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 La machine à rattraper le temps [Nix]

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Mer 12 Juil - 0:54

La machine à rattraper le temps
Il existait des mensonges que l’on se racontait pour se rassurer. Le genre que l’on balançait, pour se rendre sûr. Le meilleur ? Ca va aller. Oui. Combien de fois Adrian avait-il dit que ça allait bien se passer, pour mentir à son propre être ? Combien de fois s’était-il allé à mentir aux autres, aussi, pour les rassurer sur leur propre sort ? Et là, assis, affalé plutôt, les bras autour de Nix, il ne pouvait pas le croire. Il n’y arrivait pas. C’était une sorte de mensonge ,qu’il lui sortait. Un mensonge pour lui faire croire qu’il avait fait quelque chose.
Il ne le croyait pas.

« Tu seras toujours sage et pardonnable à mes yeux, même si pour les autres tu ne l’es pas. » Il lui offrait des mots, pour refléter à quel point il plaçait en lui sa confiance. Même lorsqu’il était parti, sa confiance, Nix l’avait gardée. Il était bien le seul. Il y aurait Ada et Radha, bien sûr, mais elles étaient différentes. Ce qui les liaient n’étaient pas du même acabit que ce qu’il ressentait pour Nix. Encore une fois, ce n’était qu’une histoire d’amitié. Mais une amitié qui lui réchauffait le cœur, qui coulait dans ses veines.
Peut-être n’était-ce que parce qu’ils venaient de se retrouver. Il leur faudrait un peu de temps, pour réapprendre à se connaître. Ses mains ne pouvaient pas s’arrêter de bouger, de resserrer Nix un peu plus près, d’effleurer les siennes, de la serrer. Il voulait se prouver sa présence.

La question, enfin. La question qui devait lui brûler les lèvres depuis des années. Depuis ce mois de décembre où il s’était barré, avait claqué la porte de chez lui, un sac sur le dos et la hargne au ventre, avant Noël. Il avait fui, si loin que lui-même ne se souvenait de rien.
Il se souvenait de l’altercation pourtant. Violente.

Ils sont trois, dans la salle à manger tendue de rideaux crème, au sol volontairement beige foncé et aux meubles de bois blancs. Le père d’Adrian vient de rentrer du travail, son téléphone à la main, et sa mère est déjà là. Adrian, lui, assis sur une chaise, attend.
Il attend là depuis une dizaine de minutes. Ce matin, ses parents lui ont dit qu’ils souhaitaient lui parler. Alors le jeune a bien tenté de glisser un mot ou deux, mais sa mère a voulu garder sa bouche trop souvent étirée autour de choses diverses et variées obstinément closes.
Il sait que quelque chose cloche. Elle ne lui a pas jeté un regard de la journée.

« Gabriel m’a vendu. Il n’était pas vraiment gay, et il a trouvé bon de crier dans les couloirs de l’hôpital où il travaillait en collaboration avec mon père que son fils lui avait fait des avances mais également lui avait … Fait une fellation. »
Adrian n’aimait pas le mot sucer, tout comme pipe. Fellation sonnait bien, c’était beau. Il serra un peu plus les doigts de Nix.
« Alors tu imagines qu’ils se sont énervés. »

Les insultes pleuvent. Elles s’abattent, mais Adrian a l’habitude. Il sourirait presque, mais sa mère pleure. Son père crie, et sa mère se tait. Son père vomit de la haine, et sa mère se noie avec délice dedans, pendant qu’Adrian reste là, figé, à souffrir en silence.

« Mais je me suis dit que ce n'était pas grave. Qu’ils vivraient avec, après le choc. On était en 2008, pas en 1960. Je n’allais pas finir en prison pour vouloir en embrasser un autre. J’aurais pensé que les mentalités avaient évolué. »
Il eut un rire froid.

La nuit passe, lente. Il envoie des messages à Nix, prétendant que rien ne se passe. Au fond de lui, il a peur. Son père passe la nuit dans la chambre, avec sa mère, à parler. Il peut les entendre, à travers la cloison, mais ne peut savoir ce qu’il se passe. Les mots le trahissent.
Le lendemain matin, il est réveillé aux aurores par la domestique qui l’emmène au salon. Une nouvelle acquisition de son père, qui de plus en plus se prend pour quelqu’un d’important.

