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 {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?

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MessageSujet: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Lun 29 Mai - 22:33

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Son regard passe sur son portable, tandis qu’il s’arrête au bureau de l’infirmière, déposant le dossier du cas sur lequel on l’a placé cette semaine, dans le service pédiatrique, rappelant à la jeune femme derrière son bureau de le tenir au courant dès le retour des analyses envoyées au labo. C’est avec une certaine surprise qu’Elias réalise le timbre de sa voix, si différent de celui que ses proches entendent; ici il ne bafouille pas, jamais, tout comme sa maladresse semble s’évaporer à l’instant même où il passe les portes de l’hôpital. Le téléphone vibre et c’est avec une certaine amertume qu’il lit le message, plus las en réalité qu’agacé; si seulement elle pouvait le voir ici, dans son élément, si épris de confiance, si assuré dans ses démarches, dans ses rapports avec les autres. Si seulement elle pouvait réaliser qu’il n’est pas aussi manche qu’il n’y paraît, ni aussi sot ou même faible qu’il en a l’air, à moins que ce ne soit qu’ici qu’il joue un rôle. Peut être que le fait de porter une blouse, de devoir mettre les pieds dans l’inconnu et l’effervescence naturel de l’hôpital, lui confère le courage de revêtir un costume, de jouer le rôle d’un autre. Et pourtant, s’il devait choisir, Elias aimerait que ce soit de cette version améliorée de lui qu’on s’éprenne. Tout comme il souhaiterait, inconsciemment, qu’Angel ait un aperçu de ce dont il est capable, entre ces murs trop blanc, senteur désinfectant, pour qu’il accepte, enfin, de lui lâcher un peu la bride. C’est des excuses tout ça, finit-il par réaliser en s’éloignant vers le distributeur de nourriture - son choix se portant sur un paquet de chips, après tout y a de la pomme de terre ça doit être considéré comme équilibré -, parce qu’au final Elias est satisfait de son mode de vie, des idées qu’on les autres sur sa personne. Ça l’arrange bien que Pandora le considère comme son meilleur ami, ça lui offre une place de choix que Wes n’aura jamais, ni aucun autre homme même si l’inverse est tout aussi vraie; il n’aura jamais la place de ces autres. Et il se plaît dans cette sécurité qu’Angie lui donne, à le couver, trop parfois mais sans qu’il n’hausse la voix. Il a laissé les choses prendre cette tournure, ce serait bien hypocrite de sa part de taper du poing en exigeant qu’on lui donne un autre rôle, peut être pas celui de sa vie, mais au moins une partition plus importante que celle habituelle.

Ses doigts se referment sur son paquet, le téléphone qu’il glisse dans sa poche sans trop savoir quoi répondre, un sourire qu’il n’arrive pas vraiment à faire naître sur ses lèvres; fatigue, émotionnelle et physique, qui lui martèle le crâne. D’un regard vers la salle de repos, Elias repère Tami, concentrée sur un bouquin de médecine et c’est sans bruit qu’il s’installe à ses côtés, appuyant son dos contre le sien, pour avaler les chips qu’il décide de partager.. Enfin, elle s’octroie le droit de plonger la main dedans sans lui demander son avis. « Tu sais que la densité nutritive de ces chips est à 2 ? » Ça le fascine vraiment de savoir ça, mais ça n’a pas vraiment l’air d’impressionner la métis qui continue de bouquiner, lui envoyant un coup de coude. « Je sais surtout que tu fous en l’air mon régime. Quel genre d’homme es-tu, monstre. » Il s’apprête à répondre, mais le biper à sa poche se met à siffler, l’obligeant à quitter le confort du sofa pour courir, croisant des résidents dans le couloir. Sur l’instant, quand on lui annonce le trauma qui approche, Elias ne tilt pas vraiment, s’empressant de se mettre en tenue pour se présenter aux portes d’arrivées de l’ambulance, aussi impatient que les autres internes qui l’accompagnent. Un AVP, c’est la chance de pouvoir participer à des opérations complexes et si Elias connaît cette abréviation, il ne percute toujours pas.

Les premiers blessés arrivent et si sa propre conscience semble le protéger contre ce qui menace de lui tomber dessus, ce n’est que lorsqu’il se retrouve sur le cas du fils aîné qu’il se reçoit la gifle que l’univers lui a préparé. Le transfert est impossible à retenir et quand il approche du lit, c’est lui-même qu’il voit, couché-là, inerte, le corps abimé et le respirateur qui émet un bruit monstre. Il ignore si ce sont les heures passées au bloc, ajoutées à sa fatigue déjà bien présente en début de journée, mais Elias ne peut s’empêcher, une fois le garçon en réanimation, d’être interpellé par la similitude de leur épreuve.

« Black ? Qu’est-ce que tu fais encore là, ta garde est finie. » Combien de temps ? Combien de temps est-il resté à ce chevet, au point de s’endormir ? S’étirant douloureusement, Elias hausse les épaules tandis que son supérieur l’enjoint de rentrer chez lui, surement que les traits de son visage trahissent l’étrange cocktail d’émotions qui l’habite. « Je voulais savoir.. S’arrêtant dans l’encadrement de la porte, il tourne la tête vers la chirurgienne qui attend la suite, visiblement. Ses parents ? » Et il n’a pas besoin d’entendre les mots; la femme secoue la tête à la négative, le coeur d’Elias qui se fend.

Dès lors, il ne se fait plus prier, s’empressant de se changer pour quitter l’hôpital, bien décidé à marcher pour rentrer. Paraîtrait que l’air frais ne peut que faire du bien aux idées noires. Ça serait surement le cas si la chaleur de la journée ne poussait pas le temps à se détraquer et qu’un léger crachin ne lui tombait pas sur la tronche alors qu’il remonte le col de sa veste fine pour pesser le pas. L’espace de quelques secondes, l’envie d’appeler Angel à la rescousse le démange mais en récupérant son téléphone, c’est le dernier message reçu qui s’affiche et il ne réfléchit pas plus. Son sac, sur l’épaule, un peu plus lourd qu’à l’accoutumé lui rappelle qu’en plus de ça il a prévu le coup en prenant quelques affaires avant de partir de chez lui, la veille. Il n’a pas la force de lutter ce soir. Si Even ne dort pas, pire si Callum est encore réveillé, ils l’interrogeront sur sa drôle de mine, sur sa garde.. Si Angie est là, il saura que quelque chose ne va pas et il n’aura même pas besoin de le titiller pour que son cadet craque. L’idée de fondre à nouveau en larmes, dans la cuisine, le dérange un peu et sans terminer sa réflexion, Elias réalise qu’il est déjà devant chez les Campbell, un regard sur la maison à côté pour apercevoir de la lumière en provenance de leur salon. Les garçons ne dorment pas, il s’en serait douté. Avec l’espoir qu’on ne l’a pas repéré, Elias farfouille ses poches à la recherche de la clef de Pandora.. De sa clef en fait, la possessivité ayant encore un peu de mal à se faire vis-à-vis de cet objet. Mal à l’aise autant qu’il est emballé à l’idée d’être ici, Elias referme derrière lui avant de retenir un hurlement en voyant du mouvement. « Pando ? » Espoir fébrile; si c’est Wes, il craint pour son minois.


