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 [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.

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MessageSujet: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Sam 25 Mar - 15:22



Dominical ne devrait pas rimer avec retard.
(D'ailleurs, ça ne rime pas)


Kali-Kiara-Amelia-Trayvon



Il y avait des situations auxquelles il n’était certainement pas possible d’échapper, et auxquelles certaines personnes ne voulaient pas échapper. En même temps, s’en échapper pouvait être très mal interprété… Pour peu qu’on ait l’envie de partir. Les repas de famille en faisaient partie. Pour la plupart des gens que Trayvon avait pu croisé, soit c’était uniquement lors des grandes occasions, soit c’était plus régulier et, bien que passé dans la tradition, ça faisait royalement chier les personnes sensées y participer. Pour Tray, par contre, c’était l’inverse. Jamais il ne se serait permis de couper à ces repas-là, institution quasiment sacro-sainte au sein de leur maisonnée. D’aussi loin qu’il se souvienne, ils s’étaient toujours tous retrouvés autour d’une table avec beaucoup de nourriture entre eux le dimanche midi. Certains y auraient vu une certaine concordance avec le déjeuner dominical d’après-messe, un retour à la famille sacrée, unité inaltérable que des bouquins péteux pas foutus d’avoir du sens balançaient, mais l’intéressé sur qui la narration était présentement centrée était d’un tout autre avis.
Avis simple : s’ils voulaient manger ensemble, ils mangeaient ensemble. Tradition familiale, certes, mais qui n’était pas là à cause d’une quelconque raison, autre que l’habitude.
Et, en général, il valait mieux arriver à l’heure. Simple précaution si vous ne vouliez pas vous prendre des regards de travers. Trayvon s’y connaissait, pour ça : il avait la fâcheuse manie de se lever en retard. Et pas qu’un peu en retard. Le dimanche matin, c’était sacré ! On ne plaisantait pas ! Et ce dimanche matin était encore plus sacré, parce que, pour une fois, il avait pensé à mettre un réveil pour ne pas arriver en retard.
Réveil qu’il avait, par automatisme, désactivé en rentrant chez lui à une heure du matin, en se disant qu’il allait se réveiller, que ça allait le faire…

Il était 12h30 qu’il émergeait à peine de son lit. Il n’avait pas encore ouvert les yeux, mais déjà, il entendait le son du vibreur de son portable,sur sa table de nuit, défiant le cancer. « Gneh. Trayvon Reagan à l’appareil… » fit-il, les yeux toujours fermés. Il connaissait son appartement par cœur. Toujours aveugle, il prit le chemin de sa salle de bain.
 « Tu n’as pas l’impression d’être en retard ? »
Un œil qui s’ouvre. Le soleil qui coule à flots et le fait grimacer. Un regard embrumé vers l’heure sur le téléphone. La voix ? Matriarche toute puissante, il assume, au fond de son esprit.

« Bo…îte de médicaments. J’arrive dans dix minutes. »

Parce que bordel de merde, ça passait moins bien que boîte de médicaments. Sans attendre de réponse, il se jeta dans sa douche pour se passer sous le jet brûlant, lâchant cette fois un juron sans problème. Serviettes, rasoir, pseudo coup de peigne – ça faisait longtemps qu’il avait abandonné, de ce côté-là – et un petit coup d’œil sur ses sms. Vêtements enfilés, on vérifie que la chemise est bien boutonnée et que le pantalon n’est pas enfilé à l’envers.

Dix minutes, vingt-cinq minutes… C’était presque la même, non ? C’était pas si long, de chez lui à la maison familiale, et un dimanche midi, les feux étaient tous verts. Ou oranges. Il se gara rapidement là où il trouva de la place, pas trop loin, et ne prit pas la peine de toquer pour rentrer. La porte était ouverte.

« Je suis désolé, vraiment ! » fit-il d’une voix forte en refermant la porte derrière lui, s’essuyant les pieds. Ils devaient déjà tous être autour de la table. Ca s’appelait la bourde du dimanche, une fois par semestre, et c’était made in Trayvon. « Mon réveil a pas sonné… »
Parce qu’il l’avait éteint, mais ça, ils n’avaient pas forcément à le savoir.

