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 [Michou] Speed of sound

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● Crédits : ©moony
● Face claim : Camila Mendes
Chassez le naturiste, il revient au bungalow.
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MessageSujet: [Michou] Speed of sound   Jeu 29 Juin - 23:02



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All that noise, and all that sound
All those places I have found

Ses doigts balaient l’air, à l’attention de Mara qui, toujours dans l’encadrement de la porte de la cuisine, l’observe en attendant un mouvement, une réponse de sa part. Chose qu’Alma ne lui offrira pas; parce que ne l’a pas écouté et qu’elle n’essaie même pas, même plus, de faire d’efforts pour lui donner, ne serait-ce que, l’illusion d’avoir un peu d’intérêt pour sa personne. Devant le manque de réactivité de sa soeur jumelle, la pimbêche finit par grincer des dents en tapotant nerveusement sur la table, avant de reporter son attention sur l’écran de l’ordinateur portable, ouvert devant elle, sur lequel elle fait défiler quelques images. Des photos de Washington, de ses amis, de leurs soirées, de leur délires farfelus, de son sourire qui éclaire son visage sur les portraits qu’elle admire d’elle. Fascinée par le travail de mémoire, elle n’entend pas la porte d’entrée claque et, de toute façon, s’en moquerait surement de l’entendre; ça ne change rien à sa situation. Au début, Alma a tenté d’ignorer ce qui se trame en elle, mais elle doit bien admettre que depuis quelques temps, l’ennui des journées à finalement réussi à se glisser dans ses nuits. Il n’y a rien, visiblement, à faire à Lakeview et elle ignore pourquoi elle a cette soudaine tristesse de le découvrir, parce que ce n’est pas comme si elle s’en doutait. On est dans un patelin paumé, qu’il est déjà difficile de trouver sur une carte, puisque le nom de la ville n’est pas écrit en gros et gras. Y a bien cette affaire de corbeaux, qui lui a collé l’espoir, crédule, que ça égayerait un peu son quotidien mais ils semblent craindre la chaleur de l’été. Boudeuse, donc, Alma reprend son activité qui a, au moins, le don de l’occuper depuis le début de l’après-midi; vernir ses ongles. L’hésitation entre deux couleurs finie par la mener à une unique solution; peindre ses ongles de rouge et rose, pour ne pas avoir à décider. Elle aurait été tenté par le noir, mais c’était plutôt quelque chose que Mara aurait fais, vu son manque de goût pour à peu près tout.

Une idée germe alors. Le vernis qui sèche, Alma ferme doucement son écran d’ordinateur, qu’elle récupère sous le bras, oubliant - volontairement, sans doute - le reste de ses affaires sur la table, elle remonte à l’étage pour entrer dans la chambre d’amis, occupée par sa soeur. Malgré le fait de savoir, pertinemment, qu’elle n’y est pas, la brunette sent tout de même un frisson d’excitation à l’idée d’être prise sur le fait; sans attendre une seconde, l’ordinateur rejoint le lit de Mara et Alma se met à chercher la planque qui lui sert à sauvegarder son journal intime de la vue de tous. Ce n’est pas la chose la plus fascinante de sa vie, encore moins de sa semaine, mais ça aura de quoi l’occuper suffisamment longtemps pour qu’elle oublie que, deux secondes avant, elle était fortement tentée par le suicide à la petite cuillère. S’allongeant sur le matelas de sa soeur, Alma entreprend de pénétrer ses plus intimes pensées, sans prendre de gants, sans s’émouvoir des premières pages qui font l’éloge de leur relation.. Parce que c’est du passé. Ce qui est écrit de plus récent lui fait l’effet d’un coup de pied dans les genoux, pour la foutre à terre. Et si Mara ne fait que retranscrire la réalité de son quotidien avec sa soeur, Alma ne peut qu’y voir un ramassis de mensonges et d’exagérations. Agacée par les airs de victime, de sa jumelle, qui suintent à travers le papier, elle referme le tout sans s’embêter à le remettre à sa place et retourne dans sa propre chambre pour râler en augmentant le son de son poste de radio.

Et puis le destin. L’occasion de s’échapper. Son portable qui vibre et un cri qui s’échappe de ses lèvres; euphorie spontanée qu’elle ne prend pas la peine de contrôler alors qu’elle retourne déjà sa penderie pour attraper de quoi sortir du lot ce soir. Si la ville est pleine de corbeaux, Alma a eu le soin de se trouver des petits rats, pour l’informer des événements que la jeunesse du coin trouve le courage d’organiser, à l’insu des parents. Lakeview a peut être une chance de s’en sortir dans sa notation. Talons aux pieds, elle colle son téléphone à l’oreille pour appeler un taxi, trop fainéante pour prendre la voiture que sa grand-mère a laissé, en se rendant chez les Milton; comme ça, si elle boit, pas besoin de conduire. Une hésitation la prend tout de même, à peine un quart de secondes, alors qu’elle observe le bloc de post-it dans le salon, depuis l’entrée. Il est loin. Et le stylo traine ailleurs, dans la cuisine sans doute. Tant pis. Alma se contente d’envoyer un message à Mara, sans plus d’informations dedans, avant de partir, excitée.

Un peu plus emballée quand elle réalise que le lieu de la fête se trouve vers les entrepôts tout proches de celui qui a pris feu, d’après le Veritas. Elle se souvient juste du titre de l’article, parce que les histoires de flambée au clair de lune ça ne la passionne pas plus que ça et puis, aussi, parce que son regard tombe sur la bâtisse encore noirci par les flammes, les fenêtres explosées et le toit défoncé alors qu’elle passe devant en voiture. Et puis la déception. La jeunesse de Lakeview n’est, apparemment, pas très importante, parce que le petit hangar qui sert de lieu à la soirée n’est pas énormément rempli. L’avantage c’est qu’il y a à boire et que sa fausse carte d’identité n’aura peut être pas à lui servir ce soir. Une descente plus tard, le gosier réchauffé par l’alcool, son regard s’arrête sur une silhouette immobile. Il lui rappelle vaguement quelque chose, mais même si ça joue, elle ne se cherche pas vraiment d’excuses pour l’approcher, chopant une bouteille de bière au passage. « T’es le chaperon de cette soirée et t’essaie de te fondre dans la masse pour passer inaperçu ? Ou alors t’es là de ton plein gré et tu regrettes aussi amèrement. » Elle l’a déjà vu, mais n’a pas le souvenir que ça se soit réellement produit. Peut être qu’elle a eu un rêve prémonitoire avec sa gueule dedans.. Ou qu’elle a vu sa photo quelque part. Faudra qu’elle demande à Madame Peters de lire dans ses cartes si elle a un don quelconque, histoire d’être certaine.

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I’m a princess cut from marble, smoother than a storm And the scars that mark my body, they’re silver and gold My blood is a flood of rubies, precious stones It keeps my veins hot, the fires find a home in me I move through town, I’m quiet like a fire And my necklace is of rope, I tie it and untie it ▬ And our people talk to me, but nothing ever hits

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