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 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX

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MessageSujet: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Sam 4 Mar - 1:11

J’avais dévié de ma trajectoire de jogging habituel. La sensation de froid contre ma peau, la fraicheur de l’air me glaçait les poumons à chaque inspiration, et j’adorais ça. La chaleur de mes muscles me replissait, m’aveuglait. Je n’avais plus l’impression de courir, de sentir mes pieds s’enfoncer dans la terre humide. Il n’y avait plus de terre, juste la sensation de mon corps évoluant presque en apesanteur. Le soleil était presque couché, j’avais fermé plus tôt, comme tous les mardis. Six heures du soir, j’étais dans un autre monde. Les écouteurs vissés aux oreilles, je filais entre les arbres.

J’avais pris un sac à dos avec une paire de chaussures de rechange et une bouteille d’eau, ainsi que mon antibactérien au cas où. J’avais simplement revêtu une veste par-dessus un t-shirt respirant chaud, et un bas relativement près du corps. Je détestais sentir le tissu bouger pendant que je courais. Et les joggings laissaient passer les courants d’air, d’autant plus détestables.
J’avais parcouru presque une dizaine de kilomètres selon mon téléphone, à rythme constant de quinze kilomètres par heure. Plus que deux kilomètres et il serait temps de me mettre à marcher et m’étirer, laisser mon corps se refroidir en douceur jusqu’à ce que je puisse rentrer chez moi et me doucher.

Me doucher.

La sensation de la sueur s’infiltra dans mon cerveau, rampant sur mes nerfs, et je me forçais à rester calme. Longues inspirations, qui semblaient me racler la gorge, lames de glaces s’invitant dans mes poumons. La boue, la saleté, et personne ne me parlait pour m’en distraire. Je n’entendais presque plus la musique provenant de mes écouteurs. Je me forçai à courir, plus rapidement, comme si aller plus vite m’éloignerait de ce qui allait forcément arriver. Elle allait arriver.

Mon cœur battait plus vite que si j’avais pris trois rails de coke. Et ce qui devait se passer arriva. Je me mis à tituber, et je n’arrivais plus à respirer. L’air s’engouffrait dans ma bouche, dans mon nez, sans pouvoir atteindre mes poumons. De plus en plus vite. Mes yeux cherchaient désespérément un endroit que je pouvais toucher, mais tout me repoussait. J’imaginais les bactéries, les microbes rodant sur toutes les surfaces que je pouvais apercevoir.

Douleur, impossible de respirer, de voir. Je m’étais mis à pleurer. J’étais tombé à genoux, mes mains touchaient le sol. J’avais peur. J’étais dégoûté. J’avais peur.

J’avais peur.

Et deux mots inarticulés s’échappèrent de mes lèvres, entre le son assourdissant de mon hyperventilation.

« Sauvez-moi. »
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 12 Mar - 21:49


Il fixait l'horizon, perché sur la branche de pin, presque au sommet de l'arbre. Il avait ça des milliers de fois lorsqu'il était gosse, et avait écopé de mal de bleus à ses débuts. Cela faisait des années qu'il n'avait plus joué les écureuils acrobates, mais il n’avait pas perdu la main. Parfaitement équilibré, il profitait du privilège d’être  là où personne ne viendrait jamais le trouver.
Depuis peu, il ressentait le besoin de s’isoler des autres, à la fois pour réfléchir, mais avoir tout pour éviter de trop s’attacher. Il songeait à tous ceux qu’il aimait dans cette ville, aux amis qu’il s’était fait, à Kiara et sa fille, qui comptaient plus que tout pour lui… Il pensait même à Alexis. Encore. Et ce simple constat suffisait généralement à lui donner envie de fuir à l’autre bout du monde. Alors à défaut, il se cachait, se mêlait à son élément, et faisait en sorte d’être oublié. Même rien qu’une heure.
Ce jour là encore, il avait eut besoin d’inspirer l’air frais, de sentir la liberté glisser sur sa peau, frissonner de vie. Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, mais si haut, elles devenaient futiles, fades. Il parvenait à les noyer, à les enfouir, rien qu’un instant. Juste le temps de redescendre pour les voir l’assaillir de nouveau.

Un soupir, se mêlant au vent, et le bip sonore de sa montre qui venait à nouveau troubler sa contemplation du paysage en contrebas. Le lac semblait de l’argent liquide, scintillant sous les rayons d’un soleil aux airs de printemps. Nix huma les fragrances alentours encore un instant ; les odeurs de sève fraîche et des premières fleurs embaumaient et plus que jamais, le jeune homme se sentait nostalgique de la Norvège, aux plaines et aux bois similaires, sans cesse bercer de lumière, hiver comme été, et de parfums enivrants, iodés par les abords, là où il avait grandit, de l’océan déchainé.

