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 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX

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MessageSujet: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Sam 4 Mar - 1:11

J’avais dévié de ma trajectoire de jogging habituel. La sensation de froid contre ma peau, la fraicheur de l’air me glaçait les poumons à chaque inspiration, et j’adorais ça. La chaleur de mes muscles me replissait, m’aveuglait. Je n’avais plus l’impression de courir, de sentir mes pieds s’enfoncer dans la terre humide. Il n’y avait plus de terre, juste la sensation de mon corps évoluant presque en apesanteur. Le soleil était presque couché, j’avais fermé plus tôt, comme tous les mardis. Six heures du soir, j’étais dans un autre monde. Les écouteurs vissés aux oreilles, je filais entre les arbres.

J’avais pris un sac à dos avec une paire de chaussures de rechange et une bouteille d’eau, ainsi que mon antibactérien au cas où. J’avais simplement revêtu une veste par-dessus un t-shirt respirant chaud, et un bas relativement près du corps. Je détestais sentir le tissu bouger pendant que je courais. Et les joggings laissaient passer les courants d’air, d’autant plus détestables.
J’avais parcouru presque une dizaine de kilomètres selon mon téléphone, à rythme constant de quinze kilomètres par heure. Plus que deux kilomètres et il serait temps de me mettre à marcher et m’étirer, laisser mon corps se refroidir en douceur jusqu’à ce que je puisse rentrer chez moi et me doucher.

Me doucher.

La sensation de la sueur s’infiltra dans mon cerveau, rampant sur mes nerfs, et je me forçais à rester calme. Longues inspirations, qui semblaient me racler la gorge, lames de glaces s’invitant dans mes poumons. La boue, la saleté, et personne ne me parlait pour m’en distraire. Je n’entendais presque plus la musique provenant de mes écouteurs. Je me forçai à courir, plus rapidement, comme si aller plus vite m’éloignerait de ce qui allait forcément arriver. Elle allait arriver.

Mon cœur battait plus vite que si j’avais pris trois rails de coke. Et ce qui devait se passer arriva. Je me mis à tituber, et je n’arrivais plus à respirer. L’air s’engouffrait dans ma bouche, dans mon nez, sans pouvoir atteindre mes poumons. De plus en plus vite. Mes yeux cherchaient désespérément un endroit que je pouvais toucher, mais tout me repoussait. J’imaginais les bactéries, les microbes rodant sur toutes les surfaces que je pouvais apercevoir.

Douleur, impossible de respirer, de voir. Je m’étais mis à pleurer. J’étais tombé à genoux, mes mains touchaient le sol. J’avais peur. J’étais dégoûté. J’avais peur.

J’avais peur.

Et deux mots inarticulés s’échappèrent de mes lèvres, entre le son assourdissant de mon hyperventilation.

« Sauvez-moi. »
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 12 Mar - 21:49


Il fixait l'horizon, perché sur la branche de pin, presque au sommet de l'arbre. Il avait ça des milliers de fois lorsqu'il était gosse, et avait écopé de mal de bleus à ses débuts. Cela faisait des années qu'il n'avait plus joué les écureuils acrobates, mais il n’avait pas perdu la main. Parfaitement équilibré, il profitait du privilège d’être  là où personne ne viendrait jamais le trouver.
Depuis peu, il ressentait le besoin de s’isoler des autres, à la fois pour réfléchir, mais avoir tout pour éviter de trop s’attacher. Il songeait à tous ceux qu’il aimait dans cette ville, aux amis qu’il s’était fait, à Kiara et sa fille, qui comptaient plus que tout pour lui… Il pensait même à Alexis. Encore. Et ce simple constat suffisait généralement à lui donner envie de fuir à l’autre bout du monde. Alors à défaut, il se cachait, se mêlait à son élément, et faisait en sorte d’être oublié. Même rien qu’une heure.
Ce jour là encore, il avait eut besoin d’inspirer l’air frais, de sentir la liberté glisser sur sa peau, frissonner de vie. Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, mais si haut, elles devenaient futiles, fades. Il parvenait à les noyer, à les enfouir, rien qu’un instant. Juste le temps de redescendre pour les voir l’assaillir de nouveau.

Un soupir, se mêlant au vent, et le bip sonore de sa montre qui venait à nouveau troubler sa contemplation du paysage en contrebas. Le lac semblait de l’argent liquide, scintillant sous les rayons d’un soleil aux airs de printemps. Nix huma les fragrances alentours encore un instant ; les odeurs de sève fraîche et des premières fleurs embaumaient et plus que jamais, le jeune homme se sentait nostalgique de la Norvège, aux plaines et aux bois similaires, sans cesse bercer de lumière, hiver comme été, et de parfums enivrants, iodés par les abords, là où il avait grandit, de l’océan déchainé.

Le garde forestier finit par s’arracher à ses souvenirs et à sa contemplation pour retourner sur terre. Il se glissa entre les branches, en brisa quelques petites, et atterrit avec agilité au pied de l’arbre. Après s’être redressé, il prit le chemin de chez lui, un peu en contrebas. Le sentier forestier était encore couvert de feuilles d’automnes, mais bientôt, elles seraient balayées par la brise printanière.

Nix se rapprochait de sa maison lorsqu’une voix, presque imperceptible, attira son attention à quelques pas. Il fronça les sourcils et jaugea les alentours. Quelques pas jusqu’en haut de la bute qui dominait sa propriété, et il le trouva, à genoux, le souffle court.