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Mer 19 Avr - 2:20


Appuyée contre le comptoir de la cuisine, la jeune femme regardait sa mère apporter les touches finales au plat principal, son verre de vin à la main. Non, elle ne participait à pas à la préparation des petits plats que confectionnait sa mère. Pas parce qu’elle était trop flemmarde, mais parce sa mère en voulait pas d’aides en cuisine, du moins pas celle de Radha. Selon elle, sa fille  ne savait pas cuisiner et était meilleure hors de la cuisine que dedans. Evidemment, c’était faux. Elle savait cuisiner, elle ne savait tout simplement pas cuisiner avec sa mère qui voulait que tout soit fait comme elle le voulait, qu’on suive ses techniques de cuisson à elle ou qu’on suive ses recettes à elle. Il n’y avait aucune place pour le renouveau lorsque sa mère était au fourneau et bien qu’elles se soient prises la tête plus d’une fois à cause de ça, la brunette devait reconnaître que c’était ce qui lui plaisait le plus dans ces repas de famille. Les saveurs lui rappelaient de celles de son enfance et le fait que sa mère s’occupe de tout, lui rappelait la mort de son père. C’était étrange dit comme ça, mais après la mort de son père ce fut à sa mère de prendre en charge la famille. Certes, elle avait toujours le soutien de Devon qui était devenu le chef de famille, mais c’était surtout elle qui se démenait pour que tout aille bien. Ils étaient déjà une famille soudée de base, mais le fait d’avoir perdu leur père avait donné l’impression à Radha qu’un nouveau lien s’était créé entre eux. Un lien beaucoup plus fort, beaucoup plus présent et beaucoup plus rassurant. Un sourire aux lèvres tandis que son regard se perdit dans le vide, elle revint à elle lorsque sa mère claqua des doigts devant son visage pour la ramener sur terre. Elle secoua légèrement la tête et posa son verre, prenant en main le plat que lui tendait cette dernière pour l’amener à table. « Kali, ramène mon verre s’il te plait. Il est pas encore assez vide pour que je l’abandonne dans la cuisine sans surveillance. » La brunette croisa le regard exaspéré de sa mère auquel elle répondit par un petit rire, avant de se tourner vers sa petite sœur pour lui souffler « mon verre » pour qu’elle comprenne bien qu’elle ne plaisantait pas.

Elle déposa le plat au centre de la table en redressant en passage les verres et les assiettes pour qu’elles soient symétriques au chemin de table qu’elle avait elle-même installée, se prenant une petite remarque de Devon en même temps. Evidemment qu’il ferait une réflexion sur le perfectionnisme de la jeune femme, c’était à lui qu’elle avait demandée de dresser la table et même ça, il n’était pas fichu de le faire bien selon elle. Radha poussa un soupire en prenant place à table juste à côté de sa mère qui se trouvait en bout de table comme à chaque repas, comme si elle présidait la table. Une fois que tout le monde fut assit, elle lança un coup d’œil à la place vide à côté de Devon avant de croiser le regard de ce dernier et d’échanger un soupire entendu avec son frère. Il était en retard, encore. En même temps, que serait un repas de famille sans le traditionnel retard de Trayvon qui devait être encore en train de dormir. D’un geste discret, la jeune femme regarda sa montre à son poignet pour voir de combien de minutes il était en retard cette fois. Alors que sa mère se levait pour aller téléphoner à Trayvon, elle se tourna en direction de Kali rapidement. « Je suis sûre qu’il va prendre la route et qu’il n’aura que 15 minutes de retard cette fois. On ouvre les paris ? Devon ? » Se tournant cette fois vers son aîné pour voir s’il suivait, elle vit qu’il n’était pas très enchanté par ce petit jeu, ce qui était bête étant donné qu’ils faisaient ça presque tous les dimanches. Abandonnant toute tentative de batailler avec sa sœur, Devon misa sur 22 minutes parce que monsieur aimait la précision. Radha se tourna ensuite vers sa petite sœur pour voir ce qu’elle proposait elle, et lorsque les paris furent pris, elle se redressa sur sa chaise en voyant sa mère reprendre place à table.

Ils s’échangèrent des banalités le temps que Trayvon ne se montre, Radha les yeux rivés sur sa montre en voyant bien les autres en faire de même autour d’elle. Lorsque son frère se pointa enfin, elle poussa un soupir en levant les yeux au ciel devant le sourire triomphant de Devon. Non, il n’avait pas gagné non plus mais il était tout simplement content de voir que Radha non plus. « Tu peux être désolé, tu viens de me faire perdre 15 dollars. » Dit-elle d’un air faussement agacé avant de porter son verre à sa bouche pour en prendre une gorgée.

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Mer 19 Avr - 23:26


Le repas dominical, sûrement une tradition présente dans une multitude de pays, était une chose que les Reagan ne pouvait pas louper. De ma vie à New-York, c'était l'un de mes regrets, être loin de ma famille, de nos disputes et de nos rires et de ces moments autour de la table avec ma mère, mes frères et ma soeur. Maintenant que j'étais de retour au bercail, je ne comptais pas déroger une seule seconde à notre traditionnel déjeuner. D’autant qu’après avoir discuté avec ma soeur ainée et ma meilleure amie, il était temps pour moi de prévenir mes frères et ma soeur.
Angoissée ? Si peu ! J’avais passé la nuit à me tourner et me retourner dans mon lit, regardant mon plafond, mon oreiller, mon mur, bref la liste était longue. Et lorsque mon réveil avait sonné, j’avais quitté mon canapé-lit, la mort dans l’âme, les cernes aux yeux et la boule au ventre. Et puis j’avais trainé, regardant les secondes, les minutes, les heures passer, jusqu’à la délivrance à onze trente. Douche, soutif d’une taille supérieure à la normale, culotte gainante, gaine, leggings, chemise empire… D’ici peu, tous ses subterfuges ne fonctionneraient plus. Demain à la même heure, j’entamerai mon deuxième trimestre et il était plus que temps d’avouer la vérité à ma famille.
Arrivée quelque peu en avance, sûrement le stress de l'annonce que j'avais à faire, j'aidais ma mère en cuisine. Enfin aider était un bien grand mot. Je me contentais de suivre à la lettre ses recommandations ce que ma soeur ainée était incapable de faire, préférant boire un verre de vin tout en nous regardant. Je ne pouvais m’empêcher de sourire comme une idiote face à cette scène. La dernière fois remontait à si longtemps que j'en avais honte mais je ne pouvais pas changer le passé, juste faire en sorte que l’avenir soit différent.

