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 [Jed] Way down we go

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MessageSujet: [Jed] Way down we go   Dim 19 Mar - 13:18

28 mars 2017





Way down we go
Jedia
L’Arizona ! Il fallait bien l’avouer, 3 semaines que j’étais dans cet état et j’y avais déjà énormément pris gout. Pas tellement pour la ville, bien qu’elle était clairement plus animée que Lakeview. Mais plutôt pour ses températures. Même c’était encore la période des pluies, selon les dires des gens d’ici avec lesquels il m’arrivait de discuter, pour moi, c’était déjà l’été. Pour les journées les plus chaudes, il arrivait que le thermomètre monte jusqu’à 30°, alors que nous n’étions qu’au mois de mars. Je n’étais pas spécialement une fille du chaud, le froid ne me dérangeait pas, mais Lakeview était humide en plus d’être froid. C’était quelque chose de désagréable pour moi. Et puis même si je n’aimais pas les fortes chaleurs, il fallait bien avouer que ressortir les shorts, les jupes et les robes d’été c’était un pur bonheur pour moi. Bien que pour le moment il n’était pas question de flâner, puisque j’avais un travail a effectué dans cette cathédrale, but premier de mon déménagement temporaire dans cet état. Alexis n’étant que stagiaire, il ne pouvait rester que quelques jours. Mais au moins, aujourd’hui, je bénéficiais de sa compagnie et de son aide. La fin de journée s’annonçant et l’esprit qui vaquait un peu ailleurs, je prenais la décision de venir un peu plus tôt notre travail. Nous reconduisant à l’hôtel où nous dormions à bord de ma voiture, ayant effectué le dernier trajet avec elle pour éviter d’avoir à louer une voiture pendant plusieurs mois.

Comme après chaque journée, Alexis avait quartier libre. Il était majeur après tout, bien assez grand et mature pour profiter de sa vie et surtout sans avoir besoin de ma surveillance. J’étais remonté dans ma chambre d’hôtel pour prendre une douche et me changer. J’en avais profité pour appeler Maxym, prendre quelques nouvelles. Je n’étais toujours pas rentrée depuis mon départ et je ne savais toujours pas quand est-ce que j’allais le faire. Pas vraiment pressée de quitter l’état, même simplement le temps d’un week-end. Pourtant j’allais devoir tout de même le faire pour passer un peu de temps à ma boutique que j’avais délaissée pour le chantier. Si moi j’étais dans le déni le plus complet, Max me connaissait trop bien et avait rapidement compris que ma non envie de revenir en ville pour le moment était aussi dans le but de prendre de la distance. Avec Jed. Un mois que je n’avais pas croisé son chemin, un mois pour tenter de me persuader que tout était faux. Pourtant c’était là, tenace… Et les papillons qui me parcouraient le ventre lorsque je pensais à lui, étaient bien réelles eux… Alors oui. La distance était nécessaire, pour moi. Quant à dire qu’elle était efficace… c’était une autre histoire !

Si les journées pouvaient être chaudes ici à Tucson, les nuits pouvaient être totalement l’inverse et avoisinaient souvent les 10°, 14/15° avec un peu de chance et ayant décidé de sortir ce soir, j’avais prévu le coup sous ma jupe, une veste sur mes épaules également. Et c’est après avoir grignoté un truc que j’avais pris ma voiture en quête d’un pub dont une fille logeant dans l’hôtel aussi m’avait parlé. Elle était danseuse et s’y produisait ce soir pour une soirée à thème, me promettant de la bière, de la danse et surement du poker également et ce, jusqu’au bout de la nuit. Je doutais resté très tard, ce n’était pas comme si nous étions que mardi et qu’il fallait que je me rende a la cathédrale demain pour travailler. Mais voilà presque un mois que j’étais ici et mise à par le bar de l’hôtel certains soirs, je n’avais pas vu grand-chose d’autre. Mes journées étant surtout occupées à travailler. Mais il fallait avouer que la présence d’Alexis m’alléger la chose, ce qui faisait que j’étais moins fatiguée le soir venue. Et comme il n’était pas là souvent, il fallait que j’en profite.

Je n’avais pas mis trop de temps à trouver le fameux pub dont la musique irlandaise s’échappait dans la rue. Je m’engouffrais à l’intérieur, cherchant du regard la personne qui m’avait invité ici. La trouvant en plein travail sur la scène je lui avais fait un simple signe de la main pour lui signaler ma présence et m’étais rendu au bar pour prendre une bière. Si je n’avais pas du tout aimer cet alcool la première fois que je l’avais bu, plusieurs mois après, le gout n’avait plus vraiment le même effet sur ma langue. Bien que cette première fois me ramenait toujours à des souvenirs agréables, mais qui avait aussi une note étrange. Puisqu’ils étaient associés à un certain blond. Je m’étais installée au bar le temps que ma connaissance du soir trouve un peu de temps pour moi, savourant une seconde bière, profitant de la musique qui me plaisait, devant parfois repousser un mec un peu trop entreprenant en me voyant seule à ce bar. Leur faisant comprendre surtout que je ne mangeais pas de ce pain-là pour être définitivement tranquille. Ruse qui parfois ne marchait pas puisque certain m’avait sortie que ce n’était pas grave puisque les plans à trois les intéresser. C’est à ce moment qu’elle avait été ma sauveuse, m’arrachant au bar pour me montrer quelque chose à l’arrière de la scène.

Curieuse je l’avais suivi sans discuter alors qu’elle me traînait en me tirant par la main. Au moment de quitter la salle pour les coulisses mon regard c’était posé sur le dos d’un homme, un blond. Il m’avait semblé le reconnaitre, réveillant les papillonnages de mon estomac, seulement pourquoi serait-il ici ? Comment saurait-il que je suis ici ? Et surtout pourquoi y serait il venu ? Je me secourais la tête pour chasser la pensée de ma tête, posant mes yeux sur les coulisses ou plusieurs filles étaient en train de se changer. L’ambiance était bonne enfant, les filles rigolaient entre elle. M’accueillaient à bras ouvert. J’avais l’impression d’être face à une véritable famille. « Hey Doty, elle sait danser ta copine là ? » Demande soudain l’une d’elle. Mon regard de panique qui s’affiche aussitôt sur mon visage. « NON ! » Avais-je lâchais aussitôt, provoquant l’hilarité générale du groupe. « Tu ne veux même pas essayer, tu verras c’est toujours pareil, le seul truc c’est qu’il ne faut pas perdre le rythme. » Je fronce les sourcils. « Si tu veux on te fait un cours accélère avant de monter la bas ? » Me propose une autre. C’est une idée folle… Mais elle me plait dans le fond. Je pèse le pour et le contre. « Et si je n’y arrive pas et me ridiculise ? » Je regarde surtout celle qui m’a proposé cela. « Tu t’en fou, nous aussi, amuse toi surtout et tu verras que ça ira très bien. » Elle avait l’air bien sûr d’elle, ou de moi ? Alors qu’elle ne me connaissait même pas. Très vite elles m’avaient trouvé une tenue pour que je sois habillée de la même façon, je m’étais même faite sifflé lorsque je m’étais déshabiller à la vu de mes sous-vêtements qui soit disant était parfait pour ses hommes dans la salle qui l’on venait à voir sous ma robe pendant les mouvements. J’avais subis le cours en accélérer pour apprendre les mouvements de la prochaine danse et je n’avais pas eu le temps de dire ouf, que l’on m’avait poussée sur la scène, me laissant entre Doty et celle qui avait eu cette idée folle.

La musique avait alors repris, les filles toutes synchro, sauf moi pour ce départ, pourtant j’avais rattrapé en les regardant pour reprendre leurs mouvements, pseudo chorée que j’avais apprise en moins de trente secondes dans les coulisses. L’amusement et surtout l’assurance qui m’avait gagné tout du long. Je me foutais de me tromper finalement, bien que ce n’était clairement pas une catastrophe non plus puisque les gens c’était attroupé devant la scène. Mais limite physique de la non-sportive que j’étais ayant pourtant vite fait de montrer des signes, mais j’avais tenue bon, jusqu’à la fin. Et c’est de retour en coulisse qu’elle s’était masser autour de moi pour me féliciter de l’avoir fait. Certains éclats de rire se stoppant, lorsque dans mon dos j’avais entendu sa voix. Un mélange de joie mélangée a de l’appréhension de le revoir. Mais c’était donc vrai, mes yeux ne m’avaient pas fait une farce, c’est bien lui que j’avais reconnu plus tôt. Je m’étais retournée vers lui, encore dans l’euphorie du moment, sourire pendu sur les lèvres. « Jebediah ! » Joie à peine cachée, mais je préférais qu’il croit que c’était justement dû à ce que je venais de faire, qu’il avait forcement vu, pour venir me retrouver ici. « Qu’est-ce que tu viens foutre ici ? » C’est bien vrai après, qu’est-ce qu’il vient foutre en Arizona !?


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Lun 20 Mar - 0:29

Way down we go
Olivia & Jed

Les fenêtres ouvertes, un bras qui pend contre la portière, Jed baisse ses lunettes de soleil sur son nez, avant de les retirer devant l’astre solaire qui commence à se faire timide, le regard rivé sur la route et, par extension, sur le cul des voitures devant lui. Depuis dix minutes que le bouchon s’est formé, il a le droit à une intrusion involontaire dans la vie de la famille de la bagnole de devant et, autant le dire, ça lui colle une furieuse envie de sortir de son véhicule pour aller gifler les deux gosses qui remuent à l’arrière. En les observant, il a l’impression qu’y en a un qui est monté sur ressort et l’autre à l’air d’avoir un potentiel criminel assez intense. Les deux gosses s’échangent des baffes qui ont l’air monstrueuse et les parents, devant, ont pas l’air de faire attention. Ça l’énerve. L’ennui c’est que Jed peut pas vraiment reporter son attention autre-part. A sa gauche, un vieillard fait vrombrir le moteur de sa bécane et à sa droite, une vieille riche, surement veuve, lui fait des oeillades depuis son coupé sport. Si une météorite doit tomber du ciel, maintenant, par pitié, quelle vise sa caisse. Ça l’emmerderait parce qu’elle est neuve, mais au moins, il aurait plus à supporter cette fricassée d’abrutis dégénérés qui l’entourent. La file bouge, il démarre à nouveau et s’avance, les mains qui tapotent sur le volant, plus pour évacuer la tension qui noue ses muscles que pour suivre le rythme d’un morceau que lui dégueule l’autoradio. Se frottant l’arcade, Jed peut encore entendre Ellie et rien que ça, ça le rend nauséeux, surtout quand, dans un regard vers le siège arrière, il aperçoit son gilet, qu’elle a oublié en sortant. Les yeux rivés sur la route, il se penche un peu pour l’attraper et le regarder, le calant sur le volant avant de le jeter sur le siège à côté de lui.
Dans la poche, y a encore le billet de Salt Lake City pour Tulsa, où il a récupéré la voiture pour finir le trajet jusqu’à Chicago, traine encore dans une des poches, tombant quand Jed le lâche sur le siège. Il sait pas trop quelle idée l’a poussé à se dire que le chemin retour, en voiture, serait du génie.

