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 On the run || ft. Titi

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MessageSujet: On the run || ft. Titi    Dim 2 Avr - 22:52



L’ennuie. Un mot que Naina connaissait bien. Elle s’étonnait elle-même de voir à quel point elle pouvait se faire chier, à chaque fois qu’elle pensait avoir touché le fond elle découvrait un nouveau seuil de médiocrité. Bien sûr elle avait essayé de se trouver une occupation mais sans pour autant quitter les murs de chez elle, pas qu’elle ne désirait pas qu’on la voit, mais son père qui mettait un point d’honneur à ce qu’elle ne fasse pas de bêtise, était beaucoup plus rassuré de savoir qu’elle était chez elle où les dégâts étaient limités. Ce qu’il ne savait pas c’est qu’elle n’avait pas besoin de sortir de chez elle pour créer des catastrophes. Bon, pas aussi conséquentes que si elle sortait pour détériorer les biens publics, mais des bêtises quand même. Dernièrement elle avait essayé de voir ce qui tombait le plus vite entre une pastèque et un œuf, oui comme les expériences pour enfant qu’on voyait à la télé. Pour la pastèque ça avait été un succès, enfin du moins de son avis. Elle n’avait fait aucun calcul ou une approche scientifique quelconque, elle s’était juste rendu compte qu’elle gardait une pastèque qui commençait à pourrir dans sa cuisine et avait cherché le moyen le plus drôle pour s’en débarrasser. Pour l’œuf ce n’était pas la même histoire, elle avait juste trouvé ça drôle de balancer des trucs par la fenêtre et avait balancé  une boite entière d’un coup. C’était d’autant plus drôle quand elle s’est rendue compte que son voisin qu’elle n’appréciait pas vraiment passait sous sa fenêtre au même moment. Lorsqu’elle entendit crier, elle s’était approchée de la fenêtre pour voir avant de se jeter au sol en priant pour qu’il ne l’ait pas vu. Manqué, il l’avait vu et était venu sonner à sa porte mais elle avait fait la morte. Lentement, l’Indienne avait rampé sur le sol de peur qu’on n’entende ses bruits de pas et avait cessé de respirer en entendant la poignée de la porte se tourner. Heureusement qu’elle prenait toujours soin de fermer sa porte à clefs.

Quoi qu’il en soit, après cette expérience la brunette avait décidé de se lancer dans une collection de cactus. Pourquoi ? Mais parce qu’elle se faisait chier enfin. Et aussi parce qu’elle s’était rendue compte que la plante qu’elle arrosait depuis des semaines était une plante en plastique, du coup comme nouveau projet elle s’est donnée ce mois-ci d’avoir une collection de cactus. Le mois prochain sait-on jamais, elle pourrait se décider de se lancer dans une collection de tongs.

Entre temps, ce qu’il y avait de nouveau dans sa vie mis à part ses cactus est le fait qu’elle soit rentrée en contact avec Tiziri. Une enseignante qu’avait connu Aditiya, son grand-père. Elle avait d’ailleurs eut des nouvelles de ce dernier qui l’appelait souvent pour s’assurer qu’elle aille bien et surtout essayer de la convaincre de parler. Elle avait beau l’adorer, ces derniers temps elle filtrait ses appels pour ne pas avoir à l’entendre avec ses espoirs qu’elle arriverait à se sortir de cette situation. La brunette savait très bien que ce n’était pas le cas et elle essayait de le préparer à cette éventualité, mais en éternel optimiste lorsqu’il s’agissait de sa petite fille qu’il aimait malgré tout ce qu’elle avait pu faire, il ne voulait rien entendre. A chaque fois qu’ils raccrochaient, Naina ne pouvait s’empêcher de noter la différence entre son père qui se démenait pour la sortir de là juste pour ne pas salir sa réputation, et son grand-père qui se souciait sincèrement d’elle. Elle venait d’ailleurs de l’avoir au téléphone et comme à chaque fois, il n’a pas manqué de lui rappeler qu’elle devait penser aux conséquences de ce que son silence entraînait. Comme sauvée par le gong lorsque la porte sonna et qu’elle fut obligée de se lever pour aller ouvrir. Au moment où elle posa le combiné, elle se fichait bien de savoir si c’était son voisin qui venait la voir pour l’histoire de l’œuf reçu sur la tête ou autre, elle se sentait juste sauvée de ne pas avoir à poursuivre cette conversation. « Bonjour. » Dit-elle en ouvrant la porte en grand avec un sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Lun 17 Avr - 23:12