Le jeune homme se précipita jusqu’à l’autre. Il le trouva dans un état pire qu’il ne l’imaginait ; visiblement l’inconnu peinait à trouver sa respiration. Il hyperventilait, de manière encore plus intense que Nix lorsqu’il se retrouvait enfermé dans une espace restreint clôt. Sans plus attendre, le garde forestier retira son sac de ses épaules et fouilla avant d’en sortir ce qu’il cherchait. Il défroissa le sachet en plastique avant de se pencher pour le tendre au jeune homme. « Tenez, prenez ça. » Le type semblait ailleurs, et Nix du se mettre à genoux devant lui et lui tenir le sachet pour être sûr que son geste fasse effet. Il fixait l’autre d’un air inquiet. « Vous êtes blessé ? » Ses yeux passèrent en revue son corps, auquel collaient ses vêtements trempés de sueur, mais il n’osait pas le toucher, de peur de lui faire mal. Il grimaça, un peu perdu.


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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 26 Mar - 5:47

Je sentis le sachet plus que je ne l’aperçus. Je fermais les yeux pour échapper à la vision d’horreur de la saleté. Je ne pouvais même pas, surtout pas regarder mes mains. Je ne pouvais y jeter un coup d’œil, pas même une demi-seconde. J’aurais tout donné pour ne plus avoir le sens du toucher. Rien que la diffuse impression d’être sale me terrifiait. J’essayais de ne pas penser, de surtout ne pas penser. Et c’était impossible.

Mais j’inspirais dans le sachet, et j’expirais. Au début, de façon erratique, puis au fil des secondes, je devenais plus stable. Tout tanguait moins. Ca allait aller, ça se calmerait forcément, j’allais bientôt me sentir mieux. Après tout, pourquoi avais-je peur de la saleté ? Elle ne pouvait rien me faire de particulier. Et puis, c’était de la terre, pas de la saleté. Les arbres poussent dans la terre, et ils vont bien. Les nutriments des arbres sont dans la terre. Des feuilles mortes, des excréments, la putréfaction. La terre est sale. La terre est sale, tellement sale. Combien de fois faudrait-il que je nettoie mes vêtements après ça ? Combien de temps faudrait-il que je me lave les mains après qu’elles ont touché une surface aussi pleine de bactéries ?

La moiteur de mon t-shirt était due à ma transpiration. Déjà les bactéries proliféraient sur mon corps. A quel point ce sachet était-il propre ? Etais-je en train de faire rentrer la saleté dans mon corps ? Est-ce que ce sachet provenait d’un supermarché ? Combien d’articles y avaient été mis, articles qui avaient pu être touchés par combien de personnes ? Et cette personne qui m’aidait, à l’instant-même, à quel point était-elle propre ? Ca tanguait à nouveau, je m’empêchais de respirer, comme on s’empêcherait de respirer en passant devant quelqu’un en train d’éternuer. Mais je ne le pouvais, mon rythme cardiaque ne le permettait pas, je ne pouvais pas continuer. J’avais l’impression de mourir.

Nouvelle crise, il fallait que je me calme, et je me répétais ces mots, encore et encore, si bien qu’ils n’avaient plus aucun sens. Pourquoi est-ce que je devais être comme ça ?


Evidemment, ça se calmait toujours. Et c’était toujours suivi d’un état de prostration plus ou moins intense. Mais je n’avais pas le temps d’être prostré. Ca faisait des mois que je n’avais pas été aussi sale.

« Je vous en prie, permettez-moi de me nettoyer. »

Peu importait l’état de sa salle de bain, sur le coup je n’y pensais même pas, je ne pensais plus. Je n’avais qu’une seule idée en tête : être propre. Le plus vite possible. J’allais encore faire une crise, si ça continuait.

Je me remis sur mes jambes, échappant à cette position d’agneau blessé. J’avais terriblement honte. Mais je n’avais pas le choix.

Je n’avais pas vraiment fait attention à lui. Peut-être pouvait-il constater ma hâte d’aller me nettoyer. J’aurais pu me doucher en remplaçant mon savon par de l’eau de javel, si j’avais été dans une situation pareille deux ans auparavant. Je me félicitai intérieurement de ne plus penser que c’était envisageable, même si je n’avais toujours pas vaincu ma phobie. Je ne m’en croyais pas vraiment capable, mais j’avais avancé. Je me tenais debout, encore en zone ennemie, j’avais hâte de rentrer chez moi, mais j’étais toujours debout. Ca faisait du bien de penser à autre chose, de me distraire, de me dire que ce n’était pas perdu. Au pire, on me traiterait à jamais de maniaque de la propreté, mais ce ne serait plus une phobie. Je n’aurais plus de crises d’angoisse en touchant la porte des toilettes publiques (pas la poignée, tout de même). Je pourrais partager un verre, m’asseoir dans des escaliers, peut-être, piquer dans le plat de l’autre, partager des écouteurs.

Partager. Pouvoir toucher les autres sans avoir envie de me stériliser les mains, sans avoir à leur demander de prendre une douche avant. Pouvoir montrer des signes d’affection tactiles. Toutes ces choses qui paraissaient si simples me demandaient tellement d’efforts ou étaient tout simplement impossibles. Peut-être que me laver les mains laverait aussi cette nostalgie.

Sûrement.

