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 [Jed] Lay My Body Down

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mer 7 Juin - 19:27




Lay My Body Down
Jedia
Je fronce un peu les sourcils tout en souriant plus franchement. L’idée de faire un peu de déco ici n’est pas pour me déplaire, mais ça voudrait aussi dire m’installer un peu plus. Y mettre de moi dans son foyer, c’est peut-être faire un pas de plus dans ce nouveau nous. Mais ça veut aussi dire investir les lieux, dans un sens. C’est autre chose que d’y venir de temps en temps, d’y passer la nuit, d’y manger ou d’y faire l’amour… C’est y mettre un attachement de plus ! Et pour ça, même si l’idée est bonne et me touche venant de lui malgré le ton moqueur, c’est trop tôt. C’est me projeter déjà trop loin avec lui. Pas que je n’en ai pas envie, mais pour le moment notre rythme me convient. « Je suis restauratrice pas décoratrice d’intérieur ! C’est Max qui … » l’est ! La phrase se meurt dans ma gorge perdant cette gaieté le temps de quelques secondes. Le temps que l’image de celle qui occupait la maison d’à côté disparaisse aussi vite qu’elle est venue pousser vers la sortie par ma volonté de ne plus y penser. Poussé par l’envie d’avancé et de tirer un trait définitif sur ça. Le sourire me revient aussi lorsque je sens ses doigts contre mon front me faisant reculer un peu la tête tout en ayant pour réflexe de fermer les yeux. « Moi non plus ! Et j’lai toujours pas vu en fait… » Maintenant que j’y repensais, je ne l’avais toujours pas vu même s’il était sorti en DVD depuis quelque temps.

Je dois bien avouer que la chose qui m’a le plus frappé ici. Ce n’est pas cette absence de bordel pour un mec anciennement célibataire. Pas non plus cette absence d’investissement dans les lieux alors que les murs sont encore blanc et qu’il n’y a pas grand-chose de personnel sur les meubles. Mais c’est bel et bien ce chat. Même si après aveux il s’avère que ce ne soit pas le sien. Je n’aurais jamais imaginé Jebediah Fensworth avoir un chat ! Ça c’est surprenant. M’enfin avoir un animal quelconque tout cours en fait. Mais la chose pourrait être dite sur le fait d’avoir une petite-amie aussi, vu l’énergie qu’il s’était évertué à dégager pour que cela n’arrive pas. Et pourtant… j’étais là et je n’avais pas l’intention d’en partir de sitôt. Mes cordes vocales qui vibrent dans un rire contre ses lèvres qu’il égare encore un peu dans mon cou. « C’est pas totalement perdre son temps alors. »  Je plissais un peu les sourcils me reculant pour le regarder dans les yeux.

Je ne peux pas dire que je suis déçue à l’idée de commander plutôt que de manger quelque chose de préparer par lui –ou par moi– puisque je n’étais pas venue dans le but de manger quoi que ce soit ici. Il ne m’aurait pas invité ne m’aurais pas offusqué non plus, mais j’étais contente qu’il le fasse. Cela donnée un peu d’investissement de sa part dans notre relation. L’idée agréable de partager autre chose que des moments de communion physique. C’était aussi ça d’apprendre à le connaitre, le voir évoluer chez lui, ou à Tucson. Observer ses réactions. Le laisser agir selon ses envies. C’est à mon sens plus constructif que de le bombarder de questions dont les réponses ne seraient peut-être aussi spontanées. Il se détache de moi pour aller jusqu’au frigo et regarder une nouvelle fois à l’intérieur pour être sûr qu’il n’a rien à me proposer d’autre que de commander. Mon regard le suit alors qu’il jette un truc à la poubelle, petite mimique de dégout qui s’affiche sur mes lèvres lorsque j’entr'aperçois la couleur du truc. Pas très ragoutant tout ça… « Épicée dans le sens ou ça passe pour le commun des mortel ou épicée dans le genre qui t’arrache la gueule la première fois et t’arrache encore après digestion ? » Je fronce un peu les sourcils me tournant un peu pour l’observer. Non parce que bon, s’il pose la question c’est qu’il aime ça. Reste à voir à quel point mais il a pas la gueule d’un mec qui se contente d’un seul poivron lorsque ça indique que c’est épicé… « Du moment que j’suis encore capable de différencier le sucre de la litière du chat … » Blocage, micro lag de cerveau. « ‘fin ça veut pas dire que j’ai envie d’gouter la litière du chat pour autant … » Ouais je préfère le préciser, ça pourrait porter à confusion ces conneries …

Je descends du meuble dans l’idée de remettre mon jean, moi aussi. Brève pensé qui me vient et que j’exprime aussitôt alors que je referme le bouton de mon jean, redressant la tête pour le regarder. Je l’écoute en silence alors qu’il évoque un ancien collègue qu’il a mis avec lui sur l’affaire pour avoir son avis. Mon regard qui s’illumine à l’idée qu’il ait pu avancer malgré sa mise à pied. Excitation qui retombe comme un soufflé au fromage qui sort du four au moment où il m’annonce qu’il n’a finalement rien de neuf. Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit qu’il disparait dans le couloir. Et puis pour dire quoi au final ? Je soupire, déçue, mais il m’avait prévenu que cela pouvait être long. Tout comme il m’avait prévenu que cela ne donnerait peut-être rien. Et il fallait avouer que je commençais à le croire. Nouveau soupire alors que je prends mon verre d’eau et traverse la cuisine à mon tour pour gagner le salon, passant par le couloir ou Jed est en train de commander. Je le regarde, sourire aux lèvres et lui mime un bisou alors que je continue mon chemin jusqu’au salon. Jusqu’au chat plus exactement qui se trouve là, sur sa fenêtre a se faire dorer la pilule au soleil qui tape jusqu’à l’intérieur de la maison. Je regarde à l’extérieur alors que le matou lève la tête à mon arrivée, le bout de sa queue qui remue à présent dans un rythme lent. Sans vraiment le vouloir, mon regard se pose sur la maison d’à côté me revoyant encore une fois à l’époque où j’y habitais. A mes débuts avec Jed aussi mais ça, ça avait surtout été la fin. J’y avais vécu la moitié d’une année. A présent j’étais une sans domicile fixe. Outre mes voyages entre Lakeview et Tucson, mon atelier était devenu la seule adresse où il était encore possible de me trouver, enfin surtout pour mon courrier… Je posais mon verre sur le rebord de la fenêtre et venais croiser mes bras sous ma poitrine en repensant au premier soir où Jed était venue me chercher pour m’emmener à Paisley. Un frisson me parcourait l’échine en repensant à cette nuit-là où il m’avait fait l’amour pour la première fois. Car oui, dans l’intimité de cette chambre et sur ce lit une place grinçant, c’est ce qu’il s’était passé. D’un simple jeu où les échange s’étaient jusque-là voulut impulsif et plutôt bestial, il m’avait fait l’amour cette fois-là avec toute l’application et la tendresse dont il avait été capable.

Je sentais la présence de mon petit ami dans mon dos et un sourire venait naitre sur mes lèvres alors que je me laissais aller légèrement en arrière pour venir poser mon dos contre son buste, ma tête venant se placer contre son épaule. Je l’écoutais me dire ce qu’il avait commandé et que nous serions livrés bientôt. Je hochais la tête en levant mon regard sur lui. Reportant celui-ci sur la maison que l’on voyait d’ici. « J’ai contacté une agence la semaine dernière. » Les mots étaient comme un baume sur mon cœur, comme si soudain, l’idée de trouver un appartement allait me faire tourner la page. « Je crois qu’il est temps que j’arrête de voyager entre la maison des Black et ici et que je pose mes cartons chez moi. » Pas que je n’aimais pas être chez l’un ou chez l’autre. Mais oui, il serait peut-être temps que je me trouve un appartement. Bien que cela pouvait prendre plusieurs mois encore… le temps de trouver quelque chose qui me convenait. Et je ne le savais pas encore, mais quelque chose qui conviendrait également à ma situation dans le futur...


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mar 20 Juin - 23:13

Lay My Body Down
Olivia & Jed

Sa réflexion a à peine le temps de passer ses lèvres, qu’il réalise déjà l’énormité de ce qu’il vient de dire ou, plutôt, ce que cela pourrait raviver comme émotions, ou souvenirs chez Olivia. Il ne sait pas grand chose de Maxym, seulement qu’elle est un pan important de l’histoire de sa petite-amie, mais il n’a pas demandé à en savoir beaucoup plus; le début et la fin de leur histoire, d’amitié, lui a suffit. Tout comme le sentiment de colère et de haine à l’égard de cette inconnue lui est amplement suffisant. Il apprécie le passé qu’elle a offert à sa jolie rousse, les bons moments qu’elles ont pu passer, la gamine qu’elle a pu fréquenter.. mais c’est la manière dont tout c’est terminé qui lui déplaît. Et peut être aussi, inconsciemment, le fait que Max ait eu l’occasion de connaître une Olivia que Jed ne devinera jamais que dans l’éclat d’un regard dans le vague, ou des photos d’un autre temps, bien avant qu’ils ne se rencontrent. Bien avant que leurs chemins ne s’entrecroisent, ne s’entremêlent d’une manière si étroite, qu’il se prend les pieds dedans. « Mes murs ont aussi besoin d’être restaurés. Si c’est que ça. » Souriant à demi, il hausse les épaules, en se disant que ça serait peut être pas une mauvaise idée de sortie ça.. Un cinéma. C’est bien ce que font les couples, le samedi soir, quand le week-end est là et qu’aucun des deux ne travaille le lendemain ? Enfin, de son côté, on ne peut pas dire qu’il puisse réellement s’appuyer sur un planning léger, étant donné que depuis qu’il est de retour en uniforme, il peut moins s’amuser à raccourcir ses journées. La flexibilité des horaires, voilà aussi ce qui lui manque dans le statut de Lieutenant. Quoiqu’il doit bien admettre que la seule chose positive dans cette affaire, c’est que sa mise-à-pied lui a permis de passer plus de temps avec elle, parce que depuis qu’il a repris le boulot, ils ne se voient plus aussi souvent. Et si Jed aimerait dire qu’il s’acclimate facilement à leur nouvelle situation, il faut arrêter de se voiler la face à un moment donné: ne plus voir autant Olivia, ça lui manque. S’il avait su qu’il serait autant accroché à leur premier baiser, à leur première étreinte.. Il recommencerait. Même pas besoin d’y réfléchir plus longtemps, parce qu’en la regardant, Jed à le sentiment que c’est .. Juste. Que c’est exactement ce qu’il lui faut. Pas que cette situation, cette relation semi à distance est idéale, mais de savoir qu’il a quelqu’un dans sa vie qui compte, pour qui il a l’air de compter, c’est un sentiment nouveau dont il pourrait bien ne jamais avoir envie de se passer. Et de son cou, ses lèvres passent sur son épaule, sa main qui caresse son coude, doucement, avant de la regarder, fasciné. C’est qu’elle est belle, dans toute sa simplicité, mais c’est l’effet qu’elle a sur lui qui le fascine tant, le subjugue.