Le garde forestier finit par s’arracher à ses souvenirs et à sa contemplation pour retourner sur terre. Il se glissa entre les branches, en brisa quelques petites, et atterrit avec agilité au pied de l’arbre. Après s’être redressé, il prit le chemin de chez lui, un peu en contrebas. Le sentier forestier était encore couvert de feuilles d’automnes, mais bientôt, elles seraient balayées par la brise printanière.

Nix se rapprochait de sa maison lorsqu’une voix, presque imperceptible, attira son attention à quelques pas. Il fronça les sourcils et jaugea les alentours. Quelques pas jusqu’en haut de la bute qui dominait sa propriété, et il le trouva, à genoux, le souffle court.

Le jeune homme se précipita jusqu’à l’autre. Il le trouva dans un état pire qu’il ne l’imaginait ; visiblement l’inconnu peinait à trouver sa respiration. Il hyperventilait, de manière encore plus intense que Nix lorsqu’il se retrouvait enfermé dans une espace restreint clôt. Sans plus attendre, le garde forestier retira son sac de ses épaules et fouilla avant d’en sortir ce qu’il cherchait. Il défroissa le sachet en plastique avant de se pencher pour le tendre au jeune homme. « Tenez, prenez ça. » Le type semblait ailleurs, et Nix du se mettre à genoux devant lui et lui tenir le sachet pour être sûr que son geste fasse effet. Il fixait l’autre d’un air inquiet. « Vous êtes blessé ? » Ses yeux passèrent en revue son corps, auquel collaient ses vêtements trempés de sueur, mais il n’osait pas le toucher, de peur de lui faire mal. Il grimaça, un peu perdu.


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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 26 Mar - 5:47

Je sentis le sachet plus que je ne l’aperçus. Je fermais les yeux pour échapper à la vision d’horreur de la saleté. Je ne pouvais même pas, surtout pas regarder mes mains. Je ne pouvais y jeter un coup d’œil, pas même une demi-seconde. J’aurais tout donné pour ne plus avoir le sens du toucher. Rien que la diffuse impression d’être sale me terrifiait. J’essayais de ne pas penser, de surtout ne pas penser. Et c’était impossible.

Mais j’inspirais dans le sachet, et j’expirais. Au début, de façon erratique, puis au fil des secondes, je devenais plus stable. Tout tanguait moins. Ca allait aller, ça se calmerait forcément, j’allais bientôt me sentir mieux. Après tout, pourquoi avais-je peur de la saleté ? Elle ne pouvait rien me faire de particulier. Et puis, c’était de la terre, pas de la saleté. Les arbres poussent dans la terre, et ils vont bien. Les nutriments des arbres sont dans la terre. Des feuilles mortes, des excréments, la putréfaction. La terre est sale. La terre est sale, tellement sale. Combien de fois faudrait-il que je nettoie mes vêtements après ça ? Combien de temps faudrait-il que je me lave les mains après qu’elles ont touché une surface aussi pleine de bactéries ?

La moiteur de mon t-shirt était due à ma transpiration. Déjà les bactéries proliféraient sur mon corps. A quel point ce sachet était-il propre ? Etais-je en train de faire rentrer la saleté dans mon corps ? Est-ce que ce sachet provenait d’un supermarché ? Combien d’articles y avaient été mis, articles qui avaient pu être touchés par combien de personnes ? Et cette personne qui m’aidait, à l’instant-même, à quel point était-elle propre ? Ca tanguait à nouveau, je m’empêchais de respirer, comme on s’empêcherait de respirer en passant devant quelqu’un en train d’éternuer. Mais je ne le pouvais, mon rythme cardiaque ne le permettait pas, je ne pouvais pas continuer. J’avais l’impression de mourir.

Nouvelle crise, il fallait que je me calme, et je me répétais ces mots, encore et encore, si bien qu’ils n’avaient plus aucun sens. Pourquoi est-ce que je devais être comme ça ?


Evidemment, ça se calmait toujours. Et c’était toujours suivi d’un état de prostration plus ou moins intense. Mais je n’avais pas le temps d’être prostré. Ca faisait des mois que je n’avais pas été aussi sale.

« Je vous en prie, permettez-moi de me nettoyer. »

Peu importait l’état de sa salle de bain, sur le coup je n’y pensais même pas, je ne pensais plus. Je n’avais qu’une seule idée en tête : être propre. Le plus vite possible. J’allais encore faire une crise, si ça continuait.