Ou du moins je les laverais jusqu’à ce que je n’y pense plus.
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Mar 2 Mai - 22:48


Nix ne savait pas comment réagir. Il était tétanisé, presque autant que le pauvre homme recroquevillé face à lui.
Il lui avait tendu un sachet pour l'aider à respirer, et l'autre l'avait saisit en tremblant, l'air ailleurs. Le garde forestier le fixait, jaugeant son état, la pellicule de sueur sur sa peau, l'aspect du tissus trempé qui épousait les formes de corps secoué de spasmes, ses yeux fuyant et effrayés... Des milliers de souvenirs lui revenaient en tête, alors qu'il regardait ce type, prostré au sol, dans la terre et la douleur, et lui, figé à côté, impuissant.

Un bourdonnement sourd noyait son environnement d'un accouphène strident. Il entendait la souffrance, la mort au loin, les cris résonner dans la plaine. Il sentait le feu, le bois brûlé et releva machinalement la tête pour vérifier que sa chère forêt ne partait pas en fumée. Mais il le savait, tout était dans sa tête, ancré en lui, dans sa chair, dans son âme et jamais il ne pourrait s'en débarrasser.

La voix de l'inconnu fut sa délivrance. Il remonta à la surface, le souffle court, tandis qu'une nouvelle part de lui s'éparpillait dans le vent de songes obscurs d'un passé qu'il aurait préféré voir disparaître à tout jamais.
Sa demande surpris Nix autant qu'elle lui parût naturelle. Il se mordit les lèvres et se redressa en même temps que le jeune homme. Le voir debout ainsi fut étrange, presque irréel. Il prit quelques secondes pour détailler à nouveau l'inconnu, et le trouva... beau ? Mystérieux. Différent. Pour la première fois depuis longtemps, le visage troublé d'Alexis ne s'imposait pas à lui. Contrecoup de son retour dans le passé inattendu et violent, ou de cette rencontre....

« Je... bien sûr, j'habite juste à côté, venez »

Il paraissait si désespéré, si désemparé, si implorant. Nix n'aurait pas songé une seule seconde refuser. Il sentait bien que le jeune homme était mal et même debout, il percevait encore les tremblements qui secouaient chaque parcelle de son corps. En un sens, il ne pouvait s'empêcher d'avoir pitié de lui, sans savoir comment l'aider plus que ce qu'il faisait actuellement. L'accueillir chez lui semblait déjà soulager grandement le barman.

Il sursauta, se rendant compte qu'il fixait l'autre depuis bien trop longtemps. L'instant d'après, il le guidait jusque chez lui, prenant soin de surveiller de temps à autre qu'il ne s'effondrait pas sur ses talons.

Les deux garçons ne mirent que quelques minutes à arriver jusqu'à la porte de Nix. Ce dernier était fébrile et se sentait stressé. Ses mains tremblaient tandis qu'il tentait difficilement de faire entrer la clé dans la serrure. Il finit par parvenir à ouvrir et poussa la porte avant de s'adosser dessus et de faire un passage pour que son invité puisse rentrer. Il le regarda passer devant lui. « La salle de bain est... » Il ferma la porte à la hâte et se précipita pour aider le garçon, tirant la porte coulissante de la salle d'eau. « ... juste ici. Hum... fais comme chez toi. Y'a des serviettes, de quoi te nettoyer, et... appelle euh... en cas de besoin. » Il se tut et resta figé quelques instants, sans rien dire avant de papillonner, sursauter et s'écarter pour laisser l'autre passer. « Vas y je... je vais faire quelque chose de chaud pendant ce temps. » Il avait besoin de s'occuper les mains et l'esprit, de se noyer dans autre chose que ses interrogations et ses souvenirs, de lâcher prise un instant.

Il se laissa doucement aller, bercé par le bruit de l'eau, tentant de ne songer qu'à cet écoulement familier, à reculer plus loin, dans son enfance, lorsqu'il était encore heureux, et qu'il était quelqu'un d'autre. Retrouver cette part de lui qu'il peinait à faire perdurer, chaque jour un peu plus.


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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 21 Mai - 3:28

Salle de bain. Une salle de bain. Ces mots sonnaient comme une révélation, le bonheur, le paradis, le repos. Je les répétais dans ma tête comme une incantation qui m’empêchait de voir l’aspect même de la maison. Il fallait que j’essaie de rester cohérent, mais j’en étais quasiment incapable. L’appel de l’eau, l’idée de la sensation du savon contre ma peau contrastaient avec la réalité, où mon t-shirt collait à ma peau à cause de la sueur. Les bactéries. Les microbes. La terre. Mais « salle de bain » venait calmer ces pensées parasites. Il fallait juste que je me faufile dedans, que je mette un terme à ces battements de cœur erratiques. Pourquoi avait-il l’air en pire état que moi ? La question émergea un instant dans mon esprit pour se noyer dans mon incantation. « Salle de bain. »

Aussi peu évident que ça ne puisse paraitre, j’avais réussi à le remercier pour son aide, et je n’avais pas pu m’empêcher d’accompagner ça d’un « je suis vraiment désolé de t’importuner ». Je tentais un sourire, échec, je réessaierais plus tard. Il n’empêche que je le suivais toujours, tel la lumière d’un phare guidant les navires perdus dans la nuit, il représentait mon seul espoir d’échapper à cette saleté qui évoluait sur moi. Et c’était important pour moi. Et profondément, même si j’étais incapable de l’exprimer sur le coup, j’étais infiniment reconnaissant de ce qu’il faisait pour un inconnu perdu dans les bois, car je devais avouer que j’aurais pu difficilement en faire autant. Mais tout le monde n’est pas mysophobe.