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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Mar 30 Mai - 4:23

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Assise à la cuisine, installée devant son ordinateur portable, Pandora pose sa tasse de thé sur le plan de travail et soupire en se passant les mains sur le visage. Si au départ elle n’avait ouvert son ordinateur que pour télécharger une partition, elle s’est rapidement retrouvée à voguer sur différents sites d’offres d’emploi, et s’est machinalement mise à faire une liste des offres à Lakeview. Elles sont peu nombreuses, hélas – un job de serveuse dans un restaurant, un de barmaid, et quelques emplois au centre commercial. Rien de très stimulant, ni de très payant. Mais elle ne peut pas vraiment trouver mieux sans expérience. Ce n’est pas comme si elle avait une réelle profession, être musicienne, ça n’impressionne pas sur les curriculum vitae, peu importe les éloges reçues par ses professeurs pendant sa formation. Elle pourrait peut-être se risquer à travailler comme cuisinière dans un restaurant, mais elle doute qu’elle pourrait reproduire les mêmes recettes jours après jours sans mourir d’ennui. Elle préfère largement improviser, innover avec ce qu’elle a sous la main. Et il paraît que c’est trop stressant de travailler derrière les fourneaux, elle finirait sans doute par perdre l’envie. Il serait bien dommage de gâcher une telle passion… Peut-être pourrait-elle faire plus de promotion sur les cours de musique qu’elle donne, il est vrai qu’elle n’a pas beaucoup d’élèves. Peut-être même qu’elle arriverait à se faire embaucher dans l’une des écoles de la ville – à moins qu’il faille un diplôme en enseignement? Elle n’aurait sans doute pas le courage de retourner aux études, aussi intellectuelle soit-elle. Pandora adore apprendre, mais seulement lorsqu’elle le fait à son rythme. Elle soupire et jette un coup d’œil vaguement dédaigneux vers sa minuscule liste, avant de la repousser de la main et de terminer son thé d’une gorgée. Elle a besoin de quelque chose d’un peu plus fort, elle se rend donc à l’armoire où elle conserve ses alcools et se sert un trait de scotch. Elle n’en boit que très rarement, mais pourquoi pas?

Elle fait quelques pas vers le salon, dans l’idée de boire tranquillement son verre tout en regardant une série. Mais elle s’arrête, tournant légèrement la tête vers le comptoir, et soupire en attrapant la liste griffonnée à la hâte sur un bout de papier. Et elle avance vers l’autre pièce, en secouant la tête, un petit rire ébahi s’échappant de ses lèvres alors qu’elle fixe le bout de papier. Depuis sa conversation avec Elias, elle n’a pas cessé d’y réfléchir, pesant les pours et les contres sans réellement arriver à se décider. En fait, la seule chose qui la freine, c’est cette fichue peur par rapport à sa situation financière. Elle ne cesse de se dire que c’est impossible, qu’elle n’y arriverait pas toute seule. Mais cette liste gribouillée à la hâte alors qu’elle ne le réalisait même pas semble soudainement peser très lourd dans sa main, et elle réalise qu’elle a peut-être pris une décision. Ce bout de papier en est l’évidence – elle n’a même pas pris conscience qu’elle faisait les premiers pas dans cette direction, et voilà qu’elle en a une preuve tangible, sous la main.

Alors qu’elle marche dans le couloir, elle entend le bruit de la porte qui s’ouvre puis qui se referme doucement, et son cœur rate un battement. « Elias? » Elle n’a même pas le réflexe de nommer le nom de son époux en premier – de toute façon, il n’est parti que depuis quelques jours, il est impossible qu’il soit déjà de retour. Elle tâtonne un peu à l’aveuglette sur le mur jusqu’à ce qu’elle trouve l’interrupteur, un sourire aux lèvres. Mais dès qu’elle voit son visage, qu’elle croise son regard… elle devine que quelque chose ne va pas. Elle baisse aussitôt le niveau d’éclairage alors que son sourire disparaît et fait quelques pas vers lui, le couvant d’un regard où l’inquiétude pointe. « Viens.. », murmure-t-elle en glissant sa main dans la sienne pour l’entraîner vers la cuisine qu’elle vient de quitter. Sans un mot, elle met la bouilloire sur le feu et verse ce qui restait de son mélange de thé fabriqué maison dans un petit sachet, tout en lui lançant des petits regards de biais. Une fois la tasse remplie d’eau fumante, elle dépose celle-ci sur la table de la cuisine et fait signe à Elias de venir la rejoindre, puis lève le regard sur lui. « Tu veux en parler? » Elle sait bien que s’il répond par la négative, il ne sert à rien d’insister, où il se refermera comme une huître. Sa curiosité est évidemment piquée, mais elle respectera son choix, s’il a simplement besoin de sa présence, elle sera là.  



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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Mar 30 Mai - 11:17

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


A cet instant précis où il referme la porte derrière lui, que son regard croise la forme mouvante qui, après hésitation ne s’avère être que celle de Pandora, Elias en vient à se demander pourquoi il est aussi surpris. A quoi s’attendait-il, au final, en entrant ainsi chez elle; et non chez eux, parce que bien qu’elle lui ait généreusement - et ici, ce mot a des airs d’euphémisme - offert une clef, cette maison n’est pas la sienne. Il a beau y passer surement plus de temps que le propriétaire principal, cela ne lui donne malgré tout pas le droit de se considérer comme chez lui, alors il hésite encore un peu avant de faire un pas dans l’entrée, de refermer derrière lui, se retirant la possibilité de s’en aller. De toute manière, Elias n’est pas tellement certain d’en avoir envie, étant donné la soirée qu’il vient de passer et la pression que ses frères sont capables de lui mettre sur le dos, sans même vraiment en prendre conscience. C’est cette sensation là qui le dérange ce soir, plus que d’ordinaire; cette impression désagréable qu’il n’a pas le droit de se plaindre, ou pas vraiment, parce que comparé à eux, il a fais des études longues, voulues surtout. Dans l’esprit de Callum, surtout, ça doit fonctionner ainsi; Elias est a la place qu’il a désiré, il n’est donc pas légitime pour lui de râler ou d’en avoir marre de ce qu’il fait. Ça n’aurait pas de sens et, le plus terrible dans cette histoire, c’est que l’intéressé aurait tendance à être d’accord avec son grand frère. La médecine le passionne, l’a toujours fais et déjà gamin, il ne se voyait pas dans un autre domaine que celui-ci, alors maintenant qu’il a obtenu ce qu’il désirait, au prix d’un sacrifice bien trop grand pour le rêve que c’est, il se sent irrespectueux de ressentir de la lassitude, ou de l’épuisement. Pandora pourrait comprendre. Au fond, ils ne sont pas si différents que ça, tout ce qui les divise c’est la voie que chacun a emprunté pour réussir à atteindre son but. C’est surement cette raison-là, au milieu de tant d’autres, qui le pousse un peu plus à se réfugier ici, dans ce cocon friable.

Ça ne l’empêche cependant pas d’afficher une certaine surprise en la trouvant là, devant lui. Il ignore l’heure, mais il découvre, un peu étonné, qu’il aurait apprécié qu’elle soit déjà endormi ce qui, automatiquement, lui dévore la poitrine d’une culpabilité non-désirée. Après tout, elle est chez elle, elle se couche à l’heure qu’elle veut, mais ça l’aurait arrangé; parce que même si les jours ont passé, qu’il a du se remettre d’un mal de crâne sévère et digérer les informations récentes, Elias garde cette légère gêne dans leur rapport, contre laquelle il lutte.. Faiblement, certes, mais avec une volonté de fer malgré tout. Alors oui, ça l’ennuie qu’elle se tienne là, bien que dès que sa main se referme sur la sienne, alors qu’il n’a pas encore posé son sac et qu’il reste planté là, comme un idiot, c’est un tendre apaisement qui vient lui étendre les noeuds aux épaules. Et ce même si elle tente de lui éclater la rétine en allumant la lumière, trop brusquement pour ses iris sensibles, l’éclairage d’ici n’ayant absolument rien de comparable avec celui de l’hôpital. Par réflexe, Elias fronce le nez et se plaque la main sur les paupières, non sans une légère plainte qui s’échappe de ses lèvres encore pincées, la suivant à l’aveuglette sans lâcher sa main, ce même si elle tamise un peu la lumière. D’un mouvement d’épaule, le jeune Black se débarrasse de son sac de sport, qui rejoint le sol dans un bruit mat, pour faciliter sa marche jusqu’à la cuisine, où il accepte enfant de rouvrir un peu les yeux.. S’installant à la table pour venir poser son visage tout contre, la joue contre la matière, le regard rivé sur Pandora qui s’affaire. Il ne s’attend pas vraiment à cette pointe dans le coeur; la dernière femme qu’il a vu remuer ainsi devant un plan de travail.. C’est sa mère. Le parallèle est étrange, un peu dérangeant et presque malsain, mais les images se superposent quelques instants et il grimace pour tourner le visage et appuyer son front contre le bois, paupières closes.

