entendrait à part cet inconnu qui répétait.

Je sortis soigneusement mon instrument de son étui, car les instruments sont aussi précieux qu’une chainette en or qui se briserait si on tirait dessus involontairement. Fruits d’un long travail, d’une passion. Je calais mon violon sur mon épaule, qui avait presque été faite comme pour être emboité avec l’arc des éclisses. Mes doigts parcouraient les cordes, le bois de la touche était toujours lisse. J’avais posé ma joue sur la mentonnière, soulevé mon archet pour le soupeser. J’avais attendu la fin de la mesure que l’inconnu jouait, en m’imprégnant du rythme. J’avais toujours aimé improvisé.

J’avais pris une inspiration, je crois que tout le monde le fait avant de faire vibrer la première note, comme si on respirait pour l’instrument entre nos mains. Le son jaillit, et je jouais dans les harmonies de son morceau, en cherchant la note la plus appropriée selon les gammes qu’elle proposait. J’analysais si c’était majeur ou mineur, si elle jouait avec les dièses ou les bémols, et je laissais mes doigts prendre le contrôle.
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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Mer 8 Mar - 1:32

Madim & Pandora
“ if music be the food of love,
play on,
give me excess of it ”


Pandora avait déjà remarqué cet homme à quelques reprises. Chaque jour, elle passait quelques heures à jouer, tant pour le plaisir que pour maintenir son niveau. On la considérait souvent comme une virtuose, une experte qui maîtrisait parfaitement son instrument. Mais Pandora sait qu’on ne maîtrise jamais totalement cet art, qu’il y a toujours de la place pour grandir en tant qu’artiste. N’ayant pas d’attirance particulière pour une reconnaissance dans ce milieu, elle exerçait cet art surtout pour son propre plaisir. Lors de ses séances quotidiennes, elle avait remarqué le beau brun qui tendait l’oreille, qui appréciait sa musique. Les premières fois, elle en avait été étrangement intimidée. Si elle ne doutait pas de son talent, si elle aimait se produire en public, le fait d’être écoutée alors qu’elle ne jouait que pour elle-même la troublait. Mais son amour pour la musique était trop important pour qu’elle ne comprenne pas l’envie de tendre l’oreille, de profiter de la mélodie.

Aujourd’hui, elle se sentait particulièrement inspirée. Elle avait laissé de côté ses partitions pour simplement laisser aller son imagination, laissant ses émotions filer au rythme de la mélodie. Et elle le voit, du coin de l’œil, qui marche à l’extérieur, qui ralentit lentement, comme à son habitude. Et sa musique ne s’en trouve que plus puissante, plus riche. Ce à quoi elle ne s’attend pas, cependant, c’est le son du violon qui se laisse entendre par la fenêtre entrouverte. Un son qui se mêle au sien, qui semble deviner les notes qu’elle joue avant même qu’elle ne le décide. Juste pour s’amuser un peu, elle expérimente, elle passe d’une gamme à une autre, elle alterne les styles. Et le violon la suit, il s’adapte. Elle accélère le rythme, impose même quelques notes de jazz, juste pour voir l’étendue de la capacité d’adaptation de son partenaire musical. Et il lui semble que ça coule toujours aussi bien, avec une aisance naturelle.

Le moment s’éternise, avant que Pandora impose le silence, posant délicatement son instrument contre le sol, l’archet à ses côtés. Et elle se lève de sa chaise, s’étirant légèrement avant de faire quelques pas vers la fenêtre où elle regarde l’inconnu droit dans les yeux pour la toute première fois. Elle le détaille rapidement du regard, puis lui adresse un sourire avant d’ouvrir complètement la fenêtre. Il pique sa curiosité, c’est certain. Et elle ignore comment l’aborder. Vu toutes ses fois où elle l’a remarqué près de sa fenêtre, elle a l’impression de déjà le connaître. Et cette impression n’est que renforcée par ce qu’ils viennent de partager. « Je peux vous offrir un thé? », suggère-t-elle simplement d’une voix enthousiaste.