Je me faufilais dans la salle de bain, et comme un enfant qui entrerait dans un magasin de jouet, les étoiles dans les yeux, je me débarrassais de mes chaussures, de mes chaussettes. L’effeuillage classique avant de rentrer dans la douche, me mettant à nu devant le jet d’eau. La chaleur du contact percutant ma peau me fit frissonner de plaisir. C’était renaître. Le savon moussait délicatement, retirait de mon corps cette couche de crasse hideuse qui avait voulu élire domicile sur mon épiderme. J’étais enfin bien. Rien dans la tête, juste dans la sensation, dans l’appréciation. L’odeur du savon, la caresse de la mousse, le bruit de l’eau qui se heurtait à mon corps. Tout était parfait, et à sa place.
Evidemment, tout devait prendre fin à un moment ou un autre, et la réalité me frappait de nouveau, comme si la tranquillité ne pouvait jamais durer : comment me sécher ? Et surtout, comment allais-je m’habiller ? Je regardais mes vêtements sales avec dégoût. Jamais je ne pourrais les faire toucher ma peau après être finalement propre à nouveau. Puis je regardais le sol sous mes pieds. Quand avait-il été lavé ? Quand est-ce que le pommeau de douche avait été lavé pour la dernière fois ? Et cet évier ? Et ces serviettes, depuis quand étaient-elles propres ? Combien de fois par semaine faisait-il la poussière ? Comment avais-je pu aller chez un inconnu ?

J’essayais de respirer profondément. Ca allait bien se passer, il fallait juste que je sèche, pour le moment, et la meilleure solution était l’air libre. Ce que je ferais ensuite, il ne fallait pas que j’y pense. Je devais juste rester debout, sans rien faire, pendant quelques minutes. Ca n’allait pas me tuer. Et peut-être que l’inconnu qui m’avait secouru ne se poserait pas de questions. Avec un peu de chance.

Madim, tu n’es pas très chanceux en général.
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Dim 28 Mai - 22:45


Sa rencontre avec le jeune homme avait chamboulé Nix. Bien plus qu'il ne l'aurait imaginé, et bien plus qu'il n'était prêt à le supporter... Il avait d'abord béni de pouvoir noyer Alexis dans les yeux du jogger en proie à la panique. Mais par la suite... tout avait changé. Il avait été catapulté dans ses souvenirs, les plus sombres moments de sa vie. Et la panique l'avait gagné à son tour, comme une gangrène qui s'étend... une peste contagieuse.

Voir le corps tremblant du jeune homme sous ses yeux avait fait réagir Nix au quart de tour. Il pouvait l'aider. Evidemment. Il était parvenu à chasser ses ténèbres pour guider l'inconnu jusque chez lui et le faire entrer dans sa salle de bain. Tout cela était étrange... particulièrement malaisant. Le garde-forestier n'avait jamais ouvert les portes de sa maison ainsi... il était accueillant, et un hôte facile, mais pas autant que cela...
Mais ce pauvre garçon semblait si suppliant qu'il n'avait pas réfléchi.

Une fois devant la porte, il avait mit du temps à s'exprimer. Habituellement, le courant passait bien avec les gens. Mais Nix était des types incapables de gérer des situations délicates. Il n'avait jamais été doué pour les impulsions de la sorte. Lui agissait parfois sur un coup de tête, mais prendre à bras le corps une urgence, c'était tout ce qu'il détestait, tout ce qui le tétanisait. Dans la panique, il réagissait tout sauf comme il le fallait, et cela lui avait déjà valut de nombreux problèmes... Alors cette fois encore, il tentait de garder la tête hors de l'eau tout en éviter la casse, bien qu'il savait pertinnement que quelque chose ne tarderait pas à clocher... c'était inévitable. Le type allait se noyer dans sa douche, ou bien il avait oublié de lui donner des serviettes, son gel douche était vide, ou alors le ballon d'eau chaude était vide...

Stressé, Nix parvenait à peine à préaprer ses boissons chaudes. Les doigts fébriles, il tremblait tant qu'il mit la moitié du chocolat en poudre à côté des tasses, et que le lait manqua d'inonder son parquet... Il devait se calmer bordel. Tout allait bien. N'est-ce pas ? Le jeune homme tentait de concentrer toutes ses pensées vers ce qu'il faisait. Le regard un peu flou, il parvint finalement à terminer ses deux tasses sans trop de dégâts.

Il ne remarqua pas de suite que l'eau avait cessé de couler depuis un moment déjà, et attendit simplement que son compagnon le rejoigne... Il ne voulait pas le presser.
Sauf qu'au bout d'un certain temps, l'inquiétude refaisait surface. L'autre ne se montrait pas. « Nix t'es qu'un abruti... » Il avait oublié les vêtements propres, et son pauvre invité devait sans doute attendre dans la salle de bain qu'il daigne lui présenter de quoi se vêtir.

