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 [Isabelle] Yes, what it's for ?

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MessageSujet: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Dim 9 Juil - 18:32


Après avoir effectué plusieurs démarches. Avoir imaginé plusieurs scénarios. J’étais toujours incertaine, mais mon travail auprès de Théoda m’avait permis d’ouvrir les yeux sur un secteur que je n’avais pas imaginé une seule seconde le jour où j’avais voulu faire mes études dans le monde de la photographie. Ce monde qui jusqu’à il y a peu, n’était composé que de mannequin, de mode et de grand créateurs jusqu’à maintenant. Il s’était étendu au journalisme, mais c’était un mode bien à part qui ne m’avait pas intéressé une seule seconde.  Pourtant, je n’aurais pas parié un centime sur se cheval-là… Moi, Eileen Weiss dans la police ! Bien que je ne serais pas vraiment dans la police à moins de passer le concours d’entrée. Disons que j’allais surtout travailler pour eux, comme je le faisais pour Théoda. Mais l’idée me plaisait, de travailler de cette façon, sans forcément en porter l’étiquette. Alors voilà, j’avais fait les premières démarches, je m’étais renseigné sur ce qu’il fallait que je fasse pour devenir photographe judiciaire. Car oui, c’était ça le nom exact : photographe judiciaire. Il s’était avéré que ce n’était pas ce que j’avais pu m’imaginer. J’avais deux options, soit entamé une formation qui de toute façon ne me donnerait pas de diplôme réellement reconnu. Soit j’apprenais directement sur le terrain. Étant plutôt une femme d’action, je m’étais rendue au commissariat de la ville pour avoir des renseignements pour savoir si déjà ils avaient besoin de gens pour cela et savoir si des personnes étaient susceptibles de m’enseigner les bases sur le terrain. Il avait mis quelques semaines avant de pouvoir me répondre et me faire remplir ensuite les papiers nécessaires. Et aujourd’hui, c’était le grand jour, celui où je devais y aller pour la toute première fois.

J’avais revérifié mon matériel au moins quatre fois avant de partir de chez moi, j’avais pris tous les objectifs que j’avais au cas où. Ne sachant pas exactement à quoi m’attendre il me fallait donc palier à toutes éventualités. Pouvoir donc prendre de la photo de loin, mais aussi de près. Mon sac contenant tout mon matériel sur l’épaule j’avais pris la voiture jusqu’au commissariat où je m’étais garée. Rentrant dedans et allant directement dans le pôle que l’on m’avait indiqué. Je marchais silencieusement à travers les couloirs. Croisant des gens qui me scrutaient sans retenue, se demandant surement qui j’étais et ce que je pouvais bien foutre ici.

Je cherchais le bureau du lieutenant Hobbs. On m’avait informé qu’elle n’était pas là depuis longtemps et que justement elle cherchait quelqu’un pour compléter son équipe. Tout cela tombait donc à pique ! J’avais même l’impression que la vie avait tendance à un peu moins s’acharner contre et sur moi ces derniers temps. Me laissant voir que j’avais un peu plus de chance. Peut-être que j’allais enfin pouvoir reprendre ma vie en main, trouver un appartement pour y vivre avec Emma. Rencontrer du monde, me faire de nouveaux amis.. Peut-être que mon nouveau départ était enfin en marche ! J’aimais le croire en tout cas. Le nom que je cherchais, apparaissait enfin sous mes yeux, inscrit en lettre capitale sur la porte vitrée du bureau. Je me stoppais, replaçant de la main mes cheveux derrières mon oreille avant de finalement donner trois petits coups sur la porte pour signaler ma présence. J’attendais une réaction, qui venait au moment où j’allais frapper à nouveau. Ma main sur la poignée de porte j’ouvrais pour entrer. Mon regard qui tombait aussitôt sur une jeune femme. Je ne m’étais pas attendue à cela. Je ne savais pas vraiment à quoi j’avais dû m’attendre en fait. Surement une femme plus…banale à la limite d’être fade comme on pouvait le voir dans les films… entre autre. Mais cette jeune femme aux formes pulpeuses et aux cheveux courts venait de me bouleverser en un regard. C’était suffisamment rare pour devoir le souligner. Je clignais des yeux plusieurs fois avant de finalement lui sourire et lui tendre ma main pour la saluer. « Bonjour, Mademoiselle Weiss ! Je suis la photographe pour … euh… » J’espérais qu’elle n’avait pas oublié ou qu’elle était tout simplement au courant de ma venue et de ma démarche !

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Dim 9 Juil - 21:35

6 Juillet 2017 – 10 :16 AM – Lakeview P.D.

Trois mois …. Trois mois que je suis passé lieutenant, et j’ai l’impression que mes “hommes” ont toujours du mal à s’y faire. Je sais que je suis toujours « la nouvelle » pour eux. Et personne n’aime être sous les ordres d’un nouveau, aussi sympathique et arrangeant soit-il. Je pense pas être une mauvaise chef. Je prends les décisions qu’il faut prendre, en essayant de ménager les sensibilités de chacun. Mais ça ne suffit pas toujours, il faut croire. Puis il y a Jed aussi. Je crois qu’il était là depuis tellement longtemps que ça a plu à personne que je le remplace. Mais enfin, j’allais quand même pas cracher sur une promotion bien méritée juste parce qu’elle arrive au moment de la mise à pied d’un collègue !