S’il se détache, pour s’approcher du frigo, Jed a toujours le sentiment qu’une partie de lui reste avec Olivia, toujours. Il abandonne des petits bouts de lui-même, de sa personnalité, de son être tout entier, sans s’en rendre compte et sans même être certain qu’elle le réalise de son côté; qu’il s’oublie. Qu’il s’offre, toujours un peu plus. C’est diffus, maladroit aussi, mais chaque pas qu’il la laisse faire, ou l’invite à faire, dans son cercle privé, à briser son intimité, c’est une empreinte un peu plus profonde qu’il lui fait laisser sur son âme, dans sa chair. A quel moment peut on être certain qu’une personne a été crée, modelé, précisément pour la forme de votre épaule, pour remplir l’espace entre vos bras à chaque étreintes ? La question n’a pas l’air de se trouver au fond du frigo, alors il referme la porte pour s’approcher de l’entrée, un sourire en l’entendant dans son dos. Une scène qui pourrait paraître si banale, si idéale dans une autre réalité; Olivia possède la pièce, en plus de le posséder lui. Ça l’électrise. Il frissonne.

« J’sais pas.. Une fois mon cousin a craché du feu après avoir bouffé là-bas.. Mais j’sais pas si c’est vraiment arrivé, où si on était trop déchiré et on l’a imaginé.. Genre hallucination collective, truc du genre.. » Il se retient de rire, ses épaules seulement qui trahissent une certaine hilarité. « Chacun agrémente son thé de ce qu’il veut.. Si toi c’est avec la litière du chat, pourquoi pas. Qui suis-je pour juger.. » Moqueur, il attrape le dépliant pour lire les menus, cherchant sans doute le plat le moins épicé. Pas que ça l’amuserait pas de voir Olivia plonger la tête dans un seau d’eau glacée, ou enfouir son visage dans la litière de M’sieur Chat, mais si on peut éviter qu’elle trou sa culotte à cause d’un piment trop fort.. Parce que Jed a rien pour l’aider à se changer et qu’il la voit mal traverser la rue en courant, se cachant le cul avec un coussin du canapé. L’image reste là, flottante dans son crâne, alors qu’il se marre en silence, avant de la regarder s’approcher d’une fenêtre. Se penchant un peu, Jed observe la maison qui se dessine depuis ce point de vue et hausse les épaules, ses doigts qui tapent le numéro du restaurant pour passer commande, avant de se rapprocher, dans son dos, passant ses bras de chaque côté de ses épaules, le dépliant du restaurant dans une main. « J’t’ai pris un truc léger. Histoire que tu finisses pas en ruine la tête dans la cuvette.. Parce que j’ai changé la litière ce matin, ça m’emmerderait que tu me la dégueulasses. » Penchant un peu la tête sur le côté, il dépose un baiser sur sa tempe avant de regarder le vide et de l’écouter.

Elle pourrait lui parler de la pluie et du beau temps, des dernières nouvelles désastreuses du monde, des découvertes incroyables dans un pays du sud.. Que ça lui ferait surement le même effet. Même si Olivia lui dit parfois des trucs sans intérêts véritables, Jed l’écoute avec une attention qu’il ne semble réaliser qu’à cet instant. Et ce depuis le premier jour. Quand elle parle, il écoute. Il retient, aussi. Même quand il croit avoir laissé passer l’information, elle surgit de nulle part, de ses neurones trop réactifs, pour se faire une place dans sa mémoire. Olivia sommeil en lui. « Lakeview ou Tucson? » La question se voudrait innocente, mais c’est bien le dilemme qui se pose. Si elle s’installe définitivement à Tucson, cela risque de compliquer un peu les choses, du moins plus qu’elles ne le sont déjà. Glissant le menu dans sa poche arrière, Jed se penche un peu, collant son torse contre son dos, appuyant ses avant-bras sur le rebord de la fenêtre alors que le chat revient dans le salon, infâme gros lard, pour venir se glisser sous le canapé et faire ses griffes sur le tapis, un bruit de papier froissé qui résonne légèrement. « Si tu veux rester ici pour refaire ma tapisserie, tu sais.. »  Wait.. Est-ce qu’il vient juste de lui proposer, discrètement, de rester chez lui quand elle revient au lieu d’être chez les Black ? « Arrête ! » Il se redresse brusquement, se tournant vers le chat qui s’évertue à griffer le tapis, tapant du pied pour l’effrayer par la même occasion.

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“The reason it hurts so much to separate is because our souls are connected. Maybe they always have been and will be. Maybe we've lived a thousand lives before this one and in each of them we've found each other. And maybe each time, we've been forced apart for the same reasons. That means that this goodbye is both a goodbye for the past ten thousand years and a prelude to what will come..”
Personnage absent de Lakeview du 14 Juin 2017 au 24 Décembre 2017
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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Jeu 22 Juin - 0:26




Lay My Body Down
Jedia
C’est derniers temps, penser à Max est nettement moins douleur. C’est surement pour cette raison qu’il m’est aussi facile de la chasser de mes pensées, lorsque comme là elle apparait comme une évidence dans une discussion.  On ne se détache pas si facilement de vingt années de sa vie. C’est comme perdre une mère ou un père, bien que dans mon cas, je n’ai aucun souvenir de la souffrance que j’ai pu ressentir lorsque j’ai compris que mon père ne reviendrait jamais à la maison. Que plus jamais je ne pourrais le serrer dans mes bras. J’étais bien trop jeune. Son visage même n’est plus qu’une tâche floue. La seule chose qui puisse me rappeler les traits de son visage, c’est les quelques photos dans l’album de famille qui se trouve actuellement dans le fond d’un de mes cartons chez Angel. Et bizarrement, quelque chose me dit que cet album lorsqu’il va être ressorti de sa prison de papier, va faire un aller simple dans une prison de bois. Continuant de croupir dans le tiroir d’un meuble quelconque. Quatre mois maintenant qu’elle est sortie de ma vie. Dire que cela ne me fait plus rien serait mentir. Mais lorsque je suis assise là, à regarder Jed. Lorsque mes yeux scrutent son visage, le détaillant alors que j’en trouve le moindre recoin parfait. Et surtout depuis que je me laisse le droit de ressentir pleinement ce que j’éprouve pour lui. C’est devenu plus facilement supportable. Dans le fond, c’est un peu grâce à elle que je l’ai rencontré. Si elle ne m’avait pas planté ce jour-là, il n’y aurait sans doute jamais eu la moindre parole échangée. Il n’y aurait pas eu cette bataille de popcorn. La suite je ne la devais qu’à lui, évidemment. S’il n’était pas venu à mon atelier. S’il n’était pas venu cet autre soir, alors que je vivais encore à côté de chez lui. S’il ne s’était tout simplement pas intéressé à moi… Oui, sans tous ses petits éléments mis bout à bout, je n’aurais jamais connue la puissance de ce sentiment que l’on appel amour. Alors peut-être que dans le fond, tout comme avec Nolan, ce cinéma avait été le début de la fin. Pas que son absence ait changé quoi que ce soit entre elle et moi. Mais dans le fond, peut-être que j’étais destinée à rencontrer Jed ce jour-là et perdre Maxym après. Comme des coureurs qui se laissent le témoin dans le creux de la main avant que l’autre ne démarre sa course. « Tu sais. C’est pas parce que j’utilise de la peinture dans mes restaurations que je suis forcement décoratrice d’intérieure ou peintre en bâtiment ! » Je me passe une main sur la nuque, la massant un peu. « Mais puisque que visiblement tu y tiens, je m’occuperais de tes murs ! Par contre j’ai augmenté mes tarifs depuis que l’affaire marche mieux. » Sourire d’ange sur les lèvres. « Mais pour toi, j’peux faire une exception et accepté les paiements en nature. »

Je regarde Jed d’une drôle de façon lorsqu’il me raconte sa petite histoire avec son cousin et la bouffe épicée. Je dois avouer que sur ce quoi je ne suis pas vraiment rassurée. Je ne sais pas non plus ce qui est le mieux dans l’histoire, que Jed et son cousin était déchiré et ont vu des trucs bizarres, ou si l’éventualité qu’il a vraiment craché du feu soit possible… Entre les deux mon cœur balance ! « Nan le thé c’est plutôt sans sucre en fait, pis j’aime pas vraiment quand il y a des poissons dedans… Non la litière c’est plutôt pour les plats, ça ajoute un côté croquant gourmand tu vois … » Putain cette conversation rimait carrément a rien, mais au moins elle avait le don de me faire rire. Peut-être travailler un peu notre complicité aussi, enfin. Dans le sens ou, est-ce qu’on pouvait appeler cela de la complicité ! Il me plaisait de le croire en tout cas. Je voyage d’une pièce à une autre, venant me poser devant la fenêtre ouverte. Cette maison sous mes yeux qui n’était autre que la maison familiale de Maxym. Cette maison ou j’avais vécu huit mois. Qu’est-ce que huit mois dans une vie ? Rien du tout… Et même si j’avais aimé y vivre, dans le fond, là tout au fond, j’étais comme soulagée d’avoir pris ce nouvel envol. Même s’il a été forcé et douloureux ! Je savais aujourd’hui qu’il était nécessaire pour que je grandisse encore. La chaleur de mon petit-ami venait se coller contre moi dans mon dos et je me laissais aller doucement contre lui, plaçant l’arrière de ma tête contre son épaule tout en rigolant doucement à sa remarque sur la litière du chat qu’il vient de changer.