Nix se précipita dans sa chambre et saisit un t-shirt ainsi qu'un vieux jean, un caleçon et des chaussettes, avant de se diriger vers la salle de bain. Il toqua doucement et demanda à entrer. N'obtenant pas de réponse, il fit légèrement coulisser la porte, juste assez pour faire passer son bras et déposer le tas de vêtements. Seulement, il pu également apercevoir son hôte, debout au milieu de la pièce. Nu comme un ver.
Et voilà, t'as oublié les serviettes, c'était sûr.

Sans réfléchir, Nix entra, non sans avoir pris soin de ne surtout pas y réfléchir avant. Il se retrouva donc nez à nez avec l'inconnu, avec vu plongeante sur ses attraits masculins. Ses yeux se plantèrent précipitamment dans ceux du jeune homme, s'y ancrant comme pour ne pas être attirés plus ailleurs. Il remarqua cependant des serviettes dernière lui et fronça les sourcils perplexe. « Je suis désolé de cette intrusion mais j'ai... j'ai cru que j'avais... oublié de te donner de quoi te sécher... » Mais je vois que non alors la question est : qu'est-ce que tu fois à poils sans bouger BORDEL DE - ? Nix ravala son pétage de plomb et tenta de se montrer le plus calme et posé qu'il était possible lorsque vous avez un type carrément attirant en tenue d'Adam, juste sous les yeux. « Pardon mais... pourquoi tu ne te... sers pas des serviettes ? Est-ce que tu... enfin je veux dire, elles sont propres. Mais tu veux peut-être... autre chose ? » Quoi, il n'en avait aucune putain d'idée...

La seule chose dont il était sûr, c'était que si il ne sortait pas très vite de cette pièce encore brûlante de buée, il risquait de faire une énorme bêtise. Énorme. Comme la b... non bon d'accord.


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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Jeu 29 Juin - 1:14

J'éliminais les différentes options qui m'étaient présentées. Je ne pouvais pas l'appeler pour lui dire « hey, je sais pas quand tu as lavé tes serviettes pour la dernière fois, du coup j'préfère pas les utiliser », et je me voyais mal lui demander de les laver à nouveau à cause de ma sensibilité ma foi prononcée à la saleté. Rien que penser à ce mot faisaient se hérisser mes poils. Devais-je essayer de laver mes vêtements dans le lavabo ? Il avait l'air propre mais il ne le nettoyait sûrement pas tous les jours. Où étaient les maniaques de la propreté ? Les seuls chez qui je pouvais entrer sans crainte ? Au pire si je pouvais nettoyer son évier, peut-être que ce serait faisable ? Je me voyais mal fouiller dans ses placards, quelle qu'en soit la raison. Et s'il faisait partie de ces personnes qui gardent leurs produits de ménage dans la cuisine, ce plan tombait de toute façon à l'eau.

Mais je n'avais pas envisagé qu'alarmé par le manque de bruit flagrant, il se dise que la meilleure chose à faire était d'entrer dans la pièce. Je n'étais pas pudique, je ne l'avais jamais été. Être nu ne représentait rien de gênant tant qu'il ne créait aucun contact pendant lequel s'échangeraient mutuellement nos bactéries. J'avais envie de savon antibactérien ou de solution hydroalcoolique. Oui certes, d'abord il avait juste fait passer son bras par la porte pour me prêter des habits, ce qui était très gentil de sa part évidemment, même si le même problème se posait. Et puis il fallait qu'il pose des questions. Entre nous, c'était sûr que je préférerais mettre ses vêtements plutôt que les miens qui finiraient évidemment... à la poubelle dès que j'en trouverais une. Bref, ce n’était pas le problème à l’instant t, le problème était de lui expliquer pourquoi j’étais nu.

« Je… » Je haussais un sourcil, en réfléchissant à ce que je pouvais répondre pour ne pas avoir l’air complètement timbré, mais c’était dur à trouver. « J’imagine que ce genre de situations pousse à être honnête et je vous dois au moins quelques… explications. » Je détestais parler de ça, mais je ne pouvais pas faire autrement. Et comme son regard était planté dans le mien, autant ne pas détourner les yeux. « Je suis mysophobe. Sévèrement. Et je le reconnais assez facilement. Je vais sûrement jeter ces vêtements au lieu de les laver. Parce que je ne pourrai même pas les mettre dans ma machine à laver, de peur de la salir trop. J’ai hésité à les laver, mais la simple idée de les toucher me dégoûte. »

Bon, ça n’expliquait toujours pas pourquoi j’étais nu, mais j’avais besoin d’un peu de temps pour tout dire, alors je recherchais un peu de courage en inspirant profondément, avant de soupirer. « Je n’ose pas toucher les serviettes, comme je n’ose rien toucher, parce que j’ai peur d’être sali par… tout. Je sais qu’on ne peut pas échapper à cent pour cent à la saleté, mais j’essaie de l’écarté au maximum, et juste l’idée de ne pas savoir de quand date la dernière machine qu’elles ont connue, et ça c’est pareil pour les habits. » Petite pause, mais je me rendis compte que je l’insultais un peu, et il fallait que je me rattrape. « C’est pas du tout que je pense que tu es sale, juste que… tout le monde l’est pour moi. Moi le premier. Toujours. Alors je fais tout pour avoir l’impression de ne pas l’être. Et ne pas savoir quand tu as nettoyé ta machine à laver pour la dernière fois me… gêne aussi. Je ne peux même pas aller au restaurant, et… c’est pour ça que j’étais dans cet état tout à l’heure. Je ne pouvais pas supporter l’idée que tout ce qui était autour de moi était plein de germes. Je ne supporte pas, et rien que de repenser à la terre qui se mélangeait à ma transpiration… » Je me tus, pour essayer de ne pas y penser, ce qui était évidemment impossible. Un frisson m’avait parcouru. J’étais franchement dégoûté. « Je suis vraiment désolé, c’est tellement ingrat, mais… je n’arrive pas à m’en empêcher. »
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Mar 4 Juil - 23:01