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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Jeu 23 Mar - 0:53

Elle jouait avec mon ingéniosité, mes capacités, et il fallait que je l’impressionne. Après tout ce temps à l’écouter, je connaissais mieux son style, ses préférences de rythme. De la même façon qu’on étudie un compositeur, ses accords, ses schémas récurrents, je m’étais revu comme un élève apprenant un nouveau musicien, un nouvel interprète. Et si je me laissais surprendre parfois, je changeais les fausses notes en dissonances amplifiant sa mélodie principale, mettant l’accent sur une fugue, le contrepoint. Nous voguions entre les registres, et je me sentais revivre.  Je fermais les yeux, me laissant sombre dans la profondeur des notes. Noire, blanches, rondes, croches doubles ou triples, ou plus. Les mesures s’accumulaient, s’amoncelaient, jusqu’à ce qu’à la place de la musique, le silence s’impose, sévère.

Je rangeais mon violon et son archet dans leur étui commun, délicatement. Mes yeux se posent sur la fenêtre pour rencontrer les siens. Je ne les détournai pas, je n’esquivai pas son regard. Mes yeux se perdent dans le noir de ses cheveux. Quelle chevelure. Indo-pakistanaise, sûrement. C’était peut-être cliché, mais elles avaient les plus beaux cheveux. Ses origines lui donnaient un teint hâlé toute l’année. J’attrapais une image de son visage, jusqu’à ce qu’elle ouvre la fenêtre pour me héler. Un thé.

Un thé.

Pour boire un thé, il fallait entrer – première contamination –, il fallait s’asseoir sur des meubles dont je ne connaissais la propreté, il faudrait que je boive dans une tasse qu’elle aurait touchée pour me la tendre, l’eau aurait bouilli dans une bouilloire, mais depuis quand avait-elle été nettoyée ? Il y avait énormément d’inconnus qui me susurraient de décliner, de trouver une feinte.

Mais je ne voulais pas. Je ne voulais surtout pas la fuir. Car elle m’avait captivé. Elle sortait de l’ordinaire, elle jouait du violoncelle avec brio, elle était différente de la femme typique américaine, et elle invitait ce pauvre inconnu qui s’arrêtait tout le temps sous sa fenêtre à prendre un thé, sans a priori. Sans aucune crainte. Et ça semblait si simple de lui parler, même si je n’aurais osé faire le premier pas. Je pesais encore le pour et le contre, pendant quelques microsecondes, et je me dis finalement que ma phobie ne pouvait pas contrôler ma vie. Parce que je ne pouvais pas la laisser régner à sa guise.
Alors je lui offris un sourire sincère pour lui répondre :

« J’en serais ravi ! »

Je me rends devant la porte, attendant qu’elle m’ouvre pour que je puisse me glisser dans son univers. Un peu effrayé, légèrement excité par la nouvelle rencontre, mais surtout heureux, mes lèvres se paraient d’elles-mêmes d’un sourire que je peinais à refréner. J’abandonnai tout simplement. Je n’avais pas à retenir un sourire.
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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Mar 4 Avr - 3:23

Madim & Pandora
“ if music be the food of love,
play on,
give me excess of it ”


Pour la toute première fois, leurs regards se croisent. Et elle se perd un peu dans son regard sombre, presque noir, comme le sien. Elle détaille son visage, ses traits magnifiquement harmonisés, et le sourire sur ses lèvres s’agrandit légèrement. Pandora sait apprécier la beauté, et l’homme qui se trouve face à elle n’échappe pas à ce qualificatif. La musique la rend romantique dans l’âme, elle a l’impression de vivre un moment unique. Pandora croit remarquer une légère hésitation chez l’inconnu face à son invitation, mais celui-ci se rattrape rapidement en lui souriant à son tour, acceptant son offre. Et Pandora se redresse, reculant de quelques pas tout en maintenant son regard sur lui, et s’arrache à sa contemplation alors qu’elle le voit marcher vers la porte d’entrée, là où elle se dirige également. En ouvrant la porte, elle voit pour la première fois d’aussi près, et elle ne peut arrêter de sourire. « Enchantée. », dit-elle à voix basse, fermant la porte derrière lui et marchant vers la cuisine, s’assurant d’un petit coup d’œil qu’il la suit.