Je ne sais pas pourquoi, mais c’est en étant là, devant cette maison qui fut mon toit. Que je décide de lui parler de ma démarche dans la recherche d’un appartement. Il aurait bien fallu que je lui en parle un jour ou l’autre de toute façon, mais celui-ci me paraissait le moment idéal. Je tourne la tête vers lui, la levant un peu pour regarder son visage bien que sous cet angle je n’ai vu que sur sa mâchoire. « Ici. Tucson ce n’est que du provisoire, une fois que mon chantier sera terminé je doute en prendre un nouveau de sitôt. Du moins un aussi long. » Je m’avance un peu pour venir frotter le bout de mon nez contre l’arrête de sa mâchoire avant d’y déposer un baiser. « Et je dois avouer que les allers retours me lasse même si je dois bien reconnaitre que je préfère les températures là-bas qu’ici. » Là-bas j’avais déjà commencé à mettre des robes, des jupes alors qu’ici… preuve en était aujourd’hui, même s’il y avait du soleil, je n’avais pas eu le courage de mettre autre chose qu’un jean de peur d’avoir froid. Il vient s’appuyer les avant-bras sur le rebord de la fenêtre tandis que je tourne un peu la tête dans l’autre sens lorsque j’entends le chat faire je ne sais quoi dans notre dos. Mon attention revient pourtant toute entière sur le blond lorsqu’il me propose de rester ici pour refaire sa tapisserie. Sourire qui s’étire doucement sur mes lèvres alors que je le regarde à nouveau me tournant un peu pour le scruter. « Si t’aimes pas à ce point ta.. » Je me stoppe net dans ma phrase lorsqu’il se redresse en se tournant en direction du chat pestant contre lui pour qu’il stoppe son bordel. Sa réaction me fait clairement rire. Je me retourne pour venir m’appuyer contre le dessous de fenêtre, face à mon petit-ami. Je me mords un peu la lèvre inférieure avant de venir laisser jouer l’ongle de mon pouce contre la pulpe de ma lèvre. Mes yeux suivent instantanément le chat qui s’enfuit aussitôt en détalant comme un lapin en direction du couloir. « Je disais donc. » Je tends une main pour attirer Jed vers moi et qu’il ne s’occupe plus de ce chat. « Si tu n’aimes pas ta déco, pourquoi ne pas l’avoir refaite avant ? » En fait, je me demande surtout pourquoi il insiste autant. Ce qu’il cherche vraiment à faire. « On en est déjà à ce cap-là alors ? » Je viens nouer mes mains dans son dos alors que son bassin vient reposer contre le mien. « Celui où je refais la déco et ou j’laisse des affaires a droites à gauches en prétextant que j’les ai oublié. Sans oublier que vu mes aller-retour, si on en est là, il va me falloir une clé pour si t’es pas là, histoire que j’sois pas comme le chat lorsqu’il est dehors quand tu t’en va de la maison. » Ce n’est pas forcément ce que je veux. Je ne sais pas si je suis prête pour ce cap-là. Ce n’est pas un peu tôt ? Même si quand on y réfléchit bien, depuis le début ce n’est pas comme si on ne faisait rien dans le bon sens. Et puis après tout, qu’est-ce qui était dans le bon sens ? Ce n’est pas comme si nous étions finalement déjà habitué à vivre quelques jours ensemble lorsqu’il me rejoint à Tucson. Ce n’est pas comme un emménagement définitif, ce serait juste le temps de quelques jours lorsque je reviens à Lakeview. Pourtant, j’ai l’impression que c’est différent ! Parce qu’ici, c’est chez lui et pas un hôtel dans une autre ville. A mon sens, ça n’a pas la même légitimité.  

La sonnette de la porte d’entrée nous faisait tourner la tête à tous les deux d’un même mouvement. Ayant presque oublié que nous avions commandé à manger. Jed s’écartait de moi et d’un geste rapide j’agrippais ma main à son t-shirt pour le retenir, venant planter mes lèvres contre les siennes le temps d’un baiser rapide avant de la lâcher et de l’évacuer à l’aide d’une tape sur les fesses. Je reste là le temps d’entendre la porte d’entrée s’ouvrir et lorsque Mr Chat revient je vais m’asseoir sur le canapé où il se couche à mes pieds tout en ronronnant et en se roulant sur le dos pour me faire comprendre qu’il veut que je lui gratte le ventre. Je souris et m’exécute en venant faire frotter mes ongles contre le gras de son ventre. Et c’est là que mes yeux se posent sur le bout de papier sous le canapé. Je ne sais pas si c’est important, je le ramasse simplement et le pose sur la table basse. Je ne porte pas plus attention que cela à ce papier, m’occupant de nouveau du chat. Pourtant mes yeux finissent quand même par survoler la feuille sans que je ne cherche vraiment à fouiner. Mais il faut bien reconnaitre qu’il est juste-là, sous mon nez. Bizarrement, le premier mot qu’il s’accroche à mes yeux, c’est mon nom. Bien qu’en fait, pas totalement, c’est celui de mon père pour être exact ! Je délaisse totalement le chat qui se lève aussitôt pour venir insister en s’enroulant autour de ma jambe, tandis que mes doigts viennent saisir à nouveau le bout de papier que je me mets à lire en silence. Je fronce les sourcils au fur et à mesure que les mots défilent sous mes pupilles. Mon regarde monte un peu sur le papier, se posant sur la date de réception. Et lorsque je réalise que c’était il n’y a pas si longtemps que cela, je n’arrive pas vraiment à décrypter se sentiment qui s’empare de moi. Ma respiration s’accélère d’elle-même sous la colère qui nait en moi à l’idée qu’il m’ait menti. Ce n’est pas comme si je lui avais demandé pas plus tard que tout à l’heure, s’il avait du nouveau. Lorsque je l’entends dans mon dos, je me lève du canapé en lui faisant face. Mon regard qui n’a surement jamais été aussi dur en le regardant lui. Parce que oui, c’est lui ! « Quand est-ce que tu comptais me parler de ça ? » Mon ton est aussi dur que mon regard. Je ne cherche même pas à cacher ce qui fait rage en moi. Je lève le papier en le tournant vers lui tout en reculant, visage à présent fermé attendant une réponse de sa part.


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Lun 26 Juin - 18:17

Lay My Body Down
Olivia & Jed

L’image n’est pas nette, un peu floue, abimée par le cadre rongé par le temps, par la météo capricieuse, pourtant il s’y voit bien, dans cette vie idéale, monotone à souhait, prise au piège sur le papier glacé. Des visages souriants comme il en a connu, par le passé, avec cette innocence, cette insouciance, d’un avenir douteux au fond des yeux émerveillés, émus par le flash, par une histoire rendue immortelle, éternelle. Les coeurs se déchireront peut être, les âmes se briseront, mais les visages resteront, toujours, à jamais plaqué sur le papier, éclairant une pièce sombre les jours d’hiver et de solitude. Et tandis que ses bras se posent sur le rebord de la fenêtre, qu’il sent la chaleur de son corps à travers leurs tissus, qu’il sent le mouvement de sa respiration contre son torse, qui remue fébrilement le t-shirt qu’elle tirait quelques instant plus tôt, Jed se goinfre de la sensation particulière. Oui, il s’y voit bien, sur cette belle photo, tableau parfait, figeant un instant de pur délice, de collision parfaite entre son âme et la sienne. La noirceur qu’elle bouffe, qu’elle dévore et qu’ils oublient. Ensemble ils peuvent lutter contre le mal qui le ronge depuis trop longtemps, contre son âme solitaire, son corps vagabond et son esprit prisonnier d’une cage façonnée par sa volonté propre. Par égoïsme. Par instinct de survie. Olivia est son antidote contre la vie, contre tout ce que cette salope d’existence lui a jeté à la gueule, la preuve est là; si elle n’avait pas été présente dans son sillage, pendant cette épreuve professionnelle compliquée, il serait surement déjà au bar du coin à enchainer les verres et à se taper la première conne venue, dans l’espoir que s’oublier entre ses cuisses lui permettrait d’oublier la merde dans laquelle il s’enfonce. Sans doute qu’il courrait après le cul de la fille de Roderick, pour le plaisir de salir la fille du traître, de l’infâme qui contre toute attente ne l’a même pas défendu, s’est retiré du cas pour ne pas avoir à choisir. Il ne l’a pas soutenu, il ne l’a pas enfoncé, il a brillé par sa simple absence et Jed est convaincu que si son supérieur direct avait osé affronter le Saint Patron des poulets, il aurait encore sa putain d’insigne. Oui, si Olivia n’était pas là, dans ses bras, il filerait du mauvais coton, il chercherait les ennuis, provoquerait le chaos et prendrait plaisir à regarder les dégâts. A se regarder chuter, encore un peu plus, dans l’attente de toucher le fond. Mais elle est là. Elle existe. Chair qu’il étreint en resserrant ses bras contre elle, ses mains toujours sur le cadre de la fenêtre à observer un point dans le vide, à regarder droit devant, à envisager l’avenir, peut être. Sans doute. Certainement. Baissant les yeux vers les traits doux d’Olivia, il sait. Alors il sourit. Légèrement. Tout en douceur et il l’écoute, il imagine avec elle, il dessine le projet quand bien il n’en fait peut être pas parti. Il s’en moque. A ce stade-là, Jed serait surement capable d’accepter de disparaître, si elle le lui demande, pour peur que sa vie soit désormais idéale. Il souhaite toujours le pire aux autres, parce que c’est hypocrite autrement quand on est un personnage égoïste, un brin égocentrique, mais pour elle; il espère le mieux. Et espérer, quand on est Jebediah Fensworth, c’est la plus belle preuve de respect et d’affection qui soit. Confession qu’il passe sous silence, acquiesçant en écoutant.

« Il y a quelques temps, j’aurais dis qu’il faut être fou pour avoir envie de s’installer ici.. Mais maintenant je peux comprendre.. » Bien qu’il n’est pas encore tout à fait certain que les raisons qui l’obligent à rester soit tout à fait raisonnable.. Ni même qu’elles soient bien réelles. Après tout, Jed n’est venu ici que pour Ellie, pour l’aider, pour qu’elle aille mieux loin des tentations des grandes villes et de la noirceur qui y règnent. Elle n’est plus là. Il pourrait rester pour son travail, mais avec la manière dont on a de le traiter dernièrement, il faudrait être masochiste pour accepter de garder l’uniforme ici et il est persuadé qu’il pourrait récupérer son insigne prestigieuse en changeant d’air. Concrètement, rien ne le retient ici, à part peut être la curiosité. L’envie de voir ce que ça peut réellement continuer de lui apporter, de lui révéler sur sa personnalité profonde, sur sa manière de vivre en général. « Là-dessus je peux pas dire.. J’suis plutôt du genre optimisé pour les températures assez basses. » Etrange quand sa température corporelle est toujours étonnamment élevée et pas seulement parce qu’elle est là, bien qu’il doit gagner quelques degrés quand ses bras s’enroulent autour d’elle, mécanisme révélateur de tout ce qui ne franchit pas ses lèvres. Le reste qui s’échappe maladroitement, dans un aveu, dans une invitation particulière qui n’a, même après concentration, pas vraiment plus de sens que ce qu’il essaie de penser. Jed ne réfléchit jamais vraiment à ce genre de choses, il se contente d’apprécier ce qu’on lui donne, ce qu’il a en sa possession et à cet instant, Olivia est ce qu’il a le plus de plaisir à admirer. L’avoir plus souvent devrait donc, selon toute logique, être une idée qui le ravit. Peu importe la bizarrerie avec laquelle il se confesse.