- Ton verre est en sécurité avec moi, dis-je à Radha. En même temps, ce n’était que la pure et simple vérité. Sous couvert d’être de garde ce soir, je tournais au jus de fruit accompagné de grenadine, cocktail de mon enfance. J’embarquais donc les deux verres et suivaient les femmes de la famille, m’installant à la place qui était mienne comme tout à chacun.

Et bien sûr comme à chaque fois, digne exemple du cliché sur les noirs, Trayvon se faisait remarquer par son absence.

- Quinze minutes ? Dis-je alors que notre mère venait de raccrocher avec le retardataire. Tu rigoles ou quoi ? Je dis trente minutes. Il dormait, maman l’a réveillée et il faut du temps pour que tout se mette en place là haut !

Oui, j’étais sûr de moi ! Il me restait en tout et pour tout une trentaine de minutes avant de révéler mon secret. Si en prime je gagnais un peu d’argent…

- Par ici la monnaie ! dis-je en tendant le bras pour récupérer les deux petites liasses de billets venant de ma soeur et de mon frère.

- Vous savez ce que je pense des jeux d’argents, dit ma mère tout en embrassant son second fils.
- Ce n’est pas un jeu d’argent maman, juste un pari entre frère et soeurs consentants.

J’adressais un énorme sourire à mes ainés, bien trop fière d’avoir gagné. Plus que l’argent, c’était surtout ce petit côté de moi qui détestait perdre. Enfin bon… J’avais beau faire comme si, je n’en menais pas large. Je cherchais le bon moment pour dire ce que j’avais à dire. Là ? Alors que maman était en train de servir les pommes de terre et que Devon avait un énorme couteau à la main ? Ou là ? Maintenant que Trayvon était en train de porter à ses lèvres un verre ? Evanouissement, main en sang, étouffement… Ok, ne pas voir le pire.

- Est-ce que vous… Vous pouvez. Maman est-ce que tu peux t’asseoir et toi aussi Devon et Tray lâche ton verre s’il te plait.

Je tournais la tête vers ma soeur, histoire de chercher un brin de réconfort. Les mots étaient simples à dire. Maintenant que j’avais leur attention, je ne pouvais plus reculer.

- Je suis enceinte. Ça fera quatre mois demain que je suis enceinte.
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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Lun 24 Avr - 23:28



Dominical ne devrait pas rimer avec retard.
(D'ailleurs, ça ne rime pas)


Radha-Kali-Trayvon


Qu’est-ce que c’était, que trente minutes – plus ou moins, il n’avait pas exactement une montre au poignet, il l’avait oubliée sur sa table de chevet – dans l’immensité de la ligne temporelle de sa vie ? Hein ? C’était rien, peanuts. Alors il pouvait bien être en retard, juste une fois, c’était pas comme si tout allait s’écrouler à cause d’une douche un peu plus longue. Bon, dans la limite du possible, arriver en avance était encore mieux. Qui qu’il en soit, ce qui était fait était fait.
Trayvon était en retard, mais presque là. En somme, il allait essayer de ne pas le refaire, mais le referait sûrement, parce que c’était Trayvon.
A peine eut-il posé son pied dans la demeure familiale qu’il était assailli. Une maman sauvage, presque pas en colère, juste exaspérée par son arrivée. Enfin, pour une fois, il n’avait pas deux heures et demie de décalage par rapport à l’horaire, c’était une amélioration ! Avec un léger soupir, une excuse bidon comme quoi non, il ne le referait plus et une embrassade néanmoins chaleureuse, il était de retour dans ses bonnes grâces. Et de retour à la maison. Comme s’il ne l’avait jamais quittée. L’ambiance autour était comme immuable : chaque dimanche, c’était plus qu’un dimanche. C’était dimanche, traditionnel, valeur sûre, moment figé dans le temps. Une longue succession de moments se ressemblant tous, un Dimanche avec un grand D. C’était Dimanche, la certitude de la semaine à venir qui s’amorçait, le monde qui ne voulait pas encore dévoiler le sinistre lundi.  C’était dimanche.

« La prochaine fois tu m’envoies un message et j’arriverai plus tôt. » dit-il machinalement, avant de se rendre compte que non, ça s’appelait tricher. « Enfin, j’essayerai. Ou peut-être que j’arriverai juste à temps pour avantager Devon, tu sais pas. »
Et, sur cette remarque pour tenter de concilier tout le monde, il posa ses fesses sur un siège.
Au vu du regard que lui lança son frangin aîné, il avait intérêt l’avantager lui, la prochaine fois, s’il ne voulait pas se retrouver avec mystérieusement du coca dans son verre au lieu de son habituel ice tea. Le coca, c’était pas si bon que ça, en vrai.

D’ailleurs, il allait s’octroyer une gorgée bien rafraîchissante de sa boisson glacée pour se récompenser de son arrivée pas si en retard que ça, quand Kali se décida à prendre la parole. Malgré la soif qui commençait à lui racler la gorge au papier de verre, il trouva ça préférable de poser le contenant sur la table, tout comme Devon trouva raisonnable de se rassoir avec leur mère.
Et c’était sans doute la chose la plus sensée à faire.