Je ruminais ces sombres pensées en rangeant mon bureau. Un nouvelle venue devrait arriver d’un instant à l’autre, autant rendre l’endroit aussi présentable que possible ! Une nouvelle … Ca nous fera au moins ça en commun … Si j’ai bien compris, il s’agit d’une photographe, qui doit se forger une expérience de terrain. En clair, elle n’a pas encore suivi de formation, et c’est à moi de m’assurer qu’elle a l’estomac assez accroché pour nous suivre sur le terrain et nous fournir des photos oh combien précieuse lors des enquêtes. A vrai dire, c’est la première fois que je vais travailler avec une photographe non formée. D’habitude ils changent à chaque enquête et on a plutôt tendance à s’en servir de larbins. "Prends-moi ça." "Zoome sur le bras." "Fait attention à ne pas abimer le cadavre." Et basta ! Là, je vais devoir faire gaffe à ce qu’elle comprenne bien ce que son job implique, et à ce qu’elle le fasse correctement. Ce qui ne me dérange pas. Faire entrer des newbies sur une scène de crime, par contre … Pas que je pense qu’elle n’en soit pas capable ou quoi ! Je la connais pas après tout. Mais la première fois peut être assez … éprouvante … Donc j’espère qu’elle a les intestins solides et que les gros plans sur blessures pas toujours ragoûtantes ne la dérangent pas.

Le téléphone. Même pas un coup d’œil pour l’appelant, je décroche. Réflexe, après quelques années dans un poste de police. Tout appel est toujours urgent. Peu importe l’heure du jour ou de la nuit, ou ce que l’on est censé faire, si le téléphone sonne, on répond, point. "Hobbs à l’appareil." C’était Ramirez, un officier lambda qui ne dépassera sans doute jamais ce stade. Apparemment, on leur aurait signalé un meurtre. Bon, moi qui voulait tester la nouvelle sur le terrain, on dirait que je suis servie. "Ouais, j’arrive d’ici dix minutes, un quart d’heure. Je dois accueillir la nouvelle photographe." On frappa à la porte. Ce devait être elle.  "La voilà, justement. Je lui fais un topo et j’arrive. Ouais, à tout de suite."

Je raccrochais et l’invitais à entrer. C’est une jolie fille. Oui, je sais, ça peut paraître banal et/ou pervers comme réaction, mais c’est la vérité. Cette jeune femme est agréable à regarder. Eileen Weiss, d’après mes notes. Cheveux bruns, yeux sombres, visage déterminé. Je notais une silhouette fine aussi, visiblement plus petite que moi. Elle se présenta et s’arrêta en plein milieu de sa phrase. Elle avait l’air énergique mais aussi un peu perdue. A moi de la mettre à l’aise. Je lui adressais donc mon plus beau sourire et pris la main qu’elle me présentait. "La photographe judiciaire oui. Enchantée mademoiselle Weiss. Lieutenant Isabelle Hobbs. J’ai hâte de travailler avec vous." Je me dirigeais ensuite vers la porte, sans cesser de lui sourire. Il faut dire aussi qu’elle a une tête qui donne envie de lui sourire. "Je vois que vous avez déjà votre matériel. J’espère que ça ne vous dérange pas de vous jeter dans le grand bain immédiatement ? Je viens de recevoir un appel et je dois absolument me rendre sur les lieux. Si vous n’avez pas d’objection, j’aimerais que vous m’accompagniez, afin de voir ce que vous valez sur le terrain." C’était une entrée en la matière un peu rapide et cavalière, mais j’espérai qu’elle ne m’en tienne pas rigueur. Après tout, si elle voulait vraiment intégrer la police, il faudrait qu’elle prenne vite l’habitude des situations d’urgence.

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Lun 10 Juil - 0:35


Un sourire né sur mes lèvres lorsqu’elle me serre la main et semble savoir qui je suis. Bien que pour moi, clairement je ne suis pas encore une photographe judiciaire. Mais je compte sur elle et ses collègues, pour le devenir. Je ne sais pas vraiment de quoi sera fait le métier. Mais si j’arrive à survivre à Théoda, pourquoi pas à ça ? Seul le temps me le dira. « Enchantée Lieutenant. » Ajoutais-je alors qu’elle se présentait, même si techniquement, je savais déjà qui elle était puisque j’étais dans son bureau. Mais une confirmation ne mangeait pas de pain. « Moi de même ! » C’était vraiment, maintenant que je m’étais retirer l’image d’une femme banale, voir même terne de la tête et que je savais à qui j’avais affaire, j’étais encore plus emballé à l’idée de ce boulot. J’espère intérieurement que tous ses collègues allaient être aussi sexy qu’elle ! Il fallait reconnaitre qu’il était tout de même beaucoup plus cool de travailler avec des personnes agréables. Encore que agréable à regarder ne voulait pas forcément dire agréable à vivre, j’espérais être bien tombée pour ce point-là aussi. Lorsqu’elle parle de mon matériel je lève la main qui tient mon sac contre moi, baissant rapidement le regard pour venir la regarder à nouveau lâchant un ‘oui’ parmi ces mots à elle. Elle m’annonce sans y aller par quatre chemins qu’elle va me jeter dans la gueule du loup directement et je hoche la tête aussitôt lui montrant que je comprends et qu’il n’y a aucun problème. Lorsqu’elle termine de perler, je hoche à nouveau la tête. « Pas de problème, allons-y ! » Je hausse les épaules, m’écartant de son chemin pour qu’elle prenne le pas et pour moi, de pouvoir la suivre.