La cuisine est une grande pièce très éclairée, où le soleil plombe vu la grande fenêtre qui offre une jolie vue sur la cour arrière. Le plan de travail semble impeccable, chose assez rare lorsque Pandora se trouve seule – elle adore cuisiner, et habituellement il n’est pas rare qu’elle passe ses après-midis derrière les fourneaux. Pandora rejette sa longue chevelure dans son dos avant d’attraper la bouilloire qui dort sur le poêle, et elle vide le contenu de celle-ci avant de faire couler de l’eau du robinet, son regard passant du jet d’eau au visage de l’inconnu. Puis elle fait craquer une allumette et allume le feu au gaz – petit caprice de cuisinière – et met finalement la bouilloire sur le feu, avant d’ouvrir une armoire et d’en sortir quelques sachets d’épices. En tant qu’Indienne qui se respecte, elle ne peut pas se contenter de boire ces vulgaires sachets de thé qu’on vend en épicerie. Elle achète son propre thé noir et moud elle-même le gingembre, la cannelle, la cardamome et l’anis étoilé, les grains de fenouil et de poivre. Peut-être qu’il n’aimera pas son mélange, mais c’est malheureusement tout ce qu’elle a à offrir. Elle ouvre les différents sachets, versant quelques grains de chaque épice dans son mortier, et elle se met à moudre le tout en une fine poussière alors que la bouilloire se met à siffler. Puis elle attrape deux tasses en porcelaine qu’elle dépose sur le plan de travail, avant de verser son mélange de thé et d’épices dans des petits sachets qu’elle glisse dans les tasses, puis fait couler de l’eau, laissant juste un peu de place pour rajouter du lait si désiré. Et, enfin, elle approche les deux tasses fumantes de la table où se trouve déjà un sucrier, et elle s’assoit, invitant d’un geste de la main son invité à en faire de même. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à jouer avec une autre personne. », lui avoue-t-elle en croisant son regard. Au conservatoire de Boston, il régnait un tel esprit de compétition que chaque improvisation lui donnait l’impression d’une chasse à l’homme, comme si l’un tentait de coincer l’autre, de le déstabiliser au point de le faire paraître moins doué. Pandora en a conservé un goût amer, et si elle a joué en compagnie de quelques musiciens au courant des dernières années, elle n’a jamais connue la même exaltation que celle qu’elle ressent lorsqu’elle joue seule. Sauf aujourd’hui.



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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Mar 2 Mai - 22:54

Mes yeux se promènent sur le mobilier, curiosité et appréhension. Je retiens mon souffle, un instant. Le stress monte. Depuis que j’étais arrivé en ville, comme une sorte de reclus, je n’avais jamais visité la maison de quelqu’un d’autre, par pure peur. Peur d’un tapis poussiéreux, des germes qu’il renfermerait, peur de la chaleur sur un siège, peur de ne pas oser m’asseoir, peur de poser ma main sur un comptoir, et que ma peau sente quelque chose de légèrement collant qui n’avait pas été correctement nettoyé, ou qui avait été oublié.

Mais c’était propre à l’œil. Elle était seule. C’était grand pour une personne seule. La cuisine était spacieuse, et elle avait une gazinière, ce qui me prouvait qu’elle aimait assez la cuisine pour ne pas se contenter de plaques électriques. Et qu’elle avait les moyens de se le permettre. Malgré l’entretien de la pièce, le parfum des épices, tenace, était légèrement perceptible dans l’arrière-fond. Elle faisait de la cuisine colorée. Elle rejette ses cheveux en arrière, et le premier accroc me frappe, mais je calme les battements de mon cœur. Elle ne lava pas les mains. Je pouvais passer outre. Je devais passer outre.

