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 #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie

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MessageSujet: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Ven 21 Avr - 8:25

Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré

― Winnifred & Charlie ―

Tu étais roulé en boule dans ton lit depuis trois jours. Peut-être quatre, cinq si l’on compte ton jour de repos. Un quelque chose vient taper contre ta tête et tu ouvres finalement les yeux pour croiser ceux vairons de Elios. Tu ouvres le battant de ta couette pour le laisser se glisser contre toi et venir ronronner dans ton cou. Tu soupires en refermant les yeux, essayant de retomber dans ce cocon de bien être dont tu viens de sortir. Cocon que tu ne peux quitter depuis quelques jours. Parce que tu ne le veux pas, parce que tu ne le peux pas. Ce n’est pas la première fois que cela t’arrive et sans doute pas la dernière. Micro-dépression.
Un autre coup de tête de ton chat dans le nez. Il a faim. Et tu sais que tu dois sortir de ton lit. Tu peux pas rester comme ça. Tu sais que tu dois te ressaisir mais ce n’est pas comme si c’était aussi simple à faire. Tu attrapes le paquet de cigarette sur ta table de nuit et tu te lèves en même temps que tu en allumes une. Foutue addiction à la nicotine. Foutue addiction à autre chose. Mais tellement libérateur…

Des coups sur la porte de ton appartement se font entendre. Dans un premier temps tu ne réponds pas. Il n’y a aucun bruit dans ton appartement, donc aucune preuve de ta présence. Tu en profite pour finir de verser les croquettes dans le bol de Elios tout en restant silencieux. Bien que l’isolation empêche mes bruits de sortir de la pièce. Tu attends tranquillement que cela cesse et soupires de soulagement lorsque c’est le cas. Tu ne veux voir personne. Pourtant, les coups se font entendre à nouveaux mais tu tiens bon. Tu ne veux voir personne. Et puis, qui voudrait te voir ? Cela doit sûrement être une erreur d’appartement. Ton téléphone se mets à sonner et tu sursautes. Tu ne t’y attendais pas. Tu check rapidement le nom. Winnifred. Ta collègue de boulot. Tu hésites à lui répondre, elle doit surement vouloir prendre de tes nouvelles. Tu ne sais pas trop. Mais le temps que tu hésites la sonnerie se coupe avant de faire un unique son. Un sms. Ouvre ta porte ! Un peu à reculons, tu t’approches de la porte d’entrer que tu finis par ouvrir. Un peu penaud, tu regardes Winnifred qui est là, toute souriante et toujours aussi belle. Tu as envie de refermer la porte mais tu soupires la laissant entrer tout en venant tenir furtivement son poignet, un peu un signe que tu as instauré pour lui dire bonjour quand l’un de vous prend son service au bar.

Winnie, c’est un peu la collègue toujours joyeuse, la fille qui a su accepter ta différence en te prenant dans ses bras. Tu l’apprécies beaucoup et tu aimes passer du temps en sa compagnie au travail. Mais jamais tu ne l’as vraiment vu en dehors. Déjà par le simple fait que tu ne sors presque jamais, tu ne sors plus en réalité par rapport à avant. Et également parce que tu n’as pas d’amis, pas de personnes à qui parler et que tu t’en es accommodé depuis toutes ces années. Alors savoir ta collègue de boulot chez toi est un peu voir beaucoup stressant. Tu ne sais pas quoi faire, tu ne sais pas comment réagir et ton réflexe premier est de triturer le bord de ton tee-shirt déchiré tout en regardant le sol.

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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Mer 26 Avr - 9:53




Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré.

Ah, un jour de congé. Du moins, c’est ce que Winnifred croyait le matin même, alors qu’elle fumait une cigarette sur sa terrasse, ses deux chiens à ses pieds et son mug de café brûlant posé devant elle. Mais la sonnerie de son téléphone, de si bon matin, la fit revenir brutalement dans la réalité. Au bout du fil, une collègue presque plus antipathique que Nix Castle qui lui annonçait d’un ton agacé que Charlie n’était pas venu travailler et qu’il fallait absolument quelqu’un pour le remplacer. Si Miss râleuse semblait juste irritée à l’idée d’une énième absence de la part de leur nouveau collègue, Winnifred, elle, sentit une sorte d’appréhension indescriptible. Après avoir confirmé qu’elle viendrait au plus vite, elle termina son café en se brulant la langue, écrasa sa cigarette à peine entamée et passa un rapide coup de fil pour assurer la garde de ses chiens.

Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour arriver au Red Doors. Une pointe de mécontentement mêlé à une sorte de soulagement était dessinée sur le visage fin de la serveuse qui l’avait contactée et qui la regarda enfiler son T-Shirt de travail d’un air distrait. « C’est pas la première fois. En fait, ça fait 3 jours qu’on l’a plus vu j’crois… » Winnifred l’écoutait à peine, déjà affairée à nettoyer la machine à café. « C’est quand même louche, non ? J’espère qu’il a un truc grave pour justifier de telles absences parce que franchement, y en a marre de se taper ses heures… » La blondinette arqua un sourcil et retourna son visage vers son interlocutrice. « Non mais sérieusement ? Tu t’entends parler ? S’il lui est arrivé quelque chose, tu vas vite regretter ce que tu viens de dire. » Toute une série d’insultes lui passa par la tête pour ponctuer sa phrase… Mais ses bonnes manières prirent le dessus et elle se ravisa. À quoi bon se mettre à dos sa partenaire de travail pour le reste de la journée ? Elle soupira simplement, démontrant son agacement à la demoiselle avant de retrouver son joli sourire pour aller servir une tablée de travailleurs venus boire leur bière de 11h00. La journée s’écoula tranquillement alors que quelques clients venaient comblés les tables vides. Lorsque Nix débarqua dans le bar pour commencer sa plage horaire, Winnifred retira sa tenue de travail en le saluant brièvement. Après avoir tiré deux cafés à l’emporter et pris un paquet de Donuts, elle se dirigea au vestiaire pour récupérer ses affaires et fouiller le classeur des employés dans le but trouver l’adresse de Mister Evans. Sa mission accomplie, elle sortit du bar, non sans dire au revoir à ses collègues d’abord. Direction Grafton Raw 82.