Présentement, Tray avait trois solutions. Il pouvait demander des explications, la féliciter, lui promettre d’être là à ses côtés et d’aller menacer le futur paternel des pires représailles s’il ne se comportait pas comme il le faudrait. Il pouvait également se dire que Kali leur faisait une blague, même si un rapide coup d’œil à l’extérieur lui fit douter que l’on soit le premier Avril. Ou alors, il pouvait aussi se mettre à regarder le vide pendant trois minutes, à la limite du coma intellectuel.
Devinez quelle solution il avait choisi, vous avez trois minutes.

« Quatre, ça fait quand même moins que neuf. » fut la première chose qui sortit de ses lèvres, après son long moment à vide. Il n’aimait pas être mis au pied du mur, comme ça. Confronté à quelque chose à laquelle il ne s’attendait certainement pas, il ne trouvait pas d’échappatoire. Parce que ça concernait Kali, parce que son cerveau bloquait, il tournait à vide.Parce que merde, un bébé, ça n’existait pas encore dans son monde : c’était trop petit, trop bizarre. Ca ne collait pas à l’image qu’il avait de sa sœur, elle encore enfant dans ses propres yeux.
« Et genre et… Et sinon…  C’est… Wow… »

Il se força à respirer, lentement. Il sentait ses émotions lui échapper, et il ne voulait certainement pas faire du mal à Kali en lui faisant croire que…
Il jeta un coup d’œil alentour, pour voir si sa mère était entrain de faire une crise cardiaque – non, ça allait –, ou si Devon était aussi choqué que lui – il l’était –. Et puis ses yeux s’égarèrent sur Radha. Quelque chose, une intuition, pas plus. Un regard, qu'il avait cru voir.
« … Sinon, on est les premiers à le savoir ? A part le personnel médical ? Et le paternel ? »

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Mer 26 Avr - 22:43


Un soupire traversa les lèvres de la jeune femme tandis qu’elle se levait  de table pour aller récupérer l’argent qu’elle devait à sa sœur, dans son porte monnaie. Elle avait bien entendu le soupir de sa mère et même sentit le regard furieux de cette dernière lorsqu’elle quitta la table, mais elle revint rapidement pour l’entendre pester à voix haute sur ce qu’elle qualifiait en général de honteux. Malheureusement pour elle, ça ne suffisait à stopper les enfants Reagan lorsqu’il s’agissait de se livrer à ce petit jeu. Concernant Radha, elle n’aimait pas perdre mais subissait des défaites plutôt écrasantes depuis déjà trois semaines et s’était fixée un point d’honneur à lancer les paris tous les dimanches jusqu’à ce qu’elle gagne au moins une fois. Malgré ce que Devon et Kali pouvaient penser, elle savait qu’ils aimaient bien ce petit jeu parce que l’expression de déception sur son visage à chaque fois leur était jouissive. Elle vit le sourire en coin sur le visage de Devon lorsqu’elle glissa les billets à sa petite sœur ce qui lui un énième soupir. « Oui enfin, consentants certes mais là ça relève un peu à du vol. » Lança la brunette qui avait regagné sa place avant de lancer un regard à Trayvon qui avait prit la parole. Découvrir qu’il était de mèche avec les deux autres ne l’étonnerait même pas à ce stade, ils passaient tous les trois leur temps à l’embêter et elle leur rendait bien. « C’est bien dommage que tu t’allies contre moi tu sais, t’aurais pu toucher un pourcentage. » Elle haussa doucement les épaules, notant dans un coin de son cerveau l’idée de créer une alliance.

Au moment où sa petite sœur demanda l’attention de toute la famille, Radha qui n’était pas en reste posa son verre sur la table pour se tourner vers la jeune femme qui avait une annonce à faire. Elle se doutait bien de ce que c’était et croiser le regard de cette dernière confirma la pensée de l’avocate. D’un geste doux et rassurant, elle posa sa main sur la sienne et hocha la tête doucement pour l’encourager à faire son annonce. « Ca va aller. » Souffla-t-elle alors qu’elle pressa un peu plus sa main contre celle de la jeune métisse. Un énième regard entendu, un petit sourire qui se voulait rassurant et elle se lança alors que la jeune femme détournait son regard de Kali pour observer la réaction des membres de sa famille autour de la table. Devon qui s’était assit, fixait Kali d’un air tellement sérieux que même si elle essayait, elle ne saurait deviner ses pensées. Il n’avait pas lâché qu’il avait dans la main et sans savoir pourquoi, c’était là-dessus que s’était attardé la brunette. Son aîné n’était pas violent et ça elle le savait, mais ce dont elle redoutait c’était sa réaction à toute l’histoire. Elle-même lorsqu’elle apprit la nouvelle, ne savait pas trop comment réagir. Elle avait commencé par la féliciter avant d’apprendre que le père ne voulait pas entendre de l’enfant, et par conséquent de s’énerver. Elle n’en avait pas dit plus et même si Radha avait essayé de la questionner à plusieurs reprises sur l’identité du père, elle était toujours restée silencieuse sur la question en arrivant à éluder ses questions à chaque fois. Si elle avait pu canaliser sa colère pour rassurer sa petite sœur, elle n’était pas sûre que Devon puisse en faire de même, du moins pas à chaud même si elle se doutait bien qu’il finirait par faire comme elle. Elle croisa son regard et ils n’avaient pas besoin de mot pour communiquer. Il comprit immédiatement qu’elle était au courant. Elle vit sa mâchoire se serrer et sentait bien qu’il essayait de se contenir pour ne pas s’emporter contre leur petite sœur, et le regard insistant de la brunette qui avait froncé légèrement les sourcils pour qu’il comprenne qu’elle ne voulait pas de scandale y était peut-être pour quelque chose. Lorsque Trayvon brisa le silence qui s’était installé à table, l’avocate tourna la tête ne pouvant s’empêcher de sourire face à la réaction de ce dernier. « C’est ça, c’est moins que neuf. » Répéta la jeune femme pour essayer de relativiser à son tour en reportant aussitôt son regard sur son aîné.