Alors que le bruit de l’eau qui boue résonne dans la pièce, Elias se redresse un peu, le regard attiré par quelque chose qui traîne par terre. Avec l’éclairage bas, il a bien du mal à distinguer ce que c’est, alors il s’oblige à se redresser pour revenir un peu en arrière et récupérer la feuille.. Ou la liste plutôt. Pandora a du la laisser tomber en le découvrant dans son entrée. Sans vraiment la lire, par respect probablement, il la dépose sur la table en revenant s’y asseoir tandis qu’elle l’invite à la rejoindre, le thé qui fume et parvient à le calmer, rien qu’en observant les volutes de fumée qui s’en échappent. « C’est quoi ? » Demande-t-il, au même moment où elle-même l’interroge, en posant la feuille près de Pandora. La cohésion de leurs interrogations lui arrache un sourire amusé et il se frotte le visage en fixant sa tasse. « Plus tard ? Son regard se pose sur elle, visiblement peu confiant, avant d’ajouter, d’un ton plus assuré; T’façon, rien que d’être ici, j’me sens déjà mieux. » Et il voudrait bien rougir un peu, de cet aveu, mais visiblement sa conscience est bien trop fatiguée pour faire son boulot. « C’est super bon, merci. Tu bois rien ? » Elias a le sentiment d’être servi comme un prince, alors qu’il n’a rien fais de spécial et ça l’ennuie fortement, alors il lui attrape la main, qu’il serre d’une simple pression avant de reposer ses dix doigts sur la tasse chaude.


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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Jeu 1 Juin - 2:46

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Pandora pouffe d’un petit rire alors qu’ils parlent en même temps, mais son sourire s’évanouit légèrement alors qu’elle fixe le petit bout de papier. Ce n’est pas qu’elle ne veuille pas lui en parler, simplement qu’elle ne souhaite pas ramener la conversation à elle alors qu’il ne semble pas au plus fort de sa forme. Mais de toute façon il répond à sa question en refusant avec diplomatie d’en parler, et elle n’a d’autre choix que de respecter sa décision. Elle hoche la tête, lui adressant un sourire qui s’élargit légèrement lorsqu’il mentionne se sentir mieux depuis qu’il est arrivé. « Tu as bien fait de venir. » Malgré la conversation qu’ils ont eue et la clé qu’elle lui a confiée, elle n’était pas tout à fait certaine qu’il prendrait la liberté de venir ici sans la prévenir à l’avance. Elle est donc agréablement surprise qu’il se sente suffisamment confortable pour le faire. Son sourire se fait plus franc lorsqu’il la complimente sur son thé, l’arôme du liquide lui rappelle tant de souvenirs d’enfance… Elle ne peut s’empêcher de penser à Wes, la première fois qu’elle lui en a offert une tasse, qu’il a simplement repoussée d’un geste de la main en lui disant préférer le café. Peut-être aurait-elle dû prendre la fuite à ce moment précis. « C’était la recette de mon grand-père. Il avait un restaurant, à Chennai. J’y passais tout mon temps quand j’étais petite. » L’établissement est d’ailleurs toujours ouvert, même s’il a depuis été vendu à un propriétaire un peu plus jeune, un peu plus fringant. « Il m’a toujours dit que c’est lui qui l’avait inventée, et qu’il ne confierait son secret qu’à moi. » Un sourire nostalgique apparaît sur ses lèvres alors qu’un petit rire secoue ses épaules. « Au final, c’est la recette la plus traditionnelle qui soit, celle qu’on boit dans toutes les maisons. Mais ça m’a toujours plu de penser qu’on partageait un secret, lui et moi. » Elle ne sait même pas pourquoi elle lui raconte tout ça, mais ça la fait sourire de se replonger dans ses vieux souvenirs d’enfance. Elle a quitté l’Inde alors qu’elle n’était qu’une gamine, mais y a passé de nombreux étés durant son enfance, son adolescence. Ça fait d’ailleurs plusieurs années qu’elle n’y a pas mis les pieds, il serait sûrement temps de remédier à la situation. La main d’Elias sur la sienne la fait légèrement frémir, et elle échange un regard avec lui avant de se concentrer sur le bout de papier.

Elle l’observe durant quelques secondes, se mordillant machinalement la lèvre inférieure. « Je pense que j’ai pris une décision… », lui souffle-t-elle à voix basse, sur le ton de la confidence. « Enfin… Je n’ai pas vraiment réfléchi à quand, comment… Mais je sais que je ne peux plus rester dans cette situation. » Son esprit lui impose une demi-douzaine de mises en scènes simultanément, où elle annoncerait à Wes qu’elle préfère qu’ils se séparent. Encore une fois, l’évidence s’impose à elle : cette séparation se fera sans aucun doute sans larmes ou cris, sans émotion particulière. À l’instar de leur mariage, au final. Une union sans passion, sans sentiment, sans crise. Mais tout de même, ça l’angoisse de devoir lui dire une telle chose. Ça fait trois ans qu’ils sont mariés, et même si elle n’éprouve rien sur lui sinon qu’un simple attachement au confort qu’il lui offre, ça lui fera étrange de le voir sortir de sa vie sans doute pour toujours. « Peut-être que le plus tôt serait le mieux… Je vais voir s’il revient bientôt, ou j’irai peut-être le rejoindre. » Ça lui fait étrange, cette soudaine hâte de mettre fin à cette union qui n’en est pas vraiment une. Elle pourrait sans doute attendre sagement son retour, dans quelques semaines, voire quelques mois. Mais elle n’a plus la force d’endurer cette situation qui n’a pourtant pas changée depuis les trois dernières années. Maintenant qu’elle a réellement pris conscience du vide que représente son mode de vie, elle a juste envie d’y remédier le plus rapidement possible.

« J’ai trouvé quelques offres d’emploi, c’est déprimant. » Elle fait glisser sa liste vers Elias, lui présentant le triste tableau de ce qui s’offre à elle pour les mois à venir. C’est tellement dommage, une jeune femme avec tellement de potentiel, coincée dans un boulot merdique juste pour payer les factures. Ouais bon, comme la majorité des gens… Elle n’a certainement pas à se plaindre, elle a jusqu’ici été choyée par la vie. Rares sont les gens qui réussissent à exercer leurs passions comme elle-même l’a fait jusqu’ici. Il est juste temps de faire face à la réalité telle qu’elle est et cesser de se compromettre pour conserver ce confort illusoire. « Comment t’as su ce que tu voulais faire de ta vie? », lui demande-t-elle d’un ton de voix un peu incertain. Elle se sent idiote d’être là, à vingt-six ans, n’ayant aucune idée quoi faire. Enfin, c’est faux – c’est la musique sa réelle passion. Mais rares sont les gens qui peuvent réellement en vivre, et elle risque gros en rompant avec un producteur si influent. Il suffirait qu’il prenne mal leur séparation et qu’il décide de lui mettre des bâtons dans les roues pour définitivement détruire sa carrière.



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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Jeu 1 Juin - 20:25

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Il a beau n’avoir jamais mis les pieds en Inde, n’en connaître que ce qu’il voit dans les reportages qui l’accompagnent souvent lors de ses nuits d’insomnies, la saveur du thé, qu’il boit avec une tranquillité toute naturelle, reposante, lui apporte les saveurs qu’il imagine sans mal coller à l’image du pays. Les arômes se marient avec une complicité parfaite, parsemant la douceur de quelques feuilles d’un petit piment des épices que l’eau chaude réveille. Un peu à l’image de Pandora; son physique attire le regard, pas souvent de la manière la plus louable qui soit, mais son caractère et son comportement attention, dévoué, amène la tendresse que ses traits ne font, finalement, qu’à peine évoquer. Elias voudrait trouver les mots justes, représentatifs, de ce que la saveur de sa boisson éveille en lui, mais comme un sourire vaut parfois mieux qu’une élocution douteuse, il se contente d’un rictus appréciatif sur ses traits. De plus, le souvenir qu’elle évoque le laisse rêveur, quelques instants seulement, suffisamment pour oser s’imaginer là, lui aussi, dans le sillage de cette enfant rêveuse et enjouée qu’a pu être Pandora. Sans doute se trompe-t-il, à imaginer, sans preuves aucunes, ce que son enfance à pu être, mais la fillette qu’il imagine alors le touche autant que l’adulte en face de lui. Il voudrait se dire, même, qu’elle l’émeut un peu plus mais c’est tout le contraire qui se produit; l’imagination qui le laisse entrevoir le sourire angélique sur un visage rond innocent ne fait qu’accentuer, si c’est encore possible, l’affection qu’il porte à celle qui, présentement, se confie à lui sur ses souvenirs. Ainsi, pour palier cette tendresse qui fait briller étrangement son regard, Elias reporte son attention sur sa tasse, tout en l’écoutant, souriant par intermittence. « Comme ma mère avec sa fameuse recette du Brownie Sublime.. De sa bouche c’est étrange; jusqu’ici, Elias n’a jamais vraiment parlé de sa mère, surtout pas devant ses frères. Il s’est pourtant toujours dis que la première fois qu’il reparlerait d’elle, en public, ça serait pour conter sa grandeur d’âme, sa bonté, son humeur particulier ou encore sa passion pour ses enfants. C’est pourtant bien pour parler de sa capacité à inventer n’importe quoi et leur mentir, qu’il se lance dans ce sujet. Et ça lui arrache un sourire sincère, presque heureux, quand il se sent pourtant misérable en ne faisant que penser à elle. La complexité du deuil. Ne le dis pas à Angel, mais elle m’a avoué un jour que sa recette venait du dos d’une boite de pâte à gâteau toute prête. » D’un regard sur elle, Elias se dit qu’il pourrait bien finir par s’habituer à ça, ce partage, cet équilibre particulier qui le rend fébrile, quelques secondes, l’obligeant à reposer sa tasse sur la table, savourant la gorgée qu’il vient de prendre.