Là, Adrian se tut. Il baissa la tête, et, de rage ou de peine, une larme roula sur sa joue, allant se perdre dans les cheveux de Nix. Peut-être deviendrait-elle une étoile.
« Ils m’ont annoncé leur divorce. Ils m’ont dit qu’au vu de la situation actuelle, c’était le mieux. Que la situation actuelle, c’était ma maladie. » Le mot était lourd, dans sa bouche, avec un gout d’anesthésiant qui engourdissait sa langue et ses membres. « Ils m’ont fait porter le poids de leur décision, m’accusant de leur manque d’amour parce que j’étais gay. Et pour eux, avoir un fils gay, c’était une maladie. J’étais malade au point de créer un dysfonctionnement dans leur couple. Ca m'a suffi pour tout plaquer. Ils ne voulaient plus de moi. »

Son souffle se perdit, alors que sans s’en rendre compte, il serrait Nix de plus en plus proche, véritable ancrage dans la réalité. Il se cala un peu plus confortablement contre le montant, se tournant légèrement pour le voir. Il pourrait s’endormir, comme ça. Il ne parlait que pour qu’il s’endorme, désormais. Qu’il soit calme. En paix.

« C’était une erreur, oui. Pas dans le résultat, mais se tromper de bouton, et donc inintentionnellement t’appeler, c’est une erreur car ce n’était pas ce que je voulais faire. » Il réfléchit un peu, tentant de chasser de son esprit la vision de sa mère et de son père. Plus dur à dire qu’à faire.
« Je suis venu à Lakeview pour un client. On était restés quelques semaines, j’ai aimé la ville. Elle me calmait, et puis je ne trouvais pas mon compte à Los Angeles. » murmura-t-il, les yeux fermés. Sa main libre s’éleva pour aller caresser ses cheveux, jouant avec tendrement. Mais il ne pouvait rien cacher : sa main tremblait encore.

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Ven 21 Juil - 22:55

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Entendre de la bouche d'Adrian que jamais il ne lui voudrait pour quoi que ce soit, c'était un peu comme si soudain, il arrivait à se pardonner... un peu. Adrian avait été son modèle pendant tant d'années, et il avait l'impression que lui parti, il n'avait plus d'ancrage, plus rien pour le guider... il avait fait de sacrées conneries après son départ. Pris des décisions qui avaient forgées ce qu'il était aujourd'hui... et qu'il regrettait, la plupart du temps.
Mais Adrian lui, ne le lui reprocherait jamais. Et pour Nix, c'était un étrange soulagement que de savoir que quelque part, quelqu'un ne le blâmerait jamais pour ses mauvais choix et ses erreurs. Et sur le moment, cela le fit se sentir coupable. Parce lui en avait voulut à Adrian. Il s'était adoucit alors, comprenant que quelque part, il avait oublié ses promesses. Et il avait posé la question qui lui brûlait la gorge depuis trop longtemps...

La douleur qu'il ressentait dans les mots de son ami était comme un millier de lames enfoncées dans son coeur. Il l'écoutait lui raconter pourquoi il était parti sans se retourner. Nix le sentait trembler contre lui, tandis qu'il contait l'histoire, le regard rivé dans le vide, comme si il revivait les scènes en direct. Le jeune homme revoyait l'adolescent qu'il avait été, le charme fou qu'il dégageait, à faire tourner la tête des hommes comme des femmes... Lui même ne pouvait nier l'avoir désiré, mais il était son meilleur-ami, et Adrian n'avait jamais montré à son égard qu'une amitié profonde teintée de silences.

Nix avait fermé les yeux, écoutant le récit tandis qu'il serrait de plus en plus fort son ami contre lui, à l'instar de ce dernier. Une colère sourde montait en lui, au fur et à mesure qu'il assimilait la vérité. Il mourait d'envie d'exploser. Son coeur saignait de regrets. Ceux de n'être pas allé hurler chez les Lewis lorsqu'il était encore à Chicago. Lui qui s'était contenté de toquer comme un fou, sans jamais de réponse... il aurait du défoncer la porte. Deviner. Que c'étaient eux. Qu'ils étaient le problème. Les démolir.

Nix avala une boule dans sa gorge, tandis qu'il voyait son meilleur ami d'enfance pleurer en silence. Jamais il n'aurait cru le revoir pleurer... c'était si rare, parce que si faible. Et ces larmes immondes nourrissait une haine incontrôlée dans le coeur du barman.
Il fut incapable de parler avant qu'Adrian n'en ai terminé avec son histoire. Il serrait les dents, un goût de cuivre dans sa bouche révélant qu'il s'était sans doute mordu la langue, comme à l'époque où il se retenait de craquer parce que rien n'allait...
Et puis quand son ami eut évoqué les raisons de sa venue... Nix trouva enfin la force de sortir de sa torpeur. « Jure que tu ne repartiras pas. Pas sans prévenir, au moins. » Il doutait qu'Adrian ose refaire cela une seconde fois, mais alors qu'il saisissait la main du jeune homme, encore tremblante, pour nouer ses doigts aux siens, il avait besoin de cette promesse. Ses yeux plongés dans les siens, il vint effacer du bout du pouce les dernières traces de larmes sur le visage pâle de son ami. « Je les aurais tué pour ce qu'ils ont dit. Pour ce qu'ils ont fait... » Il révélait sa rage, celle d'un adolescent abandonné, qui n'avait jamais compris pourquoi on l'avait laissé, et qui aujourd'hui se rendait compte que la vie était bien plus douloureuse et violente que ce qu'il avait imaginé... Il avait vécu des choses depuis, assez pour le savoir pourtant. Mais quelque part en lui, son amour pour Adrian l'empêchait de comprendre comme il était possible d'imaginer lui vouloir tant de mal.