Si son offre à crée une sorte de malaise en lui, il arrive assez facilement à l’ignorer en rappelant son chat à l’ordre, révélant le maître qui domine la créature. Par réflexe, le gros moustachu hérisse le poil avant de tourner le dos, visiblement vexé de se faire souffler dans les bronches, mais c’est sans compter sur le fait qu’Olivia ne perd jamais vraiment le Nord. Et sa main qui le ramène à elle l’oblige à déconcentrer son attention sur son visage; bordel.. C’est possible d’oublier, une fraction de seconde, à quel point des yeux peuvent vous transpercer comme ça ? Apparemment. Haussant les sourcils, Jed penche un peu la tête en arrière en la regardant, avant de souffler un coup en souriant à moitié. « Si j’dois être honnête, j’ai pas l’impression qu’on soit le genre à respecter un cap. » Bras ballants, il finit par les passer autour du cou de la jolie rousse, baissant le nez vers elle en la dévisageant. « Au cas ou, j’planque toujours une clef au-dessus de la porte de la cuisine. C’pas ma faute si l’chat est trop con pour aller la chercher et s’ouvrir. » Il hausse les épaules, pour donner à son information un quelque chose de naturel, sans insinuer quoique ce soit mais pourtant.. C’est là; si jamais Olivia ressent le besoin de se retrouver un peu tranquille, ou qu’elle désire l’attendre, elle sait comment faire, désormais sans avoir à passer par une fenêtre. Le souvenir lui arrache un sourire amusé et la sonnette le coupe dans son film. Attrapant le visage de la jeune femme, il dépose un baiser sur son front avant d’ouvrir au livreur, qu’il manque pas d’applaudir pour sa rapidité, avec tout le cynisme dont il est capable; s’il adore ce restaurant, il doit bien admettre qu’ils ont tendance à le faire poireauter la plupart du temps. Refermant la porte, Jed s’éloigne vers la cuisine pour déposer le tout, sortant une cigarette d’un paquet, pour revenir dans le salon.

Odeur de drame qui s’entremêle à celle de la nourriture chaude qu’il vient de déposer. C’est étrange comme ce genre de situation se sent, dans l’électricité qui règne dans la pièce, dans la position des corps. Avant même qu’elle ne parle, Jed sait déjà que quelque chose va lui tomber sur le coin de la gueule, même s’il a encore la naïveté de croire qu’il en ignore la raison. Merde. Quand il voit le bout de papier, il retire la clope d’entre ses lèvres avant de se frotter le visage, puis la nuque. « Bientôt. Il inspire un coup en refermant deux doigts sur sa clope et le briquet pour éviter qu’ils tombent, levant légèrement la main pour essayer de l’inviter à se calmer. J’avais prévu de t’en parler le moment venu.. » Et il ment tellement mal que même lui ça lui écorche la gueule de le faire alors il se redresse de toute sa taille, grimaçant un peu en secouant la tête, se pinçant l’arrête du nez. « Tu sais quoi .. Non.. Je comptais rien dire, pour être honnête. J’comptais foutre le dossier dans un coin et dire que j’avais rien trouvé de plus que les anciens enquêteurs.. » C’est peut être pas la meilleure défense à adopter, mais Jed ne sait faire que ça, être franc; c’est ce qui lui a valu de perdre son insigne. Ça, ça aurait peut être du lui servir d’exemple. Pourtant il se tient là, sans faillir, sans sourire, avec toute l’honnêteté dont il regorge, que ça fasse mal ou non. « T’es pas prête pour ça.. » Et il essaie pas d’être mesquin, ou de la sous-estimer. C’est peut être même le contraire, mais Jed a le sentiment que ça aidera pas sa cause d’en dire plus, alors il tente un pas en avant, mais elle recule. Elle le fuit. Et c’est pire que tout.

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Lun 26 Juin - 22:37




Lay My Body Down
Jedia
Est-ce qu’il faut vraiment être fou pour vouloir s’installer ici ? En y réfléchissant bien, la ville n’a rien de très attractif. Je me suis longtemps demandé ce qui avait bien pu pousser mes parents à venir poser leur foyer ici. Et après la mort de mon père, qu’est-ce qui avait poussé ma mère à rester ? Alors que sa famille était à Portland. Qu’est-ce qui me poussait à rester ici ? Pour ma mère, dans le fond c’était facilement compréhensible à la vue de ses rapports avec sa sœur, bien avant que ma grand-mère ne quitte ce monde. Je l’avais d’ailleurs très peu connu, uniquement de passage pendant mes étés à Portland alors qu’avec ma mère nous y passions les vacances. Souvent ma tante y déposait mon cousin et repartait aussitôt. Chaque fois qu’elles échangeaient plus de deux mots cela finissait toujours de la même façon… La grand-mère était dans des états pas possibles, à la limite de l’AVC et les deux sœurs finissaient en larmes et en claquant la porte chacune de leur côté. Alors oui, je pouvais parfaitement comprendre ce besoin de s’éloigner, d’avoir son endroit à soit loin de cette tension. Quant- à moi. C’est ici que j’avais grandi. Et si je n’étais pas forcément attaché à la ville en elle-même. C’était surtout aux souvenirs que j’y avais, auxquels j’étais attachée. Et puis, il était là lui. Jusqu’à preuve du contraire, c’est ici qu’il avait sa vie. Bien qu’en y réfléchissant mise à part mes souvenirs et quelques amis. J’étais quelqu’un qui s’adapter plutôt bien aux changements d’environnements, alors peu importe où il se trouvait, je pourrais le suivre sans problème. Maintenant que j’y réfléchissais, l’idée me plaisait plutôt bien d’ailleurs. Et ce n’étais pas mon travail qui pouvait me poser problème. « C’est pas une question d’optimisation, mais de confort ! Je préfère de loin une robe d’été à un gros pull d’hiver… » Et puis il faut l’avouer, c’est aussi plus agréable de regarder de belles gambettes qu’un corps emmitouflé dans un jean et de la laine. « Donc en soi, les températures basses ne me dérangent pas, c’est tout ce qu’elles entrainent qui me dérange un peu plus. Surtout que tout le monde n’est pas doté d’un radiateur interne. »

Ma main l’attire à moi une fois qu’il a terminé de rabrouer son chat, l’obligeant à reporter toute son attention sur moi. Mes mains glissent jusqu’à l’arrière de son jean pour venir se nicher l’une et l’autre dans les poches arrières. Un rire rapide secoue mes épaules lorsqu’il avoue que les caps ce n’est pas vraiment le genre de choses que nous respectons. C’est vrai qu’a bien y regardé, c’est pas comme si nous faisions tout à l’envers depuis le début. Ce n’est pas comme si nous avions couché ensemble à notre seconde rencontre. Comme si … tout en fait, toute notre base ne ressemblait en rien eux bases d’une relation normale. Mais il me plaisait de croire que c’était notre mode de fonctionnement. Notre ciment à nous ! Ce qui faisait que finalement, c’était si bien avec lui. Parce que justement je n’attendais pas à ce qu’il agisse en petit-ami parfait. Qu’il me verse des mensonges sur un plateau dans l’unique but de bien paraitre. C’était justement que rien n’ai changé entre nous, qui me faisais l’aimer un peu plus chaque fois… chaque jour. Je hausse un peu les sourcils lorsqu’il m’avoue qu’il garde une clé au-dessus de la porte de la cuisine. Je secoue aussitôt la tête un air faussement désespéré de l’entendre encore cracher sur le dos de ce pauvre chat. Je note l’information dans un coin de ma tête, sait-on jamais que je veuille lui faire une surprise un jour. Après une journée difficile au travail et puis ça me donnerait une occasion de le voir en uniforme. L’image naissait dans un coin de mon crâne et je me mordais la lèvre à l’imaginer ainsi. Y avait pas à dire, l’uniforme c’était comme le costume au bal l’autre jour, ça avait le don de réveiller cette chaleur dans le fond de mon ventre. Je ferme les yeux le temps de quelques secondes alors qu’il dépose ses lèvres sur mon front, s’engageant pour me laisser là le temps d’ouvrir au livreur. C’était sans compter sur ma main qui le retenait pour venir déposer un baiser rapide sur ses lèvres.

Si j’avais voulu imaginer la suite, je ne pense pas que j’aurais pu imaginer un seul instant la douleur qui venait de traverser mon cœur à l’idée qu’il m’aie menti. Alors que mes yeux parcouraient les lignes relatant les faits. Il savait et il m’avait volontairement menti. Mon corps s’était tendu en un instant. La colère ne prenant même pas le temps de naitre qu’elle me faisait déjà me lever dès l’instant où je l’avais entendu. Me tournant pour le regarder droit dans les yeux et mon ton, dur, qui voulait des réponses ! Et il avait intérêts à me donner les bonnes cette fois-ci. Si mes yeux avaient été doté de mitraillettes ou de lance flammes, il serait surement déjà en train de bruler vif. Les premiers mots qu’il prononce n’étouffant clairement pas ma colère. « Le moment venu ? » Avais-je répété presque outrée par ce qu’il venait de dire. Ce n’était peut-être pas quelque chose qui s’avouer comme un cheveu sur la soupe, mais s’il s’en était vraiment donné la peine, il aurait pu en trouver des moments venus pour m’annoncer qu’il avait bouclé l’affaire ! Seulement les mots qui suivent sont le coup de massue… Ma bouche s’ouvre sous la révélation alors que mon visage semble se crisper un peu plus encore, qu’il ne l’est déjà. Les sourcils froncés de colère alors que j’ai le sentiment qu’il se fou clairement de ma gueule ! Et si jamais la révélation de son envie de me cacher tout n’avait pas fait assez mal, il venait en rajouter une couche de plus. La confiture par-dessus le beurre. « Pas prête ? » Le dernier mot raisonne dans ma tête dans un écho assourdissant. « T’es sérieux en disant ça ? » Mon ton laisse paraitre clairement, qu’il a une dernière chance d’avouer qu’il se fou en fait de ma gueule et qu’il ne le pense pas vraiment. Seulement tout dans son attitude corporelle me laisse comprendre que non. C’est vraiment ce qu’il pense. Que je ne suis pas prête pour affronter la vérité ! Il ose un pas en avant me faisant reculer de deux aussitôt. Parce qu’il est hors de question qu’il s’approche de moi, parce que oui là à cet instant, c’est peut-être bien la toute première fois que je ne veux pas qu’il me touche. Et pas uniquement à cause de ma colère, mais parce que justement, je me connais assez bien maintenant pour savoir qu’il lui suffira d’un contact pour que je parte en vrille et que ce soit lui qui gagne…