Arrivée devant l’immeuble, elle regarda l’interphone à la recherche de l’étage. Comme un couple sortait de l’immeuble à ce moment-là, elle se glissa dans l’embrasure de la porte et monta les escaliers rapidement. Enfin parvenue devant la porte, elle toqua quelques coups. Aucune réaction. Aucun bruit non plus. Elle réitéra l’expérience une deuxième fois sans succès. Soit il n’était pas là, soit il ne voulait pas répondre… Elle sortit son téléphone et décida de l’appeler. La sonnerie du jeune homme retentit à travers la porte de l’appartement et un sourire victorieux se dessina sur le visage de la blondinette. Elle raccrocha sans même lui laisser le temps de répondre et tapota un SMS rapide : « Ouvre ta porte. » Quelques minutes passèrent avant que le cliquetis du crochet qu’on retire ne résonne. Lorsque Charlie ouvrit la porte, c’est un jeune homme maigre et blafard que Winnie découvrit. Elle fit une petite grimace avant d’ouvrir la bouche pour le saluer. «Hey. Je m’inquiétais… » Elle fit un petit signe de la main, désignant l’intérieur de l’appartement. « Je peux entrer ou… Je te dérange ? » Un petit chat aux yeux vairons s’approcha du pas de la porte en miaulant. Il s’avança vers Winnifred et lui renifla les mollets d’un air tout aussi las que son propriétaire. Elle se baissa vers lui et tendit sa main afin que le chat la sente également. Lorsqu’elle se redressa, Charlie lui saisit doucement le poignet, signe de « bonjour » peut-être un peu étrange, mais qu’ils avaient instaurés en vue du mutisme du jeune homme. Elle posa sa main sur la sienne et lui fit un large sourire. « J’ai pris du café et des donuts, ça te dit ? » Le jeune homme semblait mal à l’aise au possible et surtout, peu en forme. Elle s’en voulut un peu de s’être introduite pareillement dans son univers… puis se ravisa. Charlie était peut-être étrange au premier abord, mais il semblait surtout souffrir d’une extrême solitude. Et bien que son attitude ne le démontrait pas forcément, Winnifred avait l’intime conviction qu’il l’appréciait quand même un minimum.  
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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Jeu 4 Mai - 22:34

Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré

― Winnifred & Charlie ―

Tes yeux qui se posent sur Winnifred ne loupent pas la grimace qu'elle a en te voyant. Tu sais que ton teint est cireux, que ton corps trop maigre et trop fin flotte dans ce tee-shirt dix fois trop grand que tu portes souvent quand tu ne sors pas de chez toi. Et les cernes. Tu les imaginent sous tes yeux, te mangeant le visage. Tu la laisses passé en sachant ne pas avoir le choix. Et tu baisses le regard au sol quand elle te dit s'être inquiétée. Tu ne le voulais pas. Tu ne veux pas que les gens s'inquiètent pour toi. Pourquoi le devraient-ils ? Tu ne méritent pas leur attention.
Pourtant tu laisses ta collègue entrer dans ton bout de vie comme un ouragan. Alors tu la laisses passer et tout retourner même si tu ignores encore quelle sera l'ampleur des dégâts qu'elle pourrait causer. Tu sursautes presque quand elle pose sa main sur la tienne, peu habituer à ce contact. Mais tu fais comme si rien n'était, enfin tu essaies.

C’est ton ventre qui répondit plutôt à sa question en se tordant un peu. Tu n’avais rien avalé depuis l’avant-veille. Tu prends le café des mains et le pose sur la table avec les gâteaux. Tu file du côté de la cuisine, pièce ouverte sur une grande pièce à vivre te permettant de tout avoir dans ton champs de vision. Te permettre aussi d'avoir un œil sur Winnie et de voir ce qu'elle fait, ce qu'elle regarde tout en restant discret.
Revenant vers elle avec ta tablette, tu le lui tends avec les quelques mots que tu as écris dessus. « Pourquoi tu es venue ? » Question dont tu veux une réponse sincère, question dont tu espères ne pas avoir le mot 'pitié' en réponse. Question parce que tu ne comprends pas son geste. Car depuis que tu ne travailles plus au Chloe's, tu n'as jamais pu être proche de tes nouveaux collègues. Tout du moins pas comme tu l'étais avec les anciens dont tu gardes de bon contact, avec qui tu rigolais, avec qui tu traînais pendant tes temps libres, tes quelques rares amis. Au Red Doors ce n'était pas pareil, ils étaient plus distant, plus froid voir antipathique pour certains. Peut-être parce que eux, contrairement à ceux du Chloe's, ils ne t'ont pas vu avant l'accident. Ils ne t'ont pas vu quand tout dans ta vie allait bien dans le meilleur des mondes.
Alors oui, tu te poses des questions sur la raison véritable. Oui, tu veux savoir pourquoi Winnie est là aujourd’hui et comment elle a eût ton adresse.
Tu reprends ta tablette pour lui répondre avant même qu'elle ne dise quoi que ce soit. Parce que pour quoi cela pourrait-il sinon que pour le travail ? « Si c’est pour les heures de boulot je les rattraperais la semaine prochaine. » Tu n’avais pas envie de parler de ça mais si Winnie venait à ce sujet autant mettre les choses à plat maintenant. De toute façon tu doutais d’être capable de revenir bosser avant la fin de semaine.

