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 La machine à rattraper le temps [Nix]

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MessageSujet: La machine à rattraper le temps [Nix]   Jeu 29 Juin - 10:56


La machine à rattraper le temps

Ils courent, dans les rues, pour échapper à trois heures de maths dans une chaleur étouffante. Le soleil les accompagne, fait briller la sueur qui perle sur leurs fronts – faute à la moiteur de l’air et aux trente-sept degrés – et éclaire de sa lumière les rues chauffées à blanc. Les voitures ne s’arrêtent pas, les passants ne leur prêtent pas attention. Adrian se retourne en riant, les ruelles se succèdent.
C’est une fin d’année comme les autres.

Adrian se réveilla en sursaut. Dehors, l’orage commençait à gronder. L’air était chargé d’ozone particulier, de celui de l’orage de chaleur qui ne va pas libérer de pluie, juste frapper le sol et se plaindre. Il était une heure du matin.
Ca faisait une semaine que le bal des Fondateurs s’était achevé, sur cette note catastrophique – si l’on pouvait dire. Lui-même avait trouvé que la jeune femme aurait pu faire bien pire avec son père. Le genre de choses qu’il rêvait de faire, en retournant à Chicago –. Une semaine qu’en grande catastrophe, il avait retrouvé un ami perdu depuis quasiment une décennie… Et il ne savait pas comment gérer la situation.
En soupirant, il s’assit sur son lit, le drap qui lui servait de couverture enlaçant ses jambes. Il avait dormi seul, une fois n’était pas coutume. Son téléphone, sagement posé sur la table à côté, semblait briller dans la lumière des éclairs qui illuminaient le loft, se réfléchissant sur les chromes de sa cuisine et des montants de son lit.
L’hésitation se fit sentir, alors qu’il prenait le chemin de sa cuisine pour attraper une bouteille d’eau dans le réfrigérateur. Il n’arrivait pas à dormir. C’était à ces heures qu’il était le plus vulnérable. A ces heures que son humanité se faisait la plus lourde à porter, la plus dangereuse à éviter.  Il avait besoin de se confier. Une séance de microphone s’imposait.

Après avoir descendu la bouteille d’eau glacée – morsure vivifiante du froid au fond de lui, juste ce qu’il méritait –, ses pas l’avaient mené à nouveau vers sa table de nuit. Dans la pénombre entrecoupée d’éclairs, il avait fait les gestes qu’il avait tant de fois répétés. Il n’avait même plus besoin de regarder : déverrouiller le téléphone, puis aller sur la troisième page d’accueil, là où il conservait les numéros les plus importants, avant d’appuyer au centre sur l’icône de l’application dictaphone. Alors, seulement, se mettre à parler. Il avait mis le son au minimum : cette fonctionnalité produisait un bruit dérangeant qui pouvait le sortir de la transe bénéfique que des remords pouvaient créer.

« Juin 2017. Je viens de me réveiller. Le rêve est encore le même, le souvenir de la fin d’année des quatorze ans. Rien de choquant, une reconstitution fidèle de notre adolescence, jusqu’au goût des rues sur le fond de ma langue, ou l’odeur de l’appartement abandonné où l’on passait nos après-midis à refaire le monde. »  Il ne marquait pas de pause. Sa voix était chaude, pleine d’une douceur et d’une humanité qu’on n’aurait jamais pu l’entendre prononcer auparavant.

« C’est le troisième rêve depuis le début du mois, et le cinquième depuis que je l’ai revu. Je pense que le passé a choisi volontairement de me torturer… Et à raison. Ce sont mes choix qui ont éclaté notre amitié, qui l’ont fait souffrir. Je n’avais pas prévu qu’il se retrouve ici… Je n’avais pas prévu de le revoir, et quand c’est arrivé, je n’ai même pas pu ou su m’excuser. »

Les mots brûlaient dans sa bouche. Il jeta un coup d’œil vers le téléphone, voir combien de temps il avait passé juste pour dire des inepties…
Et constata que son doigt avait du riper. Et magistralement. Le numéro qu’il avait pu soutirer à Alexis affichait ses grosses lettres vertes sur le fond noir, et le voyant d’appel continuait de clignoter.

« Merde. »
Adrian jura, ses doigts tremblant presque. Fragile, à cette heure de la nuit, mais incapable pour sa propre fierté de raccrocher au nez. « Désolé, c’était un faux numéro. »

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Sam 1 Juil - 20:23

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Les insomnies n'avaient pas cessées, elles étaient même de plus en plus nombreuses et contraignantes, depuis le bal. Nix ne parvenait généralement à fermer l'oeil que deux ou trois heures dans la nuit, et il arrivait que ces maigres temps de sommeil se répercutent sur son travail et son humeur. Il aurait pu être aigri et dédaigneux, mais la réalité était qu'il était trop épuisé pour cela... Tout ce qu'il voulait, c'était dormir. Plus que toute autre chose. Poser sa tête sur l'oreiller, fermer les yeux et se laisser bercer... jusqu'aux lueurs de l'aube.
Seulement une force supérieure en voulait autrement. Et chaque fois lorsqu'il rejoignait son lit, la même pièce se jouait. Il ne se glissait sous les draps qu'à minuit passé pour déjouer un destin fatal, saisissait parfois un livre pour s'occuper l'esprit et le fatiguer.. mais rien n'y faisait. Aussi épuisé pouvait-il être une fois les lumières closes, Morphée le refusait dans ses bras, et alors il arrivait que Nix rêve d'une autre étreinte... Il s'enroulait dans la chaleur des couvertures et imaginait son visage, son sourire, ses cheveux blonds tombant sur ce regard océan qu'il savait par coeur...

Ce jour là encore, il attendait qu'une pitié manifeste tombe du ciel et veuille bien l'emporter au royaume des rêves. Son regard rougit par la fatigue fixait le plafond dont il ne voyait aucun détail dans le noir, et sur lequel il s'amusait à redessiner des scènes de ses souvenirs. Il y peignait Alexis, lorsqu'il l'avait trouvé se baignant dans le lac ce jour pluvieux, lui encore alors qu'il l'avait ramené chez lui afin de lui rendre l'appareil photo auquel il tenait tant, et qu'il avait oublié... Puis un autre visage, oublié depuis longtemps, et qui avait ressurgi ce fameux soir du bal... comme revenu d'entre les morts. Un fantôme du passé, là devant lui. Nix les regardait courir les rues de Chicago, enfants l'un et l'autre, mais déjà plus innocents...