Je me remis sur mes jambes, échappant à cette position d’agneau blessé. J’avais terriblement honte. Mais je n’avais pas le choix.

Je n’avais pas vraiment fait attention à lui. Peut-être pouvait-il constater ma hâte d’aller me nettoyer. J’aurais pu me doucher en remplaçant mon savon par de l’eau de javel, si j’avais été dans une situation pareille deux ans auparavant. Je me félicitai intérieurement de ne plus penser que c’était envisageable, même si je n’avais toujours pas vaincu ma phobie. Je ne m’en croyais pas vraiment capable, mais j’avais avancé. Je me tenais debout, encore en zone ennemie, j’avais hâte de rentrer chez moi, mais j’étais toujours debout. Ca faisait du bien de penser à autre chose, de me distraire, de me dire que ce n’était pas perdu. Au pire, on me traiterait à jamais de maniaque de la propreté, mais ce ne serait plus une phobie. Je n’aurais plus de crises d’angoisse en touchant la porte des toilettes publiques (pas la poignée, tout de même). Je pourrais partager un verre, m’asseoir dans des escaliers, peut-être, piquer dans le plat de l’autre, partager des écouteurs.

Partager. Pouvoir toucher les autres sans avoir envie de me stériliser les mains, sans avoir à leur demander de prendre une douche avant. Pouvoir montrer des signes d’affection tactiles. Toutes ces choses qui paraissaient si simples me demandaient tellement d’efforts ou étaient tout simplement impossibles. Peut-être que me laver les mains laverait aussi cette nostalgie.

Sûrement.

Ou du moins je les laverais jusqu’à ce que je n’y pense plus.
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Mar 2 Mai - 22:48


Nix ne savait pas comment réagir. Il était tétanisé, presque autant que le pauvre homme recroquevillé face à lui.
Il lui avait tendu un sachet pour l'aider à respirer, et l'autre l'avait saisit en tremblant, l'air ailleurs. Le garde forestier le fixait, jaugeant son état, la pellicule de sueur sur sa peau, l'aspect du tissus trempé qui épousait les formes de corps secoué de spasmes, ses yeux fuyant et effrayés... Des milliers de souvenirs lui revenaient en tête, alors qu'il regardait ce type, prostré au sol, dans la terre et la douleur, et lui, figé à côté, impuissant.

Un bourdonnement sourd noyait son environnement d'un accouphène strident. Il entendait la souffrance, la mort au loin, les cris résonner dans la plaine. Il sentait le feu, le bois brûlé et releva machinalement la tête pour vérifier que sa chère forêt ne partait pas en fumée. Mais il le savait, tout était dans sa tête, ancré en lui, dans sa chair, dans son âme et jamais il ne pourrait s'en débarrasser.

La voix de l'inconnu fut sa délivrance. Il remonta à la surface, le souffle court, tandis qu'une nouvelle part de lui s'éparpillait dans le vent de songes obscurs d'un passé qu'il aurait préféré voir disparaître à tout jamais.
Sa demande surpris Nix autant qu'elle lui parût naturelle. Il se mordit les lèvres et se redressa en même temps que le jeune homme. Le voir debout ainsi fut étrange, presque irréel. Il prit quelques secondes pour détailler à nouveau l'inconnu, et le trouva... beau ? Mystérieux. Différent. Pour la première fois depuis longtemps, le visage troublé d'Alexis ne s'imposait pas à lui. Contrecoup de son retour dans le passé inattendu et violent, ou de cette rencontre....

« Je... bien sûr, j'habite juste à côté, venez »

Il paraissait si désespéré, si désemparé, si implorant. Nix n'aurait pas songé une seule seconde refuser. Il sentait bien que le jeune homme était mal et même debout, il percevait encore les tremblements qui secouaient chaque parcelle de son corps. En un sens, il ne pouvait s'empêcher d'avoir pitié de lui, sans savoir comment l'aider plus que ce qu'il faisait actuellement. L'accueillir chez lui semblait déjà soulager grandement le barman.

Il sursauta, se rendant compte qu'il fixait l'autre depuis bien trop longtemps. L'instant d'après, il le guidait jusque chez lui, prenant soin de surveiller de temps à autre qu'il ne s'effondrait pas sur ses talons.