Tu lui montres une chaise d'un signe de la main. Tu l'aurais bien installé sur le canapé mais celui-ci est encombré par des oreillers et une couverture. Pour quand tu as le courage de sortir de ton lit et migrer dormir dans le canapé. Histoire de montrer que tu n'es pas en totale hibernation.
Une fois installé tu commences à boire ton café, hésitant à manger bien que ton ventre ait faim. Tu redoutes de trop te laisser aller et de ne pouvoir digérer. Ou en réalité à te rendre malade au départ de Winnie et d'ailleurs ressortir le tout dans la cuvette des toilettes. Alors tu ignores les donuts pourtant si alléchant.

Ton chat commence à se frotter dans tes jambes et tu sais ce qu'il réclame. Comme tu ne t'es presque pas lever pendant trois jours, presque quatre, il n'a pas eut son bol de lait matinal. Alors tu te relèves pour aller chercher le tout et le lui sers sur un coin de la table où il venait d'élire domicile comme à chaque fois qu'il venait boire son lait. « Elios. » Tu souris à peine en écrivant cela. Bien que ton chat aux yeux vairons ait été ton rayon de soleil depuis que tu as connu ton ex-petit-ami, le point de chute de votre rencontre d'ailleurs. Le seul lien qu'il te reste avec lui hormis les quelques messages échangés de temps à autre parce qu'un appel téléphonique est totalement exclu par ta faute. « Comme le dieu grec du soleil avec une lettre de moins. » Tu ne sais même pas pourquoi tu dis ça, en vrai, tu sais même pas pourquoi tu parles. Enfin, parler... Question de point de vue. Tu serais tellement mieux dans ton lit à dormir, loin de tout.

« Merci. » Tu ne sais pas tellement pourquoi tu la remercie. Pour avoir apporté du café ? Pour être venue voir si tu étais encore en vie ? Pour te tenir compagnie ? Pour t'accepter comme tu es ? Ou pour tout cela en même temps ?

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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Ven 2 Juin - 9:23




Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré.

 Lorsque la porte s’entrouvrit, ce fût un Charlie en piteux état qui se dévoila sous les yeux clairs de Winnifred. Sa peau était pale, trop pale… Les cernes qui s’étendaient sous ses yeux clairs et malicieux lui grignotaient le visage et lui donnaient un air presque malade. Sa grimace se forma spontanément – sans même qu’elle ne le réalisa vraiment – et sous le regard honteux du jeune homme, elle comprit qu’elle aurait mieux fait de rester neutre. Après quelques instants qui lui parurent durer une éternité, Charlie céda et « l’invita » - ou plutôt dire, la laissa malgré lui – rentrer dans son petit monde. Elle lui tendit café et sachet de Donuts, son sourire si naturel s’étendant sur son petit minois.

La benjamine de la famille Rockatansky était souvent qualifiée – à ses dépens – de petit rayon de soleil. Elle avait ce naturel bien à elle à s’introduire, sans forcer, dans la vie des gens et d’essayer de l’égayer au mieux. Lorsqu’elle avait rencontré Charlie, son corps frêle, ses yeux tendres et son aphasie l’avait interpellée. Généralement, elle n’insistait pas Et pourtant. Le rayon de soleil qu’elle était s’était alors transformé en véritable pluie de météorites. En voyant ce petit bout d’homme dégager une telle aura de tristesse, elle s’était convaincue : elle ne l’abandonnerait pas comme tous les autres. Elle ne se l’expliquait pas, mais elle le sentait : il était de son devoir d’essayer. Sans réaliser que ses méthodes n’étaient peut-être pas les bonnes. Que de s’introduire chez lui de cette manière pouvait être à double-tranchant : soit il apprécierait, soit il l’enverrait royalement chier…

D’ailleurs, Charlie – muni de sa tablette – ne tarda pas à lui voler dans les plumes. Pourquoi était-elle venue ? Elle l’avait dit : elle s’inquiétait. Mais avant qu’elle n’entrouvre la bouche pour répliquer, il se défendait en parlant travail. Elle secoua légèrement la tête, lorsqu’elle eut fini de lire le mot et planta son regard clair dans le sien. «  Je te l’ai dit. Je m’inquiétais pour toi. » Elle baissa un peu les yeux et parcouru le séjour du regard, avant de reporter son attention sur le jeune homme. « Quant au travail, oublies ça pour l’instant. Je sais que tu te rattraperas. Je ne suis pas venue pour te faire des reproches, tu sais… » Elle haussa les épaules pour accentuer ses dires. Elle s’en fichait du service. Elle s’en fichait des remarques cinglantes de ses autres collègues à l’égard du jeune homme. Elle s’en fichait royalement. Ce qui lui importait, réellement, c’est de s’assurer que Charlie allait bien. Le reste n’avait – actuellement – aucune foutue importance.