Je crois bien que ce qui me mets le plus en colère et me chamboule, ce n’est pas tellement ce que j’ai pu lire sur ce bout de papier ! C’est de savoir qu’il m’a menti et qu’il avait bien l’attention de ne jamais rien m’avouer. « Et qu’est-ce qui te permet de dire si j’suis prête ou non ! » Mon regard le fixe sans ciller alors que je suis à l’affut du moindre mouvement de sa part, prête à le fuir, encore. « T’es à ma place Jed ? » La colère était telle, que c’était bien la première fois depuis que je le connaissais que je n’avais pas prononcé son prénom en entier. Peut-être comme les parents qui engueulent leur enfant et les appellent par leur prénom entier au contraire du petit surnom affectueux de d’habitude. Là c’était en quelque sorte l’inverse, le surnom que tout le monde pouvait lui donner n’ayant jamais franchise la barrière de mes lèvres venait de le faire pour la première fois. Ma respiration s’était accélérée sous l’adrénaline que je ressentais. Plus ça tournait dans ma caboche et plus ça me faisait monter en pression. Les larmes pointant le bout de leur nez, bien que je m’évertue à les retenir. « C’est quoi l’image que t’as de moi en fait ? Que je suis simplement une poupée de porcelaine qui va se briser au moindre trou sur la route ? » Avait-il au moins conscience de tout ce que j’avais pu vivre jusque-là ? Si j’avais été cette poupée si fragile, arrivait-il à comprendre que je ne serais plus debout depuis longtemps si je n’avais cette capacité à encaisser ? Je doutais souvent, c’était vrai ! Mais jusqu’à preuve du contraire, j’étais toujours là, debout sur mes deux pieds. Prise d’un élan à l’idée qu’il ne me voit que comme une chose fragile j’attrapais le premier truc qui passait sous ma main, ce trouvant sur la table basse et je le lui envoyais avec toute la force qu’il m’était possible d’avoir dans le bras. « T’as cru que parce qu’on est ensemble tu pouvais me cacher la vérité ! Sur mon père en plus ! » Voyant que lui envoyer un truc à la gueule me faisait un peu de bien, laisser surtout éclater ma rage contre lui, j’attrapais un autre truc, le mouvement de mon bras imitant le premier, les premières larmes roulant sur mes joues. « C’qui me fou le plus en colère là-dedans c’est de savoir que tu savais et que volontairement tu m’as menti putain ! » Je m’échappais une fois encore de sa attentive de m’approcher en déviant dans le sens inverse du sien.

En une fraction de seconde, il venait d’ébrécher la confiance que j’avais en lui. Et c’est ça qui me faisais le plus mal. Parce que pour moi, cette relation était basée sur notre franchise l’un envers l’autre. Je n’attendais rien d’autre de lui. Je ne voulais pas qu’il soit le petit-ami parfait parce que oui, j’étais consciente de ses défauts et je l’aimais de cette façon. Puisque c’était ainsi que j’étais tombée amoureuse de lui ! « Ce pour quoi je ne suis pas prête, c’est de recommencer avec un homme qui me ment. » Bizarrement, les mots sortent bien plus doux que le reste. Comme une confidence. Ah moins que cela ne soit une mise en garde. Les mots me renvoient à mes neuf années auprès de Nolan. A ses mensonges à répétition et à ma confiance qui s’est effrité avec le temps, pour finalement disparaitre. D’un revers de main je chasse les larmes qui mouillent ma joue. « J’suis plus une gamine Jed ! Le mensonge n’est pas une chose que je peux accepter peu importe la force de mes sentiments pour toi. » Mes efforts pour essuyer mes joues quelques secondes plus tôt, réduit en néant alors que mes mots me frappent en pleine gueule. La fin de ma phrase qui ne laisse pas de place au doute et qui, d’une façon détournée lui avoue clairement que je l’aime. Les mots employés ne laissant même pas paraitre à quel point je l’aime. Ils ne rendent pas honneur à cette chose qui m’anime lorsqu’il est près de moi, qui me fait vivre aujourd’hui. Qui m’étouffe au point d’en crever. Mais si c’est de cette façon que je dois mourir, alors j’aimerais une infinité de mort rien que pour ressentir ça encore et encore ! Nos places qu’on a échangées dans la pièce a force de tourner autour des meubles. Lui pour m’atteindre, moi pour le fuir. Le chat qui profite que je ne lève plus la voix et surtout d’un moment d’immobilité pour foncer à travers mes jambes histoire de s’enfuir définitivement du salon et ne plus se retrouver au cœur de la foudre.  Mon attention qui se porte sur lui une fraction de seconde alors que j’avais complètement oublié sa présence et surtout qu’il manque de me faire tomber en me passant entre les pieds. Inattention de ma part, dont profite Jed pour m’attraper le poignet. Je relève le visage sur lui aussitôt, tout en tirant violemment sur mon bras pour qu’il me lâche. Mais je sais que c’est déjà trop tard…


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mar 27 Juin - 0:12

Lay My Body Down
Olivia & Jed

Il se contente de sourire, en regardant le vide, en se satisfaisant de la simplicité de l’instant que lui offre Olivia, ses bras autour de sa taille, ses mains dans les poches. Sans un mot, il acquiesce bien qu’au fond il ait comme une envie soudaine de la contredire, de lui apporter, peut être maladroitement, une vague idée de ce qui peut lui plaire et qui, étrangement, va à l’encontre de ce que les hommes apprécient d’ordinaire. Si Jed n’aime pas l’été, du moins pas plus qu’une autre saison, c’est parce que la chaleur l’indispose fortement, mais aussi parce qu’il trouve toujours dans l’allure des filles en Juillet, un quelque chose de vulgaire. Comme si toute leur retenir le reste de l’année éclatait soudainement, qu’elles abandonnaient une pudeur factice sous prétexte que la chaleur leur donne envie d’étaler leur corps aux yeux des hommes affamés, assoiffés. La chaleur a toujours un effet néfaste sur les comportements et en tant que flic, il est bien placé pour savoir à quel point. Mais si Jed préfère l’hiver, ou l’automne en réalité, à ces saisons où l’esprit divague fortement, c’est parce qu’il trouve toujours plus charmant de faire travailler l’imagination. Le fantasme. Olivia aurait tendance à le faire bien plus trembler en lui laissant le temps d’imaginer ce qu’elle peut bien cacher sous quelques couches de tissus jalousement collés à sa peau, qu’en se trimballant à moitié à poils. Il aime son corps, certes, mais.. Non. Olivia est un mauvais exemple de toute manière, parce qu’il a le sentiment délirant qu’elle pourrait s’habiller n’importe comment, qu’il continuerait de la trouver incroyablement attirante. Et c’est ce qui lui fait dire qu’il est plus ou moins dans la merde, plus que les insinuations qu’il lui balance depuis le début de la conversation, parce qu’il arrête pas, discrètement, de lancer des perches.
Avant le flou.

Le nez en l’air, il a la mémoire qui flanche, l’esprit qui se promène sur les minutes précédentes, qui traine un peu sur la légèreté qui les enveloppait avant qu’il n’aille ouvrir la porte, avant qu’il ne lui tourne le dos. Avant qu’il ne laisse le chaos s’inviter dans la pièce, à son insu, pour s’insinuer vicieusement dans chaque pore de leur peau, dans chaque tissu les constituant. Minute. Pause. Jed ferme les paupières, le visage toujours levé vers le plafond, à dérouler la bobine, observer les scènettes dans l’espoir de trouver la faille, l’instant T où les choses ont déraillé. Comment peuvent ils être passé d’un moment tendre, de complicité étrange, à ce soudain orage qui gronde, au-dessus d’eux. En rouvrant les yeux, il peut presque voir d’affreux nuages gris s’engouffrer dans la pièce, bousculer le luminaire, rendre l’air étouffant, douloureux. Pourquoi ça le saisit de cette manière ? Ses muscles se contractent, sans qu’il n’y soit réellement pour quelque chose, son épiderme se hérisse de petites cloques alors qu’il a le frisson de l’horreur qui le prend et la sueur, froide, le long de sa colonne vertébrale. Le dégoût, il connait. L’ignorance aussi, il maîtrise même. Mais la colère, de cette sorte-là, c’est du jamais vu, du jamais ressenti. Pas de cette intensité-là, en tout cas. Sans doute parce qu’il sait ce qu’il se cache, là-dessous, au creux de son être, à lui tordre l’estomac en faisant des noeuds; la culpabilité. Il la sent qui fait bouillir son sang, qui lui rougit la peau par endroit, qui doit aussi colorer son regard d’une lueur qu’il ne s’est jamais trouvé, alors il hésite à reporter son attention sur elle, préférant l’écouter en restant ainsi, figé, sur place à fixer le plafond. Un éclair qui zèbre le plafond noircit par la rage qui gronde, qui fait trembler les murs, vibrer le sol, chasse le chat sous le canapé, pays neutre.

« Le moment venu. » Qu’il répète, aussi peu convaincu qu’elle l’est, parce qu’il ne sait plus vraiment si c’était l’idée de départ, ou s’il a simplement perdu son courage en cours de route. Olivia l’affaiblit. Ce n’est qu’à cet instant que Jed semble réaliser, non sans horreur, qu’elle n’est pas que positif dans sa vie, qu’elle amène aussi son lot de désagrément et celui qu’il subit à cet instant est de taille, il faut l’admettre. Jed ne s’est jamais senti impuissant devant personne, pas même à l’académie quand on s’acharnait à traiter les recrues comme des minables, pas même aujourd’hui alors qu’on lui a retiré son insigne comme on aurait cherché à lui retirer sa fierté. Il ne ploie jamais. Ne plie pas. Abdiquer ne fait pas parti de ses principes. Pourtant, devant la douleur d’Olivia, il serait bien capable d’abandonner la lutte, de reculer et puis son regard tombe sur le papier et il puise, dans ces quelques lignes échangées quelques mois plus tôt, avec son collègue, la volonté qui semble lui faire défaut. Alors Jed se redresse et, cette fois, il baisse le regard vers elle tempête dans l’océan d’ordinaire calme. « Très sérieux. » Ça sonne comme une sentence de mort, comme la fin d’il ne sait quoi. Simplement parce qu’il a connaissance de tout, qu’il sait de quoi il parle, qu’il connait la face cachée de l’histoire d’Olivia Physalis Sinclair.. Et que lui dire, tout, dans son ample vérité, dans toute son atrocité, c’est briser ce quelque chose qui fait d’elle ce qu’elle est. Il est pourtant adepte de la vérité nue, sans fioritures, mais à cet instant il sait qu’il en est incapable.. Il le sait depuis longtemps. Depuis Tucson, depuis cet instant de confidences, dans la baignoire, où son coeur a failli, où ses lèvres se sont scellées pour ne pas l’accabler un peu plus. Elle perdait sa meilleure amie, il ne pouvait pas lui dire. Et puis ensuite elle a perdu sa demeure, s’est retrouvé sans domicile fixe, à squatter chez la famille en face de chez lui, il pouvait pas lui dire non plus. Elle ne lui a pas rendu la tâche facile et si ses cachotteries auraient un but louable, Jed a le sentiment qu’elle le diabolise.