Sa main toujours posée sur sa joue, Nix la laissa glisser en une caresse jusqu'au torse du jeune homme. Il s'approcha alors doucement, hésitant, et déposa un baiser tendre à la commissure de ses lèvres. Un baiser pour se faire pardonner. Un baiser pour lui dire qu'il lui pardonnait. « Tu sais que j'aurais pu t'aider, si tu m'en avais parlé... On serait allé casser la gueule à cette pourriture de Gabriel, et tu serais venu à la maison... » Il tentait d'imaginer quelle aurait été sa vie, s'il en avait été ainsi, et à nouveau la douleur dans sa poitrine s'éveilla. « Mais t'étais trop fier pour demander de l'aide hein... c'était trop dur tout ça, et j'en aurais subit les conséquences. » Il l'avait dit plus tôt ; il avait aussi fuit pour épargner Nix. Sans savoir que cela aurait l'effet l'inverse.

Le jeune homme remonte glisser ses doigts dans la tignasse ébouriffée d'Adrian et le tient ainsi, le regardant avec un air à la fois triste et reconnaissant. « T'as jamais compris que moi aussi je voulais te protéger... que moi aussi je voulais éviter que tu souffres... » Il était l'aîné, et Nix était le petit frère qu'on protège. Mais la réciproque était vraie. Simplement Adrian était lui. Et lui avait toujours eut l'impression de ne pas mériter l'attention des autres. « Je t'ai détesté pour ce que t'as fais, Adi. Tellement... Mais j'ai jamais souhaité que tu souffres. Je t'aimais putain ! Je voulais juste que tu sois heureux... et si c'était sans moi, alors je l'acceptais, même si ça m'a détruit et que je te déteste pour ça. »


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Dim 23 Juil - 23:17

La machine à rattraper le temps
Adrian ne pouvait pas cacher qu’il se sentait mal. Pas à Nix, en pleine nuit, alors qu’ils étaient dans ce cocon intime si semblable à la chambre d’Adrian, adolescent.  En plissant un peu les yeux, le blond pouvait voir les murs d’une couleur ocre recouverts d’affiches et de gravures, les vêtements roulés en boule sur la moquette blanche ; il pouvait sentir les draps froissés, cette matière étrange qu’il n’avait jamais vraiment identifiée ; il pouvait presque, dans la lumière diminuée de cette chambre du présent, imaginer Nix tel qu’il était à l’époque. Celui qu’il s’était promis de tenir à l’écart. Et, dans cette chambre aux allures de passé, Adrian paraissait presque fragile, paraissait presque réel. Bien que ses mains tremblent encore, bien que son esprit soit encore embrouillé, il attendait avec presque dévotion la réaction de Nix.
C’était pour savoir, simplement pour savoir, s’il était totalement parti en vain, en le foutant en l’air totalement. C’était une solution. C’était même sans doute pourquoi il acceptait de lui en parler. Sans l’avouer, il n’en avait jamais parlé à ses propres mémoires : sans doute ne considérait-il pas ceci comme quelque chose d’utile.

« Je ne partirai plus. » promit-il, sentant son doigt sur sa joue. C’était une caresse légère, presque impossible à sentir. Il se contenta d’appuyer sa joue contre sa paume, ses propres bras le serrant un peu plus. Il ne le laisserait pas partir, de toute manière.
« J’en rêve, des fois. Tu sais qu’ils sont toujours en couple et ont envoyé une invitation pour leurs noces d’or à Eric ? Il m’a demandé si j’y allais. » Il leva les yeux au ciel, en souriant, un sourire beaucoup trop amer pour être réel.
« ils n’étaient juste pas faits pour m’avoir. »
Il le pensait. Au fond de lui, il pensait qu’il n’aurait pas dû s’imposer à eux de cette manière, qu’il n’aurait dû naître que plus tard, qu’ailleurs… Mais, là encore, c’était des mots réservés aux enregistrements.