La question de son petit frère l’obligea cependant à tourner la tête à nouveau dans sa direction, sentant bien qu’elle lui était en réalité adressée. « Kali est venue m’en parler il y a déjà un petit moment, donc si ta question est de savoir si j’étais au courant alors la réponse est oui. » Elle n’eut pas le temps de dire autre chose que leur mère qui était restée silencieuse depuis l’annonce qu’avait faite sa sœur, s’était soudainement levée de table en adressant un regard furieux à Kali avant de quitter la pièce. « Maman, s’il te plait… » Essaya Radha en ne cachant son pas sa déception face à son comportement, mais en vain. « Tu veux que j’aille lui parler ou tu t’en charges ? » S’enquit la jeune femme qui n’avait toujours pas détourné les yeux de la porte qu’avait traversé sa mère pour quitter la pièce.

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Dim 30 Avr - 20:48



La bombe était lancée. La première réaction fut celle de Tray. Notre relation avait toujours été particulière et je savais qu’il risquait de se sentir trahi. La question qu’il posa allait d’ailleurs dans ce sens. Il n’était pas le premier à être au courant. Pour le coup, je remerciais le ciel d’avoir une soeur comme Radha. Cette dernière répondit à la question de notre frère ne me laissant pas me débrouiller toute seule. Je regardais les membres de ma famille, la boule au ventre. Si Tray avait réagit de manière verbale. Devon et ma mère semblaient en proie au mutisme le plus totale. Le premier se contentait de faire tourner le contenu de son verre en regardant droit devant lui alors que la seconde était totalement sous le choc.

- Le principale c’est que vous soyez au courant non ? dis-je avec un sourire pour détendre l’atmosphère. Sourire que je perdis aussitôt lorsque ma mère quitta la pièce, malgré l’appel de mon ainée.

Cette dernière me questionna sur la marche à suivre. Devait-elle y aller ? Je n’en savais foutrement rien. Ou du moins si. En tant qu’adulte responsable, je devais aller trouver ma mère pour avoir une discussion avec elle. Mais je ne voulais en aucun cas avoir cette conversion à trois reprises ou avoir leurs reproches en différés.

- J’y vais, dis-je en me levant, direction la cuisine où ma mère s’était, à mon avis, réfugiée.

Effectivement, je la trouvais dos à la porte, à travailler sur le plan de travail. Je levais les yeux au ciel mais cherchais néanmoins les mots pour ne pas empirer la situation.

- Ecoutes Maman, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. J’ai vingt-cinq ans, je m’assume financièrement et je veux de ces bébés.

Ma mère se retourna si vite que j’eus presque le tournis en la voyant faire. Son regard noir me transperça tant et si bien que je pris quelques secondes avant de comprendre ma faute. Merde.

- Pardon ? « Ces bébés » ?! hurla-t-elle si fort qu'à tous les coups ma soeur et mes frères l'avaient entendue.

Bravo à moi et ma capacité à arranger les situations. Cette fois je ne dis rien, incapable de savoir ce qui pouvait être acceptable ou pas. Par dessus tout, je redoutais les questions sur le père de mes bébés. Je devais mentir, faire passer l’homme que j’aimais pour un parfait connard et passer sous silence que j’étais « l’autre femme ».

- S’il te plait maman…
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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Dim 30 Avr - 23:10



Dominical ne devrait pas rimer avec retard.
(D'ailleurs, ça ne rime pas)


Radha-Kali-Trayvon


Au fond, que cherchait-il, dans la réponse de sa sœur ? La confirmation du regard, de leurs gestes échangés, de toutes ces choses qui étaient aussi criantes de vérité que les mots que Kali pourrait prononcer ? Ces signes que, aveugle, il n’avait pas su remarquer ? Ils étaient les derniers à le savoir. Pire encore : Trayvon n’était pas le premier. C’était une atteinte à son orgueil qu’il savait bien caché ; une atteinte à leur vie passée ensemble ; une atteinte à un futur qui aurait pu se passer autrement, à un présent qui désormais même dans les yeux de l’homme se morcelait. Là où Devon restait silencieux face à la nouvelle, là où leur mère ne semblait même pas se rendre compte du temps qui passait, Trayvon avait besoin de parler.
De dire, n’importe quoi, de s’exprimer, de hurler, de laisser des sons s’échapper. Et pourtant, rien ne pouvait sortir : comme des bulles qui se coinceraient dans sa gorge, des bulles d’un acide brûlant, les mots étaient là. Ils voulaient juste exploser en lui.
Sa mère, leur mère, sortit de sa transe assez rapidement pour, à la suite d’une remarque de Kali, s’isoler dans la cuisine comme elle le faisait quand elle avait besoin de se recentrer. Tray, quand à lui, avait besoin de respirer. Il se leva de table aussi pour aller ouvrir la fenêtre, regardant le vent pousser doucement les arbres. Il n’y avait personne. Carte postale figée.
Comme tous les dimanches.