« Le fait de savoir la vérité, voilà ce qui me permet de le dire. » Etrangement, plus la voix d’Olivia se brise sous la colère, plus le ton de Jed s’adoucit. Paradoxe qui le dérange, mais contre lequel il n’essaie même pas de lutter, il doit déjà le faire contre elle, s’il doit en plus se battre contre lui-même, pas sûr qu’il gagne. Sur les deux tableaux. Oui, semble hurler son regard, ses traits qui se déforment dans une expression qu’il n’ose vraiment expliquer. Mais oui, il a envie de lui dire qu’il est à sa place, qu’il l’est depuis le jour où il a repris le dossier, où il s’est retrouvé plongé dans l’univers familial des Sinclair, de tout ce qui les entoure, de ce qui les unit, de ce qui les sépare. Il est à sa place depuis le jour où il a réussi à la comprendre, avant même d’avoir le plaisir de la posséder. Et chaque pas qu’il fait, elle recule, elle change de trajectoire et il se sent comme dans ce mauvais rêve où chaque fois qu’il croit approcher de la porte, cette-dernière s’éloigne de plusieurs kilomètres, l’obligeant à continuer sa course. « Non. Je crois que t’es juste un être humain et que personne ne peut entendre ce genre de choses sans se briser. Pas même moi. » Et il se cogne la poitrine du plat de la main, plus violemment qu’il ne l’aurait souhaité, pour appuyer ses mots. Il ignore si c’est vrai, parce qu’avec son passif, avec tout ce qu’il a connu d’horreurs et de bassesse, Jed serait capable de supporter, mais.. Mais ce qui l’ennuie c’est qu’il n’est pas sûr de supporter la douleur qui pourrait accabler Olivia en apprenant la vérité sur son père, surtout en sachant que c’est lui, Jed, qui aura provoqué cet effondrement par la confession, par l’aveu de sa connaissance et du mensonge qui a régis sa vie. Etrangement, c’est en reprenant l’enquête de zéro, en fouillant le passé, qu’il a appris à connaître, de manière un peu particulière, la mère d’Olivia; parce qu’aujourd’hui il est à sa place. Il est celui qui détient le secret, la seule différence c’est qu’il est encore en vie alors qu’Olivia prend conscience qu’on lui a sans doute vraiment menti sur tout.

« Arrête un peu tu veux. La confrontation, toujours, le voilà qui arrive à retrouver sa verve, sa prestance. Si tu veux qu’on arrête de te voir comme une poupée de porcelaine, arrête de comporter comme telle ! Accepte que des gens tiennent suffisamment à toi pour avoir envie de te protéger et pas parce qu’ils te pensent faible ! Las de ce jeu de course, de fuite, Jed finit par franchir la distance, d’un bond, d’un pas rapide, vif pour lui attraper le bras, sourcils froncés, menton tremblant. T’es plus une gamine ? Tu réagis exactement pareil ! Je comprends que ta mère ait choisi de se taire plutôt que de te dire les choses ! Tout ce que tu retiens, c’est le fait qu’on t’ai menti, sans essayer de comprendre pourquoi.. » Sa main sur referme sur son poignet et il lève le visage quand elle agite sa main libre pour le frapper, son poing qui tape sur sa poitrine, lui arrache une grimace. « Les gens qui te mentent ne te veulent pas forcément du mal, arrête de te donner le rôle de victime ! Tu crois que ça me plaît de fermer ma gueule, d’essayer d’oublier ce que je sais quand c’est imprimé dans mon crâne. J’allais le faire à Tucson, j’étais venu pour ça, le destin ou le hasard avaient rien à voir avec ma présence là-bas. J’étais là pour toi. Pour ça. Aveu douloureux de sa faiblesse immonde, qu’il assume mal, pour ne pas dire qu’il voudrait l’ignorer totalement. Mets toi à ma place deux secondes, comment tu veux bousiller la vie d’une personne alors que.. Que pour la première fois depuis que tu la vois, elle a l’air complètement consciente d’être .. Il relève le nez alors qu’elle continue de frapper pour le repousser, mais il la tient fermement et continue d’avancer, l’obligeant à reculer, des coups de pieds qui s’échangent dans la foulée, surtout d’elle envers lui. Mais il ne lâche pas. J’allais te le dire plus tard, mais j’ai pas pu non plus. Comment j’aurais pu, tu t’es vue.. Comment j’aurais pu devenir le type qui t’annonce que ta mère t’a bourré le crâne d’un bobard, que ton père a jamais été celui que tu crois.. Et rester la même personne à tes yeux ? Tu veux la vérité, totale ? A force de la fixer, il ignore où il avance. J’ai pas pu accepter l’idée que tu me vois comme le porteur de mauvaises nouvelles. Je t’ai vu pleurer, putain.. Comment tu peux croire que j’ai eu envie d’être, à mon tour, celui responsable de tes larmes.. Tu dois vraiment m’prendre pour plus pourri que je suis.. »

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mar 27 Juin - 20:52




Lay My Body Down
Jedia
D’aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs. Je crois bien n’avoir jamais éprouvé cela pour personne. Ce qui était qu’une simple impression, c’est confirmé avec le temps et là. A cet instant précis où je découvre que finalement, lui aussi est capable de me mentir, c’est d’autant plus douloureux. Cette sensation est horrible, lorsque cette confiance s’ébrèche si soudainement. Et ce peu importe la raison, que le mensonge soit pour me protéger ou non. Encore que, qui est-ce qu’il protège vraiment ? Moi ou lui ? Nous deux ? En même temps… comme un seul être… peut-être. Les mots traversent mes lèvres sans que je ne les contrôles vraiment. Pas du tout pour être sincère car un cataclysme s’est emparé de tout mon être. Et malgré les réponses qu’il me donne, je lui en veux. Parce qu’il a choisi à ma place ! Et que s’il y a bien une chose que j’ai laissé au passé, c’est ces gens qui m’entouraient et qui surtout s’évertuaient à vouloir diriger ma vie comme eux l’entendaient. Mon corps tout entier se met à trembler et même quand je lui envoie des trucs à la gueule cela ne me soulage pas, pas vraiment. C’est trop peu. La colère est telle que la seule idée qui me vient c’est de lui retourner son salon. Seulement il ne m’en laisse pas le temps alors qu’il tente de s’approcher de moi. Il n’y a pas que contre lui que je suis en colère ! Il y a aussi ma mère pour avoir gardé le secret jusqu’à son dernier souffle. Mon père aussi, pour nous avoir mis dans une telle situation, car sans tout ce mystère autour de sa mort, je ne serais pas là à avoir ma première engueulade avec Jed. J’en veux à Nolan pour avoir passé neuf ans de ma vie à me mentir, non pas sur ses sentiments, mais sur tout le reste, les belles promesses qu’il a pu me faire et qu’il n’a jamais tenu.  Ma colère est surtout due à un enchainement de raisons qui aujourd’hui, explose. Aujourd’hui c’est surement celle de trop. La capsule qui dégoupille après avoir passé des heures sous un soleil de plomb. Le ballon qui pète face à la dilatation du plastique. La goutte d’eau… de trop !

Ce foutu chat fini par me déconcentrer en s’aventurant entre mes pieds pour s’échappé de la tempête qui fait rage dans le salon de son maitre. Je lui en veux à cette foutue boule de poil. Sans lui Jed n’aurait pas sa main sur mon bras, m’empêchant de fuir comme je le souhaiterais. Je remue violemment pour tenter de me libérer, mais il resserre sa poigne autour de moi ce qui m’arrache une grimace de douleur. Douleur qui ne me fait pourtant pas stopper mes tentatives. Parce qu’il est hors de question qu’il ait  le dessus sur moi, pas quand c’est lui qui est en tort… Il avance tout en parlant, me crachant au visage ce qu’il pense. Donc je suis une gamine… Des mots n’auraient pas pu faire plus mal. Je veux définitivement qu’il me lâche et me tirer d’ici. Mon regard qui se trouble de moitié alors que les larmes roulent sur mes joues les unes derrières les autres. Les seuls fois où il recule c’est pour éviter l’assaut mes coups sur lui. Plus il avance, plus je recule. Danse incohérente qui se déroule dans son salon si calme pourtant, il y a plusieurs minutes. Lorsque l’on regarde la scène de l’extérieur, il est difficile de croire qu’un simple bout de papier à déclencher tout cela. Pourtant, les mots retiennent soudain mon attention, même si je cherche toujours à me libérer de l’emprise qu’il a sur moi. Un meuble dans lequel je viens taper, me faisant mal par la même occasion. Si avec tout ça je ne suis pas couverte de bleu après cette altercation… L’idée douloureuse qu’en fait, il était venu en Arizona pour ça, pour me l’annoncer. Mais qu’il ne l’a pas fait. Mon dos qui vient finalement mourir contre un mur, m’empêchant de continuer de reculer. Son autre main vient alors saisir mon autre bras et mes deux poings serrés viennent mourir contre sa poitrine. Alors que mon corps tremble toujours. Et là, je l’écoute. L'idée qu'il m'ait menti dans l'unique but de me protéger qui s'infiltre dans mes pensées et qui a le don, soudain, d'adoucir ce ressenti, cette déception qui s'est faite au fond de moi. « Qu'est-ce qui te fait croire que tu porterais forcément le mauvais rôle. Est-ce que t'as pensé un seul instant au fait que justement, je comptais sur toi pour avoir le rôle de celui qui me dit enfin les choses. Celui qui me donne les pièces du puzzle et de sa vérité malgré tout ce qu'elle comporte ? »