Elle attrapait sa veste et prenais les devants. Je lui emboitais le pas, fermant la porte de son bureau derrière moi, alors que je pressais un peu le pas pour venir marcher à ses côtés. « Nous allons où exactement ? » Demandais-je en levant le regard quelques secondes sur elle, regardant pourtant rapidement devant moi pour esquivé ce mec qui arrive en face et qui ne prend même pas la peine de s’écarter un peu pour me laisser un tant soit peu de place, me forçant à me stopper et repasser derrière le lieutenant puis a courir quelques pas pour revenir à sa hauteur. Nous franchissons toutes les deux la porte d’entrée du commissariat et de là je la suis jusqu’à une voiture de police. Je me stoppe quelques secondes le temps de bien assimiler que je vais devoir monter sur le siège passager et non à l’arrière. Pas que j’y sois habituée, mais ce n’est pas une chose à laquelle je m’étais préparée. Je secoue un peu la tête et grimpe finalement à l’intérieur du véhicule, plaçant mon sac à mes pieds et bouclant ma ceinture de sécurité tandis que le lieutenant démarre le véhicule. « J’ai déjà travaillé pour une détective privée dans des planques, cela me sera utile ou pas du tout ? » Demandais-je en la regardant tandis qu’elle s’avançait dans la ville en fixant la route. Après tout, toute expérience était bonne à prendre ! Mais j’étais plus ou moins loin de me douter sur quoi j’allais tomber. Un meurtre pour ma première expérience sur le terrain, je devais avouer que l’idée me rendait soudain tremblante. Je n’avais jamais eu affaire directement à la mort, mise à part il y a des années, lorsque la famille Weiss avaient perdu l’une des jumelles.

Je fixais à travers le pare-brise, essayant de respirer calmement. Il fallait que je sois la plus calme possible pour réussir mes photos, bien que j’avais plutôt l’habitude de photographier des personnes vivantes, bougeante. Plutôt que morte. D’un point de vue purement professionnel c’était quelque chose de plus facile pourtant. D’un point de vue humain, faire face à la mort était surement une étape, une épreuve… « Dites-moi simplement si je dois plutôt faire de la photo rapprochée et de détails que d’ensemble. » J’attrapais alors mon sac, le posant sur mes genoux. Préparer mon matériel a l’avance aller aide à me détendre, à penser à autre chose. En fonction de ce qu’elle était en train de me dire, je changeais l’objectif au bout de mon boitier, allumant l’appareil vérifiant la capacité de ma batterie, cherchant celle de secours au cas où. J’allais vérifier la carte SD, en préparant une seconde toujours dans l’éventualité du au cas où. Ne sachant vraiment pas à quoi m’attendre, je préférais être plus préparé que pas assez. « Vous êtes habituées à ce genre de choses ? » Demandais-je soudain en levant le nez sur elle. « Je parle des meurtres… »

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Lun 10 Juil - 23:25

Je sortis du bureau, m’assurant d’un coup d’œil qu’elle me suivait. Elle était vraiment jolie, et il se dégageait d’elle un sentiment de confiance en elle qui me plaisait. J’aime quand les gens sont sûr d’eux et droits dans leurs pompes. C’est pour ça que j’ai choisi ce métier aussi : je savais que je ne serais pas entourée de mijaurées, de pleurnichards ou de couards. La police a ça de bien que les gens qui y travaillent sont souvent des gens droits. Enfin, dans mon département du moins. Si on se réfère aux simples agents qui causent bien des misères autour d’eux, là on va toucher à la bassesse de l’espèce humaine.

Eileen me demanda où on allait et je pris le temps de regarder l’adresse que Ramirez m’avait envoyée avant de lui répondre. "Une ruelle sur Chestnut High, derrière un restaurant chinois. Un corps y a été découvert ce matin. D’après l’officier que j’ai eu au téléphone, il s’agirait d’un homicide." Nouveau coup d’œil, pour vérifier qu’elle n’avait pas brusquement changé de couleur, pour prendre un truc dans les tons verts. Ou blancs. Mais ça allait, elle avait l’air de tenir le choc. Tant mieux, ça présage de bonnes réactions pour la suite. Je ne ralentis pas l’allure, et la guidait jusqu’à ma voiture de fonction. Pas mon type de voiture fétiche mais on fait avec ce que l’état veut bien nous donner. Et donner une voiture de sport à un commissariat, ce serait donner de la confiture aux cochons, clairement ! J’attendis qu’elle soit installée avant de démarrer, sur des chapeaux de roues. J’aime la vitesse, surtout en voiture, et j’aime que mon job me donne de bonne raison pour rouler vite. Je vérifiais quand même que ma passagère ne présentais pas de signes d’inconfort face à mes habitudes de chauffard, mais elle me posa une question et je décidais que ma façon de conduire ne la dérangeait pas. Et si c’était le cas, elle me le dirait, non ?