Le baiser le surprit, plus qu’autre chose. Il n’avait pas l’habitude d’en partager avec lui, et bien que celui-ci fût des plus agréables, des plus compréhensifs, il restait derrière une envie d’interdit. C’était une limite qu’ils avaient posée, des années auparavant, probablement à cause d’Adrian. Que Nix la remette en cause voulait bien dire qu’ils avaient changés. Il l’écouta, sans vraiment bouger. Il voulait laisser les mots rentrer en lui, s’incruster, pour offrir une pâle copie du mal qu’il avait pu lui faire. C’était juste pas possible d’être aussi égoïste à ce point, lui souffla sa conscience. Regarde où tu l’as mené. Regarde.

« Je t’aimais aussi. Tu le sais, pourtant. Peut-être que je t’aimais trop, mais je n’ai pas pu me résoudre à venir chez toi. Je suis parti en furie. Je me suis perdu dans la rage, peut-être, et j’ai regretté chaque pas qui m’éloignait de toi. Mais je savais que tu ne me chercherais pas. Que tu ne voudrais pas me revoir, si je te laissais avec une blessure semblable à la mienne. Quel con. »
Il eut un mouvement de tête, ses yeux se fixant sur le plafond vaguement blanc. Il alla chercher la main de Nix, pour jouer avec ses doigts, refusant secrètement de les lâcher. Dehors, les éclairs continuaient à jouer dans le ciel, allumant la pièce par intermittence et donnant à la scène une allure de scène vaguement cliché. Peu importait.
Il se pencha légèrement, effleurant à peine ses lèvres. Il ne cherchait pas à le séduire, pas plus qu’il ne cherchait à se rattraper. Adrian voulait simplement…  « Comme ça, on est au même niveau. » Il ne voulait simplement pas que son meilleur ami se dise qu’il ne l’aimait plus. En un sens, c’était vrai : l’amour brûlant des passions enfantines, entremêlés à leur amitié profonde, s’était éteint il y avait longtemps.

Pour autant, ce n’était pas pour ça que Nix n’avait plus aucun sens dans la vie d’Adrian. Au contraire. Le manque et leurs retrouvailles avaient creusé en lui une nouvelle cavité, qui se remplissait de nostalgie et d’une amitié bien plus douce, mais tout autant passionnée que la première. « On a grandi, on a évolué. Changé, aussi. » Il ferma les yeux, pendant un instant, ses doigts fermement ancrés aux siens.
« Et pourtant, voilà où tout ça nous mène : dans un lit, à se parler comme si rien n’était arrivé. Et je crois que c’est la meilleure chose qui ait pu se passer depuis longtemps. Trop longtemps. »

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Mer 26 Juil - 22:40

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Les mots d'Adrian résonne dans le coeur de Nix comme la promesse qu'il n'a jamais tenue par le passé, mais qu'il sent sincère, cette fois. Il ne partira plus. Peut-être le croire ? Lorsqu'il le regarde du coin de l’œil, blottit contre lui, il sait que oui. Cette certitude le noie d'un apaisement qu'il n'était plus parvenu à ressentir depuis bien longtemps... La sûreté de ne plus être seul... que jamais il n'aura à subir à nouveau le départ de celui qu'il considérait comme une part de lui-même. Son sauveur. Son héro.

Il poussa un soupir bruyant, se calant un peu plus confortablement contre son ami, son corps entier détendu, lourd, mais d'une lourdeur agréable. Il savait que s'il fermait les yeux, là, tout de suite, il pourrait s'endormir. Enfin. Trouver un sommeil calme, démuni de ces cauchemars qui le hantaient si souvent... et que, s'ils survenaient malgré tout, la simple présence d'Adrian, sa chaleur l'enveloppant, il pourrait les surmonter et se rendormir en paix. Tout à la fois, il désirait tout sauf dormir. Il venait de retrouver son meilleur ami et il avait envie de profiter de sa présence... s'enivrer de son parfum familier, qui lui avait tant manqué, de son étreinte rassurante, de son regard bienveillant sur lui... « Tu aurais du accepte. On y serait allé ensemble. » Il plaisantait à demi. Nix aurait apprécier revoir les parents de son ami et leur hypocrisie noyer le champagne de leurs noces d'or... Il en aurait sans doute profiter pour leur toucher deux mots au sujet de leur comportement. Et aurait probablement conclut en emballant Adrian devant tous les invités pour achever le spectacle. Cette simple idée lui arracha un petit rire, tandis qu'il fixait le plafond lui aussi, songeant à ce qu'aurait pu être cette fête. Il s'était alors tourné vers son ami et, puisqu'il ne pouvait l'embrasser ainsi qu'en rêve, il se permit tout de même d'effleur ses lèvres dans la réalité...