Pour être honnête, quand elle lui parle d’une décision, son coeur s’emballe un peu et il relève la tête brusquement, sourcils haussés dans l’expectative. S’il a participé à ce besoin qu’elle a, désormais, de s’émanciper de sa relation étrange avec son mari, Elias ne parvient pas, malgré tout, à répondre vraiment. Pas que ça ne l’emballe pas qu’elle puisse, enfin, être libre, mais Elias a encore du mal à comprendre ce qu’il espère de ce changement de statut. Ça apporterait quoi à sa vie à lui ? Un soupir s’accroche à ses lèvres alors qu’il l’observe, en coin, avant de reporter son attention sur la fumée du thé. Sans doute qu’il devrait se montrer un peu plus emballé par la nouvelle, mais il n’arrive pas à se décrocher de la sensation étrange qui s’accroche à lui depuis quelques jours. « Peut être que tu devrais d’abord.. avoir un plan B ? » Des fois que Wes le prenne mal, parce qu’après tout Elias ne le connaît pas vraiment, pour ne pas dire pas du tout, puis décide de virer Pandora de chez eux comme une malpropre. La vérité c’est qu’il n’ose pas tellement se montrer excité, de peur de se trahir, de peur qu’il ne se méprenne sur toute cette affaire. « Enfin je veux dire.. Je voudrais pas que ça se passe mal pour toi. » De son côté, Elias n’a même pas encore osé émettre l’idée qu’il pourrait bien quitter le cocon fraternel; chaque fois qu’il essaie, le regard d’Angel le cloue sur place, lui coupe la chique. Il a le sentiment que s’il annonce à son frère aîné qu’il veut partir, ce-dernier pourrait le prendre comme un abandon ou, pire, comme un échec dans cette cohésion familiale qu’il essaie de recréer par tous les moyens.. Et ça, Elias n’est pas certain de pouvoir le supporter. Mais pourtant, l’idée que Pandora puisse se défaire de ses liens, ça l’inspire.

Sourcil arqué, il avale une nouvelle gorgée tout en jetant un oeil à la feuille, grimaçant en y découvrant les fameuses options qui s’offrent à elle. Rien de bien jouissif, il faut le dire; ça ne l’empêche pas de chercher quelque chose d’encourageant à dire, même si au final rien ne lui vient et qu’il finit par abandonner l’idée. De toute manière, Pandora reprend assez vite, l’empêchant de se perdre dans une réflexion à lui coller la migraine. « Euh.. Il se serait attendu à avoir la réponse à la question, mais il doit bien admettre qu’elle lui pose une sacrée colle. Et les yeux ronds qu’il affiche, en la regardant, doivent bien trahir le vent glacial qui souffle entre ses deux oreilles. Pour être tout à fait honnête.. Et il sent déjà que la suite de sa plaidoirie n’aura rien de glamour ou d’enchanteur, mais c’est la vérité. Je me suis surtout lancé dans ces études-là parce qu’elles étaient longues, que ça ferait de moi le premier de la famille à avoir un diplôme élevé et puis.. J’avais l’opportunité de m’éloigner des Black. Et puis j’me suis dis que c’était le domaine dans lequel j’avais le plus de chance de repousser mes limites, d’affronter mes peurs.. De tromper l’ennui du quotidien, ce genre de truc.. » Et puis, surtout, après l’accident il se serait senti comme un traître d’arrêter ses études pour se laisser bouffer par son cafard. De fil en aiguille, sa pensée l’emmène vers l’hôpital et il claque subitement des doigts. « L’hôpital embauche des intervenants pour le service pédiatrique. On a des enseignants en dessin et des conteurs qui viennent le mercredi et jeudi je crois, ils cherchaient une nouvelle animation pour les enfants. Tu pourrais postuler. Je suis sûr qu’un peu de musique sera bienvenue et que l’équipe sera contente de les occuper.. Bon le service risque de râler s’ils jouent comme des manches mais.. » A l’instant où l’idée s’échappe, il plisse les yeux, conscient que ce n’est peut être pas une si bonne idée; le milieu hospitalier n’est pas pour tout le monde et embarquer Pandora dans un univers aussi douloureux, bien qu’enchanteur, en compagnie d’enfants malades. Pourtant, il est persuadé qu’elle saurait y faire. Et que ça ne pourrait qu’être un bien mutuel. « Sinon tu peux te lancer à ton compte pour faire des représentations à des fêtes, des conventions et tout ce bazar.. Non ? Je suis nul pour aider à trouver des plans B. » Il grimace un peu en retournant à la contemplation de sa boisson. « On a eu un accident ce soir, aux urgences.. Toute une famille. » Il soupire et hausse les épaules, comme pour noyer le poisson, sans être bien certain qu’il veuille aller plus loin, sans être sûr qu’il ne veuille pas en dire plus. Si ce n’est pas à elle qu’il en parle, ça sera à son psy, un jour.. Quand il retournera à ses sessions.


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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Sam 3 Juin - 5:38

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Pandora sourit à l’évocation du souvenir des brownies de la mère de la fratrie Black, même si un pincement au cœur vient ternir la douce quiétude dans laquelle ses souvenirs l’avait plongée. Angel lui a déjà parlé de leur mère avec une telle dévotion, l’amour porté pour cette femme pouvait s’entendre dans chacun des mots prononcé par celui-ci. Cet hommage dédié à la femme qui l’avait élevé avait profondément touchée Pandora lors de son échange avec Angel. Mais d’entendre Elias en parler, ça la chamboule totalement. En cinq ans d’amitié, Elias n’a pratiquement jamais évoqué sa mère, du moins devant elle. Elle est évidemment au courant de la tragédie qui a touché la famille, mais n’a jamais cherché à en apprendre davantage, ne souhaitant pas mettre Elias dans l’embarras. Se convaincre qu’il lui en parlerait s’il en ressentait le besoin était plus rassurant que d’elle-même poser des questions qui resteraient sans doute sans réponse. Alors cette petite bribe de souvenir, racontée sans qu’elle s’y attende, ça la prend droit au cœur. Visage de marbre, seuls ses yeux semblent afficher son émotion alors qu’elle l’observe longuement. « Je garderai le secret, promis. », lui souffle-t-elle finalement, à voix basse. Parce que même s’ils sont seuls, le climat semble être aux confidences. « J’aurais aimé la connaître. Vous en parlez avec tellement d’amour… Elle devait être une femme formidable. » Elle ignore pourquoi elle dit de telles choses, le sujet la rend étrangement mal à l’aise, et si elle ne souhaite pas priver Elias du besoin qu’il a d’en parler, elle se sentirait inconfortable d’en discuter plus longtemps.

