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 #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.

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MessageSujet: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Dim 2 Avr - 23:09

Samaël & Ashlyn
“ How do I feel by the end of the day. ”


 « Allez, à demain les filles. » je dis tout haut en claquant la porte de mon casier avant de quitter les vestiaires :  « Reposes-toi bien Ashy ! » me lance l’une de mes collègues alors que je quitte d’un pas lent et presque douloureux, la pièce. Il est presque vingt-deux heures et je quitte à peine mon travail. La journée a été très longue. Elles sont de plus en plus longues d’ailleurs. La fatigue se fait sentir. Plus qu’un mois et demie, voire un peu plus, avant d’être enfin tranquille, me reposer et laisser bébé grandir tranquillement. Pour l’instant j’enchaine quand même les jours mais au service pédiatrie seulement. On m’a écartée du service des urgences, trop dangereux, on y croise des gens malades, bien trop malades pour une femme enceinte. On y croise des gens en état de choc, des gens violents qui ne veulent pas se faire soigner, un coup malencontreux peut vite partir et on y voit des choses parfois horribles. Mais même au service pédiatrie les journées sont lourdes et chargée. Alors quand je m’installe derrière mon volant, je ne peux m’empêcher de poussin un profond soupir. Par chance, je ne travaille pas le lendemain, et je pense déjà à ma journée cocooning, mais surtout au bain que je vais me faire en arrivant, avec un bon sandwich. Je meurs de faim et mon estomac le fait savoir en poussant un grognement de tous les diables.

Lorsque je me garais enfin en bas de l’immeuble où j’habitais depuis quelques temps déjà, la nuit était tombée et quelques rares voitures éclairaient la rue de leurs phares. Chargée comme une mule, j’arrivais devant la porte de mon appartement, posant contre le mur le lit bébé que mon collègue avait eu la gentille d’aller chercher au magasin pour moi. L’objet n’était pas lourd mais surtout encombrant, même en pièces détachées. J’enfouis la main dans la poche où se trouvaient d’ordinaire mes clés mais ne les trouvaient pas. J’ouvris en grand mon grand sac contenant trois milliards de choses pas très utiles - comme tout sac à main qui se respecte - et en inspectais l’intérieur. Impossible de trouver mon trousseau. Impossible. Il n’avait pas pu disparaitre. Excédée, je déversais le contenu de mon sac sur le palier de ma porte et étalais le tout. Rien. Pas une seule clé.  « Putain de bordel de merde. » Grognais-je en me calant contre le bois de ma porte, tapant doucement ma tête contre, les yeux fermés. Je me souvenais avoir claqué ma porte, sans avoir donné un tour de clé et sans avoir foutu mon trousseau dans sa poche prévu. Quelle gourde. Depuis que j’étais enceinte, j’avais l’impression que mes neurones se faisaient la malle par paquet de dix. Quelle con. J’avais fermé ma porte d’entrée sans prendre mon trousseau, et je me retrouvais dehors à vingt-deux heures. J’inspirais un grand coup en attrapant mon téléphone. Qui, à peine l’eu-je allumé, qu’il s’éteignit d’un coup. On se liguait contre moi. Une divinité voulait m’empêcher de rentrer chez moi et de me reposer.

Bloquée devant ma porte d’entrée, je n’avais plus de batterie sur mon téléphone pour appeler un serrurier - qui allait en plus de ça me coûter un bras puisque nous étions déjà en pleine nuit. Quelle connerie. Mais où ma tête pouvait-elle être partie, sérieusement ? Quelle solution avais-je ? Attendre bien sagement que quelqu’un me retrouve desséchée devant ma porte ? Prendre ma voiture et retourner à l’hôpital, demander asile à mes collègues ? Dormir dans une chambre ? ou appeler un serrurier depuis le boulot ? Ou, dernière option, sonner chez un voisin et lui emprunter son téléphone … La dernière solution me parut être la plus simple. Samaël. Samaël habitait l’appartement en dessous du mien. Nous avions grandis ensembles, ou plus ou moins. Durant toute mon enfance j’avais développé une sorte d’obsession pour ce mec au prénom aux résonances diaboliques. Il m’avait rendue complètement dingue et accroc. Puis d’un coup, du jour au lendemain, il avait disparu de la circulation, et de ma vie. Il avait eu son permis, avait gagné son indépendance, et il avait décidé de se barrer, loin. Il avait surement bien fait. Puis doucement, je l’avais oublié. Jusqu’à ce que le destin fasse bien les choses, et que nous découvrions que nous étions voisins. C’est alors que j’ai découvert que mon obsession pour lui n’avait jamais changée. Elle était toujours la même. Et le jour où je l’avais revu après tant d’années, j’avais cru faire une syncope. Nous sommes rapidement devenus amis et malgré ses blagues salaces et ses regards tendancieux, j’avais décidé de ne pas céder aussi facilement. Ce qui avait conduis à une amitié assez forte. Jusqu’à ce que je tombe enceinte. Je ne sais pas ce qui m’a poussé à m’éloigner de lui, surement le fait que j’avais peur qu’il ne me juge sur le fait que j’avais décidé de me faire inséminer. Ou alors peut-être que je pensais qu’à présent que j’étais enceinte, il ne voudrait plus passer de temps avec moi. C’était surement idiot de ma part, mais …

Ces derniers mois, les rares fois où je lui avais adressé la parole étaient lorsqu’il m’avait invité à boire un verre ou manger un bout. J’avais accepté, quelques fois, mais j’avais tenté de lui faire comprendre que je ne voulais plus autant trainer avec lui. Idiot je vous dis. Parce qu’il était le seul à me faire battre le coeur de cette manière. Alors, aller toquer chez lui et lui demander de l’aide comme si de rien n’était me mettait mal à l’aise. Mais je n’avais d’autres choix. J’étais exténuée, j’avais faim et tout ce que je voulais c’était me reposer. Attrapant la poignet de ma porte pour m’aider à me relever - j’avais l’air d’une énorme baleine avec mon ventre rond - je me décidais à aller sonner à la porte de mon voisin. Laissant devant mon appartement le nouveau lit bébé, je pris mon sac avant de descendre les escaliers et d’aller sonner à sa porte. Il était tard. Je pouvais le déranger, peut-être même qu’il serait accompagné… Mais j’avais juste besoin de son téléphone… Je sonnais avant de dire :  « Samaël, c’est Ashlyn… » Je m’appuyais contre le mur, lessivée par cette journée, comme si je pesais six tonnes.