Il songeait à ces épopées lorsqu'un bruit sourd le tira de ses songes brumeux. Sursautant à peine, tant son corps était tendu d'épuisement, Nix se redressa doucement et attrapa le téléphone qui vibrait sur la table de chevet.
Sourcils froncés, il hésita avant de décrocher; qui pouvait bien l'appeler à une heure aussi tardive de la nuit ? Le numéro ne faisait pas partie de son répertoire, il ne pouvait donc s'agir de l'urgence d'un proche, ce qui en un sens rassurait le jeune homme. Il finit cependant par laisser la curiosité et le désespoir de s'endormir un jour cliquer sur le bouton vert.

A peine avait-il ouvert la ligne qu'une voix à la fois lointaine et familière résonna dans son oreille, coupant court aux politesses habituelles. Nix ne mit que quelques instants à reconnaître Adrian. On dit qu'au téléphone les timbres sont modifiés, mais le barman l'avait eut assez souvent au bout du fil lors de leurs années d'adolescence pour reconnaître sa voix entre mille, qui plus était lorsque, malgré l'aggravation de ses intonations, il l'avait revu quelques jours plus tôt. Nix faillit raccrocher. Mais quelque chose dans le ton de son ancien ami d'enfance l'en empêcha... Une innocence, une nostalgie qu'il lui connaissait peu, sans parler de cette façon qu'il avait de relater quelque chose comme si personne ne pouvait l'entendre que lui-même.

Il finit par comprendre qu'il en était exactement ainsi. Adrian parlait d'eux. Cela, il le sut immédiatement. Cette façon qu'il avait de décrire une amitié brisée, des souvenirs communs, comme s'il regrettait... Et puis ces retrouvailles inattendues qu'il évoquait, comme un coup du sort ou une farce du destin... Etaient-ils destinés à se retrouver, après tant d'années, dans cette petite ville à l'autre bout du pays, alors que le monde était si vaste...
Nix ne dit pas un mot tout le temps que durèrent les révélations de son ex-ami. Il l'écouta, assimila. Il revit à son tour les images de leurs passé ensemble, et une boule se forma dans sa gorge, au moment où un silence pesant résonnait à l'autre bout du fil, avant qu'Adrian ne jure.

Nix voulut parler, mais aucun mot ne parvint à sortir, tandis que, à sa plus grande surprise, l'autre s'excusait. Et comme un électrochoc, ce simple mot 'désolé' réveilla sa témérité et lui rendit la parole. « Whoua. Adrian Lewis qui s'excuse, je ne crois pas que ce soit déjà arrivé une seule fois... » Toujours cette rancœur tenace, mais sa voix était douce, blasée, sans doute par la fatigue. Celle du corps et de l'esprit. « Moi aussi je me souviens. De chaque moment. De chaque escapade... tu avais beau être un connard, tu avais de sacrées idées et on se retrouvait souvent dans une merde noire par ta faute... » Nix eut un sourire silencieux, et il se réjouit alors d'être caché chez lui, et pas face à la celui auquel il s'adressait. « Je ne pensais pas que tu t'en souvenais toi. » Il semblait si indifférent, lorsqu'il avait fuit du jour au lendemain sans jamais donner de nouvelles... Jamais Nix n'avait songé qu'il se remémore cette sombre partie de sa vie, à devoir supporter le gosse paumé et mal dans sa peau qu'il était alors... pas lorsqu'il ne lui avait manifesté aucun intérêt à son départ.

« Est-ce que... Est-ce que tout va bien ? » Il avait beau avoir juré de le haïr, détester ce coup du sort, et ne pas savoir comment réagir autrement avec lui que par piques glaciales, il demeurait Nix, et son inquiétude était d'autant plus sincère que quelque part, il savait que lorsqu'Adrian allait mal, jamais ce n'était pour se faire plaindre. Car bien au contraire, il n'aurait supporté être pris en pitié.


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Dim 2 Juil - 17:17

La machine à rattraper le temps
Adrian détestait les moments comme ça, où la faiblesse et la fragilité de sa condition le rattrapait. Il détestait devoir se rendre des comptes à lui-même, détestait devoir se justifier de ces sentiments, de ces sensations qui venaient le paralyser lentement et l’attirer vers le fond. Il se haïssait, certes, mais qui ne haïssait pas ses propres points faibles ? Qui ne se détestait pas, devant le miroir, quand il fallait se rendre des comptes à soi-même ? Qui, oui qui, acceptait de son propre être non seulement la beauté et la perfection, mais également les douloureux rappels de sa condition humaine ?
Adrian aurait pu se taire. Laisser échapper le téléphone, prétendre qu’il s’était cassé, que la réception était mauvaise. Il aurait pu fuir, comme il avait fui déjà, comme il fuirait encore s’il le fallait – survie de l’espèce humaine ou des connards, qui savait ? –, mentir, le laisser croire que réellement il s’était trompé. Mais alors où aurait été sa propre vérité ? Adrian, avec sa fierté, cette fois n’avait pas le courage de le laisser partir. De se dire que son ami allait, une fois de plus, être déçu. Il l’avait trop déçu, déjà.

En prenant une inspiration, pour se recomposer – ses séances de dictaphone étaient, en général, mentalement éprouvantes pour l’homme qui se targuait de ne pas être vulnérable –, il écouta Nix à l’autre bout commencer à parler. Le temps n’avait pas altéré la fréquence de sa voix, même les parasites de toute communication ramenaient le blond quinze ans en arrière. C’était dur, de s’imaginer qu’un coup de téléphone puisse ranimer en un instant des souvenirs qu’il voulait tenir effacés.

« Je m’excuse toujours quand tu n’es pas là. » sa voix trembla un peu. Juste un peu. Faiblesse passagère.
« Bien sûr que je me souviens. Pourquoi j’aurais oublié ? Je ne t’ai pas fui toi, quand je suis parti. Je… »
J’ai fui la ville qui a tué Sarah, j’ai fui l’endroit qui a pourri Eric, j’ai fui les rues où on voulait me passer à tabac pour avoir embrassé quelqu’un, j’ai fui les insultes, les reproches, les prétendus remèdes de mes parents mais pas toi. Sûrement pas toi.
« Je n’ai jamais voulu te fuir. »
La répétition pour l’empêcher de se dévoiler totalement. De dévoiler à quel point c’était dur, un soir d’humanité, de se rendre compte du mal qu’on avait fait à ceux que l’on aimait.  