Ses cris. Sans doute. Ralentissement, de nouveau et Jed prend son mal en patience en tapotant d’agacement sur le volant. C’est dégueulasse et épuisant; il n’a même pas besoin de fermer les yeux pour revoir Ellie là, sur le canapé, amorphe. Il a encore du mal à saisir comment elle a pu se procurer une dose, surtout à Lakeview, surtout avec sa difficulté à sortir de la maison. Sans lui. Parce qu’y a que comme ça qu’elle arrive a pas paniquer, cette gourde. Après tout le mal qu’il s’est donné, se dire qu’elle a réduit à néant ses efforts en agissant comme une idiote, ça le fout en rogne. Les tapotements sur le volant se font un peu plus forts. S’il te plaît.. S’il te plaît.. Par instinct, la main de Jed cherche le bouton de l’autoradio pour augmenter le son, pour couvrir les supplications d’Ellie qu’il entend encore, en écho dans son crâne. Au rythme de ses battements de coeur qui déraillent, qui s’excitent, s’énervent. Ces dernières semaines ont été les plus difficiles, sans doute, depuis qu’il est à Lakeview et Jed peine à en comprendre la raison. Ou, plutôt, il se leurre quant au déclencheur. Ses nerfs sont si tendus, si contractés, qu’il sent une vive douleur dans l’épaule et lâche le volant d’une main pour se masser.

Rien ne va, apparemment. Ce procès à la con, pour lequel Reagan lui a pris la tête. Sa mise-à-pied le temps de l’instruction, cette idée à la con de le faire témoigner et Ellie maintenant. C’est supposé aller par lot de trois, il est pourtant certain d’avoir arrangé son karma avec l’autre crétin de Morgenstein et ce raté de Rockatansky, pas Roderick, l’autre. A croire que c’est pas suffisant, mais dans ce cas il ignore ce qu’il doit faire de plus. Et cette mise à pied qu’il fait durer avec ses congés de posés, histoire de faire un break, histoire de se poser les bonnes questions. Lesquelles, putain. Et cette connasse, derrière lui, qui se regarde dans son rétroviseur pour se recoiffer, au lieu de regarder devant elle et qui lui rentre dans le cul. Jed se retourne pour la voir s’excuser et lui lève son majeur, visiblement énervé, avant de prendre la sortie la plus proche, indiquant Tucson. Faudrait qu’il pense à faire un nouvel arrêt. Deux nuits sur le chemin du retour, il a pourtant l’impression qu’il a quitté Chicago la veille, que Riley lui a proposé de revenir au poste. Le pire ? C’est que Jed a hésité. Fortement. Presque douloureusement. Après tout, il aurait pu non ? Y a rien à Lakeview, pour lui. Rien ni personne.
Et il est là le problème. Le doute que cette simple pensée provoque. Il s’arrête sur le côté, avec du sable autour de lui, aucune voiture qui passe et il tape un peu sur le volant avant de frapper dessus comme un taré. Ras-le-bol général. Sa vie allait mieux, quand il s’en foutait de tout, quand il vivait dans son coin, que rien ne le touchait. Il comprend pas ce qui a merdé. Jed trouve pas à quel moment ça a vrillé comme ça, pour qu’il perde pied à ce point-là et il finit par se calmer, les mains qui serrent le volant et le front contre ses mains, à respirer.

L’air tiède, rafraichit par le soleil déclinant, qui s’engouffre par les vitres baissées, caresse sa nuque, alors qu’il respire lentement, le coeur qui se détend, les nerfs qui se relâchent. Se redressant, il sort de la caisse pour s’éloigner un peu, envie pressante, avant de revenir vers le véhicule, attraper son téléphone et regarder ses derniers messages. Pas de nouvelles pour sa mise-à-pied. Un récapitulatif de Maître Reagan sur l’avancée du dossier, pour ce que ça peut bien lui foutre, vu où il en est. Par un réflexe presque conditionné, dérangeant, les doigts de Jed glissent sur ses contacts, le pouce qui effleure un nom. L’hésitation, suprême, lancinante comme une migraine. Finalement il referme au moment où l’appareil décide d’être autonome et lui ouvre des pages, que Jed s’échine à refermer, non sans quelques jurons bien senti, pour tomber sur une application qu’il utilise très rarement, voir jamais. Des nouvelles de Lakeview. Ça l’enchante pas des masses et puis.. Sourcil arqué, son regard s’arrête sur une photo. C’est une blague. Il doit reconnaître qu’il a du approcher l’écran de son visage pour la reconnaître, parce que de loin comme ça. C’est pas tant la photo qui attire son attention, du moins ça joue, mais c’est surtout les informations que lui fournissent les tags à la fin.
La coïncidence est beaucoup trop belle, même drôle. Lui qui cherchait où s’arrêter, pour se reposer avant de reprendre la route. Est-ce que ça vaut le coup ? A leur dernière entrevue, il est parti, sans rien dire, comme un voleur. Si, il a laissé le dessin d’un petit éléphant, au feutre, sur l’oreiller. Pourquoi ? Allez savoir. Son regard se pose sur poignet droit, avant qu’il remonte en voiture pour chercher un hôtel où se poser, histoire de dormir ce soir. Un truc qui paie pas de mine, il s’en fout, il est pas là pour jouer les inspecteurs et autre connerie. Un truc dans ses revenus. L’hôtel trouvé, Jed y dépose ses affaires, s’offre une douche tiède pour délasser ses muscles et se changer, pour arpenter le coin.

Il connaît pas Tucson. Seulement de nom. Même si concrètement, c’est pas le lieu auquel il rêve si on lui propose de voyager. Les mains dans les poches, clefs et portefeuille dans sa veste, Jed se dit qu’à ce stade, s’il arrive à tomber sur elle, par hasard alors..
Faisant craquer sa nuque, Jed passe la porte d’un pub qui a l’air assez animé, ce qu’il lui faut pour se distraire, pour se refaire une santé peut être. Appuyé au bar, Jed s’offre une consommation, qui lui rafraîchit le gosier, faisant la sourde oreille alors qu’une brunette vient l’accoster. Il l’écoute à peine; encore une fille à problème. C’est le cliché des villes comme Tucson, comme celles de l’Arizona en général. Les filles paumées, qui sortent d’une famille compliquée, viennent chercher le soleil, la chaleur et la liberté dans ce genre de coin. Elles y trouvent, généralement, rien de plus. Surtout pas des mecs comme Jed, qui l’envoie chier une énième fois, pour de bon, enfin, quand la musique change et qu’il entend des sifflements des types qui, assit devant la scène, prennent des airs de premiers de la classe.

Son regard passe sur les filles, rapidement, en haussant les épaules avant de s’arrêter dans son geste. Son verre à la main, qu’il portait à ses lèvres, s’arrête en l’air et il se tourne à nouveau, un sourire amusé aux lèvres. La blague. Visiblement intéressé, soudainement, Jed se retourne dos au bar pour regarder, ses yeux qui ne quittent pas sa silhouette, sans forcément que ça soit suggestif. Plutôt .. Aucun mot n’a l’air adéquat pour marquer son état d’esprit à cet instant-là. Elle n’a pas l’air de le voir et, quelque part, ça l’arrange. Il pourrait partir. Discrètement. Pourtant quand la musique s’arrête et qu’elles repartent derrière, Jed suit le mouvement, pour passer dans les coulisses, sans se faire remarquer, pour repérer sa silhouette. « La prochaine étape … Le Moulin Rouge ? » Ses mains dans ses poches, Jed penche un peu la tête pour la regarder, visiblement amusé par l’euphorie qui transpire par les pores de sa peau. De mémoire, depuis qu’il a croisé sa route, il n’est pas certain de l’avoir déjà vu dans cet état. C’est agréable. Ça a le don, bizarrement, d’apaiser sa tension.

« De passage. Il agite un peu la main dans l’air. J’ai encore seize heures de route qui m’attendent, ça me semblait l’bon moment pour.. m’arrêter. » Jed se retient de lui dire qu’il est tombé sur une multitude de petits cailloux blancs qui l’ont mené jusqu’ici.. Ça serait trop gros. Ça serait trop brutal, déjà que ça laisse supposer que.. Fatalement.. Tous les chemins le mènent à elle. Dans l’idée, c’est pas déplaisant. Dans la réalité, y a un quelque chose d’assez dérangeant tout de même, qu’il laisse de côté, pour savourer la légèreté qu’une telle vision lui provoque.

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Lun 20 Mar - 2:03




Way down we go
Jedia
Je ne sais pas vraiment ce qui me rend le plus euphorique lorsque je suis là, sur cette scène à faire des pas que je ne connaissais pas il y a encore quelques minutes. Le fait d’être sur cette scène avec elles et surtout d’avoir cette soudaine confiance en moi qui me donne les ailes suffisante pour pouvoir le faire jusqu’au bout sans trop faire de faux pas. Ou bien de faire un truc qu’il y a encore quelques mois je n’aurais jamais osé faire ! Et qui pourtant, faire courir l’adrénaline dans mes veines, gonfle mon cœur et surtout qui m’éclate. Car clairement, même si je sais que je ne suis pas une pro contrairement à elles, j’y prends plaisir et ma capacité d’apprentissage rapide m’a permis de retenir la plupart des pas et puis même s’il y a des louper, dans le fond je sais que je m’en fou. Le plus important en cet instant précis, c’est d’y prendre du plaisir, d’avoir ce putain de sourire Colgate sur les lèvres. Pourtant c’est rapide, c’est intense, autant émotionnellement que physiquement ! Je me dis d’ailleurs que je devrais me mettre au sport et pourquoi pas à la danse aussi ? Les filles m’entraînent dans les coulisses une fois terminé. Elles sont en cercles autour de moi à me féliciter lorsque sa voix me fait me retourner. Les rires baisses d’un ton alors que nous nous retournons toutes, ou presque sur Jed qui se tient là. Le cercle se brise alors que les filles se dispersent retournant à leurs occupations. « Peut-être bien. » Sourire toujours béat qui étire mes lèvres. L’idée n’est pas mauvaise, bien que l’idée de danser quasiment nue devant tout un public n’est pas ce qui m’attire le plus, mais vu les réactions ce soir habillée, à moitié nue ça ne rendra que meilleur non ? Et puis, cela voudrait dire que je suis à Paris, en France. Rien que cette idée me ravis. Il faut vraiment que je retourne en France un jour…

Je m’avance lui passant devant pour regagner la place où j’ai laissé mes vêtements. J’en profite pour lui demander ce qu’il fait ici en levant mon regard sur lui dans le miroir qui me fait à présent face. Je l’écoute en m’asseyant sur le tabouret présent, pour délasser les chaussures qui m’ont était prêté pour le show. « Bon courage, j’ai fait le trajet allé en voiture il y a trois semaines… » Je grimace doucement en y repensant avant que mon sourire ne s’affiche à nouveau. La joie de vivre faisant clairement partie de mon corps ce soir, j’avais la sensation que rien ni personne ne pourrait me la retirer tellement je la ressentais dans tout mon corps. « Tu repars demain ? » Je change de pied pour retirer l’autre chaussure. Curiosité qui ressortait cette fois-ci, surtout par la joie de le voir face à moi, ici, en Arizona. Il fallait bien l’avouer, j’étais heureuse pour plusieurs raisons, mais ça il n’était pas obligé de le savoir.