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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Ven 7 Avr - 22:19

Samaël & Ashlyn
“ How do I feel by the end of the day. ”


Le patron avait insisté. Mais moi je ne voulais pas. Mon taf c'était ce qu'il me restait. Mais je n'avais pas eu le choix, c'était limite si on ne m'avait pas volé mes clés de voiture pour m'empêcher de circuler. Une semaine. Une semaine qu'il a disparu, définitivement, et que je suis juste là à me confronter à mes pensées qui me bouffent. Mon frère, Liam, est mort. Une mort tragique, suis-je supposé la décrire. J'avais presque eu peine à reconnaître son visage lors de l'identification de son corps. Ce n'est pas comme dans les grandes séries, personne ne s'est mis dans la tête d'élever une réelle enquête contre ses agresseurs. C'était un drogué, une racaille, une mauvaise graine notoire, il n'y avait rien de surprenant à ce qu'il subisse un règlement de compte à un moment ou un autre. Je sentais les gens électriques autour de moi. Comme si le fait que je n'insiste pas pour une enquête pouvait sembler louche. Sans doute que les gens imaginaient que j'allais juste faire justice moi-même, comme ma violence l'avait parfois suggéré. Mais non. Non. J'avais contenu le bouillonnement intérieur qui me caractérisait et avais presque supplié mon boss pour qu'il me garde, qu'il me laisse juste... Juste remplir le vide, juste bosser, faire des heures et des heures et ... Je sais pas, oublier. Oublier que j'avais enterré mon putain de frère. Mais non. Il avait « peur ». Peur que je dérape, au sens propre comme au figuré.  Il essaye lui-même de me prendre avec des pincettes, tout en insistant sur la non-prudence d'idée. Il m'impose des congés.

Alors je tourne, tourne et tourne comme un lion en cage, je revois ce visage tuméfié qui hante mes nuits et je mijote dans la douleur qui est désormais mienne de me confronter au deuil de ce frère, si aimé et à la fois si incompris. Et j'ai mal au bide de repenser à toutes ses fois où son visage criait à l'aide et qu'à part le secouer un bon coup et le diriger vers des centres de désintox, je n'ai rien fait. Incapable. Ses traits fin, ses cheveux bruns et raides, ses yeux verts délavés. Il ressemblait à cette mère, mère nous ayant abandonnés à nos sorts respectifs. J'était grand, j'étais solide, j'avais la carrure de l'indépendance, Liam n'avait quant à lui que l'allure juvénile, et le coeur brisé de part son complexe d'oedipe. Et encore une fois je ne l'avais pas aidé. Putain. Je vois son visage émacié me hanter, sa peau si blanche, ses cernes, ses bras aux multiples bleus cachés sous des sweat trop larges. Je le vois si bien que je m'attends presque à l'entendre sonner à ma porte.

Je sors de mes pensées lorsque je réalise que l'on vient réellement de sonner. Mon regard s'attarde sur le verre contenant du bourbons empoisonné par les glaçons fondus à présent. Je prends un temps avant de tout à fait revenir à la raison. Puis j'entend appeler de cette voix familière et faible de ma voisine d'au-dessus :    « Samaël, c’est Ashlyn… »   dit-elle. Et alors je me lève d'un geste. J'avance vers la porte avant de m'arrêter un instant, essayant de lutter contre ma spontanéité et ma franchise pour une fois. C'est Ashlyn. Ashlyn qui ne sait même pas que Liam est mort ou en tout cas à qui je n'en ai pas parlé. Peut-être qu'elle l'a appris à l'extérieur, mais je ne pense pas qu'elle viendrait à cette heure pour cela. Je ne lui ai pas parlé de l'enterrement, en fait, je ne parle à personne depuis la semaine passée, et avec Ashlyn... Disons que cela s'est tendu les derniers temps. Notre amitié sincère a du passer à la trappe quand elle est tombée enceinte, en tout cas tout cela n'a plus guère d'importance. Je passe mes mains sur son visage en soupirant avant de ramener mes cheveux en arrière en inspirant profondément.

Je n'ai pas vraiment d'allure, dans mon baggy et mon t-shirt blanc sans manche, et en même temps je n'avais pas vraiment prévu d'inviter qui que ce soit. Elle allait avoir un choc si elle rentrait, mon appartement qui était toujours impeccablement rangé était sans dessus-dessous, des vêtements traînants, des bouteilles, des paquets de cigarettes vides. Je gardais pourtant l'habitude de les fumer sur la terrasse. Et puis, je n'osais imaginer ma gueule défaites, sans doute trop blanches, je ne savais pas quel était le dernier truc que j'avais bouffé, ni même quand est-ce que j'avais ressenti la faim pour la dernière fois. Il y avait bien d'autres choses que j'aurais voulu oublier en vérité, mais celles-là revenaient comme des flash à chaque fois. Et alors que la voix d'Ashlyn s'était évanouie, je n'étais plus certain qu'il s'agissait réellement d'elle et pas de Liam qui me suppliait d'ouvrir parce qu'il avait besoin d'aide, de thunes ou que sais-je. Ou juste que j'examine son visage tuméfié.

J'ouvris la porte.