Non, ce n’était pas comme tous les dimanches. Il sentait monter en lui le besoin de se réjouir tout comme celui de pleurer. De sauter de joie et d’aller mettre des coups dans les murs de sa chambre, comme il le faisait, adolescent, à en faire saigner ses jointures. Tourbillon. Le silence qui s’était imposé dans la salle était un silence lourd et pesant, de ceux qui accompagnent le pire.
Ou tout du moins, l’annonce non-espérée, qui fit définitivement plonger Trayvon dans l’abîme sombre de sentiments entremêlés au bord duquel jusque là il ne faisait que danser.
Putain, mais deux, c’était plus que un.

Il réagit immédiatement, autant pour sa mère que pour Kali : Devon semblait prêt à se taper la tête contre son assiette, ou à vouloir faire quelque chose avec son couteau, on ne savait pas bien. Jetant à peine un coup d’œil vers Radha – pour qui la rancœur qu’il avait allait s’éteindre très bientôt, ce n’était que poussière dans le vent – il se précipita vers la cuisine, empêchant la porte de claquer sur son passage.
Il arrivait pile au bon moment. Avant la crise cardiaque.
«  Maman, pas besoin de crier. On est tous… Choqués, d’accord ? »  fit-il en se rapprochant d’elle doucement, sans pour autant la toucher. « Mais s’il te plaît, respire et évite de crier. Kali est bien assez stressée comme ça pour nous l’annoncer, et toi tu te fais autant de mal qu’elle, elle s’en fait, à elle et au bébé. »
Il avait osé tourner la tête vers Kali, pour lui faire un petit sourire qui était loin d’être faux. Il ne lui pardonnait pas, mais pour l’heure, ce n’était pas grave. Il ne voulait pas que l’une ou l’autre tombe dans les vapes à cause du stress. Voire pire.

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Lun 1 Mai - 1:49


Les yeux de l’avocate n’avaient pas quittés la porte et un soupire traversa ses lèvres une énième fois. Elle ne savait même pas pourquoi est-ce qu’elle faisait les surprises quant à la réaction de sa mère. Elle la connaissait depuis le temps et même si elle était ouverte sur certains, elle n’appréciait pas non plus ce genre de surprise. Ce qu’elle comprenait totalement. Elle avait elle-même était chamboulée par la nouvelle mais elle avait décidé de prendre sur elle parce que sa petite sœur avait besoin d’elle. Parce que si après avoir apprit la nouvelle elle ne se sentait pas bien, elle ne voulait et ne pouvait même pas imaginer ce que ça devait être pour Kali. Se tournant vers sa jeune sœur pour voir si elle devait prendre le relais, elle hocha simplement la tête lorsqu’elle lui répondit qu’elle irait lui parler elle-même. C’était peut-être la meilleure chose à faire, après tout c’était son moment. Après qu’elle se soit levée de table, ce fut au tour de Trayvon d’en faire de même en allant se poster à la fenêtre pour prendre l’air. Les seuls autour de la table étaient Devon et Radha. La jeune femme avait reporté son regard sur son aîné qui n’avait toujours pas dit un mot et qui fixait la jeune avocate à son tour au point que leur deux regards s’accrochèrent pour ne plus se lâcher. Elle n’affichait aucune expression particulière et gardait son sérieux, tout comme son frère qui devait sûrement bouillir intérieurement pour ne pas exploser. « Tu le savais. Et tu ne m’as rien dit. » Avait-il finalement lâché d’un ton de reproche, brisant au même moment le court silence qui s’était installé. « Ce n’est pas moi qui suis enceinte que je sache, je ne vois donc pas pourquoi est-ce que j’aurais dû te dire quoi que ce soit. » Elle n’avait pas quitté son frère des yeux, oubliant un moment même que Trayvon était encore dans la pièce sûrement prêt lui aussi à hurler pour extérioriser ce qu’il ressentait. En réalité, la brunette ne se faisait pas de souci pour ce dernier, celui dont elle se souciait c’était surtout de la réaction de Devon qui était beaucoup trop calme pour que cela présage quoi que ce soit de bon. A sa réponse, il avait seulement lâché un petit bruit, sûrement agacée de la réponse de la jeune femme. Elle savait qu’il était en colère contre elle. Oui, même si c’était Kali qui était enceinte et qui n’avait rien dit, c’était à Radha qu’il en voulait parce qu’elle le savait et qu’il ne lui avait rien dit alors qu’elle en avait eu l’occasion des centaines. Il devait sûrement être un peu en colère contre Kali – et surtout choqué – mais entre Radha et lui c’était comme un pacte non formulé qu’ils s’étaient passés il y avait déjà des années. Ils devaient veiller les uns sur les autres et eux étant les plus vieux, toujours avoir un œil sur les deux jeunes. Elle avait remplit sa part du contrat, peut-être pas avec brio parce qu’elle savait qu’elle n’était certainement pas la sœur parfaite, mais au moins elle n’avait pas trahit la confiance de Kali et actuellement c’était tout ce qui lui importait.