Je rassemble les chaussures que je pose l’une à côtés de l’autre en me penchant un peu. Je me lève alors, lui tournant à nouveau le dos. Mon regard vers qui se pose à nouveau sur lui à travers le miroir. « Tu m’aide ? » Lui demandais-je alors que d’un mouvement de tête, je désigne la fermeture éclair qui se trouve dans le dos de ma robe. J’attends patiemment qu’il bouge jusqu’à ce qu’il vienne se placer dans mon dos, portant ses doigts sur ma nuque avant de gagner la fermeture. Frisson qui me parcours l’échine, sourire toujours sur les lèvres alors que mon regard ne scille pas dans le reflet du miroir. Fermeture qu’il descend doucement jusqu’en dessous de mes reins. La robe que je fais glisser d’une main de mes épaules alors qu’elle vient s’étouffer contre le sol, à mes pieds, dans un bruit à peine audible. Le fait d’être à moitié nue devant lui, qui ne me dérange pas le moins du monde. Je vois son regard qui observe mes sous-vêtements dans le miroir, surement pour en voir aussi l’avant. Ses yeux qui s’attardent sur le porte-jarretelle que je porte, puis mes cuisses sur les lanières de satins qui font la jonction entre mes bas et le reste. Je me retourne sur lui, fixant le bleu de ses yeux alors qu’il a relevé les yeux sur les miens. « Merci. » Dis-je doucement, m’étirant doucement pour venir poser un baiser à l’extrême limite de ses lèvres. N’ayant pas vraiment décidé si je voulais viser sa joue ou ses lèvres, cela m’avais paru un bon compromis. Je me reculais légèrement pour m’accroupir et ramasser la robe, la gardant entre les mains.

Pseudo intimité rompue le temps que le groupe de filles passent à côté de nous, alors que Doty s’arrêtait en posant les yeux sur moi, puis s’attardant un peu trop à mon gout sur Jed. Sourire que je gardais pourtant, malgré l’envie de lui faire détourner les yeux qui venaient naitre en moi. « On va boire une verre, vous vous joignez à nous ? » J’attrapais un cintre pour y glisser la robe. « Peut-être plus tard. » Mes lèvres qui s’étirent dans un sourire un peu plus grand. « Laisse-là là, on s’en occupera plus tard. » Elle me désignait la robe du menton. Puis elle s’éclipsait pour rejoindre les autres, nous laissant là, seul tous les deux. « Tu sais où dormir du coup ? » Non pas que je m’inquiète vraiment pour lui sur ce point. Mais puisque j’ai déjà une chambre dans l’hôtel du coin… Si en plus on peut éventuellement joindre l’utile à l’agréable… J’attrapais ma jupe en tendant le bras vers la coiffeuse derrière moi.


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Mer 22 Mar - 0:51

Way down we go
Olivia & Jed

Y a un quelque chose d’aérien, quand elle s’agite sur la scène, au rythme d’une musique dont, finalement, Jed n’entend même pas les notes, concentration focalisée sur ce petit bout de femme qui danse. Qui virevolte. Qui vit, simplement. Olivia n’est pas aussi douée que ses camarades, y a clairement des lacunes dans ses pas, parfois un retard par rapport aux autres, mais c’est pas ce qui se retient. Ce qui marque les esprits, autant celui de Jed que celui des autres qui, pour ne rien rater, s’arrête de boire leurs consommations, c’est qu’elle s’amuse. Elle en rit, aussi. Elle ignore, surtout, les regards, parce qu’il est évident, à cet instant, qu’Olivia ne danse pas pour plaire, ni même vraiment pour se prouver quelque chose, mais juste parce qu’elle a eu une envie, soudaine. Et qu’elle l’a fais. Ça lui plaît, à Jed, ce genre de comportement, ce grain de folie. Oui, on peut le dire; au moment où il pose les yeux sur elle, alors qu’elle s’échine à suivre la chorégraphie de ses copines, elle lui plaît. Vraiment. Si bien que ça lui colle une sensation bien particulière au creux des entrailles et qu’il lui faut un moment et plusieurs gorgées de sa bière pour réussir à la faire passer. La saveur amère du houblon lui nettoie le sentiment bien ancré qui surgit, surprenant, dans sa poitrine, mais ça ne lui efface pas le sourire, sincère et affectueux, qui vient se peindre sur ses lèvres. Rictus tendre qu’il garde, encore quelques instants, quand il se glisse à l’arrière, pour la retrouver.

Il pourrait avoir l’honnêteté de lui dire qu’elle danse bien, qu’il l’a trouvé sublime là-bas, que pendant quelques instants il n’a vu qu’elle.. Qu’il ne voit qu’elle, toujours, mais le sarcasme est, à ses yeux, sa seule manière de se protéger, bien que là il lui serve plus ou moins de compliment. Un peu fragile, un peu bancal, mais il y a, dans cette comparaison avec les danseuses du Moulin Rouge, un quelque chose de franc, de direct. Bien que ça le laisse perplexe; Jed s’attendait à trouver l’idée bonne, l’imaginer à moitié nue à se trémousser.. Mais, étrangement, la vision d’autres hommes passant leur soirée à baver sur ce corps qu’il adore, ça lui fait légèrement froncer les sourcils. Grimace fugace, qui disparaît à l’instant même où elle déforme ses traits. Mirage, s’il en est, d’une pointe de jalousie dans son regard.

Glissant ses mains dans ses poches, Jed s’offre un regard attentif à la pièce, les filles derrière, en fond, qui continuent de discuter en s’éloignant, le regard de l’une d’elle qui lui glisse dessus. Hermétique. A l’instant même où elle est montée sur scène, Olivia a capté son attention, difficile, donc, pour quiconque de l’en détourner. S’il devait être tout à fait franc, elle a captivé son attention depuis plus longtemps que ça, mais apparemment, la sincérité est une qualité assez aléatoire chez lui; il ne s’en sert que quand ça l’arrange. « Hmmm .. J’suis un tricheur moi.. J’ai fais une partie du voyage aller en train. » Il hausse les épaules, se déplaçant légèrement pour se planter dans le reflet du miroir, près d’elle, sans être trop proche. Papillon qui lutte pour ne pas se brûler trop près de la flamme; peine perdue, il sait bien qu’il finira par s’y cramer, parce qu’elle l’attire. Inlassablement. Mâchouillant l’intérieur de sa joue, Jed lève les yeux au plafond, observant les poulies et les projecteurs suspendus, avant de se masser la nuque d’une main qu’il libère de l’emprise de sa poche. « Je sais pas trop. Il baisse le regard vers elle. Je comptais peut être profiter un peu du soleil de l’Arizona. » Se pinçant la lèvre inférieure, Jed hausse un peu les sourcils, pour porter le bleu de ses yeux sur la nuque d’Olivia avant de se rapprocher, mains hésitantes, ou presque.

Doigts en suspends, ses yeux caressent le velouté de sa peau, la base de sa nuque à peine voilée par quelques mèches rousses. Il effleure son échine, repousse quelques cheveux de son chemin, de son observation, se rapprochant dans son dos par un effet d’attraction qu’il n’est pas capable de restreindre, ni même d’apaiser. Pourtant c’est pas du désir ardent qui le pousse à prendre son temps, pas entièrement, c’est juste.. Un plaisir non dissimulé de pouvoir la toucher, même si le contact n’a rien d’intime, pas comme ils en ont l’habitude. C’est simplement de savourer le contact, retrouvé, de sa chair sous ses doigts. Et il attend. Perplexe. Avant de cligner des yeux pour tenir le haut de la robe entre deux doigts et faire glisser, lentement, la fermeture éclair, découvrant son dos à nu, son regard qui s’accroche aux minuscules grains de beautés, pâle, qui parsèment agréablement sa peau. Ni trop, ni pas assez. Ça retient son attention, parce qu’il se dit qu’il pourrait s’amuser à les compter, juste pour le plaisir de la dénuder, encore et encore. Le bout de son pouce qui redessine sa colonne vertébrale en suivant le cheminement de la fermeture éclair, qui finit par s’arrêter à sa chute de reins. Son souffle, un peu plus fort que d’ordinaire, s’écrase sur sa peau et Jed se recule, presque fébrile. Il serait même capable d’en blêmir, pourtant il reste fermé, lèvres pincées mais encore coincées dans un léger sourire qui se gorgent de la chaleur du baiser, en coin, d’Olivia. L’index de Jed qui vient caresser son menton, alors qu’elle rompt l’échange rapide, court, brutal aussi, parce que la bulle éclate.

Cils qui s’agitent, regard un peu perdu, absent presque, le flic tourne la tête vers le groupe qui les rejoint. Il ne répond pas, sensation qu’on l’observe pour croiser le regard de l’une des gonzesses de la bande, qu’il fixe un moment, plus parce qu’il jauge l’attention soudaine portée sur lui que parce qu’elle est attirante. Elle est mignonne. Mais elle n’est pas jolie. Pas comme il le faudrait pour le captiver. « Tes nouvelles bonnes fées? » Il attend pas de réponse, en montrant les nanas qui s’éloignent, d’un mouvement du menton. Fouillant sa poche, il attrape un paquet pour sortir une cigarette qu’il glisse derrière son oreille, pour l’allumer plus tard, avant de chercher son briquet. « J’ai trouvé un petit hôtel pas trop dégueu à l’entrée de la ville.. Ou à la sortie.. Dépend du point de vue, j’suppose. » Néanmoins, il a l’air de saisir un sous-entendu à la question, aussi en se rapprochant un peu d’Olivia se saisissant de sa jupe. « Mais comme il paraît que les nuits sont fraîches dans l’coin.. Info ou intox c’la dit.. » Se penchant un peu sur le côté, il peut pas s’empêcher, malgré ses efforts pour se contenir, de faire glisser un doigt sur sa hanche jusqu’à sa cuisse, à la bordure du bas, retenu par les lanières. « Sympa.. Il lui pince légèrement la hanche, avant de désigner la porte qui mène à la sortie. J’vais m’en griller une en t’attendant.. » Et dans sa bouche, ça a quelque chose de presque.. charmant, attentionné. Un clin d’oeil plus tard et Jed laisse la porte claquer dans son dos, savourant l’air tiède alors qu’il fait claquer le briquet pour allumer sa cigarette. Cette mise-à-pied à peut être du bon. Le hasard aussi.