La réaction d’Elias à son annonce la surprend un peu, il ne semble pas particulièrement emballé par la situation, ce qui la blesse d’une certaine manière. Elle s’attendait à quoi, à ce qu’il batte des mains, pousse un cri de joie en se mettant à chercher des appartements avec elle? Rationnellement, non. Mais elle s’était peut-être, bien égoïstement, attendue à un peu plus de ravissement de sa part. Ce qu’elle n’est pas en droit d’espérer, elle le sait bien. Il mentionne le plan B, et Pandora fronce légèrement les sourcils en guise d’incompréhension, haussant les épaules. « Je pensais que, toi et moi… Que tu étais mon plan B? » Dit comme ça, ce n’est pas très flatteur, et elle n’en prend conscience qu’alors que les mots franchissent ses lèvres. Elle soupire en pinçant les lèvres, et secoue la tête. « Je veux dire, que tu étais mon plan A. C’est lui, le plan B, auquel je m’accroche depuis trop longtemps déjà. » Elle risque un regard vers lui, juste pour savoir si elle a bien rattrapé sa bêtise. Et alors qu’elle croise son regard, son cœur se serre douloureusement, si bien qu’elle détourne légèrement la tête, concentrant son attention sur une petite tache sur la table qu’elle se met à gratter du bout de l’ongle. « Mais si tu préfères rester avec ta famille, je comprends. » Il n’y a aucun reproche dans sa voix, d’ailleurs elle s’efforce de parler d’un ton de voix neutre, autant que possible. On peut sans doute y entendre une petite pointe de déception, mais on pourrait également choisir de l’ignorer. « Je n’ai pas envie d’attendre d’avoir tout planifié avant de le faire. Je n’ai plus envie de mentir, à moi, aux autres… » Un nouveau soupir s’échappe de ses lèvres, et elle se redresse légèrement sur sa chaise, rejetant sa longue chevelure vers l’arrière. « La priorité, c’est de lui dire. Après, je me débrouillerai. » Enfin, c’est comme ça qu’elle voit les choses. Elias a sans doute raison – elle ferait mieux de mieux couvrir ses arrières, d’attendre d’avoir trouvé un emploi avant de sauter dans le vide. Mais lorsqu’on n’a jamais connu de situation précaire, il est difficile de se projeter dans une éventualité où la cuillère en argent qu’on a dans la bouche depuis l’enfance serait chose du passé. Elle préfère largement faire confiance au bon déroulement des choses, croire que la vie voudra bien placer de belles opportunités sur son chemin lorsque ce sera nécessaire. Appelez ça une naïveté absurde ou un optimisme à toute épreuve, c’est au choix.

Elle observe Elias alors qu’il lui confie les réelles raisons qui l’ont poussé à étudier la médecine, puis hoche la tête, soudainement pensive. C’est étrange, elle avait toujours eu l’impression que la médecine était une vocation, et dans l’idée qu’elle s’en faisait, Elias n’échappait pas à la règle. Elle l’imaginait, adolescent ou même enfant, raconter à tout le monde qu’il rêvait d’exercer ce métier avant même de réellement comprendre ce que ça impliquait. Il faut croire qu’elle s’est trompée, que peu de gens ont la chance d’entrevoir une voie toute tracée pour eux dès l’adolescence. Il faut tenter, quitte à essuyer des échecs. « Et tu aimes ça? Sincèrement? » Elle lui jette un coup d’œil, et se rappelle l’air accablé qu’il affichait lorsqu’elle est arrivée près de lui, quelques minutes plus tôt. Et soudainement, elle s’en veut de lui imposer une telle conversation, lui qui était venu ici trouver refuge. Elle voudrait lui demander pardon, mais il poursuit en lui parlant des ateliers pour les enfants, et le regard de Pandora se met à briller alors qu’elle se redresse sur sa chaise, prise d’une énergie nouvelle, d’un enthousiasme débordant qu’elle s’efforce de contenir. « Oh! C’est une merveilleuse idée! » Dans l’immédiat, elle ne pense pas à la douleur qu’elle pourrait ressentir en voyant des enfants malades et des parents abattus, elle ne pense qu’à illuminer les journées de ceux-ci. Si elle réussit à provoquer ne serait-ce qu’un sourire, d’égayer ne serait-ce qu’une personne, elle aurait l’impression de faire quelque chose d’utile, d’important. Elle sourit, l’air rêveur, et hoche la tête. « Ça me plairait beaucoup… Tu pourras me guider vers la bonne personne à qui m’adresser? » Elle adresse un sourire franc à Elias, réellement heureuse et optimiste face à cet engagement potentiel. Et elle hoche la tête alors qu’il poursuit, elle fait déjà ce genre de chose, mais n’a jamais vraiment cherché à le faire savoir par ici. À Boston et à New-York, elle performait souvent, très recherchée par les galeries d’art et pour des événements sociaux. Si elle réussit à dénicher quelques contrats ici et là, le bouche à oreille pourrait rapidement la faire connaître davantage dans les environs de Lakeview et lui offrir de nouvelles possibilités.

Mais toute sa gaité se voit entachée par les derniers mots prononcés par Elias, et son sourire disparaît alors qu’elle pose une main sur ses lèvres. C’est donc ça… Elle comprend mieux le trouble qu’elle a lu sur son visage lorsqu’il est arrivé, et elle s’en veut de ne pas avoir cherché davantage à savoir immédiatement ce qui se passait. Sourcils légèrement froncés, regard brillant d’empathie, elle pose une main sur le bras d’Elias et lui offre un sourire qui se veut réconfortant. « Je suis désolée. » Le genre de phrase bidon qu’on dit tous dans ce genre de situation. Sauf que Pandora, elle ne dit pas ça juste parce que c’est la chose à dire, mais bien parce qu’elle le ressent réellement – elle voudrait tellement pouvoir le protéger de la dure réalité du monde, tout en sachant qu’elle n’est pas en droit de le faire. La sensibilité d’Elias est l’une des nombreuses caractéristiques qu’elle aime chez lui, et elle devine qu’il a dû être chamboulé par ce qui s’est passé.




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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Mar 6 Juin - 10:26

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Il ignore pourquoi il a ce besoin presque compulsif de briser l’image, auréolée de perfection, qui encadre le souvenir de Madame Black; tout ce qu’Elias sait, c’est qu’il pourrait continuer encore longtemps, comme ça, à dénigrer tout ce qu’elle a pu faire.. Sans une once de méchanceté. Parce que même si ce qui s’échappe de ses lèvres aurait tendance à briser les compliments, faits à la mémoire de sa mère, il y a une affection particulière qui s’échappe de ses aveux, comme une tendresse infinie dont il n’arrive pas à se défaire. L’explication n’est pourtant pas bien compliquée; malgré ses arnaques et ses maladresses, sa mère reste cette douce femme qu’il a toujours connu, dont il garde le souvenir, impérissable. Et pourtant, avec le temps, force est de constatée que les traits de son visage s’effacent, lentement, que le son de sa voix se fait plus lointain. C’est sans doute pour cette raison qu’Elias épilogue rarement sur le sujet de sa génitrice, au contraire de ses frères qui, souvent, se lancent dans les rapports de mémoire, le soir, avant qu’il ne décide de les laisser; il a peur qu’à force de parler d’elle, de partager ses défauts et ses qualités, il ne laisse échapper ces petits bouts qu’il lui reste d’elle.. Qu’elle disparaisse à jamais, physiquement et émotionnellement. Et le détachement avec lequel il parvient à parler d’elle le met presque mal à l’aise. « C’était une femme comme une autre, en fait. Je crois qu’on a tendance à l’auréoler de perfection, simplement parce qu’on préfère se l’imaginer comme la glue qui nous lie et comme le pivot de notre vie mais.. Une grimace vient déformer ses traits, non seulement parce qu’il se trouve injuste mais aussi, étrangement, très réaliste. Trop, peut être. Si c’était le cas, on s’en serait jamais sorti comme on s’en sort .. Ça a de quoi casser un peu le mythe du pilier.. » Il se mord la langue, réalisant qu’il aurait peut être préféré rester dans l’idée que Madame Black était l’être le plus important de la famille, mais au final.. Elias réalise qu’il n’en est rien et que s’il y a quelqu’un qui mérite bien plus cette place de pivot central, c’est Angel. Parce qu’à la mort des parents, il a prit ces deux rôles à lui seul, porté sa fratrie à bout de bras et que s’il vient à disparaître à son tour - quelque chose qu’Elias ne peut même pas réussir à imaginer -, alors les Black n’auront réellement plus rien à quoi se raccrocher et, surtout, ils auront perdu ce qui les unit. Et plus le temps passe, plus Elias réalise qu’Angel aura joué le rôle de parent plus longtemps que leurs géniteurs; dans cette découverte, y a quelque chose de douloureux qui l’oblige à glisser son regard sur la tasse, pour ne pas montrer la goutte qui perle.. Sans jamais couler.