Je me concentrais sur ses mains qui attrapaient quelques choses que je ne voyais pas bien. L’odeur me guidait. Poivre, gingembre, cannelle, cardamome… il m’en manquait deux. J’observais la femme moudre ses épices, écoutant le son réconfortant de la bouilloire. Je devais avoir l’air idiot, planté là, debout, à un mètre et demi d’elle. Je ne pouvais pas m’empêcher d’entretenir cette distance de sécurité. Ses gestes sont pleins d’habitude. Elle ne devait pas se contenter de petits sachets de thé Lipton – et moi non plus, d’ailleurs, car s’il fallait manger mes pâtisseries, il fallait au moins les accompagner de façon décente. J’achetais du thé en vrac de maisons que j’aimais dès que j’allais dans les grandes villes. Et j’avais fait des stocks conséquents en quittant Paris. Malheureusement, je pouvais difficilement demander à quelqu’un de me ramener du thé de chez Mariages Frère dans sa valise à la propreté inconnue, mais au moins je pouvais commander en ligne les thés de Lupicia. Mon préféré restait leur thé vert japonais accompagné d’écorces de citron, d’oranges, carthame, souci et bleuet. Le Paradis exotique. Je n’avais jamais essayé de faire mes propres mélanges, comme la jeune femme, mais peut-être devrais-je m’y essayer.


Les tasses remplies, servies sur la table, elle m’invita à m’asseoir, ce que je fis en essayant d’oublier les insécurités qui tremblaient sous ma peau, la remerciant au passage. Je n’étais pas du genre à ajouter quoi que ce soit à mon thé, je l’avais toujours apprécié nature. Et avec toutes ces épices qu’elle avait pu mettre dedans, il n’en serait que plus délectable que de sentir son goût nu, mais riche. Je l’écoutais parler, en portant la tasse sous mon nez, pour humer le parfum du breuvage. Trop chaud encore pour le boire, mais la conversation le laisserait légèrement tiédir, n’est-ce pas ?

« Je vous avoue que je ne joue pas souvent avec d’autres personnes, haha. Mis à part mon professeur, qui a toujours aimé l’improvisation. Je prenais des cours particuliers, je n’ai jamais eu de cours à plusieurs… ni de pièces à plusieurs si ce n’est avec mon professeur évidemment. »

Je lui esquissais un sourire un peu confus. Je devais avoir l’air nerveux. Mais j’étais relativement à l’aise, pour une situation pareille. Je devais avouer que j’étais un peu fier de moi ?

« Ah, et je ne me suis pas présenté : je m’appelle Madim Vitaïev. J’habite et travaille pas très loin d’ici. C’est en me promenant une fois que je vous ai entendue. Ca a capté mon attention on va dire haha. »

Ca devait bien faire trois minutes que le thé infusait, c’était le moment de retirer le sachet. Mes lèvres se posèrent au rebord de la tasse, entrouvertes. Je la fis lentement basculer jusqu’à ce que le thé mouille ma bouche. C’était encore un tantinet trop chaud, mais c’était agréable. Un mélange sympathique.

« Est-ce que la musique est votre travail ? »
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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Dim 21 Mai - 2:52

Madim & Pandora
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play on,
give me excess of it ”


Pandora souffle doucement sur son thé, comme si elle pouvait ainsi le refroidir. Elle sait bien que c’est inutile, même si elle le fait toujours. En attendant, elle se réchauffe les mains sur la tasse brûlante, souriant au musicien alors qu’il lui parle de ses cours. Elle comprend bien cette complicité qui se lie entre un professeur et son élève pour l’avoir elle-même vécu au conservatoire. Elle donne elle-même quelques cours, mais elle n’a pas encore eu la chance de découvrir un élève particulièrement dévoué. Elle enseigne surtout le piano à des enfants, selon les désirs de leurs parents. Ils n’ont pas particulièrement d’intérêt ou de talent, mais elle y prend quand même un grand plaisir, et elle ne peut qu’imaginer comment serait la chose avec quelqu’un qui s’investit complètement. « Ça ne parait pas! », lui avoue-t-elle. Il joue avec une telle fluidité, l’improvisation s’est si bien déroulée qu’elle aurait pu jurer avoir affaire avec un professionnel, quelqu’un qui a l’habitude. « J’aimerais beaucoup renouveler l’expérience, si ça vous dit… Improviser, ou jouer des compositions. » Elle lui sourit, alors qu’il se présente et qu’il lui raconte un peu ce qu’il faisait là. « Je sais, je vous ai déjà vu quelques fois… C’était une bonne idée d’apporter votre violon. » Pandora retire le sachet de thé et le dépose sur une petite soucoupe posée sur la table à cet effet, avant de prendre une gorgée qui lui brûle légèrement la langue. « Pandora Campbell. Enchantée. »