Sa question me surpris, d’ailleurs. Une détective privée, hum ? Pas grand-chose à voir avec notre travail, vu qu’on est plus directement sur le terrain et moins dans la discrétion, mais c’est intéressant quand même. Comme job et comme expérience professionnelle. "Je pense personnellement que toute expérience que vous pourriez avoir vous sera utile. Mais ce n’est pas de patience et de discrétion dont vous aurez besoin ici. Plutôt d’un estomac bien accroché et d’une main stable." Je la regardais en souriant, pour lui faire comprendre que je plaisantais. Elle commençait à avoir l’air nerveuse … Je n’aurais peut-être pas dû lui dire que sa première mission allait être un homicide, tout compte fait … Quoi que, si ! Mieux vaut qu’elle ait le temps de s’y préparer mentalement, plutôt que de se retrouver nez à nez avec un cadavre sans préavis !

Elle commença à sortir ses affaires, et me demanda ce qu’elle devait préparer. Une façon comme une autre de se calmer. Une bonne façon de se calmer, même : être sûre d’être prête. Ça me rappelle mes débuts, quand je vérifiais une centaine de fois que mon arme était chargée, la sécurité enclenchée et bien à sa place dans son étuit. "Votre travail consistera surtout à prendre des gros plans, d’abord du corps de la victime. Dans le cas où la scène du crime est publique, comme aujourd’hui, on ne peut pas la garder sous la main indéfiniment, donc tout ce qui est position et emplacement du corps est très important pour nous, surtout une fois qu’il a été déplacé. Ca, c’est la partie déplaisante. Sinon, il vous faudra aussi photographier tout ce qu’on vous demandera sur la scène. En clair, si on trouve que quelque chose est suspect, on vous l’indique, on le numérote, et vous le prenez en photo. N’importe quoi peut avoir son importance, alors attendez-vous à des demandes bizarres, du genre photographier le contenu d’une poubelle ou une tâche d’huile, ou juste une fenêtre. Quoi d’autre ? Oh, la médecin légiste voudra sans doute vous voir après son autopsie, pour que preniez des clichés des différentes blessures de la victime. C’est pas très agréable non plus, mais si la famille exige qu’on lui rende le corps, c’est tout ce qu’on aura pour travailler. Je crois que j’ai fait le tour, pour le moment. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, et si jamais j’ai oublié quelque chose, eh bien, on verra ça sur le terrain !" J’espérais ne pas l’avoir noyée sous les informations. Je peux parfois me laisser emporter et parler un peu trop, surtout quand ça concerne mon travail (bon, le sien, en l’occurrence, mais qui est quand même lié au mien de près.) Je lui adressais un sourire contrit. "Je suis désolée, je parle beaucoup trop !"

Sa question suivante, après un moment de silence, me prit au dépourvu. Evidemment, elle n’a jamais travaillé dans la police. Ce monde qui est le mien depuis des années, elle y vit ses premières heures. Ce qui me paraît évident, ce contre quoi je suis aseptisée, elle ne le connait pas encore. Je l’envie, quelque part. Ca veut dire qu’elle a toujours en elle cette part d’innocence que l’on perd lors de notre première enquête, lorsque l’on est confronté au pire de l’humain. "J’ai constaté que ça passe mieux si on parle d’homicide. Sans doute parce que le terme est plus technique. Mais oui, malheureusement, c’est une part importante de mon quotidien. Je suppose que si je ne travaillais pas à la crim’ j’en verrais beaucoup moins, mais c’est la voie que j’ai choisie, alors je fait avec." Un soupir. "C’est triste à dire, mais on s’habitue à tout … Les premières fois sont les plus difficiles, quand on a pas encore l’habitude d’être confronté d’aussi près à la mort. Avec le temps, ça fini par passer. Sauf quand on tombe sur des trucs vraiment horribles ou sordides. Mais il y a certaines situations auxquelles on ne peut pas se préparer, peu importe l’entraînement qu’on suit … Oh, mais ne vous en faites pas ! D’après le rapport de l’officier que j’ai eu au téléphone, c’est un crime assez … J’allais dire un "crime de routine" mais ça n’existe pas vraiment. Disons que ce n’est pas une scène sortie d’un film d’horreur qui vous attend." J’avais tenté de la rassurer, mais je doutais que ça ait vraiment marché … Izzy, espèce de crétine ! Tu as une nouvelle avec toi, jolie, qui a pas l’air super à l’aise à l’idée de rencontrer son premier cadavre, et toi tu lui parles de crimes de routines ! Irrécupérable …