Ashlyn était appuyée là, je ne savais pas exactement si je l'avais fait attendre, le temps n'était plus une notion dont j'avais conscience en réalité. Mais quand je la vis, je me sentis presque soulagé. Comme si c'était le premier visage qui me soulageait depuis cette dernière semaine. Pourtant c'était le visage que je voulais paradoxalement le plus fuir. Elle me confrontait à des choses, des sentiments, et cette violence qui bouillonnait en moi me faisait mal au ventre, ou peut-être était-ce le bourbon, ou la faim. Depuis combien de temps j'étais là, posé dans ce fauteuil au juste ? J'en savais trop rien. Comment pouvais-je être sûr que cela faisait une semaine qu'il était parti ? Je n'en savais plus rien. Mais elle était là, et ça effaçait un peu tout ça. Je passais une nouvelle fois ma main dans mes cheveux pour les ramener en arrière, ils étaient défaits, des mèches rebelles commençaient à m'agacer.  « Ashlyn... ? Il est quelle heure ? Tu as besoin de quelque chose ? »  avais lancé ma voix rocailleuse condamnée au silence, une voix que j'avais bien peine à reconnaître d'ailleurs. C'était la seule solution, ou alors cela faisait un mois que je végétais dans mon silence et elle s'inquiétait, mais dans l'immédiat ce fut moi qui m'inquiéta. Elle avait le visage livide.  « Ca va? T'as une sale mine, babe... »  Je reculais naturellement et ouvrais la porte pour la laisser entrer si elle voulait, c'était presque un réflexe tellement nous étions tout le temps fourrés l'un chez l'autre avant. Et ça revenait juste comme une évidence.



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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Sam 8 Avr - 15:39

Samaël & Ashlyn
“ How do I feel by the end of the day. ”


A vrai dire, je me sentais mal de venir sonner chez Samaël. Je faisais la morte depuis quelques mois. J’avais tout fait pour m’éloigner de lui, comme si je ne méritais plus d’être à ses côtés. Allez savoir. Mais ce soir, j’avais juste besoin de sentir sa présence, de le voir. Oui, Samaël me manquait, mais c’était moi qui avais choisi de m’éloigner, je n’avais pas le droit de ma plaindre. Toute mon enfance avait été bercé par ma fascination pour lui. Il avait disparu, me laissant un goût amer dans la bouche. J’avais toujours été insignifiante pour lui, mais je savais que je ne pourrais jamais le sortir de ma tête. Puis, il était revenu dans ma vie. Sans crier gare. Nous avions grandis, vécus des choses chacun de notre côté. Et Sam avait semblé me trouver un certain intérêt. Oui, il avait tenté de me séduire et entre nous, j’étais vraiment tombée sous son charme, mais j’avais décidé de ne pas craquer, pas aussi facilement en tout cas. Samaël semblait être un véritable homme à femme, je ne voulais pas faire partie de son tableau de chasse. Mais je m’étais attachée à lui, véritablement. J’avais besoin de le voir le plus souvent possible et peut-être m’étais-je un peu trop attachée à lui. C’était certain. Et depuis que j’avais décidé de m’éloigner de lui, il me manquait quelque chose de vital. Il me manquait terriblement.

Depuis que j’étais enceinte, non seulement je n’avais plus de tête, mais en plus de tout ça j’avais des sauts d’humeur incontrôlables et parfois ravageurs. Savoir que j’étais bloquée hors de chez moi à une heure pareille et que j’allais devoir payer une fortune pour qu’un foutu serrurier vienne m’ouvrir cette putain de porte, me rendait non seulement folle de rage, mais en plus de ça, ma sapait complètement le moral. Je sentais les larmes me monter aux yeux tandis que j’attendais, calée contre le mur, que Samaël vienne m’ouvrir la porte. Je le dérangeais certainement, et je m’en voulais de débarquer comme ça, comme une fleur, sûre qu’il m’ouvrirait la porte. Alors que je m’apprêtais à regagner l’étage, ou à aller sonner chez un autre voisin, le cliquetis de la serrure me fit sursauter. La porte s’ouvrit sur le visage de Sam dont les traits étaient tirés. Il était aussi blanc qu’un linge et je me redressais tandis qu’il se passait une main dans les cheveux. Que lui arrivait-il ? Il semblait exténué, las. Je fronçais quelque peu les sourcils à l’écoute de sa voix rocailleuse, comme s’il n’avait pas parlé depuis des jours entiers, mais toujours aussi profonde. Sa voix me fit vibrer toute entière, un long frisson me parcourut l’échine : « Ashlyn... ? Il est quelle heure ? Tu as besoin de quelque chose ? » plus je le regardais, plus je remarquais des signes de fatigue sur lui. Lui qui était toujours plein de pêche, je le trouvais crevé. Je me raclais la gorge et ravalais les larmes qui avaient commencé à venir :  « Rhmm je suis désolée de te déranger. Il est vingt-deux heures… » Lui dis-je en me mordant la lèvre inférieure, gênée de débarquer à l’improviste. Soudain, ses yeux s’arrêtèrent sur mon visage : « Ca va ? T'as une sale mine, babe... » Son petit surnom m’arracha un léger sourire. Oui, ça m’avait terriblement manqué. Sa voix, ses blagues douteuses, ses surnoms, qui au départ n’existaient que pour me faire enrager mais qui étaient devenus au fil du temps des surnoms affectifs, que j’aimais particulièrement. Et lui, simplement. Il était le seul à qui je voulais me raccrocher lorsque ça n’allait pas. Il se décala légèrement sur le côté comme un invitation à entrer chez lui, je ne le dérangeais pas tant que ça finalement :  « Je.. putain, j’suis vraiment con depuis que je suis enceinte… j’ai fermé la porte de chez moi sans prendre mes clés. Je me suis donc enfermée dehors. Je rentre tout juste du travail, j’ai une faim de malade, et bien sur, je n’ai plus de batterie sur mon téléphone. » Les mots sortent de ma bouche à une rapidité fulgurante. Je m’arrête pour reprendre ma respiration. J’attrape mon sac et entre dans son appartement.

Avant ça, avant de décider de devenir mère célibataire, je n’étais pas le genre de femme à ne pas savoir où j’avais garé ma voiture, à aller dans la mauvaise direction, à oublier de faire telle ou telle chose. Non bien au contraire. Ma mémoire avait toujours été infaillible. J’étais même connue pour ça, surtout à mon travail. J’étais le genre de femme à qui on demandait de raconter les vieilles anecdotes du boulot. Je connaissais tous les médicaments par coeur, tous les points de sutures, bref, tout. Mais depuis que je suis enceinte, j’ai l’impression de tout oublier, de ne plus avoir de tête en réalité. Parfois, il m’arrivait de faire des choses que je n’aurais jamais fait avant, comme oublier d’éteindre une bougie en sortant de chez, traverser la route sans vraiment regarder et … fermer la porte de mon appartement en laissant les clés à l’intérieur. Typique.  « Je te dérange Samaël ? » je lui demande d’une petite voix en le fixant, caressant d’une main mon ventre rebondi.  « Non, mais… je vais me débrouiller, j’ai laissé le carton du lit devant ma porte en plus … Et tu as l’air vraiment crevé …» Je lâche finalement en amorçant un mouvement de recul, comme pour quitter son appartement, le laisser tranquille et reprendre ma vie loin de lui.