Nix se demandait encore comment il en était arrivé là. Comment, d'un type en détresse au milieu des bois, il se retrouvait avec le mec, nu dans sa salle de bain, à attendre que des aliens débarquent ou à se la jouer caméléon à attendre, totalement immobile, que les mouches passent pour les choper. Bon, il n'avait rien d'un reptile à la langue rétractile, mais l'idée était là... Le garde-forestier essayait de ne pas laisser ses yeux bifurquer trop bas, de peur de gêner son invité et de passer pour un obsédé (essentiellement pour ça en fait). Heureusement, son torse parfaitement dessiné et les traits agréables de son visage - bien que crispé - offraient une distraction suffisante pour ne pas plonger dans un abîme sans fond.

Nix ne savait pas tellement quoi faire, et il proposa naturellement de l'aide à son hôte - il se rendit compte soudain qu'il n'avait aucune idée de son identité, encore un bon point tient ! inviter un type totalement inconnu chez lui et ne même pas avoir la politesse de lui demander son prénom... du Nix tout craché -. Il était mal à l'aise de cette situation, et n'avait aucune idée de comment réagir. Il parvint - par miracle - à garder un calme étrange, lorsqu'il mourrait d'envie de hurler. Heureusement, le nu, visiblement très géné lui-aussi par cette situation, finit par s'expliquer. AMEN.

Bon, en soi, les explications n'aidaient pas des masses l'invitant à savoir comment aider son invité. Nix n'avait jamais rencontré de mysophobe, et lui-même était un gros crasseux dont le métier était de parcourir les bois et ainsi récupérer des tonnes de 'germes' dont le jeune homme avait apparemment horreur... ou phobie. Les deux, à voir sa tête. On voyait bien qu'il tentait de ne pas passer pour un fou et qu'à chaque information de plus, il se sentait mal à l'aise d'être tel qu'il était, et du dérangement occasionné. Nix ne prit absolument pas pour lui la réflexion sur la propreté de ses serviettes, et que le joli nu cherche à se justifier sur le sujet le fit sourire. En réalité, cela l'apaisa de savoir pourquoi il séchait nu au milieu de sa salle d'eau, aussi étrange, improbable et folle pouvait en être la raison, il y en avait une, et Nix sentait que son interlocuteur était sincère.

Il l'avait laissé terminer ses explications avant d'enchaîner à son tour. Après un haussements d'épaules qui voulait déjà dire beaucoup, Nix s'approcha du jeune homme et lui sourit, à la fois pour le rassurer et parce qu'il était lui-même rassuré. « Tu n'as pas de raison de t'excuser... je comprends très bien ce que tu peux ressentir.... enfin je veux dire... je comprends ton malaise. Tu n'as pas choisi d'être ainsi et je pourrais être un gros bouseux dégoûtant. » Il sourit de nouveau et fit un clin d’œil au garçon avant d'attraper deux serviettes sur le portant, ainsi que les vêtements propres qu'il avait prétées à son invité. Il jeta le tout dans la machine à laver, un peu plus loin dans la pièce, l'alluma sur lavage intensif et se tourna soudain vers le garçon, grimaçant. « J'espère que t'aime la 'brise florale au coton de îles' » Il reposa la boîte de lessive après avoir lu le parfum qui y était poétiquement indiqué, et sourit de nouveau à son compagnon.

« Au fait, je m'appelle Nix, toi c'est comment ? » Pas que ça le dérangeait de ne pas savoir mais il aimait autant ne plus s'adresser à un inconnu. « La machine sera finie dans peu de temps, vu la petite charge. » Nix, ménagère dans l'âme. « En attendant... tu préférerais pas retourner sous la douche ? Tu vas prendre froid à attendre comme ça sur le carrelage... » Il parlait en connaissance de cause, qu'on se le dise.
Le jeune homme hésita un instant avant de demander, tout naturellement : « Ca te dérange si j'en prend une ? Tu peux rester évidemment ça m'est égal... Juste que j'ai pas mal transpiré aussi et... enfin tu vois. » Il marqua une pause, désireux de ne pas mettre son hôte mal à l'aise de nouveau en parlant de crasse et de saleté - il avait vu comment l'évoquer lui-même le mettait déjà dans un état de stress intense. Il commença à retirer ses vêtements pour se doucher, sans attendre la réponse du jeune homme. Son t-shirt et son jean retiré, il s'approcha de lui, passa tout prêt et s'avança vers la douche, qu'il alluma pour faire chauffer l'eau. Ne lui restait que son caleçon lorsqu'il dit : « Tu peux venir, si tu veux... »





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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Jeu 13 Juil - 2:09

J’avais besoin d’un peu de calme, dans mon esprit. Et être nu devant un parfait inconnu – certes sauveur, mais inconnu tout de même – ne me permettait pas d’être complètement relaxé. Surtout que je lui avais dit pour ma mysophobie, mes problèmes, mon mal être. Je ne cherchais pas vraiment d’approbation, ni même de la compassion. Je ne lui devais que des explications, et si j’étais gêné, attristé, dégoûté, je ne voulais pas de pitié, juste un accord. Un accord entre les limites que nous aurions entre nous, qu’il sache que j’en avais beaucoup. Ce n’était pas qu’une question de lessive, c’était constant. Si je ne pouvais poser mes mains sur une serviette sale, je ne pouvais pas boire dans une tasse sans l’avoir lavée préalablement. Et si l’éponge était usée, je ne pouvais même pas l’utiliser. Je me demandais si sa bonté prenait en compte la profondeur de ce qui me rongeait.