D’un effleurement, il alluma la lampe sur sa table de nuit, la lumière jaunâtre éclairant les murs de bois du loft. Il se laissa aller à s’asseoir sur son lit à nouveau, là où la forme de son corps se détachait encore, où il aurait pu jurer que ses yeux avaient pleuré dans son sommeil. Adrian ne pleurait jamais. Ce n’était sans doute que de la transpiration.
L’orage retentit, dehors, faisant trembler les murs.

« Je n’avais pas prévu de t’appeler, à l’origine. Ce que tu as entendu, c’est pour mes archives. » Il avait déjà cette pratique, plus jeune, quand il commençait à désespérer du monde. A l’époque, ce n’était que des cassettes, sur un lecteur-enregistreur à dix dollars que l’on pouvait trouver dans une boutique pour bébé. Le micro en plastique, surmonté d’une fleur rouge, l’avait entendu vitupérer en anglais et même en italien quelquefois, la rage au ventre, contre les lois, contre l’amour, contre les abrutis et la douleur de l’existence.
Il avait toujours l’enregistreur, et un carton de cassettes, toutes enregistrées. Lorsque le numérique était arrivé, il avait acquis un micro pour son ordinateur, et avait tout stocké sur des disquettes, puis des disques durs externes, puis sur des clouds.

« Et j’ai récupéré ton numéro, et en le sauvegardant, je l’ai mis avec les autres numéros fréquemment contactés sur mon écran. Sauf qu’au milieu des icônes, il y a le dictaphone, et j’ai mal vu… Je ne voulais pas te réveiller. Même si je doute t’avoir réveillé. »
Détourner la conversation. Analyser les mots, les intonations de l’autre. Se dire que même s’il ne le connaissait peut-être plus autant que ça, car ils avaient vécu depuis dix ans et Adrian le sentait différent, il pouvait toujours faire des suppositions.
C’était une manière de dire qu’il n’allait pas bien, en effet.
« J’aurai dû te prévenir. »

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Dim 2 Juil - 22:10

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La fatigue était pesante, presque insupportable. Nix avait l'impression que des flammes brûlaient derrière ses yeux rouges, tandis qu'il peinait à tenir le conduit du téléphone contre son oreille. Dans un mouvement de détresse, il se laissa tomber mollement sur les oreillers, sans lâcher Adrian, toujours au bout du fil. Il ne parvenait toujours pas complètement à assimiler que c'était bien lui lui téléphonait - erreur ou pas. Il se souvenait de leurs longues discussions d'ados, dix années en arrière, au milieu de la nuit parfois, comme là... Seulement à l'époque, c'était plus souvent Nix qui appelait en premier, et que leurs échanges étaient plus loquaces que la conversation qu'ils avaient à l'heure actuelle, teintée d'une douleur étrange et d'une nostalgie sombre.

« J'ai toujours cru que tu m'aimais par pitié. J'ai toujours attendu plus sans jamais vraiment l'obtenir... alors il me paraissait logique qu'après ton départ, tu ne te souviennes pas de nos moments ensemble. » Nix avouait, à demi-voix, qu'il avait aimé Adrian plus que la réciproque. Il soupçonnait le concerné d'être déjà au courant, mais le lui redire était un argument au fait qu'il ait pu imaginer que le jeune homme ait oublié leur passé commun.

Les quelques mots qu'il lâcha ensuite furent comme une chute libre sans certitude d’atterrissage. Il n'avait pas voulut le fuir ? Evidemment. Quelle raison aurait-il eut de le faire... « Je sais tout ça mais... eh bien tu n'as jamais donné de nouvelles. Jamais, Adrian. Et pour moi, c'était comme si... comme si rien n'avait jamais compté. » Avec le temps, il s'en était persuadé. Il l'avait toujours un peu soupçonné... et le silence radio de son ami disparu avait finit d'achever ses convictions qu'il n'était rien pour lui. Qu'il n'avait même peut-être toujours été qu'un parmi d'autres, ou le petit jeune, débarqué d'un autre monde, dont il se plaisait à faire croire qu'il l'aimait lorsqu'en réalité il s'en moquait royalement.

Pourtant, ils avaient eut leurs moments forts, leurs moments de doute, de soutien inébranlable... Adrian avait été le seul pilier qui avait tenu Nix en vie pendant ces années à courir sur les dalles de cette ville qu'il avait détestée au premier regard. A travers Adrian pourtant, il était parvenu à l'aimer, et même à la regretter lorsqu'il l'avait quittée à son tour.

« Tes archives ? Tu fais ça pourquoi au juste ? La postérité ? Navré de te décevoir, mais tout le monde se fout de ta vie... » Tout le monde sauf moi, avant que tu ne gâches tout... Pourtant, le ton d'Adrian était si étrange, si morne que Nix regretta presque sa réflexion. Se pouvait-il que son ami ait Alzheimer et n'en ai rien dit ? Que cela aurait-il eut de surprenant ? Puisqu'il n'avait plus rien dit depuis dix ans...

Le jeune homme avait entamé une explication sur le fait de l'avoir appelé par erreur, et Nix l'écouta avec une attention nouvelle. Il ne releva que la fin, lorsqu'Adrian évoqua ne l'avoir pas réveillé... Il ne connaissait donc encore assez pour se souvenir de ses insomnies ? A l'époque, Nix en faisait moins fréquemment, et de moins violentes... mais il n'était jamais parvenu à dormir correctement sur le sol américain. Les seules nuits paisibles qu'il passait, c'étaient celles où Adrian se faufilait par la fenêtre. Il s'allongeait et Nix s'allongeait contre lui et s'enivrait de sa chaleur. La respiration régulière de son ami lui permettait alors de fermer les yeux et de trouver le sommeil. A son réveil, il était rare qu'Adrian soit encore là, mais il avait au moins pu se reposer un peu...