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Mer 22 Mar - 22:35




Way down we go
Jedia
On n'a qu’une vie il parait. C’est dans cette idée-là que j’ai finalement commencé ma soirée. Faire une chose par pulsion, par envie peut-être aussi ? Respecté un principe simple qui est de simplement faire ce qu’il me plait sans me soucier du regard des autres. Puisque de toute façon, il n’y a plus aucun regard dans ma vie aujourd’hui, qui sera suffisamment important pour que je me sente jugée pour mes actes.  Encore que… peut-être bien que si, il y en a un, peut-être même deux, mais pas ce soir. Ce soir il n’y a que moi, cette fille que j’ai rencontrée la veille avec laquelle j’ai échangé quelques mots dans le hall de l’hôtel pour finalement la retrouver ici, guidée par l’idée qu’une soirée de ce type serait ce qu’il me fallait. Le premier réflexe, celui le plus ancré en moi par des années d’entretien d’une image, fausse qui plus est, avait fait surface le premier. Mais poussé par l’envie, cette chose dans le fond de mon ventre qui me criait d’y aller et de me foutre du reste. L’état d’euphorie dans lequel je me trouvais, sans avoir bu. Avec l’alcool que j’avais pu boire au cours des derniers mois, ce n’était pas deux malheureuse bière qui allait me rendre saoule. Mon seuil de tolérance c’était plus ou moins renforcé et puis des bières, c’était léger ! Alors si j’avais pu réfléchir au moment de la proposition, il ne m’avait pourtant pas fallut bien longtemps pour me changer et monter sur scène avec les autres filles. Puisque finalement, avoir une total débutante avec elles ne les dérangeaient pas et visiblement le spectacle avait eu l’air de plaire à la clientèle alors…

Quelle agréable surprise d’entendre sa voix. Mon cœur qui se gonfle aussitôt. Je ne cherche même pas à le retenir. Mon état qui ne me le permet pas, même si je ne laisse clairement rien paraitre. La joie du début de soirée qui cache à la perfection tout le reste. Comme une soirée hors du temps, qui me transporte loin de la vie de tous les jours. Coïncidence étrange, mais je ne cherche pas à savoir. Ce n’est pas vraiment ce qui compte pour moi à cet instant. C’est qu’il soit là, pour moi ou pas, ça aussi je m’en fou. Ce que je vois moi, c’est qu’il est là, dans les coulisses et qu’il y est venu pour moi. Ça c’est réel ! Et c’est la seule chose que j’arrive à retenir.

Mon corps que je viens assoir sur un tabouret le temps de me défaire de mes chaussures, tout en faisant la conversation avec lui. La discussion qui se veut légère, détendue. C’est agréable. Léger rire qui traverse mes lèvres lorsqu’il annonce être un tricheur pour avoir fait le trajet aller en train. Mes sourcils qui se froncent légèrement sous l’incohérence que je note aussitôt. « Je dois en conclure que t'as laissé ton tas de boue à Lakeview ? » Je stoppe l’action de mes mains sur le délaçage des lacets, des chaussures. « T’aurais dû la prendre ici, peut-être que t’aurais eu plus de chance qu’on t'la vole ! » Mon regard toujours aussi pétillant qui le couvre alors que je les descends en rythme plus ou moins régulier sur l’action de mes mains qui se séparent enfin de la première chaussure. Passant à la suivante. Question suivante qui se pose. Ma supposition qu’il repartira dès le lendemain qui semble ne pas être exact. La sensation qui se mue dans ma poitrine à l’idée qu’il puisse rester plusieurs jours ici, pas trop loin de moi. Loin de Lakeview, loin des emmerdes, des corbeaux, en quelque sorte … du monde ! Deuxième chaussures qui rejoint la première et je me redresse pour lui demander de l’aide sur la fermeture de ma robe.

Clairement, j’aurais pu le faire seule. Mais l’envie que ce soit lui qui se noie dans mon estomac. Cette sorte de pacte que j’ai signé avec moi-même le jour ou tout c’est terminé avec Maxym, que je ne fais que respecter finalement. De céder à mes envies sans me soucier du reste. De laisser parler un peu plus mon impulsivité. Ce n’est pas comme si j’avais déjà tout perdu de toute façon… Non ! La seule chose que j’ai encore, c’est mon boulot. Et je dois avouer être bien heureuse de l’avoir, car il me permet de m’échapper, de voir autre chose… de digérer la pilule amer qui c’est encore inséré dans le fond de ma gorge peu après mon séjour à Chicago le mois dernier. Mes pupilles vertes qui le regardent à travers le miroir, alors qu’il semble hésitant au début. Sourire qui ne quitte décidément pas mes lèvres. La chaleur de ses doigts que je sens contre mon cou, qui remplit mon cœur de cette chose qu’il me fait ressentir depuis quelques temps. Qu’il est le seul à me faire ressentir… Mes yeux qui le fixent, scrutant le moindre changement sur son visage. La moindre expression qui pourrait montrer… peu importe ce que cela peut montrer. Mon regard qui se fascine alors que lui-même semble fasciner par ce qu’il voit. Nouveau frisson qui remonte le long de mon dos et fini sa route entre mes omoplates. Ma poitrine qui se soulève un peu plus franchement sous ma respiration. Bien que cela n’a rien à voir avec le désir, ou l’envie de lui, du moins pas dans le sens purement physique de la chose. Pas dans le sens amant. Mais bel et bien d’un homme et d’une femme. L’instant qui se transforme en une nouvelle bulle, rien qu’à nous. Mon esprit qui fait abstraction du reste, encore. Comme chaque fois qu’il est là, qu’il est prêt de moi.

La robe qui tombe en bas de mes chevilles avant que je ne me retourne sur lui. L’envie de gouter ses lèvres. Celles-ci même qui m’ont manqué. Un mois que je ne les ai pas connues. Et croyez-moi ! J’ai compté… Je dépose alors doucement mes lèvres au coin des siennes. Le tourbillon qui vient remuer mes tripes alors que c’est un peu comme une délivrance. Son doigt que j’ai tout juste le temps de sentir sur mon menton alors que je brise l’échange, le groupe venant s’introduire dans notre bulle. Échange, court. Mes yeux que le lève sur Jed alors qu’il demande si elles sont mes nouvelles bonnes fées. Je détourne le regard, cœur soudain serré à la pensée de Maxym. Tristesse passagère, qui s’évanouit aussitôt, chassé par le sourire que j’affiche à nouveau bien décidé de ne pas me laisser abattre. Cela ne servira à rien de toute façon… « Non. » Il n’y en a plus … Réponse brève, mais ferme. J’attrape ma jupe, m’apprêtant à la remettre tout en lui demandant s’il sait où dormir. Le sous-entendu que je ne prends même pas la peine de cacher. Ce n’est pas la peine de toute façon. Lui et moi on le sait. Comment ça fini lorsque l’on se croise à chaque fois… ou presque ! Sa voix qui se fait plus proche de moi, stoppe mon mouvement pour me rhabiller. Commissure de mes lèvres qui s’étirent lorsqu’il parle de la fraîcheur des nuits d’ici. « Trente en journée et dix la nuit, je pense que c’est un fait. » Encore que la nuit ici, cela ne change pas beaucoup de Lakeview. Ce qui donne la sensation de froid c’est surtout la chaleur des journées. Respiration que je ralentis, lorsqu’il glisse un doigt le long de ma hanche, alors qu’il descend lentement jusqu’à ma cuisse pour finir à l’extrémité haute de mon bas. Ma bouche qui reste muette, même lorsqu’il me pince. Mes yeux qui ne le quittent pas. J’ai l’impression qu’il est plus beau, chaque fois. Pourtant il semble être le même. N’avoir rien fait. Peut-être est-ce mon regard sur lui qui a changé… Aller savoir.

Il s’éclipse par la porte de secours pour aller fumer sa cigarette. Mes yeux qui scrutent son dos jusqu’à ce que la porte claque pour se refermer derrière lui. Je secoue la tête de gauche à droite, sourire de gamine sur les lèvres. L’envie profonde que rien ne gâche ma soirée. Juste parce que j’ai décidé que ce soir je serais heureuse. Parce que j’ai décidée de penser à moi, pour une fois ! Et non aux autres. Puisque visiblement, je suis la seule à pouvoir penser à moi. Il est temps que je vive pour moi. Je m’habilles rapidement, plaçant ma veste sur mes épaules sans en mettre les manches. Mes talons sur lesquelles je me perche à nouveau avant de prendre la même porte que lui, pour le rejoindre dehors. La fraicheur de la nuit qui me frappe le visage. J’enroule aussitôt mes bras contre mon ventre pour me tenir un peu plus chaud et j’avance jusqu’à lui. Pour me positionner devant lui alors qu’il tire sur le filtre avant que la fumée blanche de ressorte, chassée de ses narines. « Tu vas pas me dire que les nuits ne sont pas fraiches ! » C’est un constat alors que j’avance encore d’un pas pour ne laisser que peu de distance entre lui et moi. Je desserre mes bras pour venir placer mes mains froides sous son t-shirt. Réaction de son corps au contact de mes doigts froids qui me fait sourire. Mes mains qui glissent finalement jusqu’à son jean, pour venir passer les doigts dans ses poches. Mouvement de mes mains qui lui font sréduire la dernière distance qui nous sépare alors que je m’avance en même temps pour venir prendre ses lèvres. Histoire de reprendre là où on nous a dérangés, mais en mieux ! Le gout de la cigarette sur sa langue qui n’est pas la chose la plus agréable pour moi, mais qui passe, pour la simple raison que c’est lui. Et que le mois écoulé m’a paru une éternité. Et parce que, même si il y a des jours où j’ai réussi à ne pas me dire qu’il me manquait parce que j’étais trop occupée. Le jour suivant ça me frappait en pleine gueule d’une façon bien pire encore.


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Jeu 23 Mar - 16:25

Way down we go
Olivia & Jed

De toute façon, à quoi bon lutter. C’est se démener, corps et âme, pour tenter de réprimer un truc qui, finalement, le dépasse. Il a cherché à comprendre, pendant ces journées seul, à regarder le soleil se lever puis se coucher, sans s’arrêter dans sa course, alors qu’il semblerait que la vie de Jed s’est trouvée bien moins engageante qu’elle ne l’était au départ. Pourtant il lui semble avoir suffisamment suer eau et sang pour que son existence soit toujours haletante, épuisante, dure à suivre, pour pas s’ennuyer. Récemment, c’est devenu fade. Il voudrait bien se dire que ça a un lien direct avec son boulot, avec tout ce qu’il s’y passe et son idée, toujours plus tenace, de vouloir quitter la Police et se mettre à son compte ou, peut être, changer de commissariat, trouver un poste ailleurs. Retrouver de l’action, quelque chose qui l’accroche. L’ennui c’est que ce sentiment bizarre de lassitude, d’insipidité, lui vient d’avant ces emmerdes, avant que Maître Reagan ne lui prenne la tête, avant que ses supérieurs ne décident de lui coller des « congés forcés » au cul - parce que parler de mise-à-pieds c’est trop vulgaire, trop cru apparemment - et qu’Ellie ne parte en vrille. Alors à quoi bon lutter, quand la source du problème est là, sous ses yeux et qu’à sourire comme ça, elle se mue en solution. Jed se fige un peu, les mains dans les poches, fasciné presque par la bonne humeur qui a l’air de se dégager d’elle et qui, très communicative, fini par lui arracher un rictus par effet de mimétisme. Il en baisse les yeux vers le sol, se mord la lèvre inférieure et inspire un coup pour essayer de se raisonner, une ultime fois. Tentative vaine, encore. Alors il baisse les bras, rend les armes. Il en a pas la force aujourd’hui, l’épuisement psychique de ces derniers jours qui l’empêche de lutter, de s’agacer d’être comme ça; heureux, trop peut être, simplement parce qu’Olivia l’est. Simplement parce qu’elle est là.