Alors que Charlie s’affairait à déposer le petit-déjeuner à la cuisine, Winnifred laissa aller son regard sur le living-room. Des couvertures défaites et une pile de coussins sur le canapé indiquaient que le jeune homme dormait certainement là. Une bibliothèque avec quelques journaux, une table basse encombrée et… Le bruissement du sac en papier la sortit de sa contemplation. Son hôte l’invita à s’assoir à table et elle le remercia d’un mouvement de tête. Lorsqu’elle eut pris place, elle attrapa son mug et sortit un Donuts. « Mhhh, j’ai trop faim. » Elle mordit dans le beignet à pleine dent, avant de s’interrompre, un peu gênée sous le regard las de son interlocuteur. «  Euh… Excuses-moi. Je m’emballe peut-être un peu… » Petite mimique gênée qui vint orner son visage alors qu’elle déposait déjà la pâtisserie sur une serviette. L’indifférence du jeune homme envers la nourriture l’inquiétait d’avantages que son teint ciré. Elle grimaça et, sourire aux lèvres, pointa les donuts du doigt avant de laisser échapper : « Tu devrais manger, Charlie… Au moins un petit bout. » Les yeux du jeune homme semblaient avoir perdu toute vivacité. Bien qu’elle savait pertinemment qu’il n’appréciait pas trop le contact, elle reposa sa main sur la sienne. « Cela fait combien de temps que tu n’as pas mangé ? » Ses yeux océans rivés sur le jeune homme trahissaient son inquiétude et son malaise. Elle se rendait compte, petit à petit, qu’elle n’avait aucun droit sur le mode de vie ou sur les choix du garçon.

Le ronronnement du chat à ses jambes détourna son attention alors qu’elle se penchait pour caresser doucement l’animal. Ce dernier semblait profiter de l’occasion pour réclamer câlins et friandises. Petit malin... Charlie se leva et se dirigea vers le frigo sans motivation. Lorsqu’il eut terminé la préparation destinée au chat, il revint et se saisit de sa tablette pour lui donner le nom de la petite boule de poil qui s’était nichée à leurs pieds en lapant énergiquement la gamelle de lait. « C’est un très joli nom. » Elle apprécia qu’il fasse l’effort de « parler » un peu et décida de garder le sujet des animaux sur la table, puisque cela semblait être un point commun exploitable. «  Moi j’ai deux chiens. » Elle porta sa tasse de café pleine à ses lèvres et le liquide brûlant la stimula avant qu’elle ne poursuive. « Loki et Tao. » Un petit sourire tendre s’afficha sur son visage. « Je ne suis pas sûre qu’Elios les apprécierait. » Elle laissa échapper un petit éclat de rire, qui rebondit contre les parois de la cuisine. « Ils sont trop énergiques. Lui, il a l’air plutôt calme. »

Le mot « merci » que Charlie afficha ensuite la fit s’arrêter. Elle ne comprenait pas ce qu’il lui louait exactement. Sa venue comme une tempête ? Le petit-déjeuner ? Le fait qu’elle tentait tant bien que mal de lui changer les idées ? Elle plongea son regard dans celui du jeune homme, essayant de cerner la raison du remerciement. Devait-elle demander ? Non. Il était sans doute préférable qu’elle s’abstienne pour cette fois. Elle pencha légèrement la tête sur le côté et, sourire aux lèvres, lui fit un petit clin d’œil qui voulait tout dire.
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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Jeu 15 Juin - 22:16

Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré

― Winnifred & Charlie ―

Le sourire de Winnifred était contagieux car un léger froncement de lèvres se montrait sur ton visage. Pas grand chose, peut-être plus une grimace par ailleurs mais c'était sincère comparés à ceux que tu avais au travail juste pour les clients du bar.
Mais ton sourire, tu finis par le perdre alors que tu chipotais le donut's que ta collègue t'avais apporté alors qu'elle se goinfrait. Tu trouvais cela drôle sa façon de faire et tu allais lui dire de ne pas s'en faire et que cela ne te gênais pas le moins du monde. Mais il a fallut qu'elle pose la question qui fâche...
Tu baisses le regard, penaud et fautif. « Je sais pas. » Dormir ça, tu savais. Cela faisais trois jours que tu dormais soit dans ton lit, soit sur le canapé. Et cela faisait exactement trois jours que c'était ainsi. Par contre pour les repas tu ne sais pas. Tout du moins un vrai repas complet cela doit bien faire cinq ou six jours. Mais manger ne serait-ce qu'un truc... « Deux jours peut-être. » Ou plus, ou moins. Tu ne t'en souvenais pas. Mais cela devait être un minimum. Et puis tu étais dans un tel état catatonique que non, tu ne te souvenais pas d'avoir avalé quoique ce soit.
Alors oui, le donut's ne passait pas et tu croquais des micro-bouts simplement pour faire plaisir à Winnifred. Parce que actuellement ton estomac ne réclamait rien et que de tout manger d'un coup allait simplement te faire tout ressortir dans la cuvette des toilettes.