Mais alors que je m’attendais au rejet, à l’incompréhension totale, et profonde, à un soupir ennuyé, il m’accorda un haussement d’épaule, c’était presque nonchalant. Je ne savais pas si ça me faisait plaisir ou non. D’un côté, il me prouvait que ce n’était pas grave, mais je ne savais pas si quelque chose qui me faisait autant souffrir pouvait être considéré de cette façon. Ces pensées contradictoires m’étourdissaient, et je ne sus réagir. Certes, je n’avais pas choisi d’être comme ça. Mais je n’étais que la conséquence de mes propres actes, et mes yeux se posèrent comme toujours sur mes mains, comme pour observer ma propre faiblesse. D’une certaine manière, je ne donnais pas l’impression de souffrir, du coup. Il ne serait pas alarmé, il devait penser que c’était relativement supportable. J’avais envie de me laver les mains. Encore peu sûr de mon ressenti, je ne pus que répondre un vague « merci », quand il dit pouvoir comprendre. Du moins le malaise. C’est sûr qu’une phobie ne se comprend pas. Elle se vit. Ou plutôt, on essaie d’y survivre.

Je remarquai un clin d’œil, intrigué, je suivis des yeux ses gestes, et je ne pus m’empêcher d’être surpris par sa réaction. Finalement j’étais bien touché. Enfournant les serviettes et les vêtements dans la machine à laver, il venait de briser quelque chose. Ma froideur, peut-être. Je lui adressai un sourire reconnaissant. « Tant que c’est de la lessive, ça va ! » Je ne pensai même pas à la propreté de la dite machine à laver, n’y pensant même pas tant l’effort même me faisait plaisir. Il s’adaptait, et c’était gentil de sa part. La plupart des gens m’auraient dit d’être content de pouvoir être habillé et propre. Je constatai qu’il avait mis la machine sous lavage intensif et ça me fit sourire plus encore. Quel abus.

J’avais oublié la base des relations sociales : au moins demander le nom de son interlocuteur, donc je tombai des nues en l’entendant me demander mon prénom. « Je m’appelle Madim. » Il ne devait pas faire partie du quartier résidentiel, comme je ne me souvenais pas l’avoir déjà vu à la boulangerie. Puis je me souvins que nous étions bien loin du quartier résidentiel. Il vivait si près de la forêt, si loin de la zone de confort qu’était ma boulangerie, ma maison, mon univers clos. « Nix, c’est en intensif, n’est-ce pas ? Je ne sais pas si ta machine est comme la mienne, mais en général, le mode intensif dure… presque une heure. » Ca allait faire valoir cher la facture d’eau, comme il proposait de retourner sous la douche. Et il demanda s’il pouvait en prendre une lui-même. Ca me fit sourire. Nous étions chez lui, je ne pensais pas pouvoir me permettre de lui dire non. Mes yeux furent attirés par les lignes de ses muscles, son torse, mais ils se redirigèrent naturellement sur son visage, après avoir étudié les contours de sa silhouette.

Il passa à côté de moi, et son odeur me rappela le parfum de la forêt, et puis sa sueur. Plus jeune, j’avouais apprécier cette odeur si caractéristique des corps. Les fluides qui imbibent le tissu des vêtements, les poils. C’était une odeur vivante. Alors qu’il était en caleçon, je me permis d’entrer dans la douche avant lui, ouvrant le robinet d’eau chaude, la laissant se déverser sur mon corps. C’était agréable. La caresse du savon contre ma peau à nouveau me fit sourire. J’adorais les douches, leur chaleur, et la propreté. Et une idée germa dans mon esprit, un peu taquin.

Le fait de me sentir accepté par quelqu’un m’avait fait pousser des ailes, et raclant la mousse sur mon bras, je vins souffler dedans pour la disperser sur Nix en riant. Enfantin, oui, mais ça avait le mérite d’être drôle, et comme le savon n’est jamais seul, je saisis le pommeau de douche pour asperger mon partenaire de jeu, avant de le reporter sur moi, dirigeant le jet contre ma bouche. « Désolé, je voulais remercier mon hôte en lui offrant un petit service de nettoyage. » Je ne savais pas si c’était la buée qui me montait à la tête, mais cette phrase semblait lourde de sous-entendus. Il allait se faire des idées, mais… pourquoi pas, pour une fois ? Ca faisait longtemps que je n’avais pas craqué pour quelqu’un, et Nix était séduisant, alors pourquoi ne pas se laisser aller, une fois, juste une fois ?