Ce souvenir, comme un écho dans son coeur, apaisa la colère qu'il avait à l'égard du jeune homme... Il le sentait mal, à l'autre bout du fil. Et, à l'image de cette empathie qu'il avait déjà pour lui à l'époque, il avait l'impression que son coeur saignait, de le savoir ainsi. « Adi... » L'appeler par son surnom était à la fois étrange et terriblement naturel. Nix frissonna, lâcha un soupir, sur le point de demander s'il devait venir. Puis il se ravisa et dit finalement : « Bouge pas OK ? Je viens. » Il connaissait l'adresse de son ami pour l'avoir raccompagné après le bal des fondateurs.

Nix n'attendit même pas la réponse d'Adrian, qu'il soupçonnait : ce serait non, et sa venue n'était pas négociable.
Il raccrocha le téléphone et se redressa sur le lit. La tête lui tourna lorsqu'il se leva pour enfiler un vieux jean et un t-shirt. Dehors, l'orage grondait, mais Nix s'en moquait. Il était redevenu cet ado insouciant, soucieux du bien-être de son meilleur ami. Il était redevenu l'enfant qui oubliait la raison pour ne vivre que de passion. Attrapant sa veste sur le portant en bas, et sautant presque dans ses boots, il ouvrit la porte à la volée et lutta contre le vent et la pluie jusqu'à arriver devant chez Adrian. Là, il toqua vivement, sachant parfaitement qu'il ne réveillerait personne. « Adrian, si tu ouvres pas, j'te promets que je passe par la fenêtre ! » Son ami l'en savait capable. Et il ne voudrait pas que Nix risque à se rompre le cou, pas vrai ?


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Lun 3 Juil - 0:26

La machine à rattraper le temps
Au fond, peut-être que c’était ça, qui faisait le plus mal, ce soir. La culpabilité. L’impression de tuer, un peu plus, à petit feu, Nix. De l’avoir réduit en miettes, avec son départ. Comme si Adrian n’avait pas regretté, chaque fois qu’il voyait son nom s’afficher sur l’écran de son téléphone, de rejeter l’appel pour finir par bloquer le numéro, puis la carte, puis l’appareil. Couper les ponts. Recommencer sa vie, en la vivant comme il l’avait toujours vécue. Un être de mots, de réparties, qui blessait les autres sans se blesser lui-même. C’était toujours, bien sûr, plus évident de reporter la propre plaie béante creusée par son absence, sur les autres. De les brûler, lentement.  Et ce soir, la culpabilité cautérisait les bords de cette blessure purulente, laissée à suinter et à pourrir pendant dix ans. Il avait enfin des réponses sur ce qu’il était devenu.
Une ordure. Curieusement, il s’y attendait. Il était peut-être une ordure arc-en-ciel, mais peu importait.

« Je ne t’ai pas aimé par pitié. M’as-tu déjà vu éprouver de la pitié ? Sérieusement. » Il eut un petit sourire, presque triste. « Tu es plus jeune que moi. C’était pas comme si, un jour, je pouvais me tourner vers toi et décider de juste t’embrasser. » Il en avait eu envie. C’était sûr. Une affection profonde pour lui, pas de l’amour, pas de besoin primaire, pas de sexe. Juste de l’affection, l’amitié trop complexe.  « Les gens seraient venus t’interpeller, t’embarrasser, t’attaquer et je tenais trop à toi pour te l’infliger. »
Il tenait. Passé. La morsure du temps, définitif, lui fit secouer la tête.

« Je tiens toujours à toi. J’ai fait une erreur en te coupant définitivement, mais je ne pouvais pas revenir. Je savais que si je gardais un seul lien avec Chicago, j’allais y revenir, j’allais perdre le contrôle, je … » Encore une fois, il préféra ne pas finir sa phrase. Curiosité, venant de lui.

Il eut un rire, à sa phrase. « Je fais ça pour me souvenir de moi-même. »
Que des fois, il n’était pas qu’un immonde connard, à faire souffrir ses amis les plus chers.

C’était surprenant comme Nix pouvait le comprendre, lui aussi. Quelque chose qu’il n’avait jamais vraiment assimilé : Adrian se connaissait si mal qu’il avait quelques difficultés à se dire qu’un autre pouvait prétendre l’appréhender. « Non, c’est pas la -- » peine. Le téléphone était déjà entrain de délivrer, dans son oreille, sa tonalité de fin d’appel. Il le laissa sur son lit, allant enfiler rapidement un t-shirt et un jean, qu’il ferma à moitié. Il avait gagné un peu de pudeur, avec les années. Et puis, dix ans après, il ne comptait pas revoir son meilleur ami en boxer, quand même.
S’installant sur une chaise, dans la partie cuisine du loft qu’il occupait, il se posa sur la table avec la bouteille d’eau entamée grâce à laquelle il s’était un peu réveillé. « Quelle mouise… »

Des coups retentirent à la porte, et immédiatement il était sur ses pieds, prêt à venir lui ouvrir. Il attendit une minute, peut-être un peu moins. Etait-il prêt à le faire rentrer à nouveau dans sa vie de cette manière ?
Bah. De toute manière, sa vie, il ne l’avait jamais vraiment quittée. Et c’était le milieu de la nuit, où Adrian, dans la lumière de l’orage, prenait des airs d’être humain. Il saurait tout camoufler, quand reviendrait le jour. Il lui ouvrit la porte, l’air chaud et humide de l’orage extérieur fouettant son visage. « Pas besoin de passer par la fenêtre, soyons civilisés. Viens. »
C’était presque enfantin. Il l’attrapa par la manche, pour le tirer à l’intérieur et refermer la porte derrière lui. Le sol ne craignait pas l’eau, heureusement.

« Tu risques un rhume, tu sais ? Viens. J’ai des vêtements à te prêter. Et après, tu dors. »
Il n’avait eu besoin que d’un coup d’œil sur son visage, dans la mince lumière, pour savoir qu’il manquait, effectivement, cruellement de sommeil.  Peu importait que tout le ressenti, toutes les émotions soient entrain de lui piquer les yeux et la gorge. Il avait besoin de lui dans sa vie. Il ne lâcha pas sa manche, encore mouillée. Il n’arrivait pas. Visiblement perdu. « J’ai tout foiré, pas vrai ? » lâcha-t-il, dans un langage qui n’était habituellement pas le sien, avant de laisser sa manche et de se détourner pour rejoindre son armoire, cherchant au moins un t-shirt propre à lui prêter.