Elle le regarde alors qu’il goute le thé, un sourire en coin. La plupart des Américains n’apprécient pas nécessairement son mélange, trop habitués aux vulgaires sachets qu’ils ont le culot d’appeler du thé. Elle ne perçoit pas de grimace ni de surprise sur son visage, il doit apprécier. Un point pour lui. Lorsqu’il lui demande si la musique est son travail, Pandora hésite un court instant. Peut-on vraiment parler de travail? Pour dire les choses honnêtement, Pandora n’a pas vraiment de profession, elle se contente d’être une femme entretenue par son mari. Ce n’est pas un manque d’ambition de sa part, juste un besoin vital de s’accomplir en tant que personne, en tant qu’artiste. Ce refus absolu de s’enfermer dans une profession qu’elle n’aime pas vraiment juste parce que c’est ce que la société lui dicte de faire. Elle pourrait travailler davantage pour faire carrière en musique, pour percer. Elle a bien fait des concerts à plusieurs reprises, a même enregistré une ou deux fois pour des trames sonores de film. On la sollicite souvent, mais elle décline plus de la moitié des offres – celles qui la stimulent le moins. Elle n’a pas envie d’être connue, de devenir l’esclave de son public, de devoir répondre aux attentes. Elle veut juste continuer à développer son talent et enrichir sa culture, elle a une soif d’apprendre infinie.

Elle secoue finalement la tête, buvant une nouvelle gorgée de thé. « Oui et non. Je donne quelques cours, assez rarement. Et des concerts à l’occasion. Pas assez pour dire que je fais carrière, cependant. » Elle ne précise pas davantage sa pensée, ne souhaitant pas particulièrement entrer dans le sujet de son époux. Madim pourra croire ce qu’il veut – qu’elle a un autre travail, peut-être. S’il insiste, elle le lui expliquera sans doute, mais pour l’instant elle préfère s’arrêter là. « Et vous? Qu’est-ce que vous faites? »




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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Mar 23 Mai - 23:55

« J’aimais beaucoup jouer avec mon professeur, donc ça ne me dérange pas du tout de jouer avec vous. Ca me ferait même énormément plaisir. » Je caressais des doigts le bord de ma tasse, par réflexe pour me détendre. « Je trouve ça extrêmement agréable de pouvoir partager une passion aussi spéciale que la musique. Le lien entre le musicien et son instrument, et le lien entre les musiciens, l’harmonie. Je trouve que c’est un beau but, l’harmonie… »

Je me perdais une demi-seconde dans mes pensées, avant de porter la tasse à mes lèvres. Le goût du thé était réconfortant contre ma langue, sa chaleur irradiait dans ma bouche comme mille soleils exotiques. J’avais la chance d’avoir un palais habitué aux saveurs exotiques, comme ma mère avait toujours voulu m’éveiller aux spécialités étrangères. Si bien que j’avais fait du goût mon métier d’une certaine manière. Il faudrait que je m’essaie aux pâtisseries indiennes, peut-être que je devrais lui demander de l’aide dans ce domaine ? Aux vues de sa cuisine, je pouvais comprendre qu’elle aimait cuisiner. J’étais assez excité à l’idée d’apprendre.

« Alors, aussi surprenant que ça puisse paraitre pour un violoniste, je suis boulanger et pâtissier. Je suis allé apprendre en France, avant d’ouvrir ma propre pâtisserie à Lakeview. Elle est dans la zone résidentielle, à quelques blocs d’ici. C’est assez épuisant, évidemment, il faut se lever tôt, travailler presque toute la journée… j’ai même choisi de ne pas m’installer dans les quartiers trop animés près de bureaux ou d’universités, lycées, pour avoir une pause le midi. Mais c’est agréable, et puis, j’ai toujours du bon pain le soir et des gâteaux quand j’en veux. »

Un petit rire m’échappa, je pris une nouvelle gorgée de thé, en la regardant.