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Trois semaines. Trois interminables semaines qu'elle avait débarqué en ville, sac sur l'épaule, trois visage basanés accrochés à elle, lorsqu'elle peinait déjà à se demander ce qu'il allait bien pouvoir advenir de la femme qu'elle avait laissé là bas, de l'autre côté de l'océan, dans un pays à feu à sang, où reposait pourtant les âmes de ceux qu'elle aimait.
Elle s'interrogeait parfois ; avait-elle fait une connerie en venant jusqu'ici ? N'aurait-elle pas mieux fait de rester dans son pays, d'y mourir, tout comme eux... d'y rester quoi qu'il lui en aurait coûté. Qu'avait-elle à faire ici... ? Qu'avait-elle encore à offrir ? Et pourtant. Elle était là, et personne ne l'y avait forcée. Alors elle faisait avec. Un nouveau pays. Une nouvelle culture. Des rues grouillant de monde, ces regards qui se retournaient sur son passage, leurs yeux reflétant les milliers de questions qui hantaient leurs pensées malsaines, leurs esprits trop curieux, intrusifs. Tiziri elle n'avait jamais aimé cela, être passée au scanner. Et personne ne l'avait jamais réellement connue, pas même son défunt mari, qui avait pourtant été le premier à voir à travers elle, à voir au delà de la fille élevée pour devenir une parfaite petite maîtresse de maison obéissante et naïvement effacée. Il lui avait donné sa chance, l'avait considérée comme son égal.

Et aujourd'hui qu'était-elle ? A devoir tout reprendre de zéro. A ne même pas pouvoir se raccrocher aux souvenirs des pierres, du sable sous ses pieds, des odeurs dans le vent... Tout ici sentait différemment. Tout était différent. Le bruit des bombes, devenu familier, ne la gênaient qu'en rêve, mais parvenaient rarement à couvrir les pleurs du bébé. Les fragrances des résine et de bois avaient remplacées le parfum saturé de la poudre et du souffre. Ici, la paix régnait. Mais dans le coeur de la jeune femme, tout n'était que chaos, depuis bien longtemps déjà...

Elle n'était pas chez elle. Pas à sa place. Elle ne le serait jamais. Et puis un jour, elle avait croisé le regard de Naina Patel. Et étrangement, une sensation d'apaisement l'avait envahie. Lorsqu'elle regardait la famille syrienne avec qui elle vivait, elle voyait la mort, le désespoir, leur vie brisée. Mais quand elle parlait avec Naina, quand elle plongeait dans ses yeux sans fond, elle voyait Aditiya, la confiance, par delà l'Atlantique... Elle ne l'avait pas tellement revue depuis cette première fois... Elle avait du gérer son installation, jongler entre les nuits sans sommeil, le mal du pays qui ne cessait de la ronger, ses sombres souvenirs qui refusaient de disparaître, son nouveau job, ses responsabilités... Elle faisait beaucoup, souvent volontairement, pour ne pas se laisser le temps de penser, simplement parce que c'était trop douloureux, ou trop difficile.

Ce jour là cependant, elle se sentait mieux. Plus sereine. Ses premiers jours de cours s'étaient plutôt bien déroulés et elle était heureuse de pouvoir travailler, et faire quelque chose qu'elle appréciait. Les élèves n'avaient pas été aussi odieux qu'elle s'y était attendus, certains s'étaient même montrés réellement curieux à propos de son histoire. Et étrangement, elle n'avait pas été gênée de leur en dire plus.
Elle venait de terminer sa journée, et il était encore tôt. La journée allait être longue si elle ne s'occupait pas. Elle avait pris le chemin de la maison lorsqu'elle était passée devant celle de Naina. Elle s'était stoppée, hésitante. Pouvait-elle se permettre d'aller l'emmerder sans une raison valable ?