Faisant couler une noix de gel douche dans ma main, je la posai sur son épaule nue, la laissant glisser le long de son bras. J’avais l’impression de faire quelque chose d’étrange. Je n’avais plus l’habitude de ces jeux de séduction, mais il restait en moi l’instinct d’agir, et ma main finit sur son torse, aux parfaites arêtes. Cherchant l’approbation dans ses yeux, pour savoir si je devais continuer ou non, je laissais mon geste en suspens. Nous avions une petite heure avant que la machine ne prenne fin, après tout.
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MessageSujet: Re: 'and slowly suffocating, we're dying' / NIX   Ven 21 Juil - 23:26


Nix n'était pas du genre à se moquer des autres. Il n'avait pas été élevé ainsi, et ne le faisait pas de manière naturelle et innée, comme d'autres osaient sans même parfois en avoir conscience. Il considérait les différences des gens comme des forces, et lui-même aimait à se sentir différent du plus grand nombre. A ses yeux, tous étaient uniques, et c'était cela qu'il fallait célébrer. De plus, il était évident que le jeune homme qui lui faisait face n'avait pas de contrôle sur ce qu'il ressentait à l'égard de la crasse et de la saleté... Tout comme lui ne parvenait pas à saisir ce qui le poussait à se sentir si mal à l'aise dans des espaces clos. Les peurs et les dégoûts étaient souvent inconscients et mystérieux.

Ainsi, lorsque son hôte le remercia pour la machine, Nix haussa les épaules. Pour lui, c'était normal d'agir ainsi. Il avait invité le garçon chez lui, il le traitait du mieux qu'il le pouvait, étant donnée la situation.
La suite cependant, était un peu étrange... Le barman semblait avoir perdu un peu de sa raison, tandis qu'il s'efforçait de garder son regard fixé sur le regard de son compagnon. Il était aisé de dévier, tant sa silhouette était attirante. Nix ne pouvait nier ressentir quelque chose à voir cet inconnu nu devant lui... Il était un homme après-tout, et ce genre de pensées n'avait rien de réellement surprenant, surtout lorsqu'on considérait les courbes du jeune homme, et son charme indéniable.

La machine lancée, Nix avait ressentit le besoin de se doucher lui aussi. Pour des raisons qui s'entremêlaient dans son esprit perdu... avait-il réellement envie de se décrasser ? Ou bien tentait-il de faire naître chez son hôte le même sentiment que chez lui lorsqu'il le regardait ? Ou bien était-ce là une façon au contraire de l'oublier, de refroidir d'un jet d'eau glacée les ardeurs qui enflammaient son bas ventre.
Il avait pourtant invité le jeune homme à le rejoindre... Folie ou politesse, il ne le savait plus tellement, tandis qu'il se déshabillait pour oublier. La remarque du garçon le fit soudain grimacer. Une heure ? Il serait incapable de rester dans cet état une heure ! Il se crispa, tandis que Madim - puisqu'il avait dit s'appeler ainsi - semblait hésiter. Lui-même s'était figé et il regarda finalement passer son compagnon devant lui, et retourner sous la douche.

Toujous en caleçon, il détaillait les arêtes de son corps, ses muscles réveillés par le scintillement de l'eau... Il sursauta lorsqu'on lui souffla de la mousse dans le visage, surpris d'un tel comportement. Avant même d'avoir put répliquer, il était aspergé d'eau par Madim, qui semblait visiblement ne plus avoir tant de complexes que cela... Nix, un peu dans la retenue jusqu'ici, à la fois pour ne pas brusquer son invité, et pour ne pas passer pour un obsédé, se lâcha totalement.
Il laissa faire Madim lorsque ce dernier appliqua du gel douche sur son épaule, son bras, puis son torse. Ses yeux l'interrogeait, et Nix s'y noya. Il les voyait réellement pour la première fois, et il trouva en ces tréfonds gris doré une réponse aux doutes qui l'avait retenu jusqu'ici. Glissant une main pleine de mousse dans la nuque du garçon, il souffla doucement : « Je me suis lavé les dents y'a une heure... » et, souriant de son annonce étrange, il finit par coller ses lèvres à celles de Madim, l'embrassant d'abord doucement, puis de plus en plus passionnément, tandis qu'il attirait son corps pour le coller au sien. Le savon commençait à mousser entre eux, activé par le frottement de leur peau. Nix eut du mal à se décrocher de son partenaire. Ses lèvres avait un goût étrange, différent de tout ce qu'il avait connu jusqu'ici... Un mélange d'air pur et de propreté.

Le barman avait remonté sa main dans les cheveux mouillés de Madim et de son autre main, il y fit couler sur shampoing. Il massa doucement, riant à demi, avant de venir rincer abondamment, noyant son compagnon au passage. Il était décontracté et ces petits jeux lui plaisaient. Au loin, la machine tournait toujours mais il n'entendait plus. Une douce chaleur s'était emparée de son corps, tandis qu'il avait l'impression qu'à présent, la suite des événements était déjà écrite...

S'éloignant de Madim un instant, il glissa - non sans mal - son caleçon qu'il avait encore jusqu'ici, et le jeta plus loin dans la pièce avant de retourner capturer les lèvres de son partenaire, ses mains explorant son corps trempé et savonneux. Il caressa son dos, remontant jusque ses omoplates avant de descendre au niveau de ses reins. Il aimait la douceur mêlée de fougue qui imprégnait leur étreinte. Et quelque part en lui, son désir grandissait un peu plus chaque seconde, alors qu'il était comme honoré de savoir que Madim acceptait d'aller si loin avec lui, lui qui craignait le contact d'une serviette incertainement propre.



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