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Sam 8 Juil - 16:33

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Leur relation avait toujours été houleuse, dès les premiers instants. Nix n'aimait pas sa vie, son monde... ce nouveau monde dans lequel il avait l'impression d'avoir été lâché, comme on se fait pousser du bord d'une falaise et qu'une fois dans l'eau, on suffoque, on laisse l'air nous manquer, on se noie. Adrian, au cours de sa vie, avait été à la fois son sauveur et son bourreau, à le pousser de la falaise. Lorsque Nix entendit qu'il ne l'avait pas aimé par pitié parce qu'il n'en avait pas, quelque chose lui serra le coeur. Adrian savait éprouver de la pitié, seulement il était trop fier pour se l'avouer...

Il écouta son ami s'exprimer, évoquer les raisons qui l'avaient poussé à ne pas donner de nouvelles, à s'enfuir sans jamais revenir... Nix avait du mal à le comprendre... et il se rendait compte soudain, qu'à sa façon, il l'avait protégé. A sa façon, il l'avait aimé, et avait voulut le meilleur pour lui, tout en se mettant en tête, de manière totalement étrange et folle, que lui était loin d'être le meilleur pour lui. « J'aurais survécu tu sais. Je me serais moqué des autres... » Toi seul comptais. Il avait vécu à travers son aîné si longtemps, avait à peine développé d'autres relations... c'était sans doute pour cela que son départ avait été si douloureux, si plein d'une solitude et d'un silence assourdissants... Les mots qui suivirent ébranlèrent à nouveau Nix, tandis qu'il sentait son ami sincère. 'Je tiens toujours à toi'. Ça semblait si vrai, si réel... qu'il eut presque envie de répondre par la réciproque. Il s'abstint cependant, et l'écouta dire qu'il s'enregistrait pour se souvenir de lui-même. Ces derniers mots achevèrent de lui faire prendre la décision d'aller jusqu'à lui. Il ne lui laissa pas le choix, raccrocha avant même de l'entendre protester.

Au dehors, il dut faire face à la tempête, mais rien n'importait plus qu'Adrian aille bien. Qu'Adrian aille mieux. Et lorsque finalement la porte s'ouvrit sur sa silhouette élancée, Nix se rendit compte à quel point il était le même, et à quel point il lui avait manqué. Il avait l'impression de revivre leurs escapades lorsque l'un ou l'autre allait mal. Le jeune homme leva ses yeux cernés sur son ami d'un autre temps et eut soudain envie de l'étreindre, tandis qu'en son coeur, une sourde colère demeurait, comme un poison qui se distille peu à peu. Lorsqu'Adrian évoqua des vêtements propres et le simple fait de dormir, Nix se rendit compte à quel point il avait froid et à quel point il était fatigué. Il ne chercha même pas à protester, tandis que son ami tirait par la manche son corps tremblant et trempé. Il se laissa faire avec une docilité qui le déconcerta lui-même. Il était venu pour aider Adrian qui allait mal, par pour que ce dernier le bichonne... A moins que...

Il ne s'exprima que lorsque le beau brun posa sa question. Nix aurait voulut hurler que oui, il avait tout foiré et que même s'il était là ce soir, ça ne signifiait pas qu'il lui pardonnait... Mais alors qu'Adrian se détournait, il sut qu'il en était incapable. Adrian et lui... Il avait beau l'avoir haït, ou tenté de le haïr depuis tant d'années, il se rendait compte que cette haine n'était en réalité qu'une profonde douleur enfouie, qu'il avait cherchée à tarir à travers de sombres sentiments, qui aujourd'hui s'envolait lorsqu'il voyait le regard de son ami d'enfance posé sur lui, et sentait sa chaleur le réconforter. « Je pense que ce que tu as seulement fait ce que tu pensais bien... mais que tu t'y es pris comme un manche. » Il parvint à lui offrir un petit sourire en coin, tandis qu'il retirait son t-shirt trempé pour enfiler celui qu'Adrian lui tendait. La sensation de bien-être lui arracha un soupir, tandis que soudain, il venait arrêter le poignet du jeune homme dans son geste et le forçait à le regarder dans les yeux. « Je suis plus un gosse Adrian. J'ai plus besoin de ta protection. » Il marqua une pause, tandis qu'il détaillait les traits de son visage, qu'il avait toujours trouvé magnifique, presque irréel. « Mais j'ai encore besoin de toi... » Il avait soufflé ces mots, comme s'il les découvrait lui-même, avant d'ajouter, plus sûr de lui : « Et tu as besoin de moi. »

Il voulait être là pour lui. Puisqu'il était de retour dans sa vie... à quoi bon continuer de nourrir à son égard cette haine irrationnelle qui ne faisait que le détruire un peu plus chaque jour... Nix lâcha son poignet et passa une main lasse dans ses cheveux mouillés. « Je dormirai pas, Adrian, c'est pire qu'avant... Trop de choses sont arrivées... » Et pourtant, alors qu'il avouait à demi-mots qu'il n'y pourrait rien, au fond de lui, il espérait encore que s'il se blottissait contre lui, le sommeil et la paix viendraient le trouver, enfin.


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Sam 8 Juil - 18:52

La machine à rattraper le temps
Adrian ne savait plus à quoi s’attendre. IL n’aurait pas pensé, à un seul instant, que son appel involontaire. Il ne savait pas, non plus, comment prendre les choses : Nix avait-il vraiment envie de revenir vers lui, d’arriver dans son appartement, ou faisait-il uniquement ça par pitié ? Etait-il seulement conscient qu’il allait se fourrer, à nouveau, dans les ennuis et jusqu’au cou ? Voire plus haut si Adrian faisait un nouveau coup d’éclat, comme un de ceux qu’il avait eu en quittant New York. Beaucoup moins, en revanche, s’il en venait à s’assagir : la présence de son ami avait une curieuse qualité qui exacerbait l’attente d’Adrian. Il en restait un petit connard prétentieux, bien sûr, mais au contact de Nix il se retenait d’être un trop gros fils de pute – et l’appellation était justifiée.
Une fois qu’il lui eut ouvert, que sa recherche pour le t-shirt se solda par un simple t-shirt noir qui lui irait sans doute parfaitement -  à vue de nez, ils n’avaient pas de véritable taille de différence –, Adrian se demanda bien pourquoi il avait accepté de laisser le passé rentrer à nouveau. C’était comme une morsure, au fond de lui, qui se disait que s’il avait coupé les ponts, ce n’était pas pour rien !