« C’est une grande maison, en tous cas, ça doit être agréable d’avoir de l’espace. Ma boulangerie est en-dessous de mon appartement, comme c’est plus simple ainsi. Mais je me disais, ce serait bien peut-être d’en apprendre plus sur la gastronomie indienne, si je ne me trompe pas ? Cette préparation du thé est à l’indienne, non ? Il est vraiment délicieux, en tous cas. J’apprécie en particulier la cardamome et les clous de girofle. Je me demande quelles pâtisseries je pourrais ajouter à mon catalogue. Ca me ferait vraiment plaisir d’en apprendre plus là-dessus. »
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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Dim 28 Mai - 23:36

Madim & Pandora
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Elle sourit en l’entendant parler de musique, hochant légèrement la tête. La grande majorité des gens vouent un intérêt profond pour cet art, mais peu de gens peuvent comprendre la réelle passion qui anime le musicien. Ce n’est pas qu’elle se considère membre d’une société élitiste, au contraire – elle apprécie toujours de parler musique avec des gens plus novices. Mais de pouvoir vivre un moment comme elle vient de vivre avec Madim, c’est une chose rare, et effectivement magnifique. « Ça faisait un moment que je n’ai pas rencontré de musicien, c’est rafraîchissant. », lui dit-elle en souriant. « J’ai des dizaines de partitions que j’aimerais tenter, je pourrais vous en laisser quelques copies… Si ça vous dit. » Elle incline légèrement la tête sur le côté, tentant d’analyser si son envie de rejouer ensemble est bien authentique, ou s’il ne fait qu’acte de politesse. Elle opte pour la première option – s’il ne voulait pas jouer avec elle, il n’aurait pas emporté son violon aujourd’hui.

Elle a un petit mouvement de surprise lorsqu’il lui dit être boulanger et pâtissier, et son sourire s’agrandit sur ses lèvres. Elle hoche la tête dans un geste qui se veut compréhensif alors qu’il lui parle des désavantages de son travail, mais qu’en sait-elle? Elle n’a jamais travaillé de sa vie. Adolescente, ses parents rechignaient à ce qu’elle se trouve un petit boulot pendant ses études, jugeant qu’elle négligerait alors ses notes. Par la suite, les choses se sont enchaînées avec son mariage et son statut de femme au foyer, ainsi n’a-t-elle jamais connu ce genre de désagrément. « Ça doit être difficile de ne pas prendre trop de poids avec ce métier… », lui dit-elle d’un ton amusé. Elle-même, si gourmande de nature, aurait sans doute plusieurs kilos en trop si elle avait toujours du bon pain à sa disposition.

Madim enchaîne en manifestant un intérêt pour la cuisine indienne, et Pandora se redresse sur sa chaise, le regard brillant. « Oh! Manifestement, nous avons plus qu’une passion en commun… J’adore cuisiner. » C’est un euphémisme. Elle a appris très jeune les recettes traditionnelles de sa mère, et rien ne lui fait plus plaisir que de passer quelques heures derrières les fourneaux à retrouver ces odeurs si particulières qui lui rappellent son enfance. Elle baisse le regard vers sa tasse de thé et sourit, avant de hocher la tête. « Oui. Je suis née en Inde, mais je suis en Amérique depuis que j’ai six ans. Je me sens toujours très attachée à mes racines. » Une nostalgie s’imprègne sur son visage, qu’elle chasse en buvant une gorgée de thé. « Je vous avoue que je suis meilleure cuisinière que pâtissière, mais je connais bien deux ou trois recettes. Je pourrais certainement vous faire goûter au gulab jamun, ou aux jalebis… » Elle l'observe, se disant sans doute que son charabia est incompréhensible. « Même si ces mots ne doivent rien dire pour vous. », ajoute-t-elle en riant avec douceur.