Elle dû décrocher son regard de ce dernier en entendant la voix de sa mère se lever dans la cuisine. C’est bon, elle venait d’apprendre qu’il n’y avait pas un mais deux bébés. Dieu merci elle n’en attendait pas huit parce que vu le cri qu’elle venait de pousser, elle aurait fait une syncope la pauvre. Radha et Devon se levèrent en même temps et tous les trois se dirigèrent vers la cuisine pour retrouver les deux femmes. D’un pas lent et assurée, la brunette se rapprocha de sa sœur et posa une main rassurante sur son épaule pour lui signaler qu’elle n’était pas seule dans cette épreuve. Elle lui adressa un mince sourire avant qu’il ne s’agrandisse en entendant les paroles de Trayvon. Lorsqu’elle croisa le regard de ce dernier, elle lui souffla un « merci, love you » du bout des lèvres sans émettre un seul son, sachant très bien qu’il saurait lire sur ses lèvres. Devon qui avait décidé de se montrer beaucoup moins conciliant – mais qui avait tout de même lâché son couteau – était appuyé à la chambranle de la porte, les bras croisés sur sa poitrine comme s’il mettait une certaine distance avec ce qu’il se passait dans la cuisine. « Tu as d’autres surprises dans ton sac ? On peut au moins savoir qui est le père ? » A cette question, Radha se tourna vers Devon en fronçant légèrement les sourcils pour lui montrer sa désapprobation. « Sérieusement ? Tu ne peux pas la laisser respirer, même pas deux minutes ? » il avait décidé d’être enquiquinant jusqu’au bout, visiblement. « Elle a eut quatre mois pour respirer. » Répondit-il d’un ton sec, avec l’approbation de sa mère qui s’était fait entendre par un « mmh mmh » en fond sonore.

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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Jeu 11 Mai - 7:09

J’étais partie en guerre. Ce n’était pas un euphémisme, non. La pure et simple vérité tout bonnement. Ma mère était sans contexte celle qui le prenait le plus mal ce que je pouvais aisément comprendre. Pourtant je ne pouvais m’empêcher de penser que si j’avais été en couple, les choses auraient été différentes. Ma famille m’aurait embrassée pour me féliciter. Mais là… Trayvon avait choisi le bon mot. Ils étaient tous choqués et même s’il était abusé de ma part de leur en vouloir, je ne pouvais m’empêcher de ressentir cette petite pointe de colère.

Je poussais un soupir en entendant Devon et Radha rentrer. Le premier semblait lui aussi en colère. La seconde était mon pilier et lorsqu’elle posa sa main sur mon épaule, signe qu’elle m’apportait son soutien, je la caressais du bout des doigts. Deuxième soutien que je n’espérais plus, Tray. Son sourire me réchauffa le coeur et je lui rendis la pareille mme si je savais que je devrais me faire pardonner cet affront.

Mais une bataille après l’autre.

- Laisses Radha, dis-je à ma soeur alors qu’elle prenait à nouveau ma défense face à un Devon qui ne comptait pas lâcher le morceau. Le père ne veut rien à avoir dans cette histoire et je…

- Pardon ? Tu as été assez stupide pour choisir un homme qui n’assumes pas ?

Ces mots me vrillèrent le coeur. Parce qu’au fond il avait raison. Quant bien même Hazel n’était pas au courant de cette grossesse, il n’assumait pas notre relation. Il aurait pu, non il aurait dû dire adieu à son monde royal pour se concentrer sur nous. A la place il avait épousé une autre femme, faisant de moi sa maitresse. Oui Devon avait raison et cette dure vérité me fit verser quelques larmes que j’essuyais rageusement. Un soldat ne pleure pas, n’est-ce pas ?

- Tu ne fais jamais d’erreur toi peut-être ?

Je risquais d’emprunter un chemin dangereux mais c’était plus fort que moi. Je détestais cette façon qu’il avait de gérer mes aveux. A l’écouter, lui était parfait, autant que l’enfant qui venait de naitre. Je n’oubliais pas tout ce qu’il avait sacrifié pour nous mais je ne voulais pas qu’il oublie également ce que nous avions sacrifié pour lui.

- Devon Reagan, chef de la police, l’homme parfait a une soeur enceinte et célibataire ! Ça fait tache dans le dossier immaculé et blanc comme neige n’est ce pas ?

J’avais choisi mes mots avec soins, plaisir malsain à jouer sur les doubles sens, lui rappelant qu’il n’était pas si parfait. C’était mal, méchant et sans doute pitoyable mais c’était ma façon à moi de me défendre.

- Tu es injuste reprit ma mère. A croire qu’ils se passaient le relais dans leur lutte contre moi. Tu agis comme si c’était de notre faute !