Pas pour rien… Sauf qu’il n’avait jamais voulu se débarrasser, vraiment, de Nix. Il ne faisait pas partie du plan originel. Passé un temps, alors qu’il était encore sur la route pour New York, il avait même prévu d’envoyer un billet à celui-ci pour qu’il le rejoigne.
Et puis la peur de se faire cracher dessus. Celle de se faire refouler, encore une fois. Le refus de trop. Il pouvait se faire refuser par ses parents, oublier par ses amants, effacer par ses professeurs. Mais si jamais Nix avait simplement affirmé l’avoir refusé dans sa vie, Adrian n’aurait pas pu continuer à avancer.
Ces mots, il les garda soigneusement au fond de lui.

« Je ne pensais pas. C’était là tout le problème. » s’exprima le blond en l’observant rapidement. Il ne s’agissait pas d’un regard pervers, plus d’une fascination de le retrouver. Il n’avait presque pas changé. Il nota quelques détails, sur sa peau, qu’il ne jugea pas utile de relever pour lui, lors du court instant où il laissa son épiderme à sa vue.
Déjà, il allait se reculer, repartir à l’autre bout de la pièce pour mettre une distance raisonnable entre eux. Ce serait plus facile de mentir, de se raccrocher au masque froid de cette manière. Les doigts de Nix se refermèrent sur son poignet.
Il mentirait plus tard. 
Il avait toute la journée pour ça.

Il sourit un peu, baissant les yeux vers ses doigts avant de remonter vers son visage. « C’est notre enfance, ça. On s’est construits sur une dépendance, et je ne suis pas certain de savoir si nous nous sommes plus épanouis durant cette période… Ou durant la séparation. »
Il ajouta cependant, la tête baissée, presque dans un souffle : « Mais oui. J’ai besoin de toi. »

Les confessions, et même juste l’idée que Nix ait repris ses longues insomnies qui, déjà, terrifiaient Adrian à 13 ans le firent craquer. 
Il fit un pas en avant, doucement, pour passer ses bras autour de lui et l’attirer dans une étreinte. Un instant, il crut que son cœur allait se briser là. Qu’ils n’étaient, tous les deux, pas réels. « Tu veux en parler ? »
Il arracha délicatement son poignet à son emprise, pour le garder dans ses bras. « Tu n’es pas obligé. Si tu préfères te taire, je peux combler le silence sans difficulté. »  

La situation le submergea et, eut-il été un peu plus prompt à se laisser aller aux sentiments, il aurait pu avoir des larmes au coin des yeux. S’il ne pleura pas, il sentit l’envie poindre et il la ravala.
Il n’allait pas le laisser partir. Plus maintenant. Pas tant qu’il ne serait pas sûr et certain de son bien-être.
« Tu veux qu’on aille s’allonger ? Pas dormir, forcément. Juste te reposer. Je ne voudrais pas que tu t’évanouisses d’un coup, je ne suis pas sûr de vouloir te porter comme une princesse jusqu’à mon lit. » Il était appuyé contre son épaule, sans être sûr de ce qu’il souhaitait faire.
La possible situation lui semblait, toutefois, assez comique.

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Lun 10 Juil - 22:16

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Se retrouver là, avec Adrian, cela avait un côté naturel, et complétement irréel. Lorsqu'il était parti ce jour là, Nix avait cru qu'il ne le reverrait jamais. Que leur marche ensemble se terminait là, sur ces mots inavoués, sur ce silence trop pesant, sur cette trahison, qu'il n'avait jamais avalée... Et ce fameux soir au bal des fondateurs, il avait bien cru avoir des hallucinations. Mais Adrian était là, sous ses yeux. Le même, pourtant si différent. Et alors que Nix avait passé sa porte, alors qu'il avait cru le haïr, qu'il désirait même continuer à ce qu'il en soit ainsi... il en était incapable. Parce qu'il avait aimé Adi comme son frère. Parce qu'il était une part de lui. Et que c'était aussi pour ça que sa fuite avait fait si mal, comme si on lui arrachait le coeur, comme si... on lui enlevait la seule chose qui permettait de le garder en vie.

Nix enfila le t-shirt de son ami, tandis que ce dernier parlait de leur enfance, et de son incertitude. Il le regarda fixement. Lui n'avait aucun doute. « Tu as peut-être été plus heureux après ton départ mais... pas moi Adrian. Pas une seule seconde, à part depuis que je suis dans cette ville. » Depuis que je connais Alexis, eut-il envie d'ajouter, mais aucun mot de plus ne parvint à franchir la barrière de ses lèvres, tandis qu'il saisissait la main de son ami. Lorsque ce dernier affirma avoir besoin de lui, un poids immense s'envola de la poitrine du jeune homme. Il se sentit... libéré, léger, se rendant compte que pendant toutes ces années il avait porté ce fardeau, cette impression d'être moins important pour Adrian que la réciproque, d'aimer trop fort quelqu'un qui ne l'aimait qu'un peu, de respirer à travers l'âme de celui qui jamais ne ferait de même...

Mais soudain, il sut qu'il s'était trompé. Qu'à nouveau, sa vie n'avait été qu'erreur et mensonges... La chaleur de son ami d'enfance contre lui, alors qu'il l'étreignait avec cette force que Nix lui avait toujours prêtée, était comme un cocon de sérénité, un bien-être qui s'insinuait dans ses veines alors que chaque fibre de son être répondait à cette marque d'affection, si rare, si précieuse, si... inattendue. Ses murmures à son oreille parvinrent difficilement à Nix, tandis qu'il se détentait dans les bras d'Adrian. S'il voulait parler de ses problèmes ? De ses peurs, de ses doutes, de ce qu'il avait vécu après qu'il l'ai abandonné ?  « Non. » Non il ne voulait pas. Il voulait profiter d'Adrian, sans ressasser un passé douloureux. Il voulait profiter de cette capacité qu'avait son ami de ne jamais le forcer à rien...