Le sujet passe un peu à la trappe, tout du moins tu l'espères et tu essaies de te recomposer un visage neutre en caressant Elios qui venait de grimper sur la table. Ses yeux vairons posés sur toi dans une sorte de conseil silencieux de t'ouvrir et de parler. Tu aimais penser à l'idée de Elios était ton ange gardien.
Tu retrouves un sourire quand elle évoque des chiens. Tu n'en a jamais eût et tu ne penses pas en vouloir un jour, tu préférais les chats. « Ils ont aussi les noms de dieux anciens. » Elios, Loki. Des noms de la mythologie, des noms qui ont traversés les âges. Des noms que tu trouves très joli pour des animaux. « Ne te fie pas à aujourd'hui. Il a ses périodes aussi et peut parfois être épuisant à courir dans tout les sens. » Tu grattouillais sous son coup alors qu'il faisait l'ange et paraissait sage. Il ne l'était pas vraiment, pas toujours. Certes il était calme et câlin, encore plus quand tu étais dans une mauvaise passe. Mais il pouvait aussi être très joueurs, fatiguant et faire un bazar sans nom à lui tout seul dans l'appartement.
Tu tends un petit bout de donut's qu'il avale goulument avant de t'en réclamer un autre. Tu souris et lui donne un léger appuis sur le museau pour qu'il arrête de réclamer. Il avait sa propre nourriture bien que tu acceptais de le laisser manger quelques restes que tu faisais parfois. « Là il fait juste le chat bien élevé pour se faire bien voir d'une jolie demoiselle et réclamer à manger. » Tu le regardes alors aller voir Winnifred et recommencer son petit cinéma comme si de rien n'était. Et tu savais que rien que ses yeux si particuliers pouvaient faire craquer n'importe qui.

Tu as un peu de mal à te laisser aller mais avec hésitation, tu tends la main dans sa direction et prend la sienne avec douceur, n'osant trop la serrer. Déjà ton remerciement était beaucoup, surtout venant de toi. Mais ce geste... Tu te surpassais aujourd'hui. Tu ne savais pas pourquoi mais Winnie, sa présence, cela te faisait tellement de bien que tu avais envie de te laisser aller, de craquer pour libérer tout ce que tu as en toi. Même si cela ne serait pas assez efficace au vu de tout ce que tu cumules depuis des années.
Mais ta collègue et son sourire chaleureux te faisaient tellement de bien .Même Elios devait e ressentir car il s'était mis à ronronner bruyamment en se frottant à votre invitée. Ce qui était rare quand quelqu'un passait chez toi. Il restait plutôt calme et observateur, appréciait quelques caresses mais finissait par aller se poser dans un coin et attendre de voir comme l'invité réagissait avec toi pour se décider de s'il l'aimerait bien ou non.

Tu repris ton téléphone en main et décidais de continuer dans les aveux. Disant alors une partie de comment tu es, de lui montrer que tu sais ce qu'elle ressent face à toi. Ce que les gens en général voient en te regardant. « Désolé d'être si bizarre mais... J'ai mes raisons et j'ai pas envies de les évoquer, ok ? » Tu grattes nerveusement l'intérieur de ton bras et te caches dans le café pour essayer de fuir son regard et ses questions que tu venais sans doute de soulever. Mais tu préférais faire ainsi que de les entendre plus tard. C'était un peu un moyen pour toi de garder le contrôle et t'éviter une crise de panique surprise car on t'aurait posé la question au moment le plus inattendu du monde.
Tu finis par te lever et aller chercher ton paquet de cigarette ouvrant la baie vitrée donnant sur le balcon et te mettant dans l'embrasure alors que tu en allumes une.Ta façon de clore le sujet aussi.

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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Dim 23 Juil - 11:55




Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré.

Le visage étonnamment détendu du jeune homme se crispa lorsqu’elle posa la fatidique question du « dernier repas ». Aie. Elle qui espérait bien faire, elle se retrouvait à fâcher Charlie au lieu de lui permettre de passer un petit moment – hors du temps – relativement agréable. Son regard azur se baissa alors qu’elle se mordait la lèvre inférieure. Pourquoi devait-elle toujours gaffer, d’une manière ou d’une autre ? Malgré sa contrariété, le jeune homme prit la peine de lui répondre. Ce geste, futile, la consola un peu. Mais ce ne fut que très bref puisque la réponse qu’elle lut lui déplu particulièrement. Elle arqua un sourcil, prête à lâcher une petite remarque, mais finit par se raviser. Après tout, elle n’était pas là pour le blâmer ou lui faire la morale… Loin de là.

Si elle était venue, c’était parce qu’elle ressentait l’énorme solitude de Charlie et qu’elle se sentait – sans trop savoir pourquoi – liée à ce jeune homme. Elle ne comprenait pas cette étrange sensation, mais les yeux clairs d’Evans lui renvoyaient continuellement ses propres maux. Elle qui, petite nerveuse invétérée, avait trouvé comme exutoire le sport pour extérioriser cette éternelle colère contre le monde, voyait bien cette lueur dans les yeux de son collègue. La lueur d’un homme blessé qui n’a peut-être pas trouvé le moyen d’extérioriser pour avancer.