Il sembla surprendre Adrian, mais fit mine que tout était normal, caressant son torse brûlant. Lorsque le jeune homme avoua ce qu'il ressentait, Nix perdit son sourire. Il ressentait la douleur de son ami et en un sens, il se sentait presque coupable de le voir si mal... Il ne dit rien cependant, assimilant chaque mot, chaque vérité. Il comprenait à présent beaucoup de choses qu'il n'était pas parvenu à saisir par le passé... Adrian avait saisit ses doigts pour les nouer au siens et Nix se laissa faire docilement. Pour un inconnu, ils auraient aisément pu passer pour un couple... dans leurs gestes et leurs paroles si intimes... mais eux connaissaient la vérité. Ainsi, lorsque le brun vint embrasser Nix, ce dernier su que ce baiser ne reflétait rien d'autre que cette amitié qu'il désirait retrouver, et qu'il semblait tant souffrir d'avoir perdue. Peut-être l'aimait-il aussi fort que lui l'aimait, après tout... « Je t'ai cherché. Je t'ai cherché des mois... Et puis un jour, je ne sais pas pourquoi, j'ai laissé tomber... peut-être que... si j'avais continué, je t'aurais finalement retrouvé. » Il songeait à ce qu'aurait été sa vie si tel avait été le cas, et une douleur sourde s'insinua en lui. « Tout aurait été différent... » Il ne pouvait, ne se sentait pas capable d'en dire plus dans l'immédiat. Mais quelque part en lui, il le savait, un jour, il avouerait des choses à Adrian... des choses qu'il avait faites et regrettait. Mais pas aujourd'hui. Il n'était pas encore prêt.

Blottit contre son compagnon, Nix se sentait comme un enfant bercé par son grand frère. Il écouta Adrian parler de leur adolescence et retrouva le sourire qu'il avait perdu. « J'aimerais retourner en arrière... qu'on redevienne ces ados... » Il avait raison. Ils avaient changé. En bien ou en mal, nul ne pouvait le dire... « Tu es déjà retourné là bas ? Depuis ton départ ? » Il voulait savoir. Il avait besoin de savoir. « Moi jamais. Je ne sais pas tellement pourquoi... Je me suis souvent dit que c'était par manque d'occasions. La vérité c'est que toi n'y étant plus, je n'avais plus d'intérêt à vivre dans cette ville... » Tout lui rappelait Adrian ; leurs virées noctrunes, leurs escapades, leurs folies... Nix n'avait pas pu rester. Pas plus de quelques mois. En abandonnant les recherches, il avait abandonné l'idée de revoir son ami, et abandonné la ville qu'ils avaient fait leur, l'espace de quelques courtes années, qui avaient été, sans nul doute, d'admissibles substitues à celles qu'il avait pu vivre dans son pays natal.

Ses doigts se serrèrent autour de ceux d'Adrian, tandis qu'il venait glisser sa main libre sous son t-shirt et respirait son parfum d'ambroisie et de santal, si caractéristique et agréable. « C'est la meilleure chose pour moi aussi... » Il se rendait compte, en disant ces mots, qu'il n'avait plus été heureux depuis la fuite d'Adrian. Jamais. Pas un instant. Ses rares moments de paix n'avaient été que des ersatz d'un bonheur qu'il avait enterré... et là, contre lui, il retrouvait un peu de ce bonheur perdu...


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Dim 30 Juil - 23:24

La machine à rattraper le temps
Le temps n’avait plus de prise sur eux. Allongé contre lui, Adrian ne savait plus, ne se connaissait plus. Il se laissait aller à s’oublier, à ne plus être qu’un être parmi les autres. Comme ça, et uniquement de cette manière, pouvait-il espérer être un jour digne de son meilleur ami, à nouveau. Oh, il ne se faisait aucune illusion là-dessus : Nix l’avait pardonné, mais au fond, il était toujours blessé. Il le haïssait, peut-être, tout comme Adrian ne se supportait plus, au fil des minutes. Mais aucun mot qu’il ne prononcerait ne saurait trahir l’état de détresse dans lequel leurs retrouvailles le plongeait, la douleur qu’il ressentait d’avoir fait du mal à celui qui avait le plus de place dans sa vie.
« Non. Je ne veux plus les voir. Plus jamais. Si j’y retournais, rien ne m’empêcherait de tout leur dire, voire d’en venir aux mains avec mon père. J’en serais capable, tu sais ? De me battre avec lui. Peut-être qu’il comprendrait que j’existe… » Un rictus amer s’installa sur ses lèvres. « J’oubliais, pardon. Mes coups, il ne les sentirait même pas. C’est connu, les tapettes ne savent pas se battre. »