Le jeune homme proposa alors à Nix d'aller s'allonger et il entendit sa voix d'adolescent dans sa tête, alors qu'il était mal au téléphone, lui proposer de venir dormir avec lui, que tout irait mieux... Et il venait, et tout allait mieux. Le barman, toujours serré contre son aîné, acquiesça d'un hochement de tête discret avant d'ajouter :  « Je suis plus fort que tu le crois et j'ai déjà été dans un pire état, je vais pas m'écrouler comme ça... » Il était à demi-honnête. La fatigue accumulée, la situation avec Alexis, celle avec Adrian à présent, plus cette sensation d'apaisement procurée par son ami avait rendu Nix somnolant, et il avait l'impression que son ami le lâchait et s'éloignait, il allait peut-être quand même s'écrouler d'un coup.  « Même si j'avoue que me faire porter comme une princesse me donne envie... » Il eut un petit sourire, tandis qu'il s'écartait à contrecoeur de son compagnon et commençait à chercher la chambre.

Il parcourut l'appartement sans gène, fouillant un peu, ouvrant la salle de bain, hésitant à se laisser tomber comme un tas sur le canapé, avant de trouver un lit. Lorsqu'il le regarda, il eut une vision d'Adrian et lui à treize et quinze ans, quand l'essentiel de leur journée se déroulait sur ce lit. Ils y vivaient littéralement, et le soir venu, Nix s'endormait contre son meilleur ami et parvenait à trouver un sommeil dénué de cauchemars et de réveils intempestifs. Et si cela arrivait, le simple fait de voir Adrian à côté de lui calmait ses paniques et il se rendormait dans sa chaleur.

Le jeune homme interrogea son ami du regard avant de retirer son pantalon, humide lui aussi, et de s'allonger sur les draps.  « Tu me dois bien ça tu crois pas ? » Il ne savait pas de quoi il parlait : de le laisser passer la nuit avec lui - en tout bien tout honneur, évidemment - ? De le laisser faire comme s'il était chez lui ? Devoir le supporter ce soir, alors que tous deux étaient encore sous le choc de leurs retrouvailles ?  « Je serai sage, promis. »


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Mar 11 Juil - 18:57

La machine à rattraper le temps
Quelque chose s’était brisé au fond d’Adrian. Quelque chose qui était pire que toute l’humanité qu’il s’efforçait de repousser. Quelque chose qui était un sourire à ce qu’il n’était pas, une main tendue à une amélioration de son propre être. Il avait brisé son propre futur, celui qu’il s’était vu vivre, celui qu’il avait planifié, ici, sans prendre Nix en considération dans ses plans. Et, maintenant qu’ils le serrait dans ses bras, qu’il n’avait aucunement l’intention de le lâcher, il se rendait compte que ce serait stupide, inconsidéré et dangereux de le laisser faire ça. De se laisser, chacun, continuer sans l’autre.

Alors, au fond de lui, ce futur qu’il avait envisagé – sa promotion, sa propre agence, son prochain coup, sa future voiture pour remplacer celle qui avait déjà trois ans – avait volé en éclat. Tout ça parce qu’il savait que cette planification, au final, ne lui apporterait que de la douleur et le manque par rapport à ce qu’il pouvait voir se planifier devant lui. Alors, doucement, il avait laissé tomber. Et tant pis, si ce qu’il reconstruisait après, était une pâle copie qui ne lui apporterait pas la même grandeur ! Il y aurait qu’un de plus dans sa vie. Quelqu’un qu’il n’aurait, sans doute, jamais prévu de revoir.
Son cœur se serra juste un peu lorsqu’il entendit le non franchir ses lèvres. Il comprenait le besoin de Nix de ne pas vouloir, forcément, en parler. Pourtant, il aurait voulu savoir. Bien qu’Adrian puisse parler pour deux, rien n’était aussi libérateur, aussi rassurant, que de savoir que Nix ne souffrait pas. Ou souffrait.
Il n’était pas dans son esprit, il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir, tout ce qu’il avait vécu, tout comme l’homme encore dans ses bras ne savait pas pour lui. Pour son passé, pour ce qu’il avait vécu.

« Je ne sais pas, mais permets-moi au moins de m’inquiéter un peu. » fit-il, ses yeux se fermant juste un peu, à peine un instant. Lorsqu’il les rouvrit, il était seul, ses bras encore pendant dans le vide, comme un abruti. Il les abaissa avec un sourire, regardant Nix inspecter l’espace où son ami vivait.
Ce n’était pas grand-chose, du moins pas à ses yeux, mais c’était son lieu de vie. Il remplissait la fonction qu’on lui attribuait et si il n’avait pas accroché de tableaux aux murs, dans un coin, certains cadres photos témoignaient de l’occupation du lieu. Ca, et les draps encore froissés sur son lit.
Lit que Nix ne tarda pas à rejoindre, et si Adrian fut légèrement perturbé  en le voyant laisser son pantalon en bas du lit, il ne laissa rien transparaître.
Ses yeux se lancèrent à l’assaut de son corps, le retrouvant presque avec soulagement. Il connaissait ses formes et si, ici et là, il y avait bien des détails qu’il pouvait jurer ne pas avoir remarqué ou dont il ne se souvenait pas plus jeune, son ami était sensiblement le même. Un fin sourire étira ses lèvres, tendresse et étonnement mêlés. Il ne savait pas ce qui était le plus consternant : qu’il soit le même, ou que, à aucun moment, aucun désir n’ait parcouru son propre corps, ses propres veines ?  
Il était magnifique, ça, Adrian ne pouvait le lui reprocher. Mais il y avait quelque chose en lui qui l’attirait, d’une manière strictement platonique.

Le pseudo-blond s’assit sur le rebord du lit, avant de s’allonger à ses côtés. « Tu es toujours sage. » fit-il remarquer en souriant, la tête tournée vers lui. Il se releva un peu, le dos contre le montant du lit, avant de l’attirer avec lui. Il avait ce besoin de proximité, qu’il ne laissait pas souvent ressortir, et encore moins en public en pleine journée.
«Et je te dois trop de choses, tu sais très bien. Dont une glace que je t’avais promise et que j’ai oublié. Je devais t’emmener et puis… Et puis mes parents. Et je suis parti.» Il secoua la tête, attrapant la main de Nix pour commencer à jouer avec ses doigts.
Ce sujet était sensible. Doublement sensible. Et comme tout sujet sensible, comme pour une blessure traumatique, il avait besoin d’un mécanisme pour s’en sortir.