Tiziri n'était pas du genre à tergiverser mille ans. Elle avait soupiré et s'était avancée pour sonner chez son amie. La jeune indienne n'avait pas tardé à venir ouvrir, et voir son visage familier et rassurant avait immédiatement arraché un sourire à l'enseignante.
« Patel. Désolée de te déranger. » Était-elle réellement occupée ? Tiziri en doutait, pour la connaître un peu. Naina avait réécrit la définition du mot ennui. La Libanaise continuait à sourire. « Je peux rentrer ? Envie pressante. » Dis comme ça, on aurait pu croire à une excuse pourrie, mais à bien y songer, elle avait peut-être bien vraiment besoin de se vider la vessie.


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Tiziri Darwich ☽ “I’m selfish, impatient and a little insecure. I make mistakes, I am out of control and at times hard to handle. But if you can’t handle me at my worst, then you sure as hell don’t deserve me at my best”
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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Mer 19 Avr - 18:06


Le sourire déjà collé aux lèvres en ouvrant la porte, il s’agrandit encore plus lorsque Naina vit la personne qui se tenait derrière la porte. Tiziri. C’était bien l’une des rares personnes que l’Indienne appréciait de fréquenter ces derniers temps. Prise au piège dans cette ville où elle ne connaissait personne, elle ne s’était pas donnée la peine d’aller vers les gens pour essayer de faire leur connaissance, parce qu’ils s’arrêtaient de toute façon à son bracelet qui en disait sûrement plus long que des mots. Dommage pour ces personnes qui ne connaitront jamais la version de la Patel qui était beaucoup plus amusante que la version officielle que renvoyait ce bracelet. De toute façon il scellait sa condamnation et avec la jeune femme qui refusait de parler, ça n’arrangeait pas son cas. « Darwhich. » Se contenta de dire la brunette en ramenant ses bras sous sa poitrine. Elle s’écarta du passage sans en dire plus pour répondre à la question de l’enseignante. Bien sûr qu’elle pouvait entrer et à ce stade elle pouvait même venir habiter chez elle, elle se ferait sûrement moins chier que ces derniers jours. Il ne fallait pas croire, l’Indienne avait beau faire la fière et la forte, même sa collection de cactus commençait à la fatiguer et à l’ennuyer. Peut-être devrait-elle essayer d’y mettre le feu pour faire des expériences. Au nom de la science quoi. De plus, elle était en présence d’une enseignante, c’était là synonyme de personne cultivée donc elles pouvaient toujours le faire à deux cette petite expérience. « Tu traverses le couloir et c’est la première porte à droite. » Elle referma la porte derrière elle non sans jeter un coup d’œil dehors, ne sait-on jamais si son voisin était là à attendre qu’elle sorte pour lui balancer un œuf en pleine tête pour se venger. Rien à signaler, elle pouvait fermer la porte en paix. « Fais pas attention aux cactus dans les toilettes, j’essaie une nouvelle déco. » Hurla-t-elle à travers la pièce à l’attention des toilettes dans l’espoir que la jeune Libanaise l’entende.