Parler de leurs animaux de compagnie respectifs était sans doute un peu bateau mais, au moins, ils discutaient. Elle sourit et posa son regard sur le Elios. Avec ses yeux vairons et sa posture, il imposait une certaine noblesse, bien propre aux chats de compagnie. Un sourire se redessina sur son visage et elle rit en voyant le commentaire de Charlie. « Ils ont tous leur petit caractère. C’est comme nous, ma foi. » Elle dirigea à nouveau son regard vers le jeune homme. Ses yeux plongés dans ceux de son interlocuteur, elle cherchait à y déceler un indice, une ouverture. Elle avait envie de l’aider, sans trop en comprendre les raisons. Comme un instinct. Le silence c’était gentiment imposé, sans pour autant être dérangeant et pesant. Elios allait et venait, faisant des petits aller-retour sur la table, son regard alternant entre son propriétaire et Winnifred, qu’il semblait considérer comme une intruse. Elle fit un petit bruit avec sa bouche pour attirer son regard et lui donna une caresse affectueuse.

Une main – celle de Charlie évidemment – se posa sur la sienne délicatement. Ce geste, à la base anodin, était tellement surprenant de la part du jeune homme que Winnie eut une petite seconde d’hésitation. Son regard croisa celui de son ami et un sourire compatissant se dessina sur ses lèvres. Elle était reconnaissante des efforts constants qu’il fournissait en sa présence. Il se saisit à nouveau de son téléphone pour s’excuser de son attitude. Elle haussa les épaules en lisant ses mots. « Ne t’en fais pas, Charlie. Tu n’as ni à t’expliquer, ni à te justifier envers moi. » Elle ne le quittait plus des yeux. « Pour moi ça n’a pas d’importance. Je t’apprécie tel que tu es. » Un nouveau sourire étira ses lèvres alors qu’elle rajoutait : « Par contre, si une fois tu as envie d’en parler, que tu es prêt à t’ouvrir, sache je serai là. »

Elle porta son gobelet de café à ses lèvres et en bu une gorgée. Le liquide chaud l'apaisa quelques secondes alors que son regard quittait enfin le visage du jeune homme pour parcourir à nouveau la pièce. Elle songeait, malgré elle, à ce qui avait bien pu arriver au blondinet. Un petit sourire mélancolique s'afficha sur son visage alors qu'elle tentait de chasser les nombreuses hypothèses qui lui traversaient l'esprit. Peut-être qu'un jour, elle saurait. En attendant, cela ne la regardait pas. «Dis... Il y a possibilité de fumer une cigarette par ici ? Je dois redescendre ou il y a un endroit sur l'étage ? » Il fallait qu'elle se change les idées. Qu'elle retrouve son éternel joli sourire et qu'elle essaie tant bien que mal de détendre son collègue.
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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Lun 24 Juil - 17:35

Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré

― Winnifred & Charlie ―

Ta main sur celle de Winnie à quelque chose de bien. Quelque chose de rassurant. Le contact est différent de celui avec Sasha. En même temps il faut dire que les peux de contact avec le blond se sont soldé par des crises de panique. Ou alors un contact qui n’a pas été voulu avec une partie de ton corps montrant alors des choses que tu ne veux pas montrer. Alors qu’avec ta main, tu peux toucher et tout va bien. Personne ne peut savoir pour le reste puisqu’elle est nickel.
« Ne t’inquiète pas pour moi, ça va. » Enfin, disons qu’en apparence cela va. Alors qu’en réalité… Tu fais comme si tout allait bien. Alors que Winnifred a bien compris que aujourd’hui et ces derniers jours cela n’allait pas. Mais tu préfères éviter de t’étaler sur le sujet, comme toujours. « Je gère sans problèmes. » Et aussi parce que tu veux que personne ne se mêle de tes problèmes. Car cela ne regarde personne d’autre que toi.
Tu finis ton café en silence relâchant alors sa main comme si tu avais été brûlé. Il ne fallait pas t’en demander plus. Déjà d’avoir fait le geste était en soit exceptionnel. Même avec Sasha tu avais encore du mal à agir ainsi. Tu te lèves pour aller chercher le cendrier sur le rebord de la fenêtre du salon et le poser au milieu de la table.

Tu la regardes sortir une cigarette et l’allumer. Tu pourrais faire pareil toi aussi mais ce n’est pas une cigarette que tu veux là tout de suite. Plutôt un bon joins bien garni historie de retourner dans cette phase catatonique que Winnie t’a fait quitter. « Tu peux fumer ici, ça ne dérange pas. » En général tu fumais sur le balcon ou près de la fenêtre mais pour une cigarette en plein milieu de la pièce, tu n’en mourrais pas.
« Tu veux un autre café ? » Tu avais besoin de bouger maintenant, tu ne pouvais rester assis comme ça dans le silence avec son regard posé sur toi. Parce que peu importe sa bonne volonté tu finirais par y voir des choses qui n’y sont pas et à te demander si elle n’a pas pitié de toi ou autre chose.