La boisson lui réchauffe les entrailles, à défaut de l’ambiance qui se rafraîchit un peu, parce qu’Elias n’arrive pas à s’emballer comme il le faut devant les nouveautés qui emplissent la vie de Pandora. Peut être qu’il comprend qu’une fois libérée des chaînes de ce mariage factice, elle ne lui devra plus rien, elle pourra vivre sa vie et qu’il passera, probablement, en second plan. Après tout, qui voudrait de lui comme ami pour l’éternité ? Avec ses travers, avec ses secrets, avec ses incertitudes qui régissent sa vie et le rendent instable au possible. Si bien que la réflexion de l’indienne réveille cette absence de confiance en lui, qui lui tord les boyaux. Le nez relevé, il la dévisage, visiblement blessé par le choix de ses mots. Le plan B. C’est tout ce qu’il est alors. Après tout, Elias ne devrait pas s’étonner plus que ça que même Pandora le pense; il est le plan B de tout le monde, de l’univers. Par réflexe, l’interne cause les épaules, trop secoué par la soudaine rancoeur qui lui nécrose les organes, lui brûle la gorge. Quelle gonzesse, il a même pas le courage de se débattre, de lutter pour sa place et il se contente de ça; d’être le plan B. Il sait pas vraiment à quoi il se serait attendu. « Je ne préfère pas rester avec eux, mais je sais qu’en attendant de trouver quelque chose, pour pas finir sous un pont, autant que je le fasse. » Il ignore comment, mais la conversation à l’air de prendre une tournure qui lui déplaît fortement. Ce qui aurait du être une grande nouvelle, semble désormais couver une embrouille. « Mais j’applaudis ta confiance.. J’aimerais bien en être doté aussi. » Sourire contrit, il lève sa tasse, comme pour la féliciter, sans réelle conviction, avant de boire. Plan B. Conneries.

« Disons que j’ai jamais eu de plan … Il grimace et ravale sa salive. De secours, alors, j’ai pas eu d’autre choix que d’apprendre à aimer. » Un sourire éteint vient se dessiner sur ses lèvres, alors qu’il hausse les épaules, reprenant son souffle, le plus tranquillement possible. « Je sais pas vraiment si j’aime.. Mais je crois qu’aujourd’hui, si on me proposait de revenir en arrière pour changer d’avis, je persisterai dans ce domaine. Je me vois nulle part ailleurs. Je crois qu’au-delà d’aimer ça, j’ai trouvé ma place. » Et quand on est l’avant-dernier d’une fratrie nombreuse, qu’on est l’un des rescapés de l’accident qui a brisé sa famille, avoir réussi l’exploit de faire son trou dans un domaine que personne chez lui ne comprend vraiment, c’est la chose la plus incroyable. Autant que d’avoir Pandora à proximité pendant quelques temps encore, l’idée de pouvoir la croiser dans les couloirs de l’hôpitaux qui aurait tendance à le rendre un peu plus euphorique que le reste. Et cette fois, c’est un sourire sincère qui vient étendre ses lèvres. Avant le coup de grâce; plan B. Merde. Il grimace légèrement et ravale une gorgée, approchant de la fin de sa boisson. Le regard qui se perd..

Avant de retomber sur le visage de Pandora, faisant l’alternance entre son visage et la main sur son bras. Et ça le frappe, comme ça, au point de lui faire mal à la poitrine; un jour, il lui dira. Il lui racontera ce qui lui pèse vraiment sur les épaules, ce qui le retient en arrière, ce que même son psy n’arrive pas à lui arracher, pour son bien. Pour trouver la bonne voie de guérison. Il lui dira, parce que c’est Pandora. Et alors qu’il chemine cette idée, sans vraiment suivre de raisonnement logique, trop concentré qu’Elias est sur sa réflexion, il ne réalise pas vraiment qu’il s’est un peu relevé de son siège, pour se pencher vers elle. Pour l’embrasser. Quand il réalise son geste, ses lèvres sont déjà posées sur les siennes, l’empêchant de savoir s’il aurait voulu viser sa joue ou son front.. Tout ce qu’il sait, c’est que le contact de ses lèvres a sans doute le plus bénéfique des effets sur son moral, comparé à ce thé et sa présence ici. A moins que ça soit un tout.
Et tant pis s'il est son plan B.


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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Ven 9 Juin - 4:54

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


La tête légèrement inclinée sur le côté, Pandora l’écoute alors qu’il continue de parler de sa mère, ses paroles provoquant un léger froncement de sourcils chez la jeune femme. Il dit sans doute vrai – Mrs. Black n’était qu’une femme normale, avec ses qualités et ses défauts, qui a aimé chacun de ses enfants avec toute la tendresse dont elle pouvait faire preuve. Elle sans doute commis des erreurs, comme tout le monde, mais sa mort prématurée semble lui avoir imposé un halo de perfection, la rendant intouchable. Mais tout de même, elle est surprise de voir le détachement dont Elias semble faire preuve, constatant le parfait contraste avec la dévotion dégagée des paroles d’Angel quelques mois plus tôt. Pandora ne dit rien, se contente de hocher brièvement de la tête. D’une part, parce que ça la soulage de mettre fin à cette parenthèse qui la rend étrangement mal à l’aise, et d’autre part parce que l’attitude d’Elias lui paraît légitime. Chacun fait son deuil à sa manière, elle ne peut qu’être heureuse qu’il ne souffre pas autant de l’absence maternelle qu’Angel.

Elle ne remarque pas tout de suite l’air blessé d’Elias lorsqu’elle mentionne le plan B, et la manière qu’il a de la regarder la prend de court. Mais elle réalise rapidement sa bévue et se mord l’intérieur de la joue, un immense sentiment de culpabilité l’envahissant toute entière. Ce n’est pas ce qu’elle a voulu dire, évidemment. Pandora a le bien-être d’Elias tellement à cœur, si elle pensait vraiment ça de lui, elle ne l’aurait jamais dit à haute voix. Les mots ont simplement échappé à sa pensée, provoqués par le fil de la conversation et sa surprise de le voir si peu enthousiaste face à son annonce. Elle soupire doucement, grimaçant un sourire forcé lorsqu’il lève sa tasse, comprenant que leur plan vient peut-être de tomber à l’eau. Ne comprend-il pas qu’il a, à lui seul, motivé sa décision si soudaine? Alors qu’elle ferme volontairement les yeux sur l’évidence même depuis des années, il a su en quelques minutes à peine trouver les mots justes pour lui donner envie de faire un virage à 180 degrés. Elle a toujours su qu’Elias était important pour elle, mais depuis ce jour, elle ne peut simplement plus imaginer sa vie sans lui à ses côtés. Mais peut-être a-t-elle mal compris les signaux, peut-être se trompe-t-elle entièrement. Si ça se trouve, il ne lui accorde pas la même importance qu’elle-même lui voue, et de la voir si prompte à mettre leur plan en œuvre l’a sans doute effrayé. C’est d’ailleurs compréhensible, elle ne peut même pas lui en vouloir, même si ce goût amer de déception dans sa gorge refuse de la quitter. Apparemment, ils ne sont pas doués pour la communication ce soir, et encore une fois elle choisit de rester silencieuse, par peur de s’enliser davantage. Leur amitié lui est trop précieuse pour qu’elle la risque en formulant des reproches qu’elle n’est pas en droit de lui faire.