Elle se dirigea vers la cuisine et s’assit sur le comptoir en ramenant sa cheville avec le bracelet près d’elle, et avec l’aide d’une fourchette en plastique, commença à se gratter. On peut bien se moquer, mais c’était la seule technique qu’elle avait pu trouver pour arriver à soulager cette zone sans se faire mal. Ses doigts étaient beaucoup trop gros pour passer sous le bracelet et depuis la dernière fois, sa seule peur était de le faire sonner à nouveau. Avec le recul, autant elle était fière de sa bêtise en voyant que son bracelet avait réagit à son petit test, autant elle ne tenait pas vraiment à retourner au post pour devoir expliquer pourquoi est-ce qu’elle avait  fait sonner son bracelet. « Je suis dans la cuisine. » Hurla à nouveau l’Indienne en entendant des pas se rapprocher, à défaut de ne pas avoir entendu la chasse d’eau. Ne levant même pas la tête en direction de son amie, elle continuait de se gratter la cheville du mieux qu’elle pouvait, croisant tout de même un instant son reflet dans le grille-pain à l’opposé d’elle. Elle avait l’air d’une folle ou d’une débile à se gratter avec sa fourchette. Et le pire c’était que plus elle grattait et moins elle avait l’impression de se soulager. « Saloperie de bracelet. T’aurais pas la clef de ce truc pour que je puisse l’enlever à tout hasard ? » Dit-elle sur le ton de la plaisanterie, se doutant bien qu’elle n’avait pas dans son sac la solution miracle à son problème du moment. Agacée, elle prit le couteau en plastique à côté d’elle sur le comptoir et essaya de couper son bracelet. Avec un peu de chance et beaucoup d’huile de coudes, ça marcherait peut-être.  

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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Ven 12 Mai - 15:29

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Voir Naina lui faisait toujours du bien ; elle se sentait moins étrangère, moins différente que lorsqu’elle foulait les rues de la ville et que certains regards s’attardaient sur elle. Au début elle s’était contentée de les éviter, s’était même parfois forcée à sourire pour faire bonne impression. Mais peine perdue, elle avait vite abandonnée ce rôle de gentille nouvelle arrivante qui cherche à paraître correcte et avait troqué ses yeux doux contre un regard sévère et accusateur, qu’elle laissait planer sur les malheureux qui osaient la regarder de travers ou la fixer trop longtemps. De ce qu’elle avait pu en voir, ça marchait plutôt bien ! A ceux qui lui souriaient cependant, elle continuait à être gentille… autant qu’elle le pouvait. Ce n’était pas sa nature profonde d’être d’une bonté infinie.

Ce qu’elle avait avec son amie indienne, c’était qu’elle n’avait ni besoin de se cacher, ni de prétendre être quelqu’un d’autre… elle pouvait être pleinement elle-même, et Naina le lui rendait bien ! Elles se ressemblaient, à bien des égards, et le fait d’avoir partagé l’homme le plus admirable que la terre ait portée n’y était sans doute pas pour rien…

Arrivée devant chez Naina, Tiziri avait étrangement – karma ? – ressenti une envie pressante. Elle se rendait compte qu’elle ne s’était pas vidé la vessie depuis la veille au soir, et même si en temps de guerre elle était habituée à pire, pour cette fois, impossible de se retenir plus longtemps. L’indienne avait ouvert et son hôte n’avait pas attendu pour se faufiler chez elle, se précipitant vers les toilettes en criant. « Je suis déjà venue, tu t’souviens pas ? On avait pas bu pourtant ! » en réponse aux indications de la jeune femme sur l’emplacement des toilettes. Ce qu’elle dit ensuite interrogea la libanaise, qui poussa un long soupir en voyant finalement l’alignement de petits cactus sur le meuble au dessus de la cuvette. Eh ben… encore une activité loufoque de son amie pour tuer l’ennui, bien qu’au sens de son aînée, élever des cactus n’avait rien de bien palpitant… si ce n’était de jouer les téméraires en testant leurs piquants. Elle termina sa commission en y songeant et soupira de nouveau – de soulagement cette fois – avant de tirer la chasse et sortir, rejoignant Naina dans la cuisine comme elle venait lui hurler à travers la maison.