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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Mar 11 Avr - 15:09

Samaël & Ashlyn
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Ashlyn. S'il était une personne que j'avais besoin de voir aujourd'hui, c'était sans aucun doute elle. Elle avait l'art de tout éclairer de part sa seule présence, et ce, même si elle avait l'air crevée. Et en même temps, je la craignais. C'était bien simple, depuis que nous nous étions rendus compte que nous vivions dans le même immeuble, tout avait changé. Et j'avais appris à trouver en elle ce que je n'avais jamais trouvé en aucune femme. Alors ces 5 derniers mois avaient été une épreuve, d'une certaine manière, me rendant compte que ma présence ne lui était plus nécessaire quand le soir elle se trouvait trop seule et qu'elle frappait spontanément à ma porte pour s'incruster. Mon appartement ne recevait plus la même lumière depuis son absence, tout était en permanence gris, neutre, triste. Je n'avais pas insisté, parce que je n'étais pas homme à ça et peut-être parce que ça me rassurait d'être juste un mec à fille qui s'en fait une différente toutes les semaines. Ashlyn et ce qu'elle provoquait en moi, c'était vraiment trop étrange.

Pourquoi ne m'étais-je pas rendu chez elle quand Liam était mort ? J'en savais trop rien, cela faisait une semaine et je n'avais pas eu l'audace. C'était beaucoup trop dur d'en parler, c'était se confronter au réel de la situation. Alors je savais qu'en la voyant arriver là aujourd'hui, c'était comme un signe, comme quoi c'était obligé, comme si c'était un étape nécessaire. Pourtant j'avais toute cette colère en moi, et lui parler c'était comme en révéler l'existence. Et je ne voulais pas qu'Ashlyn trouve en moi un monstre. « Rhmm je suis désolée de te déranger. Il est vingt-deux heures… » 22h, sérieusement ? Je n'avais pas vu le jour décroître et pourtant j'avais la sensation d'être au plein milieu de la nuit. Quel jour étions-nous réellement ? Je n'en savais rien, mais visiblement, Ash revenait de son taf.

 « Je.. putain, j’suis vraiment con depuis que je suis enceinte… j’ai fermé la porte de chez moi sans prendre mes clés. Je me suis donc enfermée dehors. Je rentre tout juste du travail, j’ai une faim de malade, et bien sur, je n’ai plus de batterie sur mon téléphone. » Son flot de parole si rapide me donne la sensation qu'elle est presque stressée de venir frapper à ma porte. J'ai à peine le temps de tout assimiler, mais elle rentre, c'est le principal. Un court instant je me rappelle dans quel triste état se trouve mon appartement, car même s'il ne fait pas sale, le bordel qui s'y trouve ne me ressemble juste pas. « Je te dérange Samaël ? » je croise son regard, à croire qu'elle lit dans mes pensées qui vont et viennent dans une vitesse fulgurante. Mes yeux s'attardent sur sa main caressant son ventre et quelque chose en moi se déchire, sans savoir réellement quoi. Je crois que ce court laps de temps lui suffit à faire des conclusions hâtives sans que je n'aie su lui répondre, car déjà elle tente de faire demi-tour :    « Non, mais… je vais me débrouiller, j’ai laissé le carton du lit devant ma porte en plus … Et tu as l’air vraiment crevé …»  « Non, Ash. » Ma main enserre son poignet sans même que j'aie eu à réfléchir, quand je réalise mon geste, une brûlure me frappe la main qui la tient et je la lâche directement, le souffle coupé. Je ferme les paupières violemment en inspirant avant de les rouvrir :  « Enfin, je veux dire. Reste. J'vais te chercher ton carton et après je te ferai à bouffer. » Je ne la laisse pas réagir, répondre ou que sais-je et passe à côté d'elle pour retrouver notre couloir commun, je monte quatre à quatre l'étage qui nous sépare en la laissant là, parce que je ne sais pas quoi lui dire vraiment.

Quelques instants plus tard, je redescends avec le carton pour le rentrer à l'abris dans mon appart en attendant. Je ferme la porte derrière moi en maugréant :  « Bon dieu, Ashlyn, t'es vraiment une tête de mule. Dans ton état t'aurais jamais du monter ce lit toute seule. T'aurais du m'appeler direct. » Ca me fait du bien d'être comme toujours, d'être face à quelqu'un qui ne sait rien, ça me soulage de ne pas avoir à accuser le regard de pitié que me dédient les gens qui savent pour la mort de mon frère. Je pose le lit contre le mur à l'entrée et tourne la tête vers l'intéressée :  « Des oeufs, ça t'ira ? J'ai pas grand chose de plus dans mon frigo en ce moment, je t'avoue. » A part... de la bière ? Enfin, ce n'est pas ça qui l'avancerait vraiment. Je passe une main au creux de ma nuque.  « J'vais retrouver mon téléphone pour que tu puisses appeler, mais j'suis plus sûr d'où je l'ai planqué. Mais si tu veux, tu peux pioncer ici cette nuit... Enfin, j'veux dire que ça t'éviterait des frais supplémentaires. Mais je comprendrais que tu préfères ton confort. » Je ne sais plus comment m'adresser à elle, alors je me contente de banalité, en vrai, le simple fait de croiser son regard me fait un mal de chien. Alors je fouille sous les t-shirts et affaires qui traînent pour retrouver mon téléphone. D'habitude je l'aurais sans doute grâciée d'une bonne vanne sur sa maladresse, j'aurais réagi au fait que ce n'était pas dans ses habitude d'oublier quelque chose, elle qui était la fille aux milles dossiers. Je n'arrivais même plus à plaisanter, à être le Samaël qu'elle connaissait. Ce n'était pas ça qui lui donnerait l'envie de revenir. Mais en avais-je vraiment envie de toute façon ? Je n'en savais rien, elle me laissait perplexe dans mes pensées, confronté au fait que j'avais autant besoin de sa présence qu'elle me brûlait beaucoup trop. La toucher, la regarder, cela me dépassait, et j'avais le fantôme de Liam par-dessus mon épaule qui me chuchotait toutes ces choses horribles. C'était beaucoup trop douloureux. La blessure était encore à vif, et je n'étais pas sûr que même Ashlyn puisse y faire grand chose.