Comment peut-il croire que la seule image que j'ai de lui soit celle d'un pourri et de celui qui tient le mauvais rôle. Il n'a rien fait pour et ses défauts ne sont pas suffisant pour le justifier. Il me reproche de ne pas essayer de comprendre pourquoi ma mère m'a menti, puis lui. Mais comprend t’il que découvrir qu'ils m'ont menti me fait plus de mal encore. Que c'est sûrement une douleur qui aurait pu m'être évité si les gens avaient décidé d'arrêter de réfléchir et de penser à ma place ? Cette absence de contrôle sur ma vie, même si elle concerne mon passé qui m'insupporte, me révolte alors qu'il était le premier à vouloir que je prenne ma vie en main. Il n'a rien fait d'autre que de faire la même chose que ma mère et mon ex belle-mère sous prétexte de me protéger, de ne pas vouloir être le méchant de l'histoire. Même si une part de moi comprends l'acte ici, de ne pas vouloir me voir dévasté, de ne pas vouloir me voir tomber. Mais peu importe au combien elle peut faire mal. Une vérité vaut mieux que milles mensonges. Lui qui connaît si bien mon passé, comment peut-il croire qu'aujourd'hui je puisse accepter cela ? Je le regarde droit dans les yeux, le menton levé vers lui pour combler la différence de hauteur, mon dos toujours collé à ce mur depuis l'instant où il m'a empêché d'aller plus loin. Mes poings serrés alors qu'il me retient toujours, une main sur chaque bras. « Je sais faire la part des choses. Comment peux-tu croire que je te tiendrais pour responsable alors que tu n'y es pour rien. Tu n'es simplement que le messager. Tu es même surement celui qui tient le meilleur rôle dans l'histoire... » Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il tient le rôle du héros pour la simple et bonne raison que l'on n'est pas dans un film et que j'ai du mal à voir Jed en héros. Pas que ça ne lui irait pas, mais il n'est pas ce genre de type là. Mais c'est quand même bien lui qui apporte les réponses à toutes ces interrogations, c'est aussi lui qui finalement remporte le lot gagnant de l'affaire, puisque c'est lui qui garde la fille à la fin de l'histoire. « J'ai jamais dit que ça n'allait pas me mettre à terre. Je n’ai pas cette prétention. Mais quand on tombe on se relève. Alors laisse-moi tombé et aide-moi à me relever. C'est comme ça qu'un couple avance, quand l'un pli l'autre le relève. »

Ma voix qui étrangement s’adoucit lorsque la sienne durcit ! Comme un principe d’équivalence qui se fait entre nous. Lorsque l’un déborde, l’autre tempère. Mais ce n’est pas parce que ma voix s’adoucit et que je commence à comprendre les raisons de son mutisme, que mon regard ne s’en fait pas moins dur. Même si parler de nous comme un couple, comme deux êtres liés par que par une parole, par un sentiment commun, ou même par un échange physique me met plus en émoi qu’autre chose. « Je ne veux plus être cette chose fragile et sans âme Jebediah. » J’ai cessé de lui donner des coups depuis un petit moment maintenant. Maintenant pourtant la force dans mes bras pour garder cette distance entre nous, même s’il est pourtant proche de moi. « Mais ce n’est pas en me mentant que tu vas plaider ta cause. Même si je comprends que tu voulais me préserver. » La tension dans mes bras diminue peu à peu, jusqu’à finalement disparaitre. « Me protéger ce n’est pas forcément m’aider, tu ne crois pas ? Ma mère l’a fait et elle n’est plus là. Qu’est-ce qu’il se passera si un jour c’est ton tour ? » L’idée même de pouvoir le perdre un jour qui me déchire le cœur, mais qui pourtant sonne comme une réalité, puisqu’il semble que j’ai une tendance à faire fuir les gens auquel je tiens. Mes larmes qui coulent à nouveau alors que j’ai l’impression d’étouffer. Pourtant, ma respiration s’accélère d’un seul coup. Alors que je suis prise d’un trac immense à l’idée de ce que j’ai en tête. De ce que je crève d’envie de lui dire là maintenant. Des mots qui n’ont pourtant encore jamais franchis mes lèvres, pas pour lui et qui pourtant, me semble avoir plus de sens aujourd’hui qu’à l’époque pour un autre. « Je t’aime.. » J’ai envie d’ajouter autre chose, pourtant je reste là à le regarder bouche ouverte. Les mots prononcés à haute voix me faisant l’effet d’une chute dans le vide. « Ne fais pas comme eux, ne me mens pas quelle que soit la raison bonne ou mauvaise qui te vient à l’esprit à ce moment-là. »


 

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mar 27 Juin - 22:40

Lay My Body Down
Olivia & Jed

Il a beau chercher à lutter, à tenter de s’opposer à elle, de s’ériger en victime incomprise alors qu’il use de son corps comme d’une menace - fondant sur la proie a une vitesse vertigineuse, sans même être bien certain que la coordination se soit réellement bien faite, entre son cerveau et ses membres - c’est un échec cuisant. Sans même avoir eu le temps de penser son geste, la distance est déjà rompue, piétinée, essoufflée et ses mains s’emparent de ses bras, la force qu’il ne maîtrise pas, parce qu’il oublie qu’il a l’avantage physique mais qu’Olivia est celle qui a l’emprise totale sur la pièce, sur sa volonté, à lui, qu’elle égratigne peu à peu. C’est sur sa peau qu’elle tente de laisser des marques, contre son squelette qu’elle s’acharne, pour se défaire de lui, de son étreinte douloureuse, violente, mais c’est sur son âme qu’elle laisse les bleus. Ses paupières qui sursautent, ses cils qui papillonnent, dès qu’elle articule, qu’elle crache un venin dont il est, en parti, responsable. Il supporte les coups, après tout Jed est le premier à abimer sa carcasse dégueulasse et elle ne sera surement pas la dernière à le prendre pour un sac de billes, mais c’est ce qui se trame dans sa poitrine, dès qu’elle pose ce regard sur lui, qui le travaille. Cette impression qu’il a perdu un prestige gagné, inconsciemment, sans réelle volonté; qu’il a fendu la carapace de confiance, de soutien dont elle l’avait recouvert après Tucson, après les étapes qu’il a surmonté avec elle, parce qu’il était là à cet instant. Bon endroit, bon moment. A moins que ça ne soit plutôt le mauvais endroit au mauvais moment, tête la première dans la détresse émotionnelle d’une femme qu’il a eu le sentiment de devoir couver de son ombre rapace, vautour accroché à ses talons, à suivre chacun de ses pas, peut être en attendant la chute.. Pour la relever ? Et tout ça dans l’optique de quoi, du rôle de sa vie, de la place du héros que son caractère, son histoire et son attitude ne lui ont jamais conféré. Que les autres lui ont fauché sous le pied, parce qu’il n’a aucune légitimité à porter l’armure blanche dont les preux chevaliers se vêtisse, pour sauver la belle.. Ce n’est pas sa place. Et ce même s’il s’intéresse, s’il s’inquiète, s’il laisse le goût de l’amertume sur le bout de sa langue en observant les dégâts et l’océan qui s’échappe de son regard émeraude - douleur de la trahison qui déforme ses traits. C’est parce qu’il n’est pas indifférent, que Jed se sent accablé par des émotions qu’il a, toujours, mis de côtés parce qu’elles n’étaient pas essentielles à sa vie, à son essence. Pourtant, à cet instant, Olivia réveille la tornade, la créature immonde qui lui bouffe les entrailles, lui ronge le coeur, lui suce la moelle par les os qu’elle griffe, qu’elle brise. Alors, il courbe l’échine. « Parce que c’est ma place. » Terrible aveu, confession aigre. Sincérité flagrante. Il l’a prévenu, plusieurs fois déjà, il lui a exprimé la chose, le lui a susurré plus tendrement, mais il a toujours été honnête là-dessus; tout ce que Jed touche, il le brise. Il le rend à l’état de poussière, de miettes. Il rompt les corps, il fêle les coeurs et il putréfie les chairs. La mort, elle, n’est là que pour mettre fin au calvaire de ses victimes. C’est le fardeau de son existence, d’être incapable de faire les choses correctement, de pas réussir à agir dans la norme, de pas pouvoir prendre soin des êtres qui lui sont chers.. Parce qu’après tout, hein, mieux vaut que ce soit les autres qui s’abiment plutôt que soi. Conneries. C’est pourtant le constat de sa vie. Les êtres qu’il a cru aimé, qu’il a peut être sincèrement chéri, Jed a fini par les bousiller, quand il ne les a pas poussé littéralement dans leur tombe.

La fierté dont il regorge s’amenuise, parce qu’il est là, le gamin qui n’a jamais eu l’occasion de vivre réellement, l’enfant qu’on a ruiné par des actes d’insouciances; la peur de l’abandon, le manque d’une confiance qu’il arbore pourtant aux yeux d’un monde aveugle, trop égocentrique pour s’intéresser à lui, idiot mortel. Jed a peur. Jed est seul. Il n’a jamais réussi à s’en remettre, il n’est jamais parvenu à passer outre le sentiment d’imperfection immonde qui a poussé les autres à l’oublier, à le reléguer au rang de meuble pour s’en défaire à n’importe quel instant, parce qu’il jure avec la décoration. Il sommeille là, dans sa gorge, petite boule chaude qui lui coupe les cordes vocales, fait vibrer sa voix d’un ton dur et rauque qui tranche plus que d’ordinaire; ce gamin encore recroquevillé en bas des escaliers. Il attend encore, qu’on lui explique clairement, l’incohérence, la complexité, la fragilité aussi, des sentiments humains. La contradiction des rapports entre les êtres. L’étendue désastreuse des répercutions de cette masse obscure, que sont les élans affectueux. Pourquoi ça le touche comme ça ? Pourquoi Olivia et pas une autre. Parce qu’ils sont du même moules, deux identités similaires, divisés à l’état d’embryon, de cellule. Deux entités soeurs, dans les âmes, qui ont perdu la même chose; la foi en l’autre, la confiance. A la différence que pour lui, ça c’est fais plus tôt, cette compréhension que, de toute manière, les choses n’iront jamais dans le sens qu’il désire, qu’il n’aura aucune incidence sur les répercutions. Et pourtant, à cet instant, il voudrait. Comme il voudrait, que les choses soient plus faciles, plus simples. Il y a pourtant cette certitude presque absolue que cette tape est décisif, qu’elle détermine, à sa manière, s’ils sont capables de supporter les élans de faiblesses de l’autre. Parce que c’est clairement de ça qu’il s’agit; un infime moment de fragilité absolue. D’une route se divisant et de deux choix s’opposant, l’heure qui tourne et l’inconscience qui choisi le chemin le plus escarpé. Jed a toujours entendu dire que mentir était d’une facilité déconcertante, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il réalise à quel point ces êtres-là n’ont jamais goûté à l’honnêteté. Et ça n’excuse pourtant pas son acte, son geste de détresse.