Heureusement, je fus sortie de l’embarras en apercevant l’adresse que Ramirez m’avait donnée, ainsi qu’une poignée de véhicules de police. On était arrivées. Je fis signe à Eileen de me suivre et me dirigeais directement vers Ramiez. "Ramirez ! Rapport." D’un point de vue extérieur et non-habitué, cet ordre pouvait sembler très sec et désagréable, mais sur une scène de crime on a pas de temps à perdre et je me contentais donc d’un nombre de mot minimum pour m’adresser à mes hommes. Ramirez avait l’habitude et il me répondit avec le sourire de celui qui sent l’enquête intéressante. "La victime est une femme d’une quarantaine d’année. Elle a été découverte ce matin par la gérante du restaurant chinois, quand elle a sorti ses poubelles. Elle nous a appelé immédiatement, forcément. Pas de sac à main, pas de papiers sur elle. Si vous voulez mon avis, c’est un vol à l’arraché qui a mal tourné." Je ne suis absolument pas convaincue par sa déduction, en grande partie parce qu’il est célèbre au commissariat pour ses pronostics systématiquement ratés. Mais ça, personne ne le lui a jamais dit.  "Je préfère attendre le rapport du légiste pour me faire une opinion. Où est Nadia ?" Nadia, c’est la médecin légiste, et une amie depuis que je suis arrivée à Lakeview. Ramirez me désigne la ruelle derrière lui et je m’y engage avec Eileen. Je me tourne vers elle. "Ca, c’était John Ramirez. C’est pas un mauvais bougre mais il peut être un peu lourd quand il s’y met. Si jamais il émet une théorie, partez du principe qu’elle est fausse. Il ne possède aucun esprit de déduction. Mais c’est un bon élément et il prépare toujours très bien les scènes de crimes. Là, on va voir Nadia Linns, la légiste. Elle est sympa mais un peu speed. Vous serez amenée à travailler avec elle de façon régulière alors essayer de passer outre son côté excentrique. C’est ce que tout le monde fait." Et, avec un dernier sourire, je la laissais découvrir notre victime du jour.

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Jeu 20 Juil - 23:50


Je suis la jeune femme a grande enjambée, ne prenant pas le temps de trainer puisque nous sommes attendus sur le terrain. Je ne savais pas que l’on aurait besoin de moi directement à mon arrivée, mais dans le fond, ce n’est pas plus mal. J’aime l’action ! Je suis une femme qui a besoin d’être active et qui préfère largement la pratique à la théorie. Alors autant entrer directement dans le vif du sujet. Bien que la description de cette première scène me fait perdre mon sourire. Un homicide. Même si je n’aime pas les séries policières, je sais parfaitement ce qu’est un homicide. Il y a un corps à photographier. Et l’idée ne me met pas forcément à l’aise. Ce n’est pas pour autant que je me démonte. Après tout, c’est ce que je vais être amené à faire. Mais est-ce que travailler avec la mort va être facile ? J’en doute, mais il parait -et cette fois je tiens cela des films- que c’est une chose à laquelle on s’habitue. Bien que je me suis toujours demandé comment on pouvait s’habituer à la mort… En moins de temps qu’il fallait pour le dire, nous étions toutes les deux prêts de sa voiture de fonction, assises sur nos sièges respectifs et le lieutenant avait mis le contact démarrant sur les chapeaux de roues.

Je regarde la jeune femme lorsqu’elle me répond. Lui souriant alors qu’elle m’avoue que toute expérience est bonne à prendre. M’exprimant tout de même la suite de sa réflexion. La discrétion et la patience n’étant apparemment pas ce dont j’avais besoin pour ce métier, mais plutôt d’un estomac bien accroché. Des scènes du film Saw s’immisçaient dans mon crane, m’arrachant un air de dégoûts que je chassais aussitôt. Le pire dans tout cela, c’est que j’étais déjà en train de me dire que voir les choses dans un film et à travers un écran, était surement totalement différent de la réalité. « Mais pour avoir une main stable il faut quand même de la patience. » Le yoga me sera surement utile pour le contrôle de ma respiration. Car j’imaginais déjà les pires scènes d’atrocité sous mes yeux, sous mon objectif. J’allais avoir besoin d’un contrôle total de mon corps et de mon esprit. « Note pour plus tard, ne jamais manger avant, c’est bien ça ? » Demandais-je en souriant pour me détendre un peu, en tournant le regard vers elle le temps que quelques secondes.  

Je me décidais finalement de préparer mes affaires. Une autre façon de me détendre, mais aussi de me préparer. J’aimais que tout soit préparé à l’avance, que mon matériel soit au point pour n’avoir à affronter que des choses qui étaient imprévisibles à l’avance. C’était déjà ça de stress en moins une fois lancé dans la bataille ! J’écoute à nouveau le lieutenant tout en hochant la tête, en temps régulier. Même si elle ne me regarde pas, concentré sur la route. Et vu la vitesse à laquelle elle roule, heureusement ! Pas que la vitesse me fait peur, bien au contraire, j’aime la vitesse, mais surtout sur une moto plutôt que dans une voiture. La seule fois où je grimace, c’est lorsqu’elle me parle du médecin légiste qui va surement vouloir que je vienne faire des photos du corps après l’autopsie. Je n’avais pas pensé à cette étape là non plus… Décidément ! J’allais vraiment être très entouré par la mort dans ce métier. J’espère tout de même ne pas me retrouver que sur des homicides, ou même des suicides. Que parfois, j’aurais de simple cambriolage. Je hoche la tête pour lui faire comprendre encore une fois que j’ai bien compris lorsqu’elle me dit que si elle a oublié quelque chose, nous verrons directement sur le terrain. Elle tournait son visage sur moi, me laissant loisir de voir son visage de face, l’espace de quelques secondes. S’excusant de trop parler. « Non c’est parfait, je n’en attendais pas moins ! » Je me mords l’intérieur de la joue. « Enfin je veutx dire, c’est complet, donc c’est parfait. » Je tourne le visage pour regarder la route à travers le pare-brise. « Désolé, je me répète.. »