C’est triste à dire, pour lui surtout, mais il l’a dans la peau. Chaque baiser, chaque contact, c’est un peu plus de poison qui se glisse dans ses veines, qui adhère à son système immunitaire, qui se colle aux parois de ses organes. Elle est partout, même quand elle n’est pas là. Pour un type qui se veut solitaire, qui se dit inébranlable et incapable de quoique ce soit sur le rapport sentimental, le voilà bien atteint. Mais a quoi bon lutter .. Il sera toujours temps de se remettre de ses émotions, plus tard, quand il sera seul, à nouveau. Mélange de sentiments contradictoires; d’un côté il a hâte de retrouver le silence de sa maison, qu’il habitera désormais seul, mais en même temps, il voudrait profiter du temps qu’ils pourraient avoir, ici. Loin de tout. Loin de tous. A l’abri. Libre d’être eux. D’être deux, de ne former qu’un. L’inconnue manquante à l’équation de sa triste vie, qui pose son regard sur lui.

Il sourit, à moitié, regard qui se veut empreint d’une lueur de mystère, alors qu’il remue un peu les sourcils. « J’ai plus mon tas d’boue. » Ça serait con d’ajouter qu’il a eu un léger pincement au coeur, quand il a trouvé sa place de parking vide, persuadé de s’être trompé, avant de comprendre qu’il s’est enfin produit ce pour quoi il aurait été capable de prier comme un dévot. Certes la bagnole est en fin de vie, mais justement, c’est une fois perdue que Jed s’est rendu compte qu’il y tenait peut être un peu plus qu’il ne le pensait. Il a vécu tellement de truc avec ce tas de ferraille; c’est quand même la bagnole qui a survécu à Chicago et sa délinquance. Il compte même plus le nombre de fois où il a puni des gamins de son ancien quartier, uniquement pour qu’on lui nettoie des tags, sans avoir à débourser un centime ou se casser le cul à frotter lui-même. La seule chose qui le fait relativiser, c’est que c’est qu’un objet, sa vie dépend pas de cette merde.. Ça l’emmerderait surement plus de plus avoir Olivia sous la main, de la .. Perdre. Constat un brin terrifiant qui le laisse pantois, deux secondes, l’obligeant à chercher une échappatoire pour se remettre. Sourcils qu’il fronce devant la lueur fugace qu’il voit paraître sur son visage, avant de disparaître sans qu’il n’ait le temps d’en déterminer la raison ou d’en reconnaître réellement l’émotion. Cela dit, ça ne l’empêche pas de passer, lentement, ses doigts dans les cheveux roux, caressant doucement les pointes de ses mèches. Avant de s’amuser à lui pincer la hanche.

L’air extérieur lui fait l’effet d’une bouffée de pureté presque libératrice. Ses doigts qui tremblent pour allumer sa cigarette, sans que les frémissements n’aient à voir avec un quelconque frisson de froid. Il en connait la cause. Ça vient de là, quelque part au fond de ses entrailles, ça se réveille avec un léger parfum qui flotte encore, qui traine dans un coin de sa mémoire sensorielle. Il secoue la tête, reprend sa respiration et tire sur le filtre comme un condamné. Chaque inspiration a l’air d’être désespérée. Utilisation d’un poison pour tenter de contrer les effets d’un autre. Peine perdue. Il le sait déjà, mais quand la porte s’ouvre sur sa silhouette, Jed baisse les bras, définitivement. Et s’il se laissait aller, lui aussi ? Ça semble réussir à Olivia, de briser les tabous, d’écraser ses peurs, de s’ouvrir au monde. Alors pourquoi pas lui ? Qu’est-ce qu’il risque ? Il a rien à perdre.
Ou peut être que si, à la réflexion.

Arquant un sourcil, il coince sa cigarette entre ses lèvres pour tendre les bras et remonter le col du blouson qu’elle porte sur ses épaules, pour protéger son cou des caresses sadiques d’un courant d’air léger. « J’ai du sang de Nordique. La fraîcheur, j’crains pas. » Il marmonne maladroitement, un côté des lèvres pincé pour éviter que la cigarette ne tombe, sourire qui se devine dans son regard illuminé. Il la libère, récupérant le tube entre ses doigts, son autre bras qui traine le long de son corps, alors qu’il baisse les yeux pour la regarder remuer, s’avancer, rompre la distance, briser la glace, membrane fine, qui se dressait là, comme ultime rempart, comme dernière protection. Inutile. C’est lui le danger, non ? Alors pourquoi est-ce qu’il a le sentiment que c’est lui la victime ? Et pourquoi ça le dérange pas plus que ça.. Il serre les dents quand les mains fines d’Olivia passent sous son t-shirt, frissons du contact, du contraste entre sa chaleur et la fraîcheur de sa peau de pêche. Devinant plus ou moins ce qu’elle fait, quand ses doigts viennent trouver refuge dans ses poches, Jed garde sa cigarette dans sa main, bras baissés, visage penché vers elle, le regard qui chatouille la teinte rosée de ses pommettes. Se penchant un peu plus, pour l’aider à atteindre ses lèvres, il répond à son baiser avec l’empressement mal contenue du drogué en manque de sa dose. Clope bloquée entre son index et son majeur, il porte ses mains au col de sa veste, pour la tenir près de lui, sa langue qui retrouve l’étreinte tiède de la sienne. Baiser d’un velouté particulier qui lui arrache un souffle calme, apaisé. C’est déjà trop tard, de toute façon, pour tenter de se battre. Il s’abandonne, moins que demain, plus qu’hier. « Moi je persiste, les nuits ne sont pas si fraîches.. » Qu’il finit par souffler, doucement, en rompant le baiser, souriant. Le sous-entendu est là, pas clair, pas établi, mais y a pas besoin. Il se mord légèrement le coin des lèvres avant de lui voler un baiser rapide et de relever le visage vers le ciel pour coller de nouveau sa clope entre ses lèvres, sa main libre qui la tient toujours par le col, avant que son bras ne passe carrément autour de ses épaules.
Clairement, il va a l’encontre de tout ce qu’ils sont supposés être. Mais .. Ce qu’il se passe en-dehors de Lakeview, reste en-dehors de Lakeview, non ? Et par extension, tout ce qui est émis comme règles, stupides il va s’en dire, là-bas, n’entre pas forcément en compte ailleurs.. Selon la logique. « Et on fait quoi, à Tucson, un soir de semaine ? » Du moins, comment Olivia occupe-t-elle ses soirées ici, sans lui ..

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Jeu 23 Mar - 19:51




Way down we go
Jedia
Trente-trois jours. C’est le nombre exact qui me sépare de lui, depuis la dernière fois où nous nous sommes vues. Si son départ en pleine nuit m’était apparu comme la meilleure chose à faire. J’avais été surprise de découvrir au matin, la seule chose, autre que les souvenirs, qu’il avait laissé sur mon oreiller. Sur la taie d’oreiller pour être plus exacte. Un éléphant, trompe en l’air. Dessin significatif puisque son poignet droit portait lui-même un éléphant trompe en l’air. Pourquoi ce dessin précisément ? C’était la première question que je m’étais posé, avant de finir par rire. Pensant que je n’étais pas la seule à avoir des talents de dessinatrice.  Son coup de crayon était loin d’être mauvais, surement pas assez travaillé, tout simplement ! Mais se simple dessin, m’avait empêché de ne faire de la soirée de la veuille, qu’un simple rêve comme j’avais voulu le croire, le penser…  Et c’est surement ça qui avait fait foirer tout le reste. Jusque-là, il n’avait marqué que ma peau. Sur la chair, tout s’efface, même si difficilement… cela finit par partir, pour ne laisser qu’une place aux souvenirs, surement erroné dans la plupart des cas. Mais ça. C’était une preuve réelle. Indélébile plutôt… Car oui, j’avais bien tenté de laver les draps, mais une fois sortie de la machine et sec. Les traits fait au feutre étaient toujours là. La couleur ayant seulement perdu un peu de leur intensité. Mais l’éléphant était toujours sur le coin supérieur de la taie d’oreiller. Et le jour où j’avais quitté Lakeview tout en sachant que la prochaine fois que je reviendrais dans cette chambre se serait pour y faire mes cartons. Je l’avais emporter avec moi. Sorte de vestige que je voulais garder près de moi, élément trophée de ce qu’il s’était passé cette nuit-là. Qui malgré les trente-trois jours, étaient toujours aussi frais dans ma tête, mais aussi dans ma poitrine…

Front légèrement plissé lorsqu’il joue de ses sourcils et du mystère tout en me parlant de sa voiture qu’il n’a plus. Bouche qui s’entrouvre dans un presque étonnement à l’idée qu’il soit enfin arrivé à ses fins avec ce vieux débris qui lui servait de transport. Je la referme finalement tout en secouant la tête de gauche à droite, sourire qui étire mes lèvres alors que c’est évident. Il a réussi à se faire tirer sa caisse ! Après tout, on parle de Jebediah Fensworth. Seul homme que rien ne semble arrêter sur cette terre. Seul homme qui a réussi à bousculer toutes mes convictions, jusqu’à même bousculer tout mon être en moins de trois mois. Alors qu’au court des vingt-six dernières années, le monde autour de moi s’est évertué à me faire rester tel quel, pire à m’enfermer dans une boite qu’il n’était ni de ma taille, ni de ma forme. Et pourtant on ne peut pas vraiment dire que je sois du genre épaisse… Et lui, il était là, ne s’acharnant pas vraiment pour remuer tout ça en moi. Le faisant simplement naturellement, de part sa présence. D’être simplement lui et surtout se foutant du regard des gens. Dans le fond, c’est lui qui avait raison. Le dernier lien de ma vie passée s’étant brisé. Je n’avais plus aucune raison de ne pas suivre cet exemple. Du moment que je me respectais, n’est-ce pas le principal ?

L’air frais qui me saisit dès que je pointe le nez dehors. J’y suis habituée pourtant, mais chaque fois c’est la même chose. Je ne suis pourtant pas l’une de ses filles qui rêvent de passer sa vie au soleil sous quarante degrés à l’ombre. Le froid me convient plutôt bien, du moment qu’il n’est pas humide ! C’est le pire celui-là… Mon corps qui se déplace naturellement vers lui, comme une habitude, quelque chose qui doit se faire sans même matière à discussion. Je m’arrête devant lui, le regardant coincé sa cigarette entre ses lèvres pour venir relever le col de ma veste dans mon cou, le protégeant des agressions du vent qui souffle un peu. Rire étouffé qui reste dans ma gorge. J’en viens souvent à me demander s’il craint réellement quelque chose dans ce bas monde ? Rien ne semble pourtant l’atteindre… En temps normal j’aurais tendance à dire que ce n’est pas forcément la chose la plus seine qui soit. Mais pour adopter ce comportement précis ce soir, je serais tentée de dire que ce n’est pas non plus la chose la plus mal ! Ma réaction à la situation ne ressemble en rien au déni. J’en  suis parfaitement consciente. Quelque chose de nouveau, comme des sentiments naissant pour un homme, on peut y faire abstraction, même si c’est difficile. On peut ce conforter dans l’idée que ce n’est qu’une illusion, un manque d’amour passager, un problème d’attachement pouvant également  être lié à l’absence d’un père partis très tôt. Peut-être même tout réunis ! Surement même… Mais une amitié qui se brise après quinze années. Le moindre de ses souvenirs qui se rattachent à cette personne, les quelques plus beaux étant-là grâce à elle… Ça ! Ça c’est un truc qu’il est impossible de mettre dans le déni. Par contre on peut passer outre, se dire qu’il faut avancer. Faire le deuil avancé. C’est surement ça l’idée ! Faire mon deuil de Maxym tout de suite. Ne pas me laisser submerger par la tristesse. Et surtout enfin être ou plutôt redevenir cette femme pétillante que j’avais toujours été jusqu’en octobre dernier. Date à laquelle j’avais commencé à perdre mes proches, les uns après les autres. Tout comme je sais qu’il ne restera pas. Car visiblement c’est le schéma de ma vie… Les gens qui m’entourent, sont tous voué à partir à un moment, plus ou moins vite, selon les gens, les cas, les affinités… C’est inévitable, fatalement ! Alors pourquoi s’emmerder à en souffrir ? A pleurer, à se morfondre ! Non, cette partie-là, j’en ai clairement marre. Ce n’est plus la même Olivia cette fois. Olivia 2.0 est née, ne reste plus qu’à la laisser grandir à présent.