Un coup au cœur. Bah, ça n’en ferait qu’un de plus. La chaleur de son corps contre le sien le réparait, lentement, sûrement. La soirée était là pour lui faire du mal, pour les blesser tous les deux afin qu’ils pansent leurs anciennes blessures ensemble, laissant les nouvelles se résorber d’elles-mêmes. L’âme et l’esprit ne cicatrisaient pas comme un corps.
« Si tu m’avais retrouvé, je n’aurais pas voulu que tu partes. J’aurais craqué aussi. Je t’aurais sûrement aimé, avec rage, amour et un peu de dégoût de moi-même. » Il serrait ses doigts sans y penser. « Je n’aurais pas réfléchi. Tu aurais été là, et sans doute, la hargne que j’ai conservée et mis à profit dans mes études m’aurait poussé à t’aimer plus que de raison. A juste… Briser tout ce qu’on a été, pour atteindre les sentiments que j’avais conservé pour toi. »
Ce n’étaient que des suppositions, balancées là, dans la chambre. Il déposa un baiser dans ses cheveux en souriant un peu, nostalgique. Très vite, cependant, bien trop vite pour qu’il puisse s’en rendre compte, la nostalgie vira à de la tristesse, le genre qu’il ne pouvait pas éviter. Le genre qu’il fuyait, chaque jour, comme la peste. La tristesse, les larmes et tout le fatras n’étaient que faiblesses et sentiments qui le répugnaient encore plus que sa propre humanité.
Même en pleine nuit, aux côtés de Nix. Il bougea un peu dans le lit, pour se caler plus confortablement. Son bras se glissa autour de ses épaules, ses doigts effleurant la peau de son bras. Son autre main laissa aller la sienne, pour se reposer sur les draps, à son côté. Il le serrait toujours contre lui, et malgré l’apparente désinvolture, il ne le laisserait pas partir. Jamais.
« Je n’y suis retourné que pour l’enterrement de Sarah. Je suis resté dans un motel, j’ai été à la cérémonie et la mise en terre, et je suis reparti. »

Il avait besoin d’une distraction, pour se soustraire à l’image du cercueil de la seule femme qu’il n’ait jamais aimée qui descend lentement dans un trou, du prêtre qui lui jette des regards désobligeants – qui a eu l’idée d’inviter quelqu’un de ce genre-là  à un enterrement chrétien ? –, de sa rage. Elle qui ne croyait en rien d’autre que l’égalité, la chrétienté sur laquelle elle avait si souvent craché la ravissait avec un cercueil de chêne et une gaine synthétique et repoussait son ami de toujours.
Heureusement, la main de Nix, légèrement plus froide que la sienne, s’aventura sur sa peau. Il lui fit un sourire, penchant la tête. « Tu cherches une cicatrice, quelque chose ? » se moqua-t-il gentiment avant de tourner complètement vers lui et de le rattirer contre son corps, si proche qu’il pourrait presque entendre battre son cœur.
« Dors, maintenant. Pour me faire plaisir ? » chuchota-t-il en se penchant à son oreille, après avoir embrassé sa tempe, ses bras fermement serrés autour de lui. Sa peau était douce, différente, pourtant sensiblement la même d’une manière qu’il ne saurait expliquer à une personne ne le connaissant pas.
« Je serai là à ton réveil. »

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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Ven 1 Sep - 1:25

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Il lui semblait que là, blottit contre son ami de toujours, sa haine s'estompait un peu... de plus en plus au fil des minutes passées à sentir sa chaleur l'envelopper, son parfum emplir l'air dans ses poumons. Il aimait chaque parcelle de son corps élancé, chaque cellule, chaque frisson sur sa peau d'une douceur qu'il n'avait jamais oubliée... Il l'avait tant de fois frôlée, tant de fois embrassée, sans pouvoir aller plus loin, sans pouvoir se l'approprier entièrement. Pourtant, quelque part, Adrian demeurait sien, à jamais. Plus qu'un ami, Nix n'avait considéré longtemps comme une partie de lui, raison pour laquelle son départ l'avait si profondément accablé et détruit... Et si pendant toutes ces années le jeune homme avait avancé en n'étant qu'une moitié de lui-même, en retrouvant Adrian ce soir, il avait de nouveau l'impression d'être entier, et à sa juste place. D'une manière bien différente d'avec tout autre. De cette manière unique qu'ils avaient toujours façonnée comme ils l'entendaient, sans se soucier des autres ni des jugements.