Les deux garçons ne mirent que quelques minutes à arriver jusqu'à la porte de Nix. Ce dernier était fébrile et se sentait stressé. Ses mains tremblaient tandis qu'il tentait difficilement de faire entrer la clé dans la serrure. Il finit par parvenir à ouvrir et poussa la porte avant de s'adosser dessus et de faire un passage pour que son invité puisse rentrer. Il le regarda passer devant lui. « La salle de bain est... » Il ferma la porte à la hâte et se précipita pour aider le garçon, tirant la porte coulissante de la salle d'eau. « ... juste ici. Hum... fais comme chez toi. Y'a des serviettes, de quoi te nettoyer, et... appelle euh... en cas de besoin. » Il se tut et resta figé quelques instants, sans rien dire avant de papillonner, sursauter et s'écarter pour laisser l'autre passer. « Vas y je... je vais faire quelque chose de chaud pendant ce temps. » Il avait besoin de s'occuper les mains et l'esprit, de se noyer dans autre chose que ses interrogations et ses souvenirs, de lâcher prise un instant.

Il se laissa doucement aller, bercé par le bruit de l'eau, tentant de ne songer qu'à cet écoulement familier, à reculer plus loin, dans son enfance, lorsqu'il était encore heureux, et qu'il était quelqu'un d'autre. Retrouver cette part de lui qu'il peinait à faire perdurer, chaque jour un peu plus.


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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 21 Mai - 3:28

Salle de bain. Une salle de bain. Ces mots sonnaient comme une révélation, le bonheur, le paradis, le repos. Je les répétais dans ma tête comme une incantation qui m’empêchait de voir l’aspect même de la maison. Il fallait que j’essaie de rester cohérent, mais j’en étais quasiment incapable. L’appel de l’eau, l’idée de la sensation du savon contre ma peau contrastaient avec la réalité, où mon t-shirt collait à ma peau à cause de la sueur. Les bactéries. Les microbes. La terre. Mais « salle de bain » venait calmer ces pensées parasites. Il fallait juste que je me faufile dedans, que je mette un terme à ces battements de cœur erratiques. Pourquoi avait-il l’air en pire état que moi ? La question émergea un instant dans mon esprit pour se noyer dans mon incantation. « Salle de bain. »

Aussi peu évident que ça ne puisse paraitre, j’avais réussi à le remercier pour son aide, et je n’avais pas pu m’empêcher d’accompagner ça d’un « je suis vraiment désolé de t’importuner ». Je tentais un sourire, échec, je réessaierais plus tard. Il n’empêche que je le suivais toujours, tel la lumière d’un phare guidant les navires perdus dans la nuit, il représentait mon seul espoir d’échapper à cette saleté qui évoluait sur moi. Et c’était important pour moi. Et profondément, même si j’étais incapable de l’exprimer sur le coup, j’étais infiniment reconnaissant de ce qu’il faisait pour un inconnu perdu dans les bois, car je devais avouer que j’aurais pu difficilement en faire autant. Mais tout le monde n’est pas mysophobe.

Je me faufilais dans la salle de bain, et comme un enfant qui entrerait dans un magasin de jouet, les étoiles dans les yeux, je me débarrassais de mes chaussures, de mes chaussettes. L’effeuillage classique avant de rentrer dans la douche, me mettant à nu devant le jet d’eau. La chaleur du contact percutant ma peau me fit frissonner de plaisir. C’était renaître. Le savon moussait délicatement, retirait de mon corps cette couche de crasse hideuse qui avait voulu élire domicile sur mon épiderme. J’étais enfin bien. Rien dans la tête, juste dans la sensation, dans l’appréciation. L’odeur du savon, la caresse de la mousse, le bruit de l’eau qui se heurtait à mon corps. Tout était parfait, et à sa place.
Evidemment, tout devait prendre fin à un moment ou un autre, et la réalité me frappait de nouveau, comme si la tranquillité ne pouvait jamais durer : comment me sécher ? Et surtout, comment allais-je m’habiller ? Je regardais mes vêtements sales avec dégoût. Jamais je ne pourrais les faire toucher ma peau après être finalement propre à nouveau. Puis je regardais le sol sous mes pieds. Quand avait-il été lavé ? Quand est-ce que le pommeau de douche avait été lavé pour la dernière fois ? Et cet évier ? Et ces serviettes, depuis quand étaient-elles propres ? Combien de fois par semaine faisait-il la poussière ? Comment avais-je pu aller chez un inconnu ?

J’essayais de respirer profondément. Ca allait bien se passer, il fallait juste que je sèche, pour le moment, et la meilleure solution était l’air libre. Ce que je ferais ensuite, il ne fallait pas que j’y pense. Je devais juste rester debout, sans rien faire, pendant quelques minutes. Ca n’allait pas me tuer. Et peut-être que l’inconnu qui m’avait secouru ne se poserait pas de questions. Avec un peu de chance.