Pour appuyer mes mots, je passe mes mains froides sous son t-shirt. La chaleur de son ventre brulant presque mes paumes, ou peut-être est-ce ce soulagement de le sentir-là sous mes doigts ? L’impulsivité dont je fais preuve ce soir qui s’empare à nouveau se moi alors que mes mains vont se réfugier dans les poches de son jean. L’attirant à moi pour réduire à néant les derniers centimètres qu’il reste entre nous. Ma demande muette qu’il semble comprendre, voir anticiper alors qu’il se penche vers moi, guidant ses lèvres vers les miennes pour qu’elles se rencontrent. Ses doigts qui se posent sur le col de ma veste pour me maintenir prêt de lui. Nouvelle danse de nos langues qui se caressent avec tendresse. Baiser qui déverse cette drogue dans mon corps. Je la sens à travers mes veines à l’instant même où il me répond. Mon cœur qui manque un battement de cet échange. Trente-trois jours qui ma tête s’imagine retrouver le gout de ses lèvres, ayant imaginé tout un tas de scénarios. Alors qu’au final ce n’est aucun d’eux. Qu’au final celui-ci est encore mieux. De toute façon ce soir, je n’ai qu’une seule ligne directrice : me laisser porter ! Me laisser vivre, sentir, ressentir. J’ai la sensation que c’est ce dont j’ai le plus besoin, que c’est surement ce qui me réussit le mieux d’ailleurs ! Baiser qu’il brise pour établir plus franchement son point de vu que la nuit n’a rien de fraîche. Rire qui s’étouffe à nouveau dans ma gorge, visage toujours levé sur lui. Mes yeux qui tombent sur ses lèvres quelques secondes, pour regagner leur place dans l’océan de ses yeux. Baiser qu’il me vole avant de relever la tête pour tirer sur le filtre de sa cigarette pendant que son bras vient se placer autour de mes épaules, me maintenant contre lui. La chaleur de son corps qui se propage dans le mien, retirant les frissons que le vent me donnait quelques minutes plus tôt.

Y a rien qui prouve qu’entre nous ce n’est pas ça le deal. Clairement ! Là maintenant, y a rien qui montre que c’est interdis. Mais jusqu’à maintenant c’était plutôt lui la figure d’autorité. Pourtant il me laisse faire. Il semble même y céder lui-même. Même s’il ne le dit pas, c’est gestes le fond pour lui. Je n’ai pas besoin de mots dans le fond… Les mots sont souvent que du vent et je parle part expérience ! Dans le fond, peut-être qu’il a besoin de ça lui aussi. De cette chose qu’il se passe chaque fois qu’on est réunis. De cette bulle hors du monde qui permet de repartir du bon pied dans la vie de tous les jours, dans les emmerdes du quotidien et surtout dans cette vie qui va à cent à l’heure sans avoir vraiment le temps de la voir passer. Parce que même si ce n’est pas dit, il y a quelque chose qui se passe entre nous. Comme le nez au milieu de la figure, y a que les chats qui traînent pour pas voir qu’on ressemble à autre chose qu’à des étrangers, ni même à simplement que des amis. L'évidence n'est pas toujours la vérité.

La chaleur de son corps que je quitte finalement en me détournant de lui pour aller appuyer mes fesses contre le mur, croisant les jambes, tendues sous moi. Mes bras qui retrouvent leur place sous ma poitrine pour faire face à la froideur que me provoque cette séparation. Frisson qui m’arrache une légère grimace alors que je dois me déplacer deux ou trois fois avant de trouver une position plus ou moins confortable. Relevant le nez vers lui lorsque c’est enfin chose faite. « J’sais pas vraiment, c’est la première fois que je sors depuis que j’suis là. » Mon regard qui se porte derrière lui alors qu’un groupe de jeunes passe dans la rue bras dessus bras dessous tout en hurlant des choses incompréhensibles. « Le peu de temps libre que j’ai eu ces derniers jours à servis à autre chose que sortir. » Phrase que j’articule tout en suivant le groupe du regard, jusqu’à ce qu’ils disparaissent au coin de la rue. Mes yeux qui reviennent aussitôt sur Jed, nouveau sourire qui étire mes lèvres après l’air perplexe d’avoir vu ce groupe errant dans les rues de la ville. « Au moins la première soirée s’annonce bonne, donc pas de regrets. » Nouveau sous-entendu. Loin d’être déçue de le trouver là, même si le hasard fait vraiment bien les choses. Mais je sais que la soirée sera forcément bonne, puisqu’il est là. Mes pupilles vertes qui suivent le mouvement de sa main, alors qu’il termine sa cigarette, se débarrassant du mégot alors que la dernière bouffée de fumée blanche quitte sa bouche. Je me redresse en poussant sur mes fesses. « On va boire un verre ? » Invitation qui sous-entends rien cette fois, mise à part mon envie réelle de boire un verre, en sa présence qui plus est. De toute façon, maintenant qu’il a croisé ma route ce soir, je ne suis pas prête de le laisser s’enfuir avant de m’être gavé de lui et de ce qu’il a à m’offrir. Je compte bien ne pas rester sur un simple baiser, même si la suite n’est pas pour tout de suite. Ma main qui se pose sur la poignée, pour entrer. La musique qui se fait soudain plus forte alors que les murs ne l’étouffe plus. Frisson qui traverse mes épaules alors que mon corps réagit au changement de la température. Je me stoppe et passe doucement le menton au-dessus de mon épaule pour voir s’il me suit.


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Jeu 23 Mar - 23:25

Way down we go
Olivia & Jed

Son regard passe sur son visage, imprime la finesse de ses traits sur sa rétine, à la recherche de ce détail particulier qui pourrait lui expliquer pourquoi il la trouve changée, pourquoi y a un petit quelque chose qui lui laisse un arrière-goût étrange, une saveur particulière. Il doit avouer qu’il y a une légère différence entre la Olivia qu’il a quitté, quelques nuits plus tôt, et celle qui lui fait face à cet instant. Elle lui semble plus mûre et, paradoxalement, plus insouciante sans doute. Contradiction remarquable qui fait, généralement, le charme de ces femmes-enfants qui vous séduisent d’un air de fausse ingénue, d’une oeillade jouée, enrobée d’une innocence travaillée pour cacher le but premier de leur approche. Pas forcément qu’elle rentre dans cette catégorie, parce que ça serait restreindre ses possibilités, la condamner à n’être conforme qu’à une idée, de vouloir l’étiqueté et que Jed s’efforce, depuis le départ, de la libérer du carcan qu’on semble lui avoir imposé, même si l’idée lui est venue progressivement et qu’il ne réalise que maintenant, quand il la regarde ainsi, que c’est ce qu’il cherche à faire. Libérer la bête, laisser la femme qui sommeille s’exprimer comme elle le désire, sans honte, sans tabou, sans pudeur; pas avec lui. Pas quand il est là. Qu’elle s’affranchisse de ce qui l’a toujours comprimé. Il voudrait dire que c’est ça, qu’il trouve différent chez elle, qui lui donne la sensation qu’elle a changé, mais y a autre chose. Cette lueur passagère, qu’il a déjà repéré tout à l’heure, qui revient, fébrilement, faire briller sa pupille d’une teinte particulière, notable. Il le connaît, cet éclat, il l’a souvent remarqué dans le reflet du miroir, peut être même dans les yeux de son père, quand les femmes de sa vie l’ont quitté, l’une après l’autre. C’est celle du détachement, cette absence de sentiment qu’on s’efforce de laisser naître pour ne plus être atteint, usé par la douleur que la vie inflige. Est-ce que c’est une bonne chose ? Il saurait pas dire. Jed s’est tellement habitué à se fermer aux émotions, à laisser rebondir - sur sa carcasse abimée - les sentiments déversés par le monde extérieur, qu’il en a oublié comment les ressentir pleinement, sans que ça ne soit malsain ou désagréable. Quelque part, c’est ça qui l’oblige à marcher à reculons sur le sujet de ce « nous » qui se profile; Jed ignore comment l’aborder, intérieurement, sans s’embrouiller, sans aller trop loin, sans mettre les bons mots dessus. Est-ce vraiment ça qu’il ressent, à cet instant précis, quand il la regarde s’éloigner de lui, ses yeux qui la scrutent, sans être capable de regarder ailleurs.

Quand Olivia est sous son nez, c’est difficile de détourner les yeux. Fait contre lequel il ne lutte plus non plus, depuis l’autre soir. Le dernier avant qu’ils se retrouvent ici, encore poussés par un hasard provoqué sans doute, par une chance bousculée. Jed a pas compté les jours qui se sont écoulés depuis leur dernière étreinte, parce qu’il n’est pas un homme qui juge sur la quantité, mais sur la qualité.. Et celle de ses émotions en la retrouvant, lui fait bien comprendre qu’elle lui a manqué. Voilà. C’est établi. Elle lui a manqué, terriblement sans doute, mais c’est encore trop intense, ça demande trop de réflexion, pour exprimer à quel point. Ça l’oblige juste à tirer un peu plus fort sur le filtre, le bout qui rougit violemment alors qu’il recrache la fumée, en coin, vers le ciel. En espérant que le nuage gris qui s’échappe de ses lèvres emportera, avec lui, ce bouillon en ébullition qui le submerge lentement puis violemment.. Chute rapide. Son bras qui se détache d’elle, alors qu’elle s’éloigne et il la regarde faire, sans rien dire, conscient qu’il joue déjà suffisamment avec ces règles à la con pour pousser le culot à s’offusquer de cet écart entre eux. Il voudrait croire que ça lui permet de reprendre son souffle, mais c’est le contraire; il lui manque brusquement.