Pourtant une question. La même depuis le début en fait. Me rattrape et fini par franchir la barrière de mes lèvres. Elle me parle alors de l’importance des mots, pour que cela passe mieux. Cela semble logique maintenant qu’elle le dit. Et alors qu’elle me parle de ce qu’est son quotidien, de ce qu’elle vit en faisant ce métier. Je sens une vague d’admiration pour elle naitre au fond de moi. Je n’aurais jamais imaginé que l’on pouvait parler d’un métier pareil avec passion, malgré l’aspect sordide qu’il peut avoir. J’en viens à présent à me demande comment elle fait. Lorsqu’elle laisse tomber la plaque pour rentrer chez elle le soir et décrocher de tout ce qu’elle a pu voir dans sa journée ? Est-ce qu’elle arrive à décrocher au moins ? Les images ne tournent t’elles pas en permanence là-haut lorsque l’on est confronter à des horreurs ? J’imagine alors ce que doit être sa vie en dehors de son travail. Avec un petit ami aimant qui lui change les idées une fois qu’elle a franchis le seuil de la porte de leur appartement. Ou peut-être qu’elle ne retrouve qu’un chien ou un chat lorsqu’elle rentre chez elle le soir. J’ai pourtant du mal à croire qu’une jeune femme aussi jolie, soit seule. Pourtant elle me réconfortait. Dans le fait que l’on s’habituer à tout. C’était rassurant, mais en même temps, c’était terrifiant… « Commençons peu, commençons bien alors. » Bien que je n’étais pas toujours à l’aise avec l’idée du crime de routine. Je la regardais et lui faisais un sourire alors qu’elle se garait. Nous étions visiblement arrivés.

Laissant mon sac dans la voiture, je pendais mon appareil à mon épaule, glissant ma seconde batterie et carte SD dans la poche arrière de mon jean tout en suivant le lieutenant alors qu’elle apostrophe un certain Ramirez qui se pointe aussitôt prêts d’elle pour lui faire un rapport détaillé de la situation. Je sais que la victime est une femme, que l’on ne connaît pas son identité parce qu’elle n’a aucun papier sur elle. L’un de mes sourcils ce soulève dès l’instant où il suppose un vol à l’arracher ayant mal tourné. Je suis en silence, me sentant soudain presque de trop sur les lieux alors qu’il y a déjà pas mal de monde. Le lieutenant demande après une certaine Nadia alors le fameux Ramirez lui désigne la ruelle. J’emboîte le pas à la policière alors qu’elle me parle de l’homme qui est resté derrière nous. Je hoche la tête en me retournant une dernière fois sur lui alors qu’il nous tourne le dos. Je regarde à nouveau dans le bon sens de marche lorsqu’elle me parle de la fameuse Nadia qui est le médecin légiste. « L’excentricité ne me fait pas peur. » Avouais-je en rigolant légèrement. Après tout, j’avais eu un mode de vie plutôt à part jusqu’à présent. Mon sourire c’était pourtant évanouie dès l’instant où mes yeux s’étaient posés sur la victime. Mon sang se glaçant instantanément. J’avais continué à avancer jusqu’à une distance respectable du cadavre. Je n’avais jamais vu une chose pareille… Comment était-ce possible qu’un corps soit si blanc. Cette femme donnait presque l’impression d’une poupée de porcelaine. Elle avait l’air si fragile. Je n’écoutais plus le lieutenant, de toute façon elle était en train de discuter avec la légiste. Je fixais le corps sans vie, regardant à plusieurs endroits à la suite. J’avais même levé le nez sur les fenêtres des bâtiments plus haut. C’est d’entendre mon prénom qui m’avait fait tourner le visage sur les deux femmes. « Pardon ? » Avais-je demandé en, les regardant une à une alors qu’Isabelle me présentait à la légiste. « Enchantée. » Avais-je alors dit en regardant l’autre femme, tout en lui serrant la main.

Une fois les présentations faites, j’écoutais encore quelques directives que le lieutenant Hobbs me donnait avant de mettre mon œil derrière mon appareil allumé. Je  soufflais un bon pour chasser l’appréhension qui me rongeait de l’intérieur, mais ce n’était pas très efficace. Commençant a prendre des photos, des vues global. Des clichés de détails. En zoomant avec mon objectif en me penchant par-dessus le corps en prenant soin de ne rien toucher avec mes pieds, je fronçais les sourcils de ce que je venais de voir, retirant l’appareil de devant mon visage et m’accroupissant devant le corps. « Il lui manque un ongle à l’index main gauche. » Avais-je dit à haute voix pour le lieutenant non loin de moi. Je continuais de regarder, penchant la tête, penchant mon corps par la même occasion. A tel point que j’avais presque la joue contre le bitume. « Son haut est déchiré en dessous d’elle. » Ajoutais-je en prenant en photo l’élément qui me faisait dire cela avant de me redresser pour laisser place au lieutenant ou pour lui laisser voir sur mon cliché, c’était à elle de voir.