- Mais c’est la faute de personne ! dis-je en augmentant le son. D’accord ? J’aimais cet homme et…
- Et il ne t’aimait pas ! hurla-t-elle plus fort

Ok. Je fermais les yeux quelques secondes avant de m’avouer vaincue. Sans un mot de plus, je quittais la pièce. J’avais besoin d’air.
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MessageSujet: Re: [Regans]Dominical ne devrait pas rimer avec retard. D'ailleurs, ça ne rime pas.   Jeu 11 Mai - 18:59



Dominical ne devrait pas rimer avec retard.
(D'ailleurs, ça ne rime pas)

Radha-Kali-Trayvon


Sa mère, leur mère, le désespérait des fois. Il avait, pour sa famille, la plus tendre et la plus adorable, presque candide, des affections. De cela, il ne pouvait se cacher. Toujours Travon tenterait de les défendre et de s’assurer qu’ils ne finissaient pas blessés – mentalement, moralement ou physiquement –. Sauf que là, dans ce cas précis, cas où sa sœur avait déjà du mal et où Radha elle-même tentait de ne pas envenimer la situation, Trayvon commençait à se dire que sa mère était quand même un peu trop hystérique à son goût. C’était compréhensible, ça allait de soi : sa fille venait de lui annoncer des jumeaux. Eh bien, elle aurait dû être heureuse, elle allait être grand-mère, vu qu’apparemment ça ne viendrait pas de Devon de suite, ni de Radha. Et puis lui, il fallait quand même dire que ça allait être compliqué de lui expliquer que malgré ses nombreuses fréquentations il ne risquait pas d’avoir un gosse pour l’instant. Donc oui, selon Tray, leur mère n’aurait pas du réagir comme ça. Etre surprise, ne pas savoir, oui. Bugger, à la limite, comme eux.
Mais être à la limite de la crise cardiaque ?
Tray ne la comprenait pas… Et ne voulait pas la comprendre. Alors qu’elle tentait de faire une remarque, Devon avait pris bon de prendre la parole. Le jeunot craignait son propre grand frère : il savait combien celui-ci pouvait avoir la rancune plus que tenace.. Et être blessant, quand il le voulait. Même quand il ne le voulait pas.

La réponse de Kali n’aida en rien, et Tray ne put qu’assister, spectateur, à une altercation entre eux. Une part de lui, désespérée, voulait plus que tout apporter son soutien à sa petite sœur. Une autre lui assurait que Devon était juste, qu’il faisait ça par peur pour elle. Et une dernière, la plus petite, lui disait de se taire. Kali était lancée, et vite, Devon allait se retrouver criblé de piques acérées, milliers de mots lancés par sa jeune bouche.
« Kali, n’envenime pas la situation. » finit-il par souffler en voyant leur aîné se tendre visiblement. Ses mains sur ses avant-bras ses crispèrent, et il se mit à regarder leur mère pour approuver ses mots. Le ton monta à nouveau, et quel pouvoir avait-il, dans cette cuisine ? Ils jouaient à celui qui blesserait le plus l’autre, celui qui hurlerait le plus fort. Quand on était muet, on ne pouvait rien faire.

« C’est ta fille, maman. Elle n’a rien fait de mal et tu réagis comme si elle venait de t’annoncer qu’elle avait… Je sais pas. Quelque chose de plus grave que de donner la vie. »
Il était déçu. Tellement déçu. Il se retourna vers la porte par laquelle Kali avait quitté la pièce, mais Devon le retint par l’épaule.
« Laisse-moi. »
Mouvement brusque. Prise qui se raffermit.

« Laisse-la réfléchir à ses actes seule.
-Ce n’est pas une enfant, Devon ! Elle a pas renversé un pot de fleurs sur le sol, ou cassé une vitre ! Elle a choisi ça !
- Elle a donc choisi de nous faire du mal consciemment, c’est ce que tu me dis ? »
Inspiration. Mouvement de la tête, alors qu’il le repousse franchement.
« Je dis qu’elle n’a pas de personne sur qui compter, à part nous. Et toi, bien sûr, qu’est-ce que tu fais ? Tu lui balances que le géniteur n’avait pas le courage de s’assumer ? » Un silence passe. « C’est toi qui n’a pas les couilles d’assumer de l’aider. Compte pas sur moi pour faire la même chose. »

Il s’éloigna de la cuisine en regardant de partout, inquiet. Le repas attendait, vestige d’une bataille, sur la table. Et lui, là, il se dirigeait vers l’extérieur en espérant trouver Kali. Même s’il était choqué, même s’il ne supportait pas l’idée d’avoir été mis en arrière, il avait tenu tête à celui qu’il estimait le plus pour elle. Il ne la laisserait jamais partir, ne la laisserait pas seule dans cette épreuve. Et Devon pouvait bien râler et pester, et leur mère réagir comme une arriérée du siècle dernier. Il ne la laisserait pas.
« Kali ? » Appela-t-il au hasard, au détour de la maison, jusqu’à la porte d’entrée. Il espérait qu’elle n’était pas déjà partie. Ils avaient beau être proches, il n’avait pas non plus un sens magique de l’orientation qui lui indiquerait où elle était.

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