Sa main de nouveau libre, il la glisse dans sa poche, là où celle d’Olivia trainait il y a encore quelques secondes. Merde. L’image qui se dessine sous ses yeux lui arrache un sourire affecté; elle est belle. C’en est presque écoeurant, du moins pour les autres femmes parce qu’elles auront beau avoir un quelque chose de particulier, pour se différencier d’elle.. Ces autres ne seront surement jamais regardé de cette intensité avec laquelle Jed observe Olivia. Il l’écoute, penchant la tête sur le côté, nuque qui craque un peu, la carcasse encore endoloris par les heures de route qu’il s’est tapé, un regard en coin pour observer le mouvement dans son dos. Des idiots qui beuglent soit parce qu’ils sont heureux de vivre, soit parce qu’ils sont imbibés, soit parce qu’ils sont simplement cons. Jed pencherait pour la dernière raison, mais vu qu’il se sent suffisamment généreux ce soir, il leur laisse le bénéfice du doute.
Moue sur les lèvres, front plissé, les commissures qui descendent alors qu’il secoue la tête en profitant de la minute d’inattention de la jeune femme pour se rapprocher un peu, tirant sur sa clope qu’il laisse entre ses doigts. « Vous êtes trop sérieuse, mademoiselle Sinclair. » Le ton est moqueur, léger mais taquin et il sourit de travers en terminant son chemin près d’elle, de face, avant d’avaler une dernière bouffée, tournant la tête alors qu’il recrache le poison par le coin des lèvres, jetant son mégot au loin d’une pichenette dans le vide. Reportant son attention sur elle, ses mains glissent sur ses hanches, cette fois c’est lui qui se rapproche d’elle, écartant légèrement les jambes pour coincer ses pieds entre les siens. « Reste à a se dire que les autres seront peut être encore mieux.. » D’une main, il soulève ses cheveux roux, dégageant son cou pour déposer un baiser sous le col de la veste qu’il lui a remonté quelques instants plus tôt. La fragrance de sa peau qu’il respire comme s’il prenait, pour la première fois, une vraie bouffée d’air. Paupières closes, Jed menace presque de rester ainsi jusqu’à ce que mort s’ensuive, tant il se satisfait de retrouver la caresse de son épiderme sur ses lèvres qui, jusqu’ici, lui semblaient bien sèches.

Ses doigts qui s’impriment sur sa nuque, il finit par se redresser, pour s’éloigner un peu alors qu’elle mime un mouvement, pour finalement se dégager du mur une fois qu’il lui laisse l’espace pour le faire. Haussant les épaules, Jed lui fait un clin d’oeil, avant d’acquiescer et de lui faire signe de passer devant, sa main qui vient, implacable, se poser sur la sienne alors qu’elle tient la poignée, pression légère qu’il relâche pour tenir la porte pendant qu’elle passe, la suivant sans un mot. Jed glisse une main dans sa poche de veste, pour sentir son portable, avant de se dire que ça peut attendre demain matin et refermer derrière lui, son index qui vient, tendrement, tapoter le bout du nez d’Olivia alors qu’elle tourne le visage vers lui. « Tu comptes retourner danser après, ou pas ? » La question se veut moqueuse, un brin. Des fois qu’elle décide de boire un peu trop et se retrouve à tituber sur scène, ça serait dommage. Ça le ferait marrer à coup sûr, mais bon. Retrouvant le boucan de la salle, parce que bien plus oppressant que le quasi-silence de l’extérieur, Jed jette un oeil aux lieux avant de lui tapoter l’épaule pour qu’elle le suive vers une table, après qu’ils soient passés par le bar pour prendre une consommation. Ça sera peut être mieux, qu’il se dit, sans savoir si c’est vraiment comme ça qu’on fait.. Mais en général, s’il reste au bar en étant avec une fille, c’est qu’il s’y intéresse pas vraiment. C’est moins intime de rester assit au comptoir, non ? Et depuis plusieurs soirs, le déni n’est plus de mise; Olivia lui plaît, suffisamment pour ne pas la traiter comme les autres.

Sans attendre qu’elle soit assise, il s’installe sur une chaise; parce qu’il faut pas non plus espérer qu’il devienne l’homme le plus galant en un clin d’oeil, ça lui vient même pas à l’idée de vraiment tenter de se la jouer type normal. Si on peut dire qu’un gentleman est quelqu’un de normal, un alien plutôt. Le dos appuyé contre la chaise, il croise une jambe sur l’autre, son regard qui passe sur les visages de ceux qui ont l’air d’être des habitués, avant de repérer les filles avec qui Olivia traînait avant qu’il ne l’accapare. Leur retour dans le bar n’a pas l’air de passer inaperçu auprès du groupe, mais Jed oublie déjà plus ou moins leur présence en regardant Olivia. « T’es différente. » Ça sort comme ça, tout seul, sur un ton qu’il parvient pas lui-même à déterminer. Le fait est que c’est tout sauf une critique, ça aurait même un accent de compliment. Mais comme toujours, il s’étale pas en des phrases à rallonge, se contente de laisser ça flotter dans l’air, alors qu’il porte son verre à ses lèvres, sans la quitter du regard. Peut être que l’air de l’Arizona change les gens. Ou que c’est lui qui réalise, pour la première fois, qu’elle est aussi.. surprenante, dans sa simplicité. C’est peut être ça, justement, qui la rend unique; qu’Olivia soit capable de changer le regard que Jed porte sur elle, en étant juste ce qu’elle est. La femme.

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Ven 24 Mar - 19:05




Way down we go
Jedia
Ma vie n’a rien de palpitant. Elle n’est pas faite de nouvelles aventures chaque jour qui passe. C’est le constat qui me pousse à répondre à Jed lorsqu’il me pose sa question. C’est triste à dire, mais oui mes journées sont rythmées par mon travail à la cathédrale et le soir, à la recherche d’un appartement. Au bout d’un mois, j’aurais surement déjà dû trouver… Mais forcé de constater que je ne suis pas pressée de quitter Tucson pour faire mes cartons et trouver un nouveau logement. Mon but premier est surtout de retirer mes affaires de chez Max, le reste… je verrais plus tard. Ce n’est pas comme si j’allais vivre plus souvent ici que là-bas dans les mois qui arrivent. Alors oui, ce soir c’est ma première sortie. Première fois depuis trois semaines que je mets le nez ailleurs que dans une cathédrale ou dans l’hôtel où je vis temporairement. Il a fallu que ce soit également ce même soir pour qu’il traverse une nouvelle fois ma route. La froideur du mur qui traverse ma jupe lorsque je pose mes fesses pour m’appuyer contre. Bras que je resserre un peu plus autour de moi. Un groupe de jeune qui passe dans la rue et attire mon attention. Sans vraiment trop savoir ce qu’ils font. Mais scène qui n’est pas sans me faire sourire après l’air perplexe que j’ai pu afficher. Mémoire qui me rappelle quelques brides de ma première soirée avec Mia, alors que nous étions très clairement bourrées et que, comme eux, nous avons finis par airer dans les rues de la ville. Avant de nous faire cueillir pas les flics et emmener en cellule de dégrisement pour le reste de la nuit. Lorsque mon regard se tourne sur le blond, il s’est rapproché de moi. Sourire toujours pendue à mes lèvres alors qu’il me trouve trop sérieuse. Son mégot que je suis rapidement du regard lorsqu’il l’envoi au loin, avant de reporter toute mon attention sur lui lorsque ses mains viennent se glisser sur mes hanches. Ses pieds qu'il vient placer de chaque côté des miens. L'image de deux adolescents qui se découvre qui frappe mon esprit. Dès l’instant où je sens ses doigts, je lui tends mon cou alors qu’il vient y poser ses lèvres. Mes paupières qui ce ferment pour apprécier la tendresse du geste.

Ce n’est pas d’actualité. Je ne sais même pas si ça le sera un jour. Pourtant l’instant, ce lui + moi qui ne forme pas un nous. Qui me renvoie a ce qui pourrait le devenir. Que ça pourrait ne pas être désagréable. J’irais même jusqu’à dire que c’est un truc auquel je pourrais avoir du mal à me lasser. « Peut-être en effet. Mais voyons déjà ce que va donner celle-ci. » Pas l’envie d’être pressée. Juste d’être ce soir, pour combien de temps, lorsqu’il est avec moi, je ne le sais jamais. Mais nul doute que la soirée sera encore pleine de toutes ces choses, dont lui seul a le secret. De ces choses qui arrivent, lorsque nous sommes ensemble. Je glisse doucement mes mains le long de ses côtes pour les nicher dans son dos, entre son t-shirt et sa veste. Me nourrissant de la chaleur que je trouve auprès de lui. Sensation aussi que mes veines laissent à nouveau passer le sang dans mon corps. L’impression de retrouver quelque chose d’essentiel, presque vitale pour le fonctionnement correct de mon organisme. Je pourrais rester là toute la nuit, la journée suivante aussi et bien plus… tellement plus ! Tellement je me sens bien là maintenant. Ça n’a rien à voir avec la passion qui a pu nous déchirer lors de nos autres rencontres. Ça n’a pas la même saveur, c’est encore meilleur ! Outre le plaisir que j’ai de munir à lui physiquement, j’ai ça là, aussi. Le bien-être qu’il me procure de par sa simple présence, d’un contact aussi subtil que ses lèvres dans mon cou et son visage qui s’y cache alors que le bruit de sa respiration sonne comme une douce chanson contre mon oreille.

Mes mains qui quittent son dos pour venir attraper son t-shirt de chaque côté entre mes poings, mouvement du reste de mon corps pour lui faire comprendre qu’il est temps de bouger. Même si j’aime notre intimité, j’aime cet instant, cette nouvelle chose qu’il y a entre nous. J’ai envie d’aller boire un verre, rentré, profité encore de cette soirée qui a mes yeux ne fait que commencer. Il se dégage de moi, me laissant la même sensation soudaine, de froid qui s’était emparé de moi lorsque c’est moi qui m’était éloignée de lui. Une fois à l’intérieur je l’attends, tournant la tête pour être sûr qu’il me suit. Même si je sais qu’il me suit, mais ce besoin à l’intérieur qui me pousse à m’assurer qu’il est là, pas loin de moi. Son doigt qui vient titiller mon nez alors qu’il me demande si je compte danser à nouveau. Rire qui s’échappe de mes lèvres. « J’ai l’air d’une sportive ? Si j’y retourne j’vais crever d’un AVC ! » Un je ne sais quoi qui s’anime dans le fond de mon ventre à l’idée qu’il puisse avoir apprécié le spectacle. « Pourquoi, tu veux que j’y retourne ? » Mes sourcils qui se froncent un peu alors que j’attrape son poignet pour qu’il me regarde et ne s’en aille pas trop vite. Ma main qui remonte jusqu’à son bras alors que je le suis dans la foule de client, pour ne pas le perdre, pour ne pas me retrouver loin de lui, pour tout un tas de raisons en fait. Il m’entraine jusqu’au bar où nous prenons chacun un verre. Ce n’est qu’à ce moment-là que je le lâche. Le temps que le serveur prépare nos verres. Il me tapote l’épaule pour attirer mon attention dans le but de me montrer une table libre. Je me glisse une nouvelle fois à travers les gens en le suivant jusqu’à cette fameuse table.