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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Mar 11 Avr - 22:33

Samaël & Ashlyn
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L’atmosphère est des plus étranges. Mon corps tout entier me hurle de fuir, de faire marche arrière pendant qu’il en est encore temps. Je sais qu’il ne veut pas de moi, que je n’ai plus rien à lui apporter. Ou alors est-ce ce que j’ai envie de croire ? Pourtant, tout mon être rêve de retourner dans le passé pour retrouver ces soirées, ces jours que nous passions ensemble. Je ne devrais pas regretter tout ça puisque c’est moi qui ai souhaité couper les ponts. Et pourtant, si. Je le regrette comme jamais. Je pourrais arrêter de me voiler la face, je pourrais revenir en arrière, m’excuser auprès de lui et lui dire que je ne veux plus de cette distance que j’ai pourtant instaurée ? Mais … que peut bien lui apporter une femme enceinte ? Avant nous parlions de nos boulots, de nos vies, on buvait ensemble, on déconnait bien. Mais aujourd’hui, qu’en est-il ? Bientôt je serais en congés maternité, énorme baleine qui passera ses journées chez elle, à se goinfrer, à dormir et à essayer de regarder s’il lui reste des zones de jambes sans poils… Mais je jure qu’à l’instant présent, j’ai juste envie de me blottir dans les bras de Sam, de rire à ses vannes douteuses et de passer un bon moment. Mon coeur bat si vite dans ma poitrine lorsque je pose mon regard sur son visage marqué par de vieilles cicatrices mais surtout par la fatigue extrême. Quelque chose ne va pas. Je le sais. Je ne reconnais que trop bien ce visage. Et surtout je le sens. J’ai appris à connaitre Samaël. Et je sais quand quelque chose ne tourne pas rond. Je fais un pas à l’intérieur de son appartement et laisse mon regard se balader à l’intérieur. Oui, quelque chose ne va vraiment pas. Samaël c’est le genre de mec super clean. Du genre qui n’aime pas le désordre et quand ça ne va pas comme il veut. Je n’ai jamais vu son appartement dans un tel état - ou alors faisait-il toujours un effort de rangement avant que j’arrive ? Mais même dans mes sauts à l’improviste, rien ne dépassait, tout était toujours impeccable et j’admirais Sam pour ça d’ailleurs. Je suis propre et j’aime le rangement bien sur. Mais je fais partie de ces personnes désordonnées. Qui laisse un peu tout trainer, par-ci par-là. J’ai comme besoin d’occuper l’espace en réalité. Parce que vivre seule, tout ranger, ça m’angoisse. Il faut qu’il y ait de la vie. Et avec moi, vous pouvez être sur qu’il y en aura.

Après avoir déblatéré pendant quelques secondes, je finis par lui demander si je le dérange. Il semble loin, dans ses pensées. Et je ne veux pas gêner. Je n’ai jamais été du genre à faire chier. Samuel tarde à me répondre. Je comprends ce que son silence veut dire. Les mots ne sortent peut-être pas clairement de sa bouche, mais son silence fait sens. Je recule de quelques pas et me détourne de lui en m’excusant. Samaël n’aime surement pas devoir me dire que je tombe mal. Alors que je suis à deux pas de franchir la porte, ses doigts s’enroulent autour de mon poignet. Le contact de sa peau m’électrise dans un premier temps avant que mon coeur rate un battement, que je me crispe et que je cesse de respirer. Ma gorge se noue et je ferme quelques secondes les yeux. Ce sont ses mots qui me font remonter à la surface. « Non, Ash. » Il semble se rendre compte de son geste et sa main me lâche. Je me sens tout à coup simple et abandonnée, mais je tente de ne rien montrer alors que je lui fais à nouveau face : « Enfin, je veux dire. Reste. J'vais te chercher ton carton et après je te ferai à bouffer. » J’ai à peine le temps de le dévisager, de voir qu’il ferme fortement les paupières, avant qu’il ne détale dans le couloir pour monter quatre à quatre les marches menant à l’étage supérieur.