Alors la pression de ses mains se relâchent un peu sur ses poignets, la peau qui marque, qui rougit un peu autour des doigts de Jed et le regret d’abimer sa chair, de l’imprimer d’une telle manière. Métaphore du noyé qui se raccroche à la seule chose capable de lui faire garder la tête hors de l’eau. C’est Olivia. C’est idiot comme ça a toujours été elle, avant même que ce ne soit vraiment le cas. Et la possibilité de la perdre, à cet instant précis, alors qu’il n’a encore la maturité émotionnelle que d’un nouveau-né, qu’elle lui apprend tout, qu’elle lui enseigne l’art d’être deux, d’adorer, de l’aimer elle, de s’aimer lui.. Jed se sent lamentable, humilié presque. Sentiments contradictoires qui chamboulent sa pensée, qui bousculent ses envies, qui interfèrent avec une raison qui, sortie de nulle part, tente de percer dans cet amas d’incohérence et de hasard. « Et si j’suis pas capable de ça.. Respiration hasardeuse, alors qu’il sent l’orage s’apaiser, qu’il essaie, maladroitement, d’approcher son visage dans l’unique but de pouvoir sentir sa chaleur. Et si te voir tomber.. Ça me fait flancher.. » Confession a demi-mots d’une réalité qu’il n’ose même pas envisager, à laquelle il ne parvient pas vraiment à donner corps, à insuffler la vie. Et si Olivia qui se brise, c’est provoquer sa chute à lui. « C’était pas le plan.. J’étais pas prêt, Olivia.. Pas prêt à ce que le monde t’engloutisse, moi j’suis habitué. J’suis tellement tombé qu’aujourd’hui j’arrive à rester debout mais toi.. T’es mon némésis. J’suis égoïste, d’accord. Je voulais que tu continues de danser, de briller, parce que j’ai besoin de ça. Comme j’aimerais croire que t’as besoin de ma noirceur, de mes défauts.. Mais t’as raison.. » Si j’veux que tu te sois capable de rester debout, si je pars, dans je partirais, faut que je te laisse goûter la réalité, crue, brutale, violente. Une main lâche, lentement, avec une précaution chirurgicale, son poignet pour venir se poser sur sa joue. « J’aurais voulu qu’y en ai qu’un de nous deux à porter le drame sur ses épaules.. C’est pas toi la gamine, c’est moi l’enfant.. qui ne sait rien. Qui a tout à apprendre. J’ai besoin de toi pour ça.. » Et pourtant il se tait. Rien de plus.

C’est vrai qu’ils font tout de travers, qu’ils ne suivent aucun protocole établi par des milliards d’années d’histoires avant eux. Ainsi soit-il. L’avenir leur dira, peut être, si c’est parce que leur aventure doit exister de la sorte, qu’ils ont traversé les âges, évolué avec le temps, pour en arriver à ce même point, constamment. Il se trompe peut être, Jed, ce doit être écris, réellement, que sa route doit croiser la sienne et s’y entremêlé avec une étroitesse qui le déboussole. Pas suffisamment pour ne pas deviner ce qui l’attend, au détour des commissures de ses lèvres, tremblantes, accroché à ces larmes qui tâchent sa peau de pêche. Et alors que les secondes ralentissent leur course, instant présent qui s’étend, s’élargit comme de la guimauve, Jed secoue la tête, sa main libérée qui s’écrase doucement sur son cou. « Non.. Chuchotis. chuut… Supplique. Olivia.. » Souffle écrasé contre ses lèvres, les pulpes qui s’effleurent alors qu’il articule et que la bombe est lâchée. Il peut presque l’entendre, siffler dans le vide, sans jamais toucher le fond, chute vertigineuse alors qu’il prend sa déclaration comme le coup final. Essayant de la faire taire d’un baiser maladroit, arrivé trop tard. « Je peux pas promettre. Ça se tient pas les promesses, c’est fait pour être rompu.. Franchise cinglante. Mais je peux essayer. » Ses lèvres qui reviennent se poser sur les siennes, alors qu’il espère effacer les trois mots soufflés précédemment, en écrasant son souffle sur le sien. C’est pourtant là, maintenant, ça pèse au-dessus, ça gronde en-dessous. « Je peux pas te le dire.. Je peux pas te dire ça.. Pas maintenant.. » Ça n’aurait aucun sens, aucune véracité. Dire ces choses-là, à cet instant, parce qu’elles viennent d’être prononcé juste avant, ce serait comme une pâle imitation, un jeu de miroir raté. Un manque de sincérité. « Pas encore.. Tu comprends ? » Y a pourtant quelque chose dans l’attitude de Jed qui laisse penser qu’il a bien imprimé, qu’il a bien réceptionné le message, qu’il l’a juste mis à couver quelque part, au chaud, dans sa poitrine, en attendant que ça mûrisse. En attendant que ça soit l’heure. Ce fameux bon moment. « Ça serait te mentir, maintenant.. Mais je sais. » Nouveau baiser, une main qui retient la sienne, des fois qu’elle cherche à le repousser alors qu’il essaie de presser son corps contre le sien. Il sait. Elle l’aime. Et il le sait. Il l’accepte. Il savoure aussi, sans doute. Elle l’aime. Et dans tout ce chaos, ça a quelque chose de beau. De cohérent, aussi. De parfait.

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MessageSujet: Re: [Jed] Lay My Body Down   Mer 28 Juin - 0:36




Lay My Body Down
Jedia
Les mots tombent. Parce que c’est ma place. Ils me font mal ! Pas parce qu’il me blesse, mais parce que oui, j’ai mal, pour lui. Qu’il pense cela. Comment n’arrive-t-il pas à voir que la joie que j’ai pu avoir et exprimer ses derniers mois, n’est due qu’à lui… Comment peut-il croire que pour moi, il a inévitablement le mauvais rôle alors que pour moi il est ce qui ressemble le plus à cette lumière au bout du tunnel ? « Non. Pas pour moi ! » Les mots sont posés là, comme un cheveu sur la soupe alors qu’ils sont pleins de sens. Je ne sais pas ce qu’il a vécu, ce qu’il a traversé. Surement que je ne le saurais jamais. Pourtant, là maintenant, j’aimerais le savoir rien que pour pouvoir le comprendre ! Mais je ne le saurais surement jamais. Non, définitivement non, pour moi sa place n’est pas celle du méchant. Peu importe ce qu’il peut faire. Peu importe ce qu’il me fera. Il le fera surement pour une bonne raison. Une raison qui m’échappera surement, comme ce soir. Peut-être qu’il me fera encore mal, surement aussi d’ailleurs. Pourtant, je sais que je continuerais à l’aimais. Ne me demande pas comment je le sais, je le sais c’est tout. Pour la bonne raison que j’ai su dès le premier jour ou mon regard a croisé l’océan de ses yeux. J’ai su que j’aimerais cet homme plus que de raison. Quitte a en crever ! Mais il y avait pire comme mort, que d’aimer. Et si je devais donner le reste de ma vie pour lui, je le ferais sans la moindre hésitation. Parce que même dans le chaos de nos gestes et de nos paroles, je sais que je l’aime. Et tant qu’il voudra de moi à ses côtés. Je répondrais présente.

Je n’arrive à détacher mon regard de son visage. Cette sensation d’avoir perdu une partie de nous avant même qu’on ne puisse réellement en profiter. Est-ce vraiment perdu ? J’ai envie de croire que non. On est plus fort que ça ! N’est-ce pas ? Nous n’avons pas fait tout cela pour arrêter aussi tôt… Je ne me suis pas brulé les ailes pour abandonner si près du soleil. J’ai l’attention de me battre. Pour lui ! Parce qu’à mes yeux, il vaut le coup de se battre. Qu’il en ai conscience ou pas. Du moment que moi je le sais, c’est le plus important. Il me suffira d’y croire pour deux et de me battre dans cet unique but. Seulement de sa bouche.  J’ai comme l’impression qu’avec lui, je ne serais pas seule à me battre. Mes larmes qui coulent un peu plus. Leurs chaleurs humides qui roulent sur mes joues alors qu’il m’avoue ne pas supporter que je puisse tomber. Et si j’avais encore une once de colère contre lui, elle vient simplement de s’envoler. Beaucoup trop loin pour qu’elle réapparaisse aussi rapidement qu’un claquement de doigt. Parce qu’il ne le dit pas. Mais tout à travers ses mots me prouvent l’amour qu’il me porte. Des mots qui me confortent dans ce que je sais depuis peu. Il ne fait peut-être pas partie d’une famille riche. Je ne sais peut-être rien de son passé. Il peut avoir les pires défauts du monde. Ce qu’il vient d’avouer et surement l’une des plus belles choses que l’on ait pu me dire. Lorsque sa main vient se poser sur ma joue mon corps tremble toujours. Contre coup surement, en plus de l’intensité de notre échange de mots. Ses aveux qu’il lâche peu à peu. Me confortant dans ma raison. C’est pas toi la gamine, c’est moi l’enfant.. qui ne sait rien. Qui a tout à apprendre. J’ai besoin de toi pour ça.. Je ferme les yeux, mon corps qui se secoue sous l’émotion alors que mes mains glissent jusqu’à pendre dans le vide. Je suis là… Les mots ne sortent pourtant pas. Peut-être qu’ils devraient, le réconforter, lui signifier que je ne compte pas le laisser seul, jamais ! Même si c’était me donnais raison, moi et ma théorie de l’abandon. Je préférais que ce soit lui qui me quitte plutôt que l’inverse. Parce que j’avais parfaitement conscience de ce que je pourrais perdre en lui tournant le dos. Et c’était hors de question ! Pas maintenant que je me donnais enfin le droit de vivre.

Sa main se referme sur mon cou dès l’instant où je lui ai fait mon aveu ultime. Qu’est-ce que je peux lui dire de plus intime que ces quelques mots ? Souvent utilisée pour ne rien dire et qui de ma bouche, veulent pourtant dire beaucoup. Et beaucoup n’est surement pas encore assez fort pour exprimer la puissance des sentiments qui m’animent pour lui. Alors qu’il a bousculé ma vie dès l’instant ou ses pas ont croisé les miens. Son souffle s’écrase contre mes lèvres alors que je ferme à nouveau les yeux. En proie au doute. Ais-je mal fais ? N’aurais-je pas du ? Ma respiration saccadée se mêle à la sienne. D’abord décousue pour finalement s’accorder au même rythme que sa cage thoracique qui se lève chaque fois qu’il respire.  Mes paumes qui sont collées contre le mur alors que ses lèvres sont maladroites sur les miennes. Le choc n’est pas que pour lui. Aimé une personne est une chose, mais le lui avouer pour la toute première fois en est une autre ! Si nous ne sommes pas des adeptes des caps, il semblerait pourtant que je viens de nous en faire passer un. Seule l’avenir nous dira si c’est une bonne chose ou non. Nouvelle promesse de ça part, qu’il n’en tiendra pas justement. Je n’en attends pas moins de lui. Je n’attends pas de réponse. Il peut bien choisir la façon qu’il veut pour me le dire. Ses lèvres qui s’écrasent une nouvelle fois contre les miennes alors que mon corps se met à trembler à nouveau. Pas pour les mêmes raisons. J’ouvre les yeux sur lui lorsqu’il me demande si je comprends. Qu’il ne puisse pas me répondre. Mon visage que je remue un peu d’un signe qui veut dire que oui.



 

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don't let me go
On rencontre des milliers de gens et aucun ne nous touche, et tout à coup on rencontre une personne et notre vie est changée, pour toujours...

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[Jed] Lay My Body Down
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