Elle la trouva en train de se gratter sous le bracelet électronique qu’elle portait à la cheville. Appuyée contre le montant de la porte, Tiziri l’observa, les bras croisés. « Pas mal la collection de cactus. Mais si tu veux mon avis tu devrais rendre ça plus intéressant en les classant par niveau de dangerosité. Ou bien élever des lapins. Ou des canards. C’est plus cools quand même… » Elle plaisantait – à demi – et un petit sourire au coin des lèvres, elle écouta l’indienne se plaindre de son entrave et commençer à tenter de le scier avec un couteau en plastique. Tiziri manqua de faire demi-tour pour aller visiter quelqu’un de moins fou, mais à la vérité c’était pour cette même raison qu’elle adorait Naina.

Elle s’avança vers elle, aussi désespérée qu’outrée. « Nan mais arrête, tu vas te couper, espèce d’imbécile ! » La jeune femme lui retira vivement le couteau des mains, le cassa entre ses doigts et jeta les morceaux dans la poubelles. Elle prit une inspiration et se regarda son amie avant de s’asseoir sur une chaise en face d’elle. « Hum. J’ai pas de clé pour ça je crois. » Elle sortit son trousseau et le tendit à demoiselle en souriant, amusée. Elle la laissa tergiverser quelques secondes tout en jouant avec les fermetures Eclair de son sac puis finit par demander : « T’as du papier aluminium ou tu te la joues occidentale à tout filmer ou tout bouffer le soir même ? » Elle aimait l’embêter avec son côté ‘occidental’, même si c’était toujours en toute amitié.

Un sourire malin au coin des lèvres, Tiziri se leva sans attendre la réponse et se mit à fouiller les placards à la recherche d’un rouleau du papier magique. Elle finit par le trouver et le brandit comme Excalibur. « AH, ça va, tu remontes dans mon estime. Voyons… » Elle posa l’objet sur la table et attrapa la cheville de Naina pour la poser sur ses genoux et observer de près son bracelet. « Plutôt classy dans le genre. Avec le temps et la technologie, ils finiront sans doute par en faire des atouts mode ! » Elle aimait faire traîner les choses, elle avait toujours adoré ça. Reprenant sur une note plus sérieuse, elle releva les yeux vers l’indienne relâcha sa jambe. « OK. Il va nous falloir… un animal. »



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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Lun 15 Mai - 3:55


L’Indienne offrit un sourire à son amie lorsqu’elle la vit arriver, n’arrêtant pas pour autant de se gratter avec sa fourchette. Ce n’était pas très pratique parce que les dents se cassaient, à croire que sa peau était trop épaisse ou alors c’était le bracelet qui était trop petit. Quoi qu’il en soit, ça la démangeait alors elle se débrouillait comme elle pouvait. Elle partit d’un petit rire lorsque Tiziri lui fit une réflexion sur sa collection de cactus. C’était l’une de ses plus belles fiertés. « Plus cool, ouais peut-être. Mais ça chie partout. Alors qu’un cactus non. » De plus, elle avait déjà du mal à s’occuper d’elle-même alors d’un animal, non merci. Elle laissait ça aux autres. Et de toute façon, elle ne s’était pas remise de son poisson rouge que sa mère avait foutu dans les toilettes après que ce dernier ait rendu l’âme. Il avait tenu deux semaines et lorsqu’on sait que le délai de vie d’un animal ou de quoi que ce soit au contact de Naina n’excédait pas deux jours, c’était un miracle. Comme pour appuyer son point, elle leva sa fourchette en lançant un petit regard à la jeune femme, puis continua à se gratter. Très vite, elle abandonna l’idée de la fourchette et prit un couteau en plastique pour essayer de couper son bracelet électronique. Là encore elle ne savait pas si ça fonctionnerait, mais elle était comme ça, elle aimait bien tenter de nouvelles choses. Ce n’était malheureusement pas au goût de Tiziri qui l’avait même traitée de débile. Elle était choquée, on aurait dit Aditiya. Il ne manquait plus qu’elle enroule un journal, la tape avec dans la tête pour que la transformation soit complète. Au lieu de ça, la brunette se contenta de récupérer le couteau des mains de Naina et de le casser avant de le jeter à la poubelle. « Wow, ok. » S’était-elle contentée de dire, toujours choquée. Si elle avait mieux à proposer, qu’elle parle maintenant ou se taise à jamais. Mais comme l’Indienne l’avait imaginé, ce n’était pas le cas. « Oui donc voilà. J’ai pas la clef, t’as pas la clef. Autant essayer avec un couteau en plastique. » Elle leva les yeux au ciel en la voyant tendre son trousseau de clef qu’elle prit quand même pour se gratter la cheville. A défaut de ne pas pouvoir l’enlever, il pourrait quand même lui être utile et elle devait avouer qu’au contact de sa cheville, ça faisait déjà plus d’effets. Elle reporta son attention sur son amie qui lui demandait du papier aluminium. Est-ce qu’elle venait de la traiter d’occidentale ? « Eh j’suis pas venue ici pour me faire insulter, ok ? Si j’ai du papier aluminium. Je t’emmerde moi avec mon papier aluminium. » Dit-elle dans sa barbe alors qu’elle continuait de se gratter, laissant la jeune femme fouiller dans sa cuisine. Ca aurait été une autre personne, elle lui aurait même interdit d’utiliser ses toilettes, mais là il s’agissait de Tiziri alors elle acceptait de faire un effort. Même si cela voulait dire se faire insulter dans sa propre cuisine alors que clairement, elle n’avait pas le temps pour ça aujourd’hui.