« Il n'aurait pas mérité mieux que de comprendre par la douleur combien il se trompait sur toi... » Nix était déçu, en un sens, qu'Adrian n'ait jamais eut la force de retourner voir les siens, de les affronter, même si à la fin, il le savait, les coups seraient effectivement sans doute partis... Lui-même rêvait en cet instant d'éclater la face du père Lewis pour avoir osé blesser son fils, et par extension, d'avoir été la cause de sa fuite... « Tu n'aurais jamais pu briser ce qu'on avait, Adi... ni m'aimer plus que de raison. Il n'y a pas de raison dans ces cas là... il y a juste ce qu'on ressent, et qu'on le contrôle ou pas c'est bien là. » Adrian venait à demi-mot de lui avouer que si Nix avait réussi à le retrouver, à l'heure actuelle, peut-être auraient-ils été un couple... Une notion étrange et presque inimaginable sortant de la bouche du Don Juan qu'était son ami... et pourtant, cela flattait Nix. Presque autant que cela l'attristait et l'effrayait. Lui aussi aurait pu aimer Adrian plus qu'il ne pouvait même l'assimiler. Mais les choses s'étaient déroulées tout autrement, et il devait déjà se réjouir d'être là ce soir, dans ses bras, alors qu'aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait depuis longtemps abandonné l'espoir de le revoir...

Le bras d'Adrian autour de ses épaules, il écoutait sa voix familière lui raconter la seule raison de son retour à Chicago, pour l'enterrement de Sarah. Il savait combien son ami adorait la jeune femme, et il n'avait pas eut connaissance de sa mort. Son visage s'assombrit tandis qu'il se redressait légèrement et regardait le jeune homme d'un air compatissant. « Je ne savais pas qu'elle était morte... Je suis désolé Adi, je sais qu'elle comptait pour toi... Comment est-ce arrivé ? Elle était si jeune... » Il n'avait pas objectif de raviver de sombres souvenirs, et il s'en voulait un peu de faire ainsi resurgir la douleur et la tristesse dans le coeur de son ami. Comme pour se faire pardonner, il le serra un peu plus fort contre lui, glissant une main sous son t-shirt. Il sourit à la question du jeune homme. « Aurais-je une raison d'en trouver ? » Une réelle inquiétude sourdait dans cette interrogation, tandis qu'il caressait sa peau nue de ses doigts, comme pour chercher de quoi se rassurer en ne sentant que la douceur contre sa paume.

« Ça ne marche pas comme ça, Adi... » Il avait pourtant envie de lui faire plaisir... Déjà, les bras du jeune homme se refermaient sur lui et il sentait ses lèvres sur sa tempe. Il ferma les yeux un instant, inspirant l'air parfumé d'Adrian dans l'air, alors que ce dernier promettait d'être là à son réveil. L'espace d'un instant, Nix eut envie de laisser cette fatigue qui le hantait le faire flancher. Il avait terriblement envie de s'endormir là, tout contre son ami... pire, il s'en sentait capable; pour la première fois depuis des années, il sentait le sommeil le guetter, et il n'avait pas peur de s'y laisser prendre, le contact d'Adrian contre lui, sa présence familière et le son rassurant de sa voix l'enveloppant dans un cocon de sérénité jusqu'ici inégalé. Il avait oublié combien il adorait s'endormir dans ses bras, comme un petit garçon. Combien il se sentait en sécurité avec son aîné. Combien il l'aimait, de cette amour qui ne s'expliquait pas, qui vous dévore et vous recrache sans crier gare, qui vous ronge et vous donne des ailes.

« Tu sais.. j'ai jamais cru au destin... Du moins j'y croyais pas, avant que tu m'abandonnes... » Il savait que cette réalité blessait Adrian, mais il n'avait pas réellement réfléchi avant de parler. Ses paupières échappaient de plus en plus à son contrôle, et il n'était plus que poupée de chiffon contre le jeune homme, sa main toujours au chaud sous le tissu, posée sur son coeur, qu'il sentait résonner dans sa paume à un rythme apaisant. « Puis avec tout ce qui s'est passé, j'ai été obligé d'y croire... je l'ai maudis, et je t'ai maudis mais... » Il releva ses yeux fatigués vers son ami et lui sourit tendrement. « Aujourd'hui je sais qu'il n'y a pas de destin. C'est juste toi... » Il n'en dit pas plus. Il ne savait pas quoi dire de plus. Adrian était sa vie entière. Il était son âme sœur à bien des égards. Et alors qu'il parlait, il se rendait compte que son existence était régie par sa présence, puis son absence, puis de nouveau sa présence, qui, il le savait, allait tout changer dans sa nouvelle vie...
« Tu sais quelque chose ? » Il marqua une pause, jaugeant une réaction d'Adrian avant d'ajouter, lui-même un peu surpris de cette révélation qu'il assimilait en même temps que son ami : « Tu es la seule personne avec qui j'ai jamais dormi... » Il n'avait jamais passé la nuit avec d'autres. Même ses conquêtes ne restaient pas, ou plutôt lui ne restait pas chez elles... Adrian était le seul à avoir partager son lit, et aussi le seul dans ce cas de figure avec qui il n'avait jamais couché. Ces informations, mises bout à bout, donnait une idée assez précise du lien qu'ils partageaient... et Nix prenait là conscience qu'au delà du manque qu'il avait ressenti pendant toute ses années de solitude, c'était un mur qu'il avait construit entre lui et le monde. Un mur infranchissable, qu'une seule personne avait réussi à ébranlée jusqu'ici, et que, pour cette même raison, Nix s'efforçait de repousser, comme par crainte de lui ouvrir trop grand les portes de ce monde qu'il n'avait jusqu'ici partagé qu'avec Adrian...