Cette fois, j’entre vraiment dans l’appartement avant de poser mon sac à main sur le canapé. Ramassant au passage les quelques bouteilles de bière vides qui trainent ci et là. Les bonnes vieilles habitudes ! Je les emmène côté cuisine et les pose près de la poubelle lorsque Samaël fait à nouveau irruption dans l’appartement :  « Bon dieu, Ashlyn, t'es vraiment une tête de mule. Dans ton état t'aurais jamais du monter ce lit toute seule. T'aurais du m'appeler direct. » Je relève la tête dans sa direction, et sans m’en rendre vraiment compte, je lui répond en lui tirant la langue, comme une enfant. J’agis de nouveau comme il y a cinq mois auparavant. Je me reprends finalement :  « Tu me connais … Puis à la base je ne voulais pas te déranger … » dis-je en le regardant poser le lit bébé contre le mur, près de la porte d’entrée. En y pensant, c’est vrai que j’ai agis bêtement, le carton est relativement lourd. J’aurais dû demander de l’aide, mais sur le coup…  « Et à la base je voulais tout simplement rentrer chez moi. » J’ajoute en souriant, haussant les épaules. Samaël tourne finalement la tête dans ma direction :  « Des oeufs, ça t'ira ? J'ai pas grand chose de plus dans mon frigo en ce moment, je t’avoue. » Je souris à nouveau en l’écoutant. Pourquoi cela ne m’étonne pas ?  « Ce que tu veux Sam, je serais capable d’avaler un boeuf. Je t’aurais bien apporté un truc mais … Sinon on peut commander ? » Je m’exclame soudainement en tâtant les poches de mon jean de grossesse à la recherche de mon téléphone. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que je réalise que mon téléphone est au fond de mon sac :  « Mais non … je suis bête. Je n’ai plus de batterie… » je soupire en me massant l’arrête du nez. De pire en pire. Bientôt j’aurais la capacité de réflexion d’un anchois. Et ça m’angoisse. Le blond me sort de mes pensées :  « J'vais retrouver mon téléphone pour que tu puisses appeler, mais j'suis plus sûr d'où je l'ai planqué. Mais si tu veux, tu peux pioncer ici cette nuit... Enfin, j'veux dire que ça t'éviterait des frais supplémentaires. Mais je comprendrais que tu préfères ton confort. » Sa voix profonde me fait frissonner alors qu’elle s’associe à la phrase « pioncer ici cette nuit ». J’ai envie de me précipiter dans ma réponse et de lui dire « oui ». Mais …  « Je … je ne sais pas Samaël … enfin, tu as surement des choses de prévues. Je ne veux pas t’encombrer. » je lui dis, un petit sourire contrit au coin des lèvres. Sa proposition me va droit au coeur et me transporte loin, des mois en arrière, et ça me fait terriblement du bien. Proche de la cuisine, je me dirige vers un placard pour sortir une poêle, comme avant, comme lorsque nous étions proches. Peut-être ne devrais-je pas agir comme avant, quand nous étions proches.  « Tout va bien Sam ? T’as vraiment pas l’air dans ton assiette ! » Je lui demande de but en blanc. Mais ma question, tout à l’heure, est restée sans réponse.


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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Mar 18 Avr - 22:57

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  « Tu me connais … Puis à la base je ne voulais pas te déranger … » dit-elle sans prendre conscience un seul instant qu'elle ne me dérange jamais. Elle me sauve de mes démons, calme mes pulsions, quand elle est là, je suis naturellement plus serein, moins électrique. Ma violence interne se laisse apaiser aisément à la vue de son visage éclairé par son rire. Même si aujourd'hui, Ashlynn semble bien pâle, la fatigue l'a gagnée. Malgré cela elle trouve toujours la force de me tirer la langue et de se sentir de trop. Alors qu'aujourd'hui plus que jamais sa présence était justifiée ici. Je n'avais jamais compris son retrait si soudain.



Ashlynn ne s'arrête pas là, évidemment.  « Et à la base je voulais tout simplement rentrer chez moi. » Je lève naturellement les yeux au ciel comme à chaque fois qu'elle ose me sortir une énormité pour justifier un comportement stupide : « Ca n'empêchait pas. Enfin, j'suis blasé. T'es juste une vielle bourrique. On t'apprendra plus rien maintenant. » C'était mon tour de lui dédicacer un regard brillant de malice derrière un visage lisse, pince-sans-rire.  Je continuais de soulever les t-shirts sales, de les rassembler, un peu embarrassé de voir Ashlyn pénétrer cet appartement qui ne me ressemblait plus en rien. En fait si, j'avais plutôt l'impression qu'elle venait de pénétrer dans mon propre esprit, après avoir visité la propreté de ce que je voulais faire paraître, maintenant elle se confrontait à mon bordel interne, ma destruction lente et néanmoins massive. J'avais la sensation de n'être plus qu'un château de carte, et que si elle me bousculait trop ce soir, tout allait juste s'effondre. Elle me suggère de se faire livrer, ce qui n'est en soi pas une mauvaise idée. J'aimerais cuisiner pour elle dans un autre contexte, ce soir je ne suis pas sûr de ne pas foutre des oeufs partout ailleurs que dans la poêle.
Heureusement Ashlyn n'avait pas encore remarqué mes mains tremblantes. Elle ne pouvait pas non plus déceler mon rythme cardiaque irrégulier et mon esprit flottant dans je ne sais quel liquide anesthésiant. Je ne savais même plus ce que j'avais ingéré, mais je pensais surtout que tout cela était sans doute du à la faim que je n'arrivais plus à ressentir. Je n'avais sans doute plus mangé depuis un jour ou deux. Non. Cuisiner n'était définitivement pas une bonne idée.

 « Je … je ne sais pas Samaël … enfin, tu as surement des choses de prévues. Je ne veux pas t’encombrer. » Répond-elle à ma proposition de dormir ici. Je lui lance un regard, arquant un sourcil : « Depuis quand tu fais ces manières avec moi ? Tu sais très bien que si j'avais un truc je te le dirais franchement. Tu m'as bien vu ? J'ai l'air d'avoir envie de faire un truc de constructif aujourd'hui ? » C'est vrai que je ne devais pas avoir l'air très frais, ma barbe sans doute plus longue que d'habitude, je pouvais presque sentir mes propres cernes s'étendre jusqu'à la moitié de mes joues. Soudainement, son regard sur moi me sembla lourd à porter, je détournais le regard, allant fouiller dans les fauteuils après mon téléphone, surtout pour ne plus avoir à affronter ses yeux clairs.  « Tout va bien Sam ? T’as vraiment pas l’air dans ton assiette ! » Je me redresse, et lève les yeux vers elle, à l'autre bout de la pièce. Quand je plonge dans ces yeux limpides, j'ai mal, mal à crever parce que je suis incapable de mentir. Ses yeux sont la porte ouverte vers mon paradis autant que mon enfer, quand je lis en eux, quand je me confronte à eux, je me perds. Et je sais que ce n'est pas le moment. Non. Je fronce les sourcils et m'éclaircis la gorge parce que toutes des images me reviennent.