Elle leva la tête en la voyant avec son papier aluminium entre les mains, et leva le pouce pour la féliciter. Très bien, elle allait faire quoi maintenant ? Emballer des trucs ? Sceptique, elle suivit du regard les moindres gestes que faisait la brunette qui avait à présent prit place face à elle, sa cheville dans les mains. Naina fronçait les sourcils en écoutant attentivement le diagnostique de son amie concernant la situation, se doutant bien qu’elles allaient arriver au même constat. Mais étant donné qu’elle s’ennuyait, si ça pouvait pimenter un peu son après-midi voire même sa journée en entier, elle ne disait pas non. « Classy c’est mon second prénom. » Sortit-elle pour souligner le fait que son bracelet lui ressemblait. Enfin, dans sa tête. Lorsque Tiziri lui annonça qu’elles allaient avoir besoin d’un animal, la Patel ne savait pas si elle se fichait d’elle ou pas. « Dada-ji avait raison. Tu es folle. » Enfin, il n’avait pas employé exactement ces mots-là, mais dans l’idée c’était la même chose. « J’ai pas d’animal à te proposer, j’ai que des cactus de toute façon. Enfin, y a le chat des voisins, il est gros et gras. » Elle haussa les épaules, descendant du comptoir. « Et à moins d’en voler un, je vois pas ce qu’on peut faire. » Un petit rire s’échappa de sa bouche tandis qu’elle s’étirait, se disant que définitivement, cette femme était folle. « Tum pagal ho, un animal. » Répéta-t-elle encore une fois en rigolant.   

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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Mer 24 Mai - 23:43

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Naina était à peu près aussi chiante qu'elle. C'était sans doute pour ça que les deux jeunes femmes s'entendaient, d'ailleurs... Bien que par moment, Tiziri avait plus l'impression d'avoir affaire à une version indienne d'elle dans ses meilleures années. Lorsque la jeune femme évoqua les dégâts u'un animal causerait,
son amie pouffa et ne dit rien. Elle marquait un point. Elle la vit ensuite s'acharner sur son bracelet... c'était décidément sa passion. Elle l'imaginait bien avoir déjà tout essayé, même le chalumeau, pour peu que son entrave finisse par tomber... Bien évidemment ces petits bijoux étaient conçus pour survivre aux catastrophes naturelles.
Toutes sauf une : le raz de marée libanais. De plus en plus en vogue -notez le jeu de mot de dingue- , plutôt dévastateur, mais dans le genre discret et subtile ! Le minimum de dégâts pour le maximum d'efficacité. « Fais pas ta mijorée tu veux ? Et reste tranquille sinon j'me casse et tu te débrouilles. » Elle avait bien saisit la frustration de l'indienne à l'entendre l'insulter d'occidentale et d'imbécile. N'empêche qu'à présent, qui était à deux doigts de la vénérer jusqu'à... disons environ une journée ?