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Lun 21 Aoû - 20:45

Eileen sur les talons, je m’approchais de Nadia, dans cette ruelle déjà bondée de monde. Nadia Linns, la trentaine bien avancée, des cheveux rouges en pétard, des fringues colorées sous sa blouse de légiste et un franc parler bien à elle. Je la trouvais penchée sur la victime, en train de lui inspecter les mains. Elle se releva en nous entendant arriver. Je lui adressais un sourire. "Hey ! Tu vas bien ?" Elle me le rendit sous forme de grimace. "Aussi bien qu’un cadavre à 10 heures du mat me le permet. Et toi ?" Je haussais les épaules. « Normal. La routine quoi. T’as une idée de l’heure de la mort ? » Ne pas perdre de temps, surtout si celui ou celle qui a fait ça est dangereux. "Dans les 3 ou 4 heures du matin je dirais … Je te confirmerai ça quand j’aurais pu analyser le corps au labo." 3 ou 4 heures du mat’ … Elle y sera restée longtemps, allongée ainsi sur le sol … Elle avait dû être une belle femme … Cheveux châtains légèrement ondulés, silhouette fine sans être maigre, visage bien dessiné … C’est toujours les jolies femmes qui meurent dans des circonstances étranges, jamais les moches. Je me suis fait plusieurs fois la réflexion, je sais pas d’où ça sort … Sans doute qu’une femme moins belle attire moins la convoitise et se fait moins d’ennemis. Je me ressaisit et me tourne vers Eileen, qui me semble un peu pâle … Bon, je m’attendais pas à ce qu’elle saute de joie non plus … C’est les légistes qui font ça, pas les photographes sur leur première scène de crime. "Eileen ?" J’attends qu’elle reprenne contact avec la réalité avant de désigner Nadia à côté de moi. "Je vous présente Nadia Linns, la médecin légiste. Nadia, voici Eileen Weiss, la nouvelle photographe d’investigation. C’est sa première enquête, elle a commencé ce matin."

Les présentations terminées, je rentrais dans le vif du sujet. "Alors, tes conclusions ?" Nadia secoua la tête, un sourire aux lèvres. "Eh bien, elle n’a pas de blessures ouvertes, et la scène ne présente pas de signe de lutte … Je veux pas vexer Ramirez, mais sa théorie de vol à l’arraché ne tient pas la route. Non, par contre, elle a des ecchymoses sur tout le corps, et sa nuque a été brisée nette." Brisée nette … J’aime pas ça. C’est pas courant et quasiment impossible à faire juste en chutant de sa propre hauteur. Surtout qu’elle est sur une surface plane, pas d’objets contondants à l’horizon, et que le corps n’a pas l’air d’avoir été déplacé. Même si il faudra confirmer ce point. Mais dans l’état actuel des choses, une seule conclusion s’impose : "Elle serait tombée ?" Nadia hausse les épaules et lève la tête vers les immeubles qui se hissent de chaque côté de la rue. "Défenestrée, sans doute. Les gars ont dit qu’ils avaient trouvé du verre par terre. Et elle a des griffures au niveaux des jambes, sans doute dues au rebord de la fenêtre." Bon, bah voilà. Je l’ai, mon explication. Enfin, un bout d’explication. "Donc elle a été poussée par la fenêtre. Ce qui explique l’absence de sac ou de papier : elle n’en avait pas besoin, elle était chez elle. Merci Nadia, je vais voir si je ne peux pas trouver son appartement. Il nous en apprendra peut-être plus que cette ruelle." Pas de traces de lutte dans la ruelle, c’est logique si elle s’est battue dans son appartement. J’ai plus qu’à déterminer duquel il s’agit, de qui était avec elle hier soir et de pourquoi il ou elle l’a poussée par la fenêtre. Tout un programme …