Tu commences à préparer la cafetière avant d’attendre sa réponse, toi aussi tu en auras bien besoin d’un. Bien que tu aies envie d’autre chose mais tu doutes que ta collègue apprécie le geste et reste sans rien dire. « Je peux te demander un truc ? » C’est un peu gênant parce que généralement, tu ne demandes rien aux autres. Tu as toujours appris à te débrouiller par toi-même et ce, depuis des années. Mais malgré ta débrouillardise, il reste des choses que tu ne sais pas faire et pour lesquelles tu es dépendant. L’informatique en fait partit. « Tu te souviens quand tu as dit être informatrice en free-lance. » Un domaine que tu ne maitrisais absolument pas. Pour toi l’informatique s’arrêtait au téléchargement illégal de films et séries, de la musique et de trainer sur internet. Bien que tu sois capable un minimum de dépanner ton pc pour quelques petites choses.
Mais ce que tu as en tête, c’est tout bonnement impossible pour toi. D’où le fait que tu aies besoin de quelqu’un de spécialisé. Simplement pas n’importe qui. Sinon tu aurais été voir des professionnels ou bien tu aurais été directement à la source mais tu ne veux pas voir la personne concernée. Tu ne veux plus lui adresser la parole. Jamais. Donc tu veux passer par un chemin détourné mais ce que la personne apprendrait… Tu ne peux pas mesurer qu’elle ampleur tout prendrait donc tu aimerais que ce soit une personne en qui tu aies confiance.
Confiance.
Tu regardes Winnie, puis tu fermes les yeux en soupirant. Ce que tu pouvais être stupide parfois. « Ouais non oublie. » Ta demande était complètement stupide. Elle ne voudrait pas le faire et puis… Tu ne la connaissais pas, tu n’avais pas totalement confiance en elle et ce serait une mauvaise idée de s’ouvrir autant. Ok, tu le faisais de plus en plus avec Sasha. Mais c’était différent. D’ailleurs tu allais devoir te méfier parce que l’influence qu’il avait sur toi faisait que tu oubliant ta méfiance naturelle des autres. Et bien que tu apprécies Winnifred, elle n’est qu’une collègue, tu ne sais jamais ce qu’il peut arriver.
Une fois le café coulé, tu sors deux tasses que tu sers avant de les poser sur la table. T’asseyant également sans plus rien ajouter de plus.

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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Mer 2 Aoû - 16:09




Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré.

Les réponses du jeune homme plonge Winnifred dans un inhabituel mutisme. Elle sait qu’il ne va pas bien, mais sait également qu’elle ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas… Alors elle se résigne. Elle lui adresse un sourire réconfortant et, comme Charlie lui donne son approbation, la blondinette sort son briquet de la poche de sa veste en jeans. La flemme caresse doucement le bout de sa cigarette qui s’embrase et embaume la pièce d’une odeur de tabac un peu acre. Les nuages de fumées bleus s’élèvent doucement dans les rayons du soleil qui filtrent à travers les stores abaissés de l’appartement. Elle tire doucement dessus. Elle s’apaise. Intérieurement, elle sait qu’elle merde un peu avec son collègue. Elle est trop vive, trop enthousiaste, trop compréhensive parfois, aussi. Et son comportement, pourtant naturel, semble sonner faux sous le regard de Charlie. Ça la met mal à l’aise. Comme si, pour une fois, elle remettait en question sa joie de vivre si débordante.

Elle tire une énième taffe sur sa clope, silencieuse. Lorsque le jeune homme lui propose un autre café, elle acquiesce d’un mouvement de tête. Un flux de pensées la submerge alors et elle se surprend à se perdre dans les méandres de ses divagations, pendant le jeune homme s’affaire près de la cafetière, faisant de petits cliquetis réguliers qui cassent le silence.

Et puis, les pas de Charlie derrière elle la sortent de sa rêverie. Alors qu’elle arrive gentiment au filtre de sa cigarette, il revient avec une question qui l’interpelle. Charlie Evans, éternel individualiste et grand mystérieux, aurait-il besoin des autres finalement ? Un sourire se dessine à nouveau sur les lèvres de la demoiselle alors que son joli minois s’illumine. Elle hoche la tête en ajoutant un « Évidemment ! » Alors qu’il se concentre pour écrire la suite de sa demande, elle écrase sa cigarette sur le cendrier qu’il lui a amené. Lorsqu’elle relève la tête, ses yeux parcourent la question. Elle acquiesce à nouveau. Bientôt, elle a la légère impression d’être ces petits chiens décoratifs pour les voitures, avec la tête qui fait des vas-et-viens de haut en bas, à force de dire oui à tout. Mais bon, ça lui va plutôt bien… Elle a toujours bien aimé les décos ridicules. Cette pensée élargit d’avantage son sourire. « Oui bien sûr. C’est toujours une de mes activités d’ailleurs ! » Elle marque une pause. Observe le visage du blondinet qui semble se refermer à nouveau. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » rajoute-t-elle malgré l’assombrissement du regard de son interlocuteur.

Laisser tomber ? Après cette question qui à furieusement piqué sa curiosité ? Pas question. Pourtant, elle sait qu’elle doit prendre des pincettes avec Charlie. Elle se mord la lèvre inférieure et hausse les épaules, mal à l’aise. Encore… « Charlie… » Elle hésite. Ne sait plus sur quel pied danserA, elle qui est si spontanée d’habitude. « Si tu as besoin de moi, je t’aiderai avec plaisir. » Elle relève son regard azur vers le visage du jeune homme. « Je promets même de ne pas te poser de questions, si tu veux… » Un petit sourire timide nait sur ses lèvres fines. Elle espère que son regard de chaton l’attendrira et qu’il reviendra sur sa décision. Mais il tourne les talons et revient, quelques instants plus tard, avec deux tasses de café fumant. L’odeur du liquide noir emplit doucement la pièce et fait sourire Winnifred. Il lui en faut peu, certes, mais n’est-ce pas comme ça qu’on l’aime ? Alors qu’elle porte la tasse de liquide brulant à ses lèvres, elle rajoute : « Je… je vais être honnête, Charlie. Ta question a éveillé ma curiosité. Mais je sais être discrète et… Si finalement tu n’as pas besoin de moi, je n’insisterai pas mais… Je ne veux pas que tu te gênes. Tu peux me faire confiance… Tu le sais, n’est-ce pas ? » Son visage, son regard, se sont couverts d’un voile plus sérieux. Ses mots sont posés, calmes, mais pas enjoués comme d’habitude. Elle sent qu’il a besoin d’elle… Et elle refuse qu’une quelconque gêne l’empêche de lui venir en aide.