Tiziri tentait de maintenir la cheville décorée de Naina sans qu'elle ne râle trop, mais c'était dans ses gènes, fallait croire... Cette fille ne cessait jamais de se plaindre, une vraie calamité. La libanaise poussa un soupir avant de délaisser son analyse et laisser le verdict tomber. ET BIM, Naina revenait à la charge, juste là où elle l'attendait. « Les cactus ça ira pas même si c'est propre, navrée chérie. Ça doit bouger, et ne pas être plus gros que la taille de ta cheville. Le chat du voisin j'imagine que s'il bouffe les restes que tu lui refiles, il doit à peine pouvoir marcher, t'oublie. » Tiziri essayait de penser en même temps qu'elle parcourait la pièce. Elle s'était relevée - paraît que ça fait circuler le sang - pour avoir une vue d'ensemble et tenter d'échapper à l'aura pessimiste de l'indienne.

Elle s'était appuyée sur le plan de travail, les méninges en pagaille pendant que Naina tentait déjà de retrouver de quoi freiner ses démangeaisons. Visiblement l'évocation d'un animal ne réveillait chez elle qu'un outrage obscure. Tiziri tentait de savoir d'où... S'était-elle fait pourchasser par une vache sacrée étant enfant ? Ou étouffée sous une fiente d'éléphant ? Quoi qu'il en ait été, son karma faunistique semblait particulièrement défectueux... ça n'allait pas rendre la tâche facile, mais la libanaise avait plus d'un tour dans son sac.

Elle eut une illumination en remarquant un cadre arborant un poulet sans tête et sans pattes sur fond jaune canari et plutôt malaisant, il fallait l'avouer... « Dis voir ton voisin il aurait pas des poulets ou des dindons par hasard ? » Elle réfléchit de nouveau et plissa les yeux. « Un canard ça le ferait aussi je pense... » Plus elle en parlait et plus cela lui paraissait évident. Naina pourrait mettre le canard dans la maison et le laisserait se promener pour faire croire qu'elle portait toujours le bracelet... et ce dernier ferait merveille autour du coup d'une volaille de choix.

Tiziri vint s'appuyer violemment des deux mains sur la tables et eut un grand sourire alors qu'elle se penchait vers Naina, ravie. « UN CANARD, ce serait I-DE-AL en fait ! Bouge, faut y aller, j'ai pas que ça à faire et il est déjà méga tard... » Elle attrapa l'indienne par le bras et la tira pour l'aider à se relever avant de lui coller le papier aluminium dans les mains et de lui sourire. « Fais pas la gueule, tu seras bientôt une femme libre grâce à Donald. Pas Trump hein... quoique ce serait plutôt marrant vu la situation... »


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MessageSujet: Re: On the run || ft. Titi    Dim 28 Mai - 14:45


Naina trouvait Tiziri fascinante. Enfin, elle ne se doutait pas que toutes les personnes ayant croisés son chemin au moins une fois puissent la trouver fascinante, mais pour l’Indienne c’était particulier. La première fois que la brunette avait rencontré la jeune femme, elle ne l’aimait pas beaucoup mais à cause et pour son grand-père, elle avait décidé de faire un effort et d’apprendre à la connaitre. Elle la trouvait très intelligente et intimidante, tout le contraire d’elle en réalité. Au fil du temps elle réalisa que malgré les diplômes et le vécu que pouvait avoir son amie, lorsqu’elle était en sa présence elle n’en était pas moins stupide. Ici par exemple, Naina savait très bien qu’elle ne pouvait pas se débarrasser de son bracelet et ça ce n’était pas faute d’avoir essayé par le passé, mais Tiziri… Elle parlait comme si elle maîtrisait la situation et pouvait l’aider avec son problème en deux-deux. Bien que ça puisse être drôle au début, elle ne voulait pas se nourrir d’un espoir pour se rendre compte à la fin qu’elle ne pourrait en fait pas aller plus loin que son périmètre imposé, son bracelet toujours à la cheville. Mais comme elle n’avait rien de mieux à faire et qu’elle comptait prendre un malin plaisir à balancer au visage de son amie qu’elle l’avait dit qu’elle était folle, elle lui proposa le gros chat du voisin comme animal. « Bien, ça insulte ma cuisine et mes restes maintenant. » Dit la jeune femme entre ses dents alors qu’elle descendait du comptoir. Si elle avait une idée de génie elle n’avait qu’à faire signe parce que c’était tout ce que Naina pouvait proposer pour le moment, et de toute façon elle espérait quoi ? Elle n’avait ni une basse, ni un zoo dans lequel elles pouvaient piocher.