Je me tournais vers ma nouvelle photographe pour lui donner quelques directives concernant le corps de la victime. "Eileen, j’aurais besoin de quelques photos s’il-vous-plaît : une vue générale pour commencer, histoire de garder en tête sa position. Sous plusieurs angles, si possible. Le visage. Les mains, ça pourrait être important. Ah et une photo des pieds aussi, s’il-vous-plaît." J’avais cru repérer quelque chose de louche mais il me faudrait confirmer cela avec des photos et une inspection de la pièce dont cette femme était tombée. Je me mis à scruter la façade des bâtiments, cherchant une fenêtre ouverte, une vitre brisée, n’importe quel indice qui pourrait me dire d’où cette femme était tombée. C’est la voix d’Eileen qui me sorti de mes recherches. Je me penchais observer cette fameuse main gauche. Un ongle manquant, hum ? Je ne suis pas légiste mais je dirais qu’elle s’est fait ça en tombant. Peut-être en s’agrippant au rebord de la fenêtre … Je me penchais ensuite sur l’appareil d’Eileen, pour observer les lambeaux de T-shirt qui dépassaient de sous la victime. "Si son haut est déchiré, ça veut dire qu’elle a traversé une vitre, ou qu’on lui a lacéré le dos avant de la pousser. Mais je pencherai plutôt pour la première possibilité. Absence de sang sur le vêtement et le bitume, corps sur le dos et pas sur le ventre … Ca élimine aussi la chute accidentelle : on ne tombe pas par accident d’une fenêtre si elle est fermée." Je m’accordais quelques secondes de réflexion, le nez toujours levé vers les bâtiments … Quelque chose me disait que cette affaire n’allait pas être si compliquée que ça. "Son agresseur était en face d’elle, mais il n’y a pas eu de lutte à proprement parler : pas de traces sur ses poignets ou ses bras. Juste cet ongle manquant … Son haut est déchiré et je suis certaine qu’on va trouver des coupures dans son dos et sur ses épaules en la bougeant."  Je regardais de nouveau le corps. D’après son orientation, elle avait dû tomber de l’immeuble de droite. Celui en face du restaurant donc. Quatre étages et un toit plat. On va commencer par là, hein ! Je pris rapidement une photo du visage de notre victime anonyme avec mon téléphone, pour la montrer aux voisins, et je donnais mes derniers ordres avant de partir à la recherche de la vraie scène de crime. "Nadia, Eileen a remarqué un ongle manquant sur la main gauche. Tu pourrais m’examiner ça ? Ramirez, vous me cherchez des témoins potentiels, quelqu’un qui aurait entendu quelque chose, une dispute, un cri, du verre qui se brise, n’importe quoi. Et n’oubliez pas la gérante du restaurant !" Pour finir, je me tournais vers Eileen avec un sourire rassurant. "Eileen, si vous pouviez prendre une ou deux photos de la ruelle ce serait super. Et quand vous aurez fini, j’aimerais que vous veniez avec moi pour prendre des photos de l’appartement d’où notre victime est tombée." Quand je l’aurais trouvé, du moins …

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MessageSujet: Re: [Isabelle] Yes, what it's for ?   Hier à 15:48


Je ne sais pas exactement comment je me sens face à ce corps inanimé juste derrière nous. Et tous ces gens autour qui marchent comme dans une fourmilière, comme si c’était quelque chose de normal, de banal… Est-ce normal de banaliser la mort ? Y arriverais-je un jour ? J’ai peur que non. J’ai peur d’être trop sensible pour pouvoir faire d’une chose pareille, un truc insignifiant, usuel… familier ! Le lieutenant Hobbs discute alors avec la légiste et très franchement, je n’écoute pas vraiment ce qu’il se dit. Mon attention bien trop sur ce cadavre, celle femme qui a perdu la vie il y a plusieurs heures déjà. J’entends quelques brides de leur conversation. L’essentiel tout du moins. Qu’elle est tombée d’une fenêtre, poussée ou seule, ce n’est pas mon boulot de le déterminer. C’est celui du lieutenant. On ne connaît pas l’identité de la femme. Elle n’a pas de papier. Quelqu’un a donc eu le courage de la toucher pour savoir cela ? L’idée me donne un haut le cœur que je tente de cacher en levant une main jusqu’à ma bouche. Espérant que les deux femmes à mes côtés soient bien trop occupées pour faire attention à moi.

Le lieutenant se tournait finalement vers moi m’adressant la parole alors qu’elle me donnait les consignes de ce qu’elle attendait de moi. Je me tenais prête, hochant la tête à ses demandes et essayant de tout retenir en même temps. Une photo globale. Une sous tous les angles possible. Le visage. Les mains. Les pieds. Je hochais une fois encore la tête me mettant au travail en laissant le flash de mon appareil photo envahir la ruelle à chacune de mes photos. Tout en prenant des photos et en tournant autour de la victime, je remarquais quelques détails dont je faisais part au lieutenant peu après. Elle s’approchait alors pour vérifier mes dires par elle-même. Laissant échapper quelques suppositions à voix haute. J’avais l’impression d’être relativement inutile ici. Même si je prenais des photos, ne pas vraiment savoir de quoi, ni quoi faire d’autre, même si mon rôle n’était pas de faire autre chose. J’écoutais la voix de la blonde alors qu’elle donnait des consignes aux uns et aux autres. Me demandant finalement de prendre des photos de la ruelle. Je m’éloignais alors du lieu du crime pour aller prendre des photos de toutes les possibilités de passage dans cette rue. Il n’y avait rien à signaler par ici. Sauf peut-être… je fronçais les sourcils tout en m’avançant vers cette porte à l’arrière d’un bâtiment, ouverte, retenue par une brique en bas. En faisant de nouveau le tour, je me rendais alors compte que c’était de ce bâtiment  qu’était tombé la victime. Est-ce une coïncidence ? Je fronçais les sourcils tout en m’avance vers le lieutenant. « Lieutenant Hoobs, je pense qu’il y a quelque chose qui pourrait vous intéresser de l’autre côté. » Je faisais alors un signe de tête en direction de là d’où je venais. Le lieutenant m’embotaitî alors le pas et c’est sur mes talons que je l’emmenais jusqu’à cette fameuse porte. « C’est de ce bâtiment qu’est tombé la victime. » Je n’en dis pas plus même si je n’en pense pas moins. Mais encore une fois, ce n’est pas mon boulot, ce n’est pas à moi de faire des suppositions et encore moins des conclusions.

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[Isabelle] Yes, what it's for ?
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