Madim, tu n’es pas très chanceux en général.
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 28 Mai - 22:45


Sa rencontre avec le jeune homme avait chamboulé Nix. Bien plus qu'il ne l'aurait imaginé, et bien plus qu'il n'était prêt à le supporter... Il avait d'abord béni de pouvoir noyer Alexis dans les yeux du jogger en proie à la panique. Mais par la suite... tout avait changé. Il avait été catapulté dans ses souvenirs, les plus sombres moments de sa vie. Et la panique l'avait gagné à son tour, comme une gangrène qui s'étend... une peste contagieuse.

Voir le corps tremblant du jeune homme sous ses yeux avait fait réagir Nix au quart de tour. Il pouvait l'aider. Evidemment. Il était parvenu à chasser ses ténèbres pour guider l'inconnu jusque chez lui et le faire entrer dans sa salle de bain. Tout cela était étrange... particulièrement malaisant. Le garde-forestier n'avait jamais ouvert les portes de sa maison ainsi... il était accueillant, et un hôte facile, mais pas autant que cela...
Mais ce pauvre garçon semblait si suppliant qu'il n'avait pas réfléchi.

Une fois devant la porte, il avait mit du temps à s'exprimer. Habituellement, le courant passait bien avec les gens. Mais Nix était des types incapables de gérer des situations délicates. Il n'avait jamais été doué pour les impulsions de la sorte. Lui agissait parfois sur un coup de tête, mais prendre à bras le corps une urgence, c'était tout ce qu'il détestait, tout ce qui le tétanisait. Dans la panique, il réagissait tout sauf comme il le fallait, et cela lui avait déjà valut de nombreux problèmes... Alors cette fois encore, il tentait de garder la tête hors de l'eau tout en éviter la casse, bien qu'il savait pertinnement que quelque chose ne tarderait pas à clocher... c'était inévitable. Le type allait se noyer dans sa douche, ou bien il avait oublié de lui donner des serviettes, son gel douche était vide, ou alors le ballon d'eau chaude était vide...

Stressé, Nix parvenait à peine à préaprer ses boissons chaudes. Les doigts fébriles, il tremblait tant qu'il mit la moitié du chocolat en poudre à côté des tasses, et que le lait manqua d'inonder son parquet... Il devait se calmer bordel. Tout allait bien. N'est-ce pas ? Le jeune homme tentait de concentrer toutes ses pensées vers ce qu'il faisait. Le regard un peu flou, il parvint finalement à terminer ses deux tasses sans trop de dégâts.

Il ne remarqua pas de suite que l'eau avait cessé de couler depuis un moment déjà, et attendit simplement que son compagnon le rejoigne... Il ne voulait pas le presser.
Sauf qu'au bout d'un certain temps, l'inquiétude refaisait surface. L'autre ne se montrait pas. « Nix t'es qu'un abruti... » Il avait oublié les vêtements propres, et son pauvre invité devait sans doute attendre dans la salle de bain qu'il daigne lui présenter de quoi se vêtir.

Nix se précipita dans sa chambre et saisit un t-shirt ainsi qu'un vieux jean, un caleçon et des chaussettes, avant de se diriger vers la salle de bain. Il toqua doucement et demanda à entrer. N'obtenant pas de réponse, il fit légèrement coulisser la porte, juste assez pour faire passer son bras et déposer le tas de vêtements. Seulement, il pu également apercevoir son hôte, debout au milieu de la pièce. Nu comme un ver.
Et voilà, t'as oublié les serviettes, c'était sûr.

Sans réfléchir, Nix entra, non sans avoir pris soin de ne surtout pas y réfléchir avant. Il se retrouva donc nez à nez avec l'inconnu, avec vu plongeante sur ses attraits masculins. Ses yeux se plantèrent précipitamment dans ceux du jeune homme, s'y ancrant comme pour ne pas être attirés plus ailleurs. Il remarqua cependant des serviettes dernière lui et fronça les sourcils perplexe. « Je suis désolé de cette intrusion mais j'ai... j'ai cru que j'avais... oublié de te donner de quoi te sécher... » Mais je vois que non alors la question est : qu'est-ce que tu fois à poils sans bouger BORDEL DE - ? Nix ravala son pétage de plomb et tenta de se montrer le plus calme et posé qu'il était possible lorsque vous avez un type carrément attirant en tenue d'Adam, juste sous les yeux. « Pardon mais... pourquoi tu ne te... sers pas des serviettes ? Est-ce que tu... enfin je veux dire, elles sont propres. Mais tu veux peut-être... autre chose ? » Quoi, il n'en avait aucune putain d'idée...

La seule chose dont il était sûr, c'était que si il ne sortait pas très vite de cette pièce encore brûlante de buée, il risquait de faire une énorme bêtise. Énorme. Comme la b... non bon d'accord.


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