 

Mais il est des vérités que je dois taire, tout simplement. « Ca pourrait aller mieux, babe. Liam est mort la semaine passée. » Brute. Cash. Mon regard sonde le sien une seconde avant de me pencher à nouveau vers le fauteuil, je sors d'entre deux coussins le fameux portable disparu. Je me redresse, mordant violemment l'intérieur de ma joue. Alors je goutte le sang se répandre dans ma bouche. Ce goût amer que je ne connais que trop bien. Liam s'accroche à moi comme une sangsue, les mains sur mes épaules, son râle brûle mes tympans. Je souffle profondément, passe au dessus, comme toujours. Un sourire. Une simulation. Tout va bien, babe. Ne t'en fais pas. « J'ai retrouvé mon téléphone. On se commande des pizzas et on comate devant un film nul ? » Oui, je passe à un autre sujet, parce que je n'ai pas la force de lui en parler, je n'ai la force de l'affronter vis à vis de ça. De tout ça. Mais en moi, la douleur et la haine gronde. Je sens mes mains trembler davantage et je serre mon poing sur mon téléphone pour me canaliser. Je tombe en arrière sur mon fauteuil, pose mes coudes sur mes genoux, enfouis ma tête dans mes mains. Soupirant profondément. Parce que non, putain, tout ne va pas bien aller. Parce que non, je peux pas juste faire comme si c'était une petit blessure à soigner. En vrai, ça brûle tous mes membres, ça transperce tous mes nerfs, en vrai j'ai pas la force. Pas la force de faire comme si. Pas la force de te mentir. Pas à toi.


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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Mar 6 Juin - 22:54

Samaël & Ashlyn
“ How do I feel by the end of the day. ”


Et quand tu crois que tu es enfin sortie de tout ça, qu’enfin tu cesses de te noyer sous la merde, qu’enfin tu respires à nouveau, tout s’abat d’un coup sur toi. J’ai l’impression de me prendre un putain de coup de massue en pleine tronche. « Ca pourrait aller mieux, babe. Liam est mort la semaine passée. » Mes yeux fixaient pourtant les siens, mais, écarquillés, j’ai comme pu lire tout ce qu’il me taisait. Je chancelle contre le plan de travail, je me retiens de lâcher la poêle. Une douleur me traverse le ventre, les entrailles, je presse ma paume contre mon ventre rebondi. Bordel. Je relève les yeux vers Samaël. Comment peut-il m’annoncer ça aussi simplement, de façon aussi brute ? Certes je n’éprouvais pas une immense affection pour lui, mais … il était son frère. La chair de sa chair. Les larmes me montent aux yeux, ma gorge se serre. J’inspire un grand coup. Mon souffle est faible et tressaute. Mais je ne peux pas craquer devant Sam. Pas alors qu’il est là, si stoïque face à moi. Mais je sais. Je sais à quel point il souffre. A quoi point il voudrait hurler de rage. Je le ressens, tout ce qui émane de lui n’est que fureur. Mes paupières se ferment quelques secondes, et lorsque je les rouvre, une larme solitaire glisse sur ma joue. Samaël est penché, toujours à la recherche de son téléphone, comme si sa révélation n’avait rien provoqué en moi, comme si tout ça n’était qu’un détail dans sa vie, dans nos vies. Il se redresse soudain, brandissant l’objet disparu enfin retrouvé : « J'ai retrouvé mon téléphone. On se commande des pizzas et on comate devant un film nul ? » Mon coeur bat à douze milles. Je suis paralysée. Immobile face à son attitude, face à son regard sans vie. J’ai envie de courir vers lui, de le prendre dans mes bras et de lui dire que tout ira bien, que Liam sera toujours à ses côtés, qu’on retrouvera ceux qui ont fait ça. Mais je ne bouge pas, je me contente simplement d’hocher la tête en signe d’assentiment et de contempler quelques minutes la poêle qui se trouve toujours dans ma main. Il faut que je respecte son choix de silence. Il ne veut pas m’en parler, il ne veut pas y penser et je ne peux que comprendre.

Je n’aurais jamais pu croire celui qui m’aurait dit qu’un jour je verrais Samaël dans cet état, et pourtant. Mon estomac se retourne lorsque je le vois se laisser tomber dans son fauteuil, la tête dans les mains, comme s’il supportait toute la misère du monde sur ses épaules. Doucement, je pose la poêle avant de me diriger vers lui. Doucement, je ne veux pas le faire fuir. Mais il ne semble pas remarquer ma présence.  « Sam… » je chuchote en m’approchant de lui avant de m’accroupir devant lui. Je ne peux rien dire, rien faire. Je me souviens encore du choc de la perte de mes parents. Personne ne pouvait parler d’eux. Personne n’avait le droit de parler d’eux. Délicatement je dépose un baiser au creux de son cou, humant au passage son odeur musquée d’homme. Puis mes mains glissent d’elles-mêmes sur les siennes, mon front contre le sien. Je voudrais absorber toute la douleur qui parasite son corps. Je voudrais ne plus le voir dans cet état, plus jamais. Parce que je ne le supporte pas. Samaël ne peut pas ressentir ça.

Nous restons ainsi quelques instants, les yeux clos, le seul bruit de nos respirations calée l’une sur l’autre. Je voudrais tant le prendre dans mes bras, le sentir jusqu’au plus profond de mon âme. Mais je ne peux pas me le permettre, je ne peux pas faire ça après ces mois d’absence la plus totale. Ce n’est seulement lorsque mon poids ne me permet plus de rester dans la position que je romps le contact entre nos deux âmes.  « Je pense que c’est une bonne idée, pizza et film à la noix, comme avant… Ca nous fera le plus grand bien. » Je dis avant un petit sourire désolé sur les lèvres. Ne pas remuer le couteau dans la plaie. C’est tout ce qu’il y a à faire. S’il souhaite m’en parler, il le fera de lui même. Je me refuse à lui poser des questions qui ne feront qu’abattre un peu plus les ténèbres sur lui. J’attrape donc son portable avant de me diriger vers le frigo, sur lequel se trouve, comme toujours, des numéros de pizzeria qui livrent. Pas question de bouger d’ici. Je tape rapidement le numéro indiqué avant de passer commande. Livraison expresse. Il faut qu’on passe à autre chose. Qu’on mange un bout, avant que je ne tombe dans les pommes, et qu’on s’abrutisse devant un film pourri. Je reviens vers Sam et dépose devant lui un verre d’eau.  « Samaël … Je suis terriblement désolée pour ces mois de silence radio… » Je dis, presque dans un chuchotement, après m’être assise sur le canapé, la tête baissée sur mes doigts qui tracent des cercles sur mon ventre. Je n’ose pas le regarder. Mais je sais que j’ai besoin de m’excuser et qu’il a besoin d’entendre ces excuses là, parce que je m’en veux terriblement.