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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Mar 27 Juin - 3:02

Ca faisait longtemps qu'elle n'avait pas rencontré de musiciens,  l'idée même me paraissait étrange. Elle avait du talent, et ce genre de personnes attiraient autour d'elles d'autres personnes talentueuses en général. Surtout si elle avait déjà joué en public et qu'elle donnait des cours. Après peut-être n'avait-elle juste pas envie de rencontrer trop de personnes du milieu. « Je sais qu'à l'université de la ville il y a un département musique, peut-être que ça pourrait valoir le coup d'en rencontrer quelques-uns. J'ai entendu de la harpe dans le quartier, je n'habite pas ici depuis assez de temps pour mettre des noms sur les maisons, mais vu la maîtrise de son jeu, je ne serais pas surpris d'apprendre que cette personne étudie la musique... et pour les partitions vous m'en verriez ravi, vraiment. L'art est fait pour être partagé, c'est ma mauvaise habitude, que de ne jouer que pour moi. » Petit sourire avant de retomber en contemplation du fond de ma tasse de thé, tristement vide. J'en aurais presque demandé sa recette. Mais si le thé avait au moins la qualité d'être servi à haute température ce qui au moins détruisait une partie des bactéries, ce n'était pas le cas des gâteaux auxquels je ne touchai pas, à contre-coeur. J'espérais qu'elle ne le prendrait pas trop mal.

Elle avait l'air assez surprise de mon métier, et je pouvais le comprendre. « Je pense qu'il ne faut jamais abuser des bonnes choses, donc pour le moment je n'ai pas encore pris de poids, mais c'est vrai que c'est rapidement assez calorique... mais c'est agréable d'avoir un éclair au chocolat pour le dessert de temps en temps. Après c'est sûr qu'il faut être un minimum sportif pour ne pas... dégénérer de ce côté-là, c'est sûr. » J'avais continué à faire du sport même si la transpiration me dégoutait toujours incroyablement, même si elle venait de mon propre corps. Tous les jours, trente minutes de sport, plus dès que j'avais du temps pour moi. « Au moins, pétrir ça muscle les bras. »

Ses yeux brillaient seulement en évoquant la cuisine de son pays, et je constatais cette pointe de regret dans ses yeux. Ca me faisait plaisir n'empêche de rencontrer quelqu'un qui aimait la cuisine, et par-là la bonne . Ca pouvait paraitre snob, mais avec l'avènement des fast-foods dans la vie de la plupart des américains, on oubliait la pureté des saveurs sans édulcorants et autres artifices. « Je connais une très bonne épicerie fine, à San Francisco. Très professionnelle, très pointilleuse sur leurs produits. De très bonnes épices... et sans se mentir, un merveilleux rosé français. » Je n'étais pas fou du vin, mais celui-là était assez doux, quoique traitrement alcoolisé. « Et par rapport aux termes... j'avoue ne pas m'y retrouver mais c'est toujours intéressant d'en savoir plus sur la gastronomie d'un pays, en vérité, ça peut avoir des liens avec son histoire, et puis ça sonne toujours bien de dire avec bel accent les mots étrangers. Je ne sais pas si ma langue habituée aux sons européens pourra s'adapter à l'hindi, mais ce serait assez marrant d'entendre un caucasien parler hindi n'est-ce pas ? Quoique je sais dire Kalluri Vaanil, c'est un début ? » Je m'essayai un instant à la prononciation des noms des pâtisseries dont elle avait parlées, sans grand succès. « Je ne sais pas si ce sera faisable au final. » Petit sourire.
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MessageSujet: Re: 'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA   Jeu 13 Juil - 20:32

Une nouvelle enveloppe, une nouvelle mission, une nouvelle cible. Sans poser de questions, je m'exécute en suivant comme à mon habitude, les indications sur le morceau de papier qui se trouvait dans l'enveloppe.

Le petit texte soigneusement tapée, ce n'est pas sans un sourire que j'appuie sur le bouton "envoyer" au seul numéro qui se trouvait dans le téléphone. L'air de rien, je m'assure que le message soit bien émis, avant d'ouvrir le téléphone pour me débarrasser de la carte SIM que je brise en deux pour qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à moi. Quant au téléphone, c'est dans ma générosité naturelle que j'en fais cadeau à un SDF qui pourra le revendre pour s'acheter à manger, ou de la drogue, que sais-je.

@Madim P. Vitaïev vous avez un message.
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'if music be the food of love, play on, give me excess of it' / PANDORA
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