La brunette prit place sur une chaise avant de croiser ses pieds et de les poser sur la petite table devant elle. A force de bouger dans tous les sens, Tiziri commençait à donner la nausée à Naina qui ne bougeait pourtant pas, sauf de la tête pour suivre ses moindres mouvements. Peut-être qu’elle savait de quoi elle parlait, après tout elle avait l’air vraiment sérieuse et contrairement à Naina, de savoir où est-ce qu’elle allait avec cette idée. Après l’avoir traité de folle et fait comme si son idée ne tenait pas la route, elle se mit elle aussi à chercher en silence. « Mon voisin ? » S’enquit la jeune femme qui sortait de sa réflexion qui n’était pas allé bien loin. Très vite son cerveau s’était mis à jouer une chanson plutôt entrainante qu’elle avait hésité à chantonner de peur que son amie ne la frappe à cause de son manque d’implication. Oui, Naina avait peur de Tiziri. Elle la suivait toujours du regard  mais sursauta tout de même lorsqu’elle plaqua ses deux mains sur la table en face d’elle. Un canard. Elle voulait qu’elles aillent voler un canard. Bien, cette idée était tout à fait réalisable et pas tout à fait farfelue. « Attends, attends. » Dit-elle alors que cette dernière commençait à tirer Naina par le bras pour aller à la chasse aux canards. « Si j’ai bien compris là on va aller voler un canard ? » Elle fit une petite grimace en prononçant le dernier mot, se rappelant de son amour pour les volatiles en tout genre.

Naina était à présent debout au milieu de sa cuisine, les bras croisés ramenés sous sa poitrine. Est-ce que c’était obligé que ce soit un canard ? Ca ne pouvait pas être un chien, un chat ? Même un lama, elle serait prête à aller en voler un, mais pas un canard.  L’Indienne fixa son amie et à l’évocation de Trump, elle ne put s’empêcher de sortir un rire franc en s’imaginant deux secondes que ce crétin pouvait lui venir en aide. « Très bien. » Dit-elle dans un soupir en arrêtant de rigoler. « Je cois que mes voisins ont des canards, du moins j’en ai vu un traîner dans son jardin l’autre fois. Il était menaçant… » Toujours avec la même grimace, elle réprima un frisson en pensant à cette incarnation du diable. Le papier aluminium dans ses mains, elle passa devant son amie pour ouvrir la marche en direction de la maison des voisins, avec un peu de chance ils étaient au boulot parce que oui, ce n’était pas parce qu’elles deux n’avaient rien à faire que c’était le cas de tout le monde. « Au fait, il se pourrait fortement que mes voisins ne m’aiment pas. Donc si on pouvait éviter de se faire attraper pour ne pas qu’il me déteste encore plus. On a un plan ? » Elle s’était retournée d’un coup  à la porte d’entrée qu’elle n’avait pas encore ouverte.  

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These four lonely walls have changed the way I feel. The way I feel, I'm standing still. And nothing else matters now, you're not here. Where are you ? I've been calling you ? Where else can I go ? Memories turn to dust, please don't burry us. I got you. ▬ If I lose myself I lose it all.
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On the run || ft. Titi
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