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MessageSujet: Re: La machine à rattraper le temps [Nix]   Dim 17 Sep - 2:21

La machine à rattraper le temps
La soirée, ou tout du moins la nuit pour être plus exact, allait être calme désormais. Adrian aurait pu le jurer : Nix, à ses côtés, était l'assurance pour lui-même de passer une bonne nuit. De même, il se portait garant du sommeil de son meilleur ami. Il avait le sentiment qu'il ne se lasserait pas de lui, si près, de si tôt. Un instant, ses yeux parcoururent son visage et son corps. Son coeur s'emballa, plein d'un amour qu'il avait transformé en affection profonde, parce qu'Adrian savait qu'il n'était pas fait pour aimer. Il aurait mis dans leur amour, dans leur relation, tellement de passion qu'il aurait brisé Nix. Il l'aurait aimé tellement fort qu'il n'aurait pas su le garder.
Nix était un cas à part, pour le jeune homme : il ne se permettrait jamais de le toucher intimement, de peur de le salir. De peur de faire de lui quelqu'un d'imparfait. De le tuer, de l'intérieur, d'une quelconque manière.
Oui, il l'aimait, bon Dieu ! Il l'aimait, plus que tout, d'un amour qu'il avait transfiguré, qui depuis longtemps n'était plus qu'une affection profonde. Ce n'était pas de l'amitié. Juste quelque chose sans nom, niché au creux de son coeur, qu'il chérissait plus que tout au monde.
Il aurait tué, pour cet homme. Sans rien demander de plus.

Le sujet fut abordé. Sarah. Bien sûr. Il se concentra sur leurs souffles, sur leurs mains, pour éviter de revoir le cercueil de bois descendant en terre. "Un groupuscule proche des indépendantistes a décidé qu'une communiste daltonienne ne pouvant voir les couleurs, et aussi pacifiste qu'elle, n'avait pas le droit de vivre. "
Sa voix était calme, seul un léger trémollo semblait indiquer qu'il n'était pas d'accord avec ça. Il l'aimait, elle aussi. Moins que Nix, et peut-être plus, d'une autre manière.  Elle le complétait, là où Nix le créait. Il n'existait qu'en sa présence, et elle lui offrait son absence.

En silence, il l'écouta lui parler de destin, ses mains continuant de le garder près de lui. Ensemble, ils étaient une seule personne. Là encore, Nix l'étonnait. Tout chez lui criait à Adrian de se laisser aller, de chercher à le séduire, lui disant de se donner et de s'emparer de lui. Pour autant, alors qu'il déposait ses lèvres sur celles de son meilleur ami, le feu dévorant se transforma en tendresse et protection. Ce serait stupide de vouloir le toucher. De simplement penser à céder aux caprices du corps.
Il valait mieux que les caresses qu'Adi pouvait offrir.
"Et il n'y a que toi. " murmura-t-il, gentiment. "Que toi avec qui je peux dormir, que toi en qui j'ai confiance. Que toi pour revenir dans ma vie."

Il reprit une respiration, lente, presque mesurée. "Que toi qui n'ait jamais entendu mes enregistrements un peu idiots. C'est bête, hein, dit comme ça, mais tu es le seul à savoir que je stocke mon humanité dans ma voix. Je te confie mon secret. "
Avec un mouvement lent, il attrapa son téléphone pour regarder l'heure, levant les yeux au ciel. "Par contre, j'espère que tu sais que tu dois dormir." Il voulait mettre de la distance. Offrir à son ami quelque chose auquel se raccrocher, le sommeil tant attendu.
Ca devait faire des années que Nix ne dormait plus. Du moins pas aussi bien qu'avant. La faute à l'autre con d'Adrian, aussi.
"S'il te plaît."

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She says it's you who can save me
I'm falling into a supernova, and that supernova's you
And these feeling's all dead set to take me over

What else can I do?


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La machine à rattraper le temps [Nix]
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