Mais son sourire devient un peu plus sincère lorsqu’elle l’entend parler de son travail. J’ai trouvé ma place. Ça lui met un baume au cœur, de l’entendre dire ça, et elle ressent un puissant élan d’affection pour lui alors qu’elle lui sourit. Manifestement, elle ne peut pas conserver son amertume bien longtemps. « J’ai toujours su que ce l’était. Juste à voir toute l’énergie que tu mettais dans tes études, je le savais. » Elle se rappelle ces nombreuses soirées où ils étudiaient ensemble, Elias plongé dans ses épais bouquins alors qu’elle se contentait d’apprendre ses partitions par cœur. Combien de fois a-t-elle relevé le nez pour l’observer à son insu, un sourire attendri aux lèvres de le voir si concentré? Et s’il surprenait son regard, elle se contentait de lui faire un clin d’œil avait de s’intéresser de nouveau à ses propres notes de cours. Son cœur se serre lourdement à ce souvenir, il lui semble que les choses étaient tellement plus faciles là bas. Que donnerait-elle pour retrouver l’insouciance de cette époque, et de peut-être avoir la possibilité de faire des choix différents. Ce n’est pas tellement qu’elle regrette la vie qu’elle a menée jusqu’ici, mais simplement qu’elle a peur d’être passée à côté de ce qui aurait pu la rendre beaucoup plus heureuse.

Lorsqu’elle pose sa main sur son bras, Elias l’observe avec une intensité qu’elle ne lui connait pas, et elle n’arrive pas à trouver les bons mots pour le réconforter face à ce qui a dû être une soirée particulièrement éprouvante. Elle espère simplement que sa présence à elle seule pourra le consoler, faute de mots. Et avant même qu’elle ne comprenne qu’Elias se redresse pour poser ses lèvres sur les siennes, elle sent la douceur de ses lèvres qui effleurent les siennes, qui se posent avec une tendresse infinie. La dernière fois, elle avait cru qu’il allait l’embrasser. Elle l’avait senti, et chacune des particules de son être s’était réjouie à l’idée. Prête à franchir ce pas si important dans leur relation, elle avait au final été bafouée par l’absence de courage de part et d’autre. Aujourd’hui, elle ne l’a pas vu venir. Pas du tout. Elle reste là, parfaitement immobile, cherchant à donner un sens à cette réalité qui la prend de court. Leurs lèvres se séparent trop rapidement et Pandora lève le regard vers lui, et ce n’est qu’à l’instant où elle croise son regard que la réalité reprend ses droits, lui envoyant une décharge électrique qui la parcoure toute entière. Elle délaisse le bras d’Elias pour entourer son visage de ses mains, l’observant avec une intensité rare, avant de lui sourire avec émotion. « Elias… », murmure-t-elle contre ses lèvres avant de l’embrasser de nouveau, ses mains glissant le long de son cou pour se poser sur sa nuque. Et, tranquillement, c’est comme si le monde autour d’eux avait cessé d’exister. Elle n’entend plus les ronronnements causés par les électroménagers, elle n’entend plus le son de la pluie qui continue de tomber à l’extérieur. Elle ne sent plus les odeurs parfumées du thé et des fleurs fraîches posées dans un vase au milieu de la table. Elle perd complètement le contact avec la réalité, la seule et unique chose qui compte, c’est lui. Eux.




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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Jeu 15 Juin - 23:11

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Vous avez déjà regardé quelqu’un, que vous venez de rencontrer ou que vous connaissez depuis des années déjà, avec ce sentiment particulier que c’est exactement, pour tous ces contraires et ces similitudes, la personne qu’il vous faut ? Cet être si particulier qui est capable de vous faire passer de l’euphorie à la mélancolie la plus profonde, en un claquement de doigts, en une décision prise à votre insu. Une personne qui a la faculté, merveilleuse et pourtant terrible, de vous donner le sentiment d’exister, d’être unique, d’un seul regard à travers une pièce bondée; comme si sa solitude, pourtant troublée par la présence d’autres, ne trouvait de véritable remède que dans le simple fait de vous savoir ici, prêt d’elle. Vous avez déjà observé cette personne, à la dérobée, pour ressentir, presque immédiatement, une vague de chaleur intense et puis, avec une brutalité terrifiante, sentir cette sensation particulière que, dès qu’elle est dans le périmètre, alors tout a un sens.. même ce qui ne semblait pas en avoir. Vous avez déjà fermé les yeux dans la foule, pour avancer à l’aveuglette en sachant, malgré toute la logique qui vous habite, que vos pas vous mèneront à elle ? Elias oui. Il l’a rencontré, voilà maintenant plusieurs années, à un moment charnière de sa vie où il ne savait plus vraiment quoi faire, où il trainait la patte, où il menaçait de basculer à chaque pas, à chaque respiration, dans un monde où le terme « définitif » est plus qu’une définition d’un état, mais une vérité. Il a longtemps cru avoir réussi à se débarrasser de cette sensation dérangeante, douloureuse et pourtant si délicieuse, alors qu’au final c’est resté là, en sommeil, au creux de ses entrailles à se faire couver pour, finalement, prendre une place qui, maintenant, est écrasante. Ça a toujours été Pandora dans son esprit, même quand il n’y a pas cru, même quand il a osé y croire, surtout quand il a su que ça ne le serait jamais vraiment. C’est dérisoire, ça n’a pas beaucoup de sens, parce que c’est en la croisant seulement, la toute première fois, qu’il a eu cette étrange sensation que ça serait elle. Elias n’est pas quelqu’un qui porte énormément d’importance aux apparences, certes plus jeune il y donnait un regard assez pointilleux, mais après l’accident il a vite relativisé. C’est pourtant l’exotisme s’échappant de l’indienne qui l’a d’abord attiré, pour finalement comprendre que c’est aussi tout ce qui s’est dégagé d’elle à leur premier contact. Pandora est son opposée et, pourtant, elle lui ressemble sur tellement de points. Elle est une version de lui plus nuancée, surement améliorée aussi. C’était déterminé, écrit, qu’à l’instant où elle lui parlerait, où elle créerait ce lien qui, désormais est un peu plus étroit qu’à l’origine, alors il serait incapable de s’en séparer. Pourtant, il lui aura fallu revenir à Lakeview pour prendre conscience que c’était elle, Pandora, avant même de la connaître. Est-ce que ça a du sens ? Est-ce que ça signifie quelque chose, tout ce charabia sur les rencontres imprévues, sur les âmes soeurs et ces conneries d’éternité, d’amour infini ? Surement pas et c’est pourtant ce qui renforce un peu plus ce sentiment qui habite Elias depuis le jour J, depuis qu’elle a croisé son regard éteint et qu’elle l’a rallumé, progressivement, en toute innocence et inconscience. Petite flamme qui, désormais, lui offre le regard éclaté, éclairé, qu’il pose sur elle à l’instant même où il se penche pour l’embrasser, parce que c’est tout ce qu’il arrive à faire, encore. Les mots ont menacé leur amitié, abimé légèrement son ego aussi même s’il était persuadé que le sien était bien trop inexistant pour être un jour blessé.. Ne lui reste que les gestes.

Et c’est comme si ça prenait sens, tout à coup. Logique imparable qu’il voudrait avoir la capacité d’expliquer, mais qui n’a aucunement besoin de l’être. Ses lèvres trouvent leur place sur celles de sa belle indienne, baiser savoureux s’il en est; Elias se prend à se souvenir qu'il l'a tellement rêvé, tant idéalisé et pourtant cette réalité dépasse, largement, la fiction. C'est comme si les lèvres de Pandora étaient dessinées pour épouser, dans une perfection toute relative - très subjective aussi, parce qu'il en va de son avis à lui - la forme des siennes. Ce baiser lui ouvre les portes d’un monde à part, petite bulle intemporelle, dans laquelle il oublie, assez facilement, cette journée difficile et, peut être même, ces derniers mois tendus et douloureux. Embrasser Pandora c’est plus que réaliser un fantasme qui menaçait, à la longue, de passer dans la case des « impossibles », c’est aussi se reconnecter avec cet Elias perdu, mort dans l’accident. C’est le coeur léger qui le transporte, quelques secondes, dans un état de tranquillité qu’il est pas sûr d’avoir trouvé depuis. Et même lorsqu’il rompt le contact, pour reprendre son souffle - réalisant, par la même occasion, qu’il l’a perdu -, Elias se sent bien. Rien que ça.