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MessageSujet: Re: #82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie   Lun 7 Aoû - 17:51

Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré

― Winnifred & Charlie ―

Tu sens ton cœur s’accélérer quand tu lui poses la question. Tu n’es pas habitué à avoir de l’aide des autres, tu aimerais ne jamais l’avoir car cela finit toujours par te retomber dessus. Les cafés posés sur la table, tu inspires difficilement en voyant son sourire. Un sourire de confiance mais un sourire qui te fou la trouille, parce que tu sais que maintenant que ut as commencé, elle allait soit vouloir savoir, soit vouloir t’aider coûte que coûte. « Laisse, c’est trop compliqué et trop risquer. » Tu essaies de revenir sur tes paroles, de revenir sur ce que tu as dit. Mais c’est trop tard. Bien que Winnifred te dise avec gentillesse qu’elle n’insistera pas. Elle finira tout de même par vouloir savoir. « Je sais que je peux te faire confiance mais… » Oui, tu lui fais instinctivement confiance et tu sais pas pourquoi. Tu ne sais pas ce qui te pousse à lui demander ainsi, alors que vous ne vous connaissiez que depuis peu et que… Concrètement, Winnie n’est pas ton amie. Pas encore te souffle ta tête mais si tu lui demande ce genre de choses, si elle voit certaines choses dans ton appartement, elle refusera de l’être.
Tu as presque envie d’en prendre un là tout de suite, pour camer la migraine qui va pointer le bout de son nez. Une migraine du à ton combat intérieur pour lui dire ou te taire. Un petit coup de pousse pour la faire partir qui n’est pas très réglementaire. « Ce dont j’ai besoin n’a rien de légal. » Tout aussi illégal que ce petit truc dans la boite sur ta bibliothèque et que tu veux prendre. Blanc, poudreux, doux, exquis. Tu te mordilles la lèvre en tirant encore un peu sur ta cigarette. Tu te cherches aussi des excuses, même si au fond, tu voulais lui dire que ce n’était pas un truc sans danger. Tu sais pas ce qu’elle peut risquer en faisant ça, en recherchant ce dont tu as besoin et tu ne veux pas le penser, tu te sentirais encore plus mal que tu ne l’es maintenant.

Tu baisses la tête sur ton café, tu fuis son regard. Trop facile, trop lâche, trop toi. « Je ne veux pas t’attirer d’ennuis. » C’était vrai, mais l’autre point qui venait subitement de te freiner était que que Winnifred apprendrait forcément des choses dont tu ne veux pas parler et même si elle ne dit rien, si elle n’en parle pas, il restait le fait qu’elle serait au courant. Et tu ne sais pas comment tu pourrais vivre avec cette. Parce que ce qu’elle pourrait apprendre ne plus sur toi… C’est ce que tu vis au quotidien depuis ta naissance, un quotidien que tu ne souhaiterais à personne, pas même celui ou celle qui serait le ou la plus détestable sur terre.

Mais tu ne lui caches pas plus loin ce que tu veux, ce que tu cherches, ce qui te dévore de l’intérieur depuis que tu as appris cela. « J’ai juste besoin de savoir qui est mon père. » Tu fermes les yeux en baissant la tête, tes mains sur le visage pour t’y réfugier et laisser tes pensées se mélanger, te remémorant la trahison de ta mère que tu as appris quelques mois plus tôt. Faisant alors de toi le bâtard de la famille, une raison de plus pour que l’on ne t’aime pas, que l’on te rejette. Enfant mal aimé, enfant rejeté, enfant maudit. Enfant, tu l’es encore, adulte, tu ne l’es pas totalement.
Parce que tu ne sais pas ce qu’est un amour familial, tu ne sais pas ce que c’est d’être une personne normale. Toi, l’handicapé, le malade, le débile. Toute ta vie n’étant que mensonge, tu finis par comprendre que tout devait être ainsi. Tu étais destiné à être celui mis de côté, à être celui que personne ne veut. Celui qui ne devrait pas vivre.

Tu sers les poings alors que tes pensées se font plus fortes, que les mots résonnent dans ta tête. Tu ne devrais pas vivre. Tu n’étais pas destiné à être né si ta traîtresse de mère n’avait pas été ailleurs. Tu ne mérites pas de vivre. Tu soupires et fermes les yeux. Tu ne pouvais rien faire devant Winnie mais tu sais aussitôt ce qu’il va se passer quand elle repartira. Après tout, cela ne t’étonnait pas, voilà un moment que tu n’as pas fait d’erreurs. Et tu dois payer pour tes erreurs, toutes tes erreurs. Et demander de l’aide, lui parler de ça, imaginer qu’elle l’apprenne. C’était tout autant d’erreurs que de traits à faire. Des traits rouges, des traits liquides, des traits à vif.

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#82 • Intrusion non contrôlée chez un marginal désespéré ~ Winnie
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