Il s’installe sur la première chaise. Mon choix qui se porte sur le fait de me placer à côté de lui plutôt que face à lui dans l’unique but de pouvoir profiter moi aussi de la vue des animations qui évoluent autour de nous. Mains que je glisse le long de ma jupe pour qu’elle se place correctement au moment de m’asseoir. Je croise les jambes tout en me penchant vers l’avant pour poser un coude sur la table, main qui vient retrouver mon verre que j’ai posé là. Je le porte jusqu’à mes lèvres pour en boire une première gorgée. Gout de la vodka se mariant à la perfection avec le citron vert et le gout du sucre. Mon regard qui tombe par hasard sur le groupe des danseuses qui discutent entre elles un peu plus loin au bar. Certaines tournées vers nous alors qu’elles discutent, notamment Doty. Bien que quelque chose me dit que ce n’est pas vraiment moi qu’elles regardent. Les mots du blond qui me font tourner la tête vers lui en fronçant légèrement les sourcils. Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? « Comment-ça ? » Je plisse un peu le nez en levant à nouveau les yeux sur le groupe de filles, pas vraiment sûr qu’il parle de ça, pas vraiment sûr que ce soit une comparaison face à elles, ou même face aux autres femmes en général. Où s’il parle de mon comportement purement et simplement. Mon regard qui se fixe sur lui alors que je porte mon verre jusqu’à mes lèvres.

Des éclats de rires me faisaient me retourner. Un mec tout maigrichon se frayant un chemin à travers le monde en se tenant les parties dans les mains comme seul chose pour cacher sa nudité. Mon regard qui le suis alors qu’il marche tout droit lorsqu’un homme lui fait signe de passer par la porte arrière. Mes yeux qui retombent sur l’autre porte aussitôt l’homme disparut pour la regarder à présent close. Soupire que je laisse traverser mes lèvres alors que je me laisse aller en arrière pour poser mon dos contre le dossier de ma chaise. « Rassure-moi.. Je tourne mon visage vers lui, sourire qui pointe alors que je pose mes pupilles sur lui. Mes doigts qui passaient de mon verre jusqu’à sa cuisse. Le bout de mes doigts le caressant doucement à travers le tissu de son jean, me tournant un peu plus vers lui. T’as pas ta plaque ce soir ? » L’une des danseuses m’ayant prévenue qu’il y avait des parties de poker dans l’établissement, strip poker passé une certaine heure. Et vu le manque de fringue sur ce mec, il venait de perdre… Ce genre de choses loin d’être légal, surtout dans un établissement accueillant du public et me rappelant le métier du blond. J’avais espoir qu’il mette son professionnalisme de côté. Bon après vu les sources… je sais qu’il ne restait pas toujours dans les clous de la légalité, mais valait mieux prévenir que guérir.


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Way down we go   Lun 27 Mar - 1:55

Way down we go
Olivia & Jed

Elle remet tout en question, ce en quoi il a pu croire de plus profond, ce qu’il a espéré, ce qu’il est, ce qu’il pense être, ce qu’il voudrait rester. Elle chamboule ses plans, questionne ses préjugés, bouleverse ses habitudes et il aimerait que ça le dérange, que ça l’énerve suffisamment pour lui donner la force de partir, de s’en aller définitivement, mais chaque éloignement n’a l’air d’exister que pour renforcer le sentiment d’appartenance qui accompagne leurs retrouvailles. Ça va pas jusqu’à ce dire qu’ils s’appartiennent, parce que ça serait soumettre la possibilité d’un duo, d’une conjugaison des verbes au pluriel quand il s’acclimate encore assez bien au singulier, même si son « je » s’assimile parfois à son « tu » en ignorant le nous qui couve.. Mais disons que depuis qu’elle existe, du moins depuis qu’il a pris conscience de son existence, que son absence ne lui apparaît comme difficilement supportable que lorsqu’il retrouve sa présence, Jed a ce drôle de sentiment que sa solitude n’est plus de mise. Pour un solitaire habitué à penser en égoïste l’idée qu’un être puisse, quelque part, partager avec lui plus qu’une affinité sexuelle, une sorte d’harmonie psychique, c’est à la fois un fantasme qui se réalise et un fardeau difficile à porter. Ça l’oblige à réaliser, d’une manière ou d’une autre, que même s’il refuse de lui donner plus c’est principalement parce qu’il s’est persuadé d’en être incapable. A prendre conscience de ce qui pourrait bien l’effrayer le plus; qu’il pourrait finir dépendant de quelqu’un d’autre que lui. Il s’est donné tellement de mal pour être indépendant, autonome, pour n’avoir rien à craindre de personne à part de lui-même, que d’envisager qu’une personne extérieure puisse avoir un effet sur lui, sur ses pensées, sur ses opinions, ça l’affole. Ça pourrait l’affoler. Hypothèse seulement, parce que Jed arrive à compartimenter et s’éviter de laisser cette nouvelle sensation de prendre le pas sur le reste. Sans lui faire dégager cette espèce de distance qu’il a toujours l’air de vouloir mettre entre eux, chaque fois un peu plus; pas ce soir. Ce soir il dégage une tendresse étrange mêlé d’un désir toujours présent, qui ne cesse jamais de réchauffer ses entrailles, quand elle est là comme pour le nourrir d’un feu qui laisse l’impression qu’il ne s’éteindra jamais.
Pour la première fois depuis bien longtemps, Jed est confiant. Cette soirée sera agréable, parce qu’il n’a rien qui le retient vraiment, personne ne l’attend et il ne sera pas dérangé par un coup de téléphone professionnel. Rien. Juste la ville de Tucson, ses lumières, son ambiance, ses étoiles et Olivia et lui. Le reste passe en second plan.

Aucun danger à l’horizon, simplement parce que Jed est là. Pas qu’il fait rempart, mais il lui semble qu’étant donné qu’il devrait être celui dont Olivia à le plus à craindre, rien ne pourrait lui arriver tant qu’il est là. Parce que rien ne pourrait la blesser plus que lui, sans doute, s’il décidait de le faire. Ce qui ne semble pas dans ses projets et pourtant.. Pourtant il détient bien quelque chose, rangé dans un dossier chez lui, qui pourrait assez facilement faire éclater cette jolie bulle dans laquelle elle l’entraine, alors qu’il la suit à l’intérieur, la musique qui lui effleure à peine les tympans, parce que son attention est bien trop focalisée sur la jolie rousse pour s’occuper réellement du reste. L’idée lui effleure l’esprit, quelques instants, de lui parler, sérieusement, mais quand il l’entend rire alors que son index vient tapoter le bout de son nez, il sent son courage fuir. Ça le surprend même et il sembla ralentir la cadence de sa démarche, quelques secondes, ses jambes qui lui semblent étrangement faites de coton tout à coup. Petites boites mentales qu’il ouvre, silencieusement, pour ranger les songes fumeux qui pourraient obscurcir leur ciel.

Arquant un sourcil, Jed la regarde sans un sourire sur les lèvres, bien que son regard brillant dénote d’un certain amusement que ses traits ne trahissent pas vraiment. « C’est vrai qu’y a peut être un peu de laisser-aller.. » Et moqueur il lui envoie une légère pichenette sur la hanche, à la naissance de sa fesse, avant de faire la moue et se de frotter le menton d’une main, l’air pensif. « Pourquoi, t’as envie d’y retourner ? Après tout, il n’est pas le maître des décisions ici. Néanmoins, elle attend peut être une autre réponse de sa part et comme Jed est enclin à faire des efforts.. Personnellement, j’ai apprécié.. D’ailleurs, tu crois que tu peux piquer la petite robe .. » Il se retourne l’air soudainement intéressé, joueur, mais elle l’entraine déjà dans la salle, visiblement amusée par ses élans comiques. Ça serait mentir de dire qu’il est resté insensible aux déhanchés d’Olivia, pas seulement ceux de ce soir d’ailleurs mais comme il n’est pas vraiment du genre à faire des compliments.. C’est le mieux qu’il puisse faire. Pour elle.

Verre en main, il prend déjà ses aises sur sa chaise alors qu’elle vient s’asseoir près de lui, ce qui l’arrange sans doute plus; en face-à-face, ça aurait eu des airs trop formels, pour eux. Pas forcément par rapport à ce qu’ils sont, mais parce qu’ils ont l’air de tout faire en dépit du bon sens, alors jouer la conformité ça parait absurde. L’avoir près de lui lui plaît un peu plus et il le fait bien sentir en tirant légèrement sur la chaise de la jeune femme pour la rapprocher encore un peu, avant de se pencher pour cogner doucement son verre contre le sien. Pas de toast à voix haute, parce qu’il sait pas à quoi trinquer. Et qu’il s’en fout. C’est comme faire des plans sur la comète, ça ne sert à rien et ça avance à que dalle. « Je te trouve juste.. Le regard qu’elle porte sur lui, à ce moment, lui coupe un peu le sifflet et il penche la tête en la reculant légèrement avant d’effleurer sa joue, ses doigts qui glissent vers son cou. Différente. » Son bras sent finalement se poser sur la dossier de la chaise d’Olivia, alors qu’il avale une gorgée, son regard qui se pose sur Dotty, dont il remarque l’intérêt pour leur table. Lui en particulier, oserait-il songer. Visage neutre, son attention se reporte sur le type nu comme un ver et Jed sourit un peu, caché derrière son verre.

Emettant un léger raclement de gorge, pour signaler à sa belle rousse qu’il l’écoute, son regard suit, sans faillir, les pas de l’individu avant de se poser sur elle, en coin, en entendant la suite.. Mais, surtout, en sentant sa main sur sa cuise à travers le jean, son bras dans son dos à elle, appuyé sur le dossier, son pouce qui caresse doucement son épaule. Dans un réflexe qui se voudrait presque conditionné. « Je l’ai pas, non. » N’importe qui se serait surement mordu la langue en s’entendant répondre aussi froidement, mais Jed ne réalise même pas l’intonation de sa voix en répliquant. Ce n’est pas contre elle, encore moins sa question, parce qu’elle ignore tout de ces derniers jours, qu’il n’est pas assez con pour lui rejeter quoique ce soit sur le dos.. Mais sa plaque, c’était un peu sa seule fierté jusqu’à maintenant et savoir qu’elle dort dans le tiroir du capitaine, le temps que le dossier soit classé, ça le fait un peu bouillir. Alors il se venge sur son verre dont il avale une grande gorgée. « Et alors Physalis.. On a comme une petite envie d’aller détrousser des innocents de leurs fringues ? » Dans sa bouche, le terme innocent à quelque chose de sacrément péjoratif; faut dire qu’il l’emploie rarement, voie jamais. Son regard se pose sur Olivia, tournant la tête vers elle, remuant un peu les sourcils, comme pour signaler qu’il est pas conte. Après tout, il s’autorise bien pire que ça comme infraction, en temps normal et sous couvert de son insigne.. Ça changera pas grand chose de le faire tout en sachant qu’il ne l’a pas pour se planquer derrière. Ses yeux glissent, quelques secondes, sur la main d’Olivia qui traine sur sa cuisse, avant de les relever vers ses lèvres.

« C’pas une nouvelle technique pour tenter d’me foutre à poils, quand même.. » Il a encore le souvenir des sources, puis de la douche. Au moins là, il risque pas d’avoir à supporter ses fringues mouillées sur sa peau, c’est déjà ça. Même si Jed a bien envie de lui rappeler qu’elle a pas besoin de grand chose pour qu’il les retire.
Et puis il se mord un peu la lèvre inférieure en glissant sa main sur sa nuque, en se remémorant ce qu’elle porte ce soir, sous sa robe. Frisson qu’il noie d’une gorgée.

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When the night was full of terrors And your eyes were filled with tears When you had not touched me yet Oh, take me back to the night we met

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[Jed] Way down we go
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