Adrian, c’était les mots. Les mots, et sans doute Nix. « Je te dois sans doute des câlins, aussi. Des baisers avortés, des choses que je n’ai jamais dites. Et tout ça… » Il leva la main, agitant leurs doigts mêlés.« Tout ça, ça me semble tellement irréel encore. Tu pourrais n’être qu’une réminiscence de toi-même, entraperçu au bal, et je suis endormi. »
L’incongruité de l’idée fit naître un sourire sur ses lèvres, alors qu’il baissait la tête vers lui. « C’est stupide. Tu ne peux pas ne pas être là. Je n’aurais jamais pu  imaginer faire une telle erreur. T’appeler sans le faire exprès. »

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Mar 11 Juil - 22:37

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Nix inspirait l'étreinte de son ami, comme on s'enivre. Il se souvenait de son odeur, si familière, si caractéristique. Un mélange de musc très masculin et de coton, doux et parfumé, en étrange contradiction avec l'image que souhaitait renvoyer Adrian. Un paradoxe qu'adorait Nix, car pour lui il reflétait le réel Adrian ; une version que lui seul connaissait et qu'il admirait, à bien des égards.

Il avait été son modèle, son mentor pendant des années. Il avait été grand-frère, confident, fantasme aussi parfois... traître, égoïste et lâche, lorsqu'il était parti. Adoré et détesté. Et pourtant toujours là, dans son coeur et ses pensées, à chaque nouveau pas qu'il avait fait dans la vie sans lui, chaque enjambée en solo, lorsqu'auparavant, ils étaient eux. Ensemble, toujours. Des âmes liées, sœurs et complices. Adrian avait laissé un vide, et en le regardant ce soir - cette nuit - Nix voyait, avec une certaine contentation mêlée de tristesse, que lui aussi semblait avoir laissé un vide chez son aîné.

« Tu ne t'es pas inquiété pendant dix ans, ça ne sert à rien de recommencer maintenant... » Malgré l'amour qu'il lui portait. Malgré les retrouvailles, ses souvenirs, cette incapacité à réellement le haïr à présent qu'il se trouvait face à lui... Nix conservait une certaine rancoeur à son égard. Une sorte de manière de lui faire payer, jusqu'à ce qu'un jour, elle aussi finisse par disparaître. Mais à quelques heures de leur réunion, il ne parvenait pas encore à taire ce qu'il avait à lui reprocher... Il soupira, s'en voulant presque de sa réplique lorsqu'il voyait un Adrian peut-être réellement inquiet.

Il ne lui laissa - ni à lui-même - cependant pas le temps d'y songer plus, se faufilant dans son appartement, et jusqu'à son lit, avec un naturel déconcertant. Il se sentait à l'aise entre ces murs inconnus, comme si l'essence d'Adrian imprégnait chaque pièce, chaque particule d'air, et le faisait se sentir bien, serein, et à sa place.

Lorsque le jeune homme vint le rejoindre sur le lit, Nix sut que sa place était là, dans les bras qu'il ouvrait pour lui, dans son geste machinal de l'avoir attiré contre lui, comme avant. « Je n'ai pas toujours été sage en ton absence... » Une vérité, plus encore une réalité. Douloureuse, mais Nix avait besoin de le dire. Qu'Adrian se rende compte qu'il n'était plus l'enfant qu'il avait sauvé et protégé. Trop sage. Trop discret.

Pourtant en quelques secondes, tous les mots, les gestes, les regards... tout fit écho à cette adolescence commune qu'Adrian avait avortée. L'espace de quelques minutes, le temps d'une étreinte et d'un discours, ils étaient ces jeunes insouciants qui se moquaient des professeurs, qui commentaient les télés réalités ou se lançaient des défis stupides... qui s'endormaient l'un contre l'autre, couraient se retrouver après les cours, se battaient comme des fous avant de se taper dans le dos et d'aller manger une glace comme des frères.

Nix sourit lorsqu'Adrian évoqua une glace qu'il lui avait promis, fixant ses doigts, avec lesquels son ami jouait distraitement. Il sentait la détresse dans la voix de son ami, alors qu'il en arrivait au sujet des parents, et de son départ... Laissant le silence s'installer quelques instant, Nix finit par demander : « Qu'est ce qui s'est passé Adi... Pourquoi t'es parti si vite ? » Il lui en voudrait sans doute toujours de n'avoir rien dit, mais pour l'heure, il désirait savoir ce qui l'avait poussé à fuir ainsi. Quel événement précis l'avait ébranlé au point qu'il quitte tout, sur un coup de tête...

Adrian évoqua des étreintes et des baisers, et Nix se mordit la lèvre. Il avait rêvé d'embrasser son aîné des dizaines de fois alors qu'ils étaient ados. Mais à présent, il ne ressentait plus à son égard qu'un amour inconditionnel, encore teinté d'une colère qui s'apaisait au fil des secondes qu'il passait à son contact et dans sa chaleur... Un amour qu'il n'aurait su nommer, entre la passion et le besoin, sans pour autant avoir envie de s'unir charnellement à lui. Mais pas moins fort que cette étreinte qu'il resserra d'ailleurs autour du torse du jeune homme, calant sa tête sur sa poitrine avant de pousser un soupir et de fermer les paupières pour écouter sa voix résonner dans son silence apaisé.

« Tu considère réellement ça comme une erreur ? » N'avait pas un minuscule doute sur ce hasard étrange qui les réunissait ce soir ? Nix lui, était persuadé que le destin avait à voir dans tout cela... Il avait glissé une main dans le dos du garçon et lui caressait la nuque, ses doigts dans ses cheveux, dans des gestes d'un naturel effrayant, tandis qu'il ne parvenait toujours pas à croire qu'il était bien là, tout contre Adrian. Et que déjà, le sommeil le guettait. Il bailla et frissonna. « Pourquoi t'es venu dans cette ville ? ... Qu'est-ce qui... quel instinct étrange t'as poussé à choisir ici, plutôt qu'ailleurs... » Lui-même n'aurait su dire pourquoi Lakeview, la première fois. Et maintenant qu'il câlinait son ami d'enfance dans un appartement d'une rue de cette ville, il se disait que peut-être, les choses avaient toujours été telles qu'elles devaient être. Depuis le début.


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