L’idée l’effleure, quelques instants, de s’excuser pour son geste, parce qu’ils sont amis, parce qu’elle est mariée, parce qu’il a longtemps cru qu’il y avait un quelque chose entre Angel et elle.. Et puis finalement, demander pardon pour ce baiser, c’est démontrer un certain regret à ce qu’il se soit produit et c’est loin d’être l’état d’esprit du jeune homme. Relevant le nez, alors qu’il va pour se rasseoir, il n’a pas vraiment le temps de croiser le regard de la jeune femme, qui murmure son prénom, ses mains sur ses joues et ses lèvres qui reviennent, addiction progressive, rencontrer les siennes. Son coeur manque un battement, peut être plusieurs même et il sourit, presque béat, quand elle initie ce prolongement de ce qu’il aurait qualifier, plus tard et seul, de coup de folie. Nerveux, à moins qu’il ne soit simplement fébrile, Elias remue le bras pour venir poser sa main sur l’épaule de Pandora, manquant de renverser sa tasse presque vide, qu’il éloigne à l’aveuglette, avant de se redresser, sans que ses lèvres ne quittent celles de l’indienne. C’est sans doute la première fois qu’il réalise qu’il la dépasse de plusieurs centimètres, une bonne vingtaine à peine moins, et qu’il se baisse un peu pour ne pas rompre le baiser, ses bras qui viennent se glisser autour de sa taille. C’est peut être faux.. Il n’a pas perdu le souffle en l’embrassant, il l’a retrouvé justement.. C’est comme si jusqu’à présent, Elias était, en fait, en apnée.

Pour la première fois de sa vie, il est cet homme, il est celui qui, après maintes péripéties, parvient à avoir la fille pour le final en apothéose. Mais pour la première fois aussi, il se retrouve être l’autre, le second, la face cachée qui vient s’insinuer dans un mariage.. bidon. D’ordinaire ça suffirait à le refroidir, à l’obliger à s’éloigner, de se souvenir qu’aux yeux du monde, Pandora est une femme mariée mais.. Mais dès qu’elle est dans ses bras, qu’il peut physiquement l’étreindre de cette manière si différente, si intime, Elias oublie, se pardonne, s’abandonne.
Souffle court, rythme saccadé, son front prend appui contre le sien, ses mains qui viennent trouver le cou de Pandora, ses doigts qui se glissent un peu dans ses cheveux. « Je… Tu veux que je m’en aille .. » Hésitation profonde, timbre, rauque, bien plus grave qu’il ne l’a jamais eu. Et ses lèvres qui chatouillent les siennes quand il articule, difficilement. Et sa respiration qui s’écrase sur son visage, leurs souffles qui se mêlent, se croisent. Enivrant.


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MessageSujet: Re: {hot} [Pando] Everybody gotta man up sometime right?   Ven 30 Juin - 1:27

Pandora & Elias
“ Everybody gotta man up sometime right? ”


Si on lui posait la question à savoir à quel moment Pandora a-t-elle su qu’elle éprouvait des sentiments pour Elias, elle répondrait instinctivement que c’était là, sur son fauteuil, pendant qu’elle avouait la vérité sur sa situation matrimoniale à son meilleur ami. Ce moment où elle avait deviné que lui-même ne la considérait peut-être pas seulement que comme une simple meilleure amie, et qu’elle avait été chamboulée par cette éventualité, et surtout par le fait de se découvrir des sentiments jusque là ignorés. La vérité est cependant toute autre, même si elle ne réalise peut-être pas encore. Sinon, comment expliquer son envie constante de se rapprocher de lui? Pourquoi avoir insisté auprès de son époux pour emménager à Lakeview, cette ville qu’elle devrait pourtant fuir comme la peste? On peut s’ennuyer d’un ami au point de vouloir s’en rapprocher, mais les choses allaient beaucoup plus loin. Ce n’était pas qu’un caprice, mais bien un besoin viscéral. Après des années passées ensemble à Boston à faire partie du quotidien de l’autre, elle s’était retrouvée perdue sans sa présence, elle qui avait pourtant une vie bien remplie à l’époque entre son mariage et ses performances musicales. Il manquait l’essentiel, pourtant. Cette sensation de valoir quelque chose lorsqu’elle était à ses côtés. Cette complicité innée qui s’est rapidement imposée entre eux, lorsqu’elle avait accepté Elias dans sa vie. Cette impression d’être unique dans le regard qu’il posait sur elle. Pandora a besoin d’Elias, peut-être plus encore qu’il n’a besoin d’elle. Il est le seul qui ait le pouvoir de lui faire croire qu’elle est peut-être une bonne personne, malgré tout. Sans lui, elle n’est qu’une femme comme les autres, une individue des plus ordinaires qui a fait des choix questionnables et qui se bute contre l’énorme vide que représente sa vie. Avec lui, tout est encore possible, rien n’est encore joué. Et c’est là toute la beauté de ce qui les lie, cette envie, voire même cette nécessité de devenir meilleure pour avoir le sentiment de le mériter. Avoir envie de se dépasser non pas pour soi, mais pour l’autre. Chambouler l’essence même de son quotidien ne serait-ce que pour provoquer un seul sourire, un seul regard approbateur. C’est là, ça a toujours été là. Ils auraient pu entamer cette histoire de manière bien différente, des années plus tôt. Elle n’arrive pourtant pas à regretter tout ce temps perdu, parce que ça lui semble beau ce qu’ils vivent présentement, ça a presque quelque chose de poétique à ses yeux. S’ils ont su être là l’un pour l’autre dans ces circonstances, la suite n’en sera que plus puissante.

Ce baiser changera tout, elle le sait. Pente dangereusement glissante vers laquelle ils dérapent tous les deux, sans même chercher à se retenir. Les bras d’Elias l’entourent, lui donnent un avant-goût de ce qui pourrait être, et elle se cambre pour mieux lover son corps contre le sien. Son odeur lui monte à la tête, l’enivre complètement. L’effervescence du moment lui monte à la tête, lui fait perdre tous ses moyens. Violentes sensations, brûlant désir. Leurs lèvres se séparent, et Pandora peine à retrouver son souffle. La réalité a perdu tout son sens, la vie telle qu’elle la connaissait s’est complètement volatilisée, chamboulée par ce revirement de situation souhaité mais pourtant inattendu. Les mains d’Elias qui se perdent dans sa chevelure la fond frissonner, et ses lèvres qui effleurent les siennes alors qu’il lui demande si elle désire qu’il parte provoquent son désir, sa soif de lui. Les mots ne font aucun sens dans son esprit, pourquoi diable voudrait-elle qu’il la quitte? Elle ne veut plus jamais être séparée de lui. Ils font définitivement les choses à l’envers, ces deux là. Normalement, on se rencontre, on se courtise, puis on passe rapidement à la phase physique où on laisse libre cours à l’attirance. Puis, au fil du temps, on apprend à se connaître davantage, à découvrir les forces et les faiblesses de l’autre, et c’est à ce moment seulement qu’on décide si la relation vaut le coup ou si les différences sont trop importantes pour être surmontées. Mais Elias et Pandora se connaissent déjà par cœur, n’ont pratiquement pas de secrets l’un pour l’autre. Elle était certaine de ses sentiments avant ce baiser, qui n’est au fond que l’apogée de cet amour profond qu’elle ressent pour lui. Il n’est pas question de confirmer ses sentiments, mais simplement de réaliser à quel point elle ne pourra plus jamais se passer de lui.

« Non… », murmure-t-elle contre ses lèvres. « Jamais… », ajoute-t-elle avant de plonger ses mains dans sa chevelure et de l’embrasser de nouveau. Maintenant qu’ils ont franchi le pas, elle ne saura plus s’arrêter. Ces baisers réveillent d’ailleurs une chaleur imposante dans sa poitrine et son bas-ventre, et c’est tout naturellement qu’elle repousse Elias vers la chaise où il était assit quelques instants plus tôt, et qu’elle vient l’y rejoindre, s’asseyant sur lui, ses jambes de part et d’autre. Elle love d’ailleurs sa poitrine contre son torse, son bassin contre le sien, parce qu’elle a besoin de sentir sa chaleur, sa présence. Comme si elle avait peur que tout ça ne soit qu’un mirage de son esprit et qu’elle avait besoin de se convaincre que cette nouvelle réalité est incontestable. Et, pendant quelques secondes, elle pose son regard sur lui, un regard fiévreux et amoureux, duquel émane une certaine gravité. Elle détaille chacun des traits de son visage qu’elle connaît pourtant par cœur, son souffle se mêlant au sien, avant que ses lèvres s’étirent dans un imperceptible sourire. Son cœur lui fait presque mal, malmené par cette explosion d’émotions, battant à une vitesse folle.




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