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MessageSujet: Re: #12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.    Mar 20 Juin - 23:13

Samaël & Ashlyn
“ How do I feel by the end of the day. ”


 Et c'est ainsi depuis une semaine entière, des périodes longues ou courtes où je me retrouve soit à nier tout en bloc et donner l'impression d'en avoir rien à foutre et ces moments où la réalité semblait vouloir m'abattre tout bonnement. Cela n'avait parfois aucune logique, un mot, un geste qui me ramenait à lui et à tout ça. Toutes ces vérités trop lourdes même pour mes épaules fortes. J'étais malade de ma fragilité, malade de mes faiblesses, je voulais garder la tête haute, mais en moi la violence déferlant dans mes veines sonnait comme une faiblesse de plus. Bien qu'à l'instant, Ash était la plus grande. J'avais peur de son regard limpide et profond comme de la glace, trop de vérité dans ce regard pur, je me sentais si sale et incapable de la mériter. Incapable de mériter ce regard peiné qu'elle devait sans doute diriger sur ma personne, tandis que je cognais mon front de mon poing fermé. Et ce bousculement interne dévastait tout sur son passage. Je voulais nier tout cela, retrouver une vie normale, ne plus me bousille avec ce regard pétrifié, mort. Je sentais son cadavre suinter partout sur moi, alors quand Ash s'approcha de moi, j'eus d'abord un mouvement de recul.

J'avais peur de son contact, peur de ces sensations oubliées, de ces mois de vide, j'avais peur de me laisser fondre si elle posait ne serait-ce que la main sur moi. Et en même temps, j'avais l'impression que toute cette saleté imaginaire qui me recouvrait allait la souiller.  « Sam » souffle-t-elle dans un murmure qui me ravage le coeur plus qu'il ne devrait. Je lève les yeux vers elles, les doigts croisés sur ma bouche et encore une fois son regard me vrille l'esprit, je ne peux le supporter plus d'une seconde. Elle s'accroupit, et je sens toute la puissance de mes sentiments contradictoires pulser dans mes veines bleutées, mes muscles se contracter et un violent frisson s'emparer de mon dos sans que rien ne paraisse autre que la chaire de poule recouvrant mes bras nus. Je ferme les paupières avec violence quand ses lèvres laissent échapper un baiser léger comme un papillon sur la peau de mon cou. La colère s'attise quand je me rends compte d'à quel point je désire l'embrasser, maintenant. Comme toujours Ash m'anime d'un geste, même dans les situations les plus sombres. Je me hais davantage, constatant mes pensées, et mon estomac se contracte sous cette colère auto-dirigée. Paupières toujours irrémédiablement closes, je me laisse aller à la sensation de ses mains douces sur les miennes, de son front contre mon front, de son souffle proche du mien. Et au-delà du désir honteux et sauvage, je ressens la magie de ma Ashlyn et mes muscles qui se décontractent un peu. Le sang un instant figé dans ma rage se remet à parcourir l’entièreté de mon corps. Le silence, long et pesant. Je me laisse aller à profiter de sa proximité, juste l'instant que ça dure, avant d'être privé d'elle encore pour les années à venir. On ne peut plus réparer tout ça, elle doit soigner cet enfant proche à naître, et se soigner elle-même. Elle doit se ressourcer et vivre la vie qu'elle mérite. Je n'ai pas à la heurter de cette manière avec mes démons intérieurs, dont un ne peut porter que le prénom de Liam.

Le son de sa respiration si proche couvre le bruit assourdissant qui demeure dans ma tête depuis une semaine. Je souffle profondément, inspire les effluves de son odeur. Une fois de plus, je me laisse aller à cette connexion puissante entre nous que nous ne pouvons nier. Cette connexion qui nous brise pourtant. Cette connexion qu'elle brise en s'écartant. Je sens toujours le sang se répandre dans ma bouche, d'avoir trop mordu l'intérieur de ma joue. Je pince les lèvres nerveusement tandis qu'elle reprend, respectant mes choix, chose que je ne peux qu'apprécier :  « Je pense que c’est une bonne idée, pizza et film à la noix, comme avant… Ca nous fera le plus grand bien. » Son sourire fragile me heurte quand je rouvre les yeux sur elle. Même épuisée, même triste, Ashlyn possède la pureté des anges. J'hoche la tête en silence et tandis qu'elle s'éloigne, je me penche en arrière, m'enfonçant dans le dossier de mon fauteuil, passant mes deux mains dans mes cheveux, les ramenant en arrière en soufflant profondément. Reviens à toi, putain, Samael, Ash est là, profite de sa présence, souffle, détend toi, pense à autre chose.

Elle finit par revenir avec de nouveau son regard qui s'excuse d'être là, et qui m'arrache un fantôme de sourire. Elle a déposé un verre d'eau devant moi, et je lui ai répondu par un merci enroué, tel sorti de la gorge d'un lion.  « Samaël … Je suis terriblement désolée pour ces mois de silence radio… » me dit-elle tandis que je bois une gorgée du verre avant de m'éclaircir la gorge. Je tourne la tête vers elle avant de la secouer lentement. « Babe, s'il te plait, on n'en est plus à s'excuser pour ce genre de conneries... Si ? » Une lutte intérieure pour rester normal, survivre à moi-même, aux démons. Je désigne son ventre qu'elle caresse d'un mouvement de menton : « Par contre, si je peux me permettre, tu devrais peut-être arrêter la pizza. » Encore ce regard pince-sans-rire, puis un léger sourire, fragile lui aussi, tout comme tout dans cette pièce, moi, elle, nos retrouvailles. « Je plaisante, t'es magnifique, comme toujours. Et j'espère avoir l'occasion de voir ton mini-toi courir un peu dans mes pattes à l'occasion. »





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#12 - Lynaël - How do